‹ Éléments de chimieChapitre 88 sur 378 · KO C02 16 S 4 C02 KO, SO» 3 KS · texte numérisé non relu

KO C02 16 S 4 C02 KO, SO» 3 KS

Potasse. Â. carboniq. Soufre, À. carboniq. Suif, de potasse ' Quintisulfure.

Si l’on a employé moins de soufre, on obtient un foie de soufre contenant un sulfure de potassium moins sulfuré que le quintisulfure.

S’il a été préparé en faisant bouillir une dissolution de potasse caustique avec un excès de soufre, U est formé d’hyposulfite de potasse et de quintisulfure de potassium.

St2 3 KO ^ 2KS5 KO, S^ 0=^

Soufre. ’ Potasse. Quintisulfure. ’ Ilyposulfite de potasse.

Enfin MM. Fordos et Gélis ont prouvé' que si le foie de soufre a été préparé à une température qui ne dépasse pas 180“; il est composé de poly sulfure de potassium et d’hyposulfite de potasse , sans sulfate {Journal de pharmacie , novembre 1846).

Le foie de soufre doit être regardé comme un des médicaments les plus utiles: pris à petite dose, il augmente la chaleur générale et les sécré-

(1) Parmi les divers sulfures de potassium , le monosulfure est le seul dont la dissolution aqueuse exposée à l’air ne laisse pas précipiter de soufre en se transformant en hyposulfite.

DU POTASSIUM. 345

lions muqueuses, qui deviennent plus fluides; il produit souvent des nausées, des vomissements , etc. ; à la dose de 4 ou 6 grammes, il agit comme un des plus violents caustiques ; par conséquent son administration exige beaucoup de prudence. Il est employé avec le plus grand succès dans une foule de maladies cutanées, darlreuses, psoriques et autres, dans les scrofules, dans le croup, l’asthme, la coqueluche, les toux et les rhumatismes chroniques; la dose est de 20, 30 ou 40 centigrammes deux fois par jour. On l’administre rarement dissous dans l’eau, à cause de son odeur et de sa saveur désagréables. Ghaussier a fait préparer un sirop qui peut être très-avantageux : on dissout 8 grammes de foie de soufre dans 250 grammes d’eau distillée de fenouil; on filtre la dissolution et on y ajoute 500 grammes de sucre; 32 grammes de ce sirop contiennent 30 centigrammes de persulfure. On peut aussi donner le foie de soufre dans du miel. On s’en sert souvent ài’extérieur ; il fait la base du liniment sulfureux antipsorique de M. Jadelot; il est employé à préparer des douches et des bains sulfureux, il suffit pour cela d’en faire dissoudre 1 partie dans 1,000 parties d’eau. Navier l’avait proposé comme contre-poison des dissolutions d’arsenic, de plomb, de cuivre, de mercure, etc. J’ai prouvé que non-seulement il ne s’opposait pas aux effets de ces poisons, mais qu’il était dangereux de l’administrer, à raison de ses propriétés caustiques. L’expérience démontre chaque jour que le bisulfure de calcium, obtenu en faisant bouillir parties égales de soufre et de chaux vive dans l’eau, peut remplacer à merveille celui de potassium, dont je viens de faire l’histoire, surtout pour les applications externes : son emploi devrait donc devenir plus général, puisqu’il est moins dispendieux. Le foie de soufre préparé avec le carbonate de soude agit sur l’économie animale comme celui de potasse , et peut être employé dans les mêmes circonstances et aux mêmes doses. G’est le monosulfure de sodium qui constitue le composé sulfureux qui existe dans les eaux de Barèges, de Cauterets, etc.

Empoisonnement. A la dose de quelques grammes, s’il n’est pas vomi, il irrite, enflamme, ulcère et perfore les tissus du canal digestif ; il produit, en outre, des accidents graves résultant de son absorption. Pour déceler le foie de soufre dans les matières vomies, dans celles que l’on trouve dans le canal digestif après la mort , dans les organes où il a été porté par absorption , et dans l’urine , on chauffe ces matières avec de l’acide acétique pur dans un matras auquel on adapte un tube recourbé, qui vient se rendre dans une dissolution d’acétate de plomb; quelques minutes suffisent pour qu’il se dégage du gaz acide sulfhydrique , lequel vient transformer l’acétate de plomb ep sulfure noir ; en même temps.

