CARACTÈRES DU REMRE PHOSPHATE
Les phosphates neutres, excepté ceux des dernières classes et celui d’ammoniaque, sont indécomposables par la chaleur; toutefois les phosphates de potasse et de soude, chauffés jusqu’au rouge, se transforment en pyrophosphates, tandis que les piiosphates insolubles, placés dans les mêmes circonstances, ne passent point à l’état de pyrophosphates. Si l’on chauffe avec du charbon les phosphates des six der-
niùres classes, ils sonl décomposés; l’oxygène de l’acide et celui de l’oxyde Iransfornient le charbon en gaz acide carbonique ou en ga2 oxyde de carbone , et il se forme un phosphure métallique. Ceux de la première classe ne se décomposent pas en totalité; il n’y a qu’une partie de l’acide qui cède son oxygène au charbon, et il se forme, dans beaucoup de cas, un phosphure métallique qui reste mêlé d’un peu de sousphosphate.
Les phosphates neutres ou basiques, chauffés au rouge avec un mélange de charbon et d’acide borique ou silicique, dionntniàn phosphore.
Les biphosphales de chaux , de baryte et de strontiane , chauffés à une liaute température avec du charbon, donnent aussi du phosphore.
Veau ne dissout facilement que les phosphates de potasse , de soude et d’ammoniaque; mais l’acide phosphorique dissout tous les phosphates insolubles.
Vacide sulfurique concentré transforme les pliosphates neutres en phosphates acides; il peut même leur enlever la totalité de la base, s’il est employé en assez grande quantité ; en agissant ainsi sur les phosphates de chaux, de baryte et de strontiane, si l’on chauffe jusqu’au rouge avec du charbon l’acide phosphorique ou le phosphate acide mis à nu^ il se volatilise du phosphore. Ce caractère est des plus importants pour reconnaître les phosphates de potasse et de soude : en effet il ne s’agit pour cela que de transformer ces sels en phosphate de chaux insoluble à l’aide d’un sel de chaux soluble, et de traiter ensuite par l’acide sulfurique le phosphate de chaux. Les phosphates secs , chauffés avec du potassium , donnent de phosphure de potassium, lequel, mis dans l’eau, se décompose avec dégagement du phosphure d’hydrogène gazeux (voyez p. 257). A la vérité, ce caractère appartient aussi aux sels formés par les acides hypophosphoreux et phosphorique.
L’acide azotique dissout tous les phospiiates insolubles.
Les phosphates solubles p’écipiienf l’ azotate d’ argent en jaune (phos- |)hate d’argent), et les sels solubles de chaux en blanc (phosphate 'de chaux).
Pour constater cette réaction avec des phosphates insolubles, on transformera ceux-ci en phosphates solubles, en les faisant bouillir avec une idssolution de carbonate de soude (voy. p. 281). Il ne .s’agira plus que de neutraliser la liqueur avec un acide.
Composition. Le rapport de l’oxygène de l’acide des phosphates neutres à celui de l'oxygène de l’oxyde qui entre dans leur composition est comme 5 : 2. Mais comme tous les phosphates contiennent, outre deux équivalents de base , un équivalent d’eau de composition qui joue
CARÂCTÈàES DU GENRE AZOTITË. 337
alors le même rêle qu’un protoxyde, ce rapport est de 5 : 3. On connaît en -outre des sesqxiiphosphates , des biphospiiates , des phosphates sesquihasiques , et des phosphates bibasiques.
Préparation. On obtient tous les phosphates insolubles par le troisième procédé, en versant du phosphate de soude dissous, dans une dissolution saline formée par l’oxyde que l’on veut combiner avec l’acide phosphorique.
CARACTÈRES DC GEIVRR RTROPROSPRATE.
Les pyrophosphates solubles de potasse et de soude dissous dans l’eau se transforment en phosphates au bout de quelques jours , tandis que les pyrophosphates insolubles ne subissent aucune altération. Ceux qui sont solubles précipitent l’azotate d’argent en blanc, ce qui les distingue des phosphates, qui fournissent un précipité jaune avec le même sel. Après avoir été dissous dans l’eau, ils peuvent être soumis à des cristallisations répétées sans repasser à l’état de phosphates. Plusieurs pyrophosphates insolubles, traités par l’acide sulfhydrique, sont décomposés , et fournissent l’acide pyrophosphorique, s’ils ont peu de cohésion; il en est, au contraire , qu’il faut d’abord traiter par le sulfliydrate d’ammoniaque pour les décomposer ; alors on obtient du pyrophosphate d’ammoniaque soluble , que l’on précipite par un sel de plomb : c’est sur le pyrophosphate de plomb obtenu qu’il faut faire agir l’acide sulfhydrique.
Composition. Dans les pyrophosphates, le rapport de l’oxygène de l’acide est à celui de la base comme 5 : 2.
CARACTÈRES RC GEIVRE AZOTITE.
Tous les azolites sont décomposés par le feu et donnent des produits variables. L’air atmosphérique n’agit pas sur eux à la température ordinaire; il paraît, au contraire, les transformer en azotates et en sousazotates, si on les chauffe. Tous les azolites connus sont solubles dans l’eau.
Vacide sulfurique décompose les azotites, et en dégage des vapeurs rutilantes. Les corps simples et composés, avides d’oxygène, agissent sur les azotites comme sur les azotates; ces sels fusent donc sur les charbons ardents. Ils se comportent avec le sulfate de protoxyde de fer ou la narcotine comme les azotates.
Composition. Dans les azolites neutres, l’oxygène de l’acide est è celui de l’oxyde comme 3:1.
338 PREMlÈaB PARTIE.
Préparation, Le procédé généralement suivi pour la préparation de quelques azotites, qui consiste à calciner les azotates jusqu’à un certain point, pour transformer l’acide azotique en acide azoteux, ne fournit presque jamais un azotite pur, parce qu’il est extrêmement difficile de suspendre la calcination juste au moment où ce changement est opéré.