34fi PREMIÈRE PARTIE.

il se dépose du soufre dans le malras, et la liqueur contient de l’acétate de potasse (voy. Potasse, pour le procédé propre à constater la présence de cet alcali). Il faut ajouter que dans la plupart des cas, dans l'empoisonnement dont il s’agit, la membrane muqueuse de l’estomac est enduite d’une couche de soufre d’un blanc Jaunâtre, parce qu’une partie du foie de soufre a été décomposée par les acides contenus dans l’estomac. Si la recherche médico-légale de ce poison n’avait lieu que lorsque le cadavre serait déjà pourri, il pourrait s’être développé de l’acide sulfhydrique dans les organes qui auraient subi la décomposition putride, ce qui compliquerait l’opération (voy. ma Médecine légale, t. III, 4® édit.).

Sulfhydrate de monosulfure de potassium, KS, HS. Il est anhydre; on peut l’obtenir en chauffant du potassium avec de l’acide sulfhydrique gazeux sec. S’il a été préparé en. saturant une dissolution de potasse par l’acide sulfhydrique gazeux, il est. en dissolution ou en gros^ prismes incolores à quatre ou six pans terminés par des pyramides à quatre ou six faces ; sa réaction est alcaline ; les acides en dégagent deux fois autant d’acide sulfhydrique que du monosulfure, sans qu’il y ait dépôt de soufre. Il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il attire d’abord l’humidité de l’air, puis l’oxygène , et finit par passer à l’état de polysulfure jaune, qui se transforme en hyposulfite de potasse incolore; sa dissolution aqueuse, chauffée, perd l’acide sulfhydrique et laisse du monosulfure de potassium. Il précipite les dissolutions salines de manganèse et de cuivre avec dégagement de gaz acide sulfhydrique ; tandis que le inonosulfure de potassium, qui précipite aussi ces dissolutions, ne donne lieu à aucun dégagement de gaz. On l’emploie comme réactif pour distinguer certaines dissolutions métalliques.

Uiode s’unit au potassium avec dégagement de beaucoup de chaleur et de lumière; l’iodure qui en résulte Kl a une apparence nacrée et cristalline: il existe dans les fucus, dans certaines eaux minérales, dans les eaux mères des salins, etc. Purifié et convenablement évaporé, il est en cristaux cubiques d’un blanc laiteux, presque toujours opaques, quelquefois transparents, ou en octaèdres, d’une saveur âcre, piquante , facilement fusibles et se volatilisant à la température rouge; , il est déliquescent et produit un abaissement considérable de température en se dissolvant dans l’eau. Cent parties d’eau à t0° en dissolvent 143 parties, tandis qu’à 120" c. , c’est-à-dire à la température à laquelle la dissolution entre en ébullition, elles en dissolvent 221 parties. L’iodure de potassium est moins soluble dans l’alcool ; on le reconnaîtra aux caractères destWtM’es et des sels de potasse.

DU POTASSIUM

Préparation. On verse une dissolulioa de potasse sur de l’iode; il se forme de Tiodure de potassium et de l’iodate de potasse que l’on évapore jusqu’à siccité, et que l’on calcine ensuite avec du charbon à une chaleur un peu au-dessous du rouge ; le charbon enlève l’oxygène à l’acide indique et à la potasse de l’iodate de potasse, et transforme celui-ci en iodure de potassium; d’où il résulte que l’on n’obtient pour résidu que de l’iodure de potassium et l’excès de charbon; on traite par l’eau, qui dissout l’iodure; on filtre et on fait cristalliser. Si l’on n’employait pas de charbon, on décomposerait également l’iodate de potasse en iodure de potassium; mais comme il faudrait une température plus élevée, et que l’iodure de potassium se volatiliserait à celte température, il est préférable de faire usage de charbon.

On le prépare aussi en décomposant le protoiodure de fer par le carbonate de potasse. Pour cela on place dans un matras 100 parties de limaille de fer, 30 d’iode et 500 d’eau distillée; on chauffe jusqu’à ce que la liqueur, de brune qu’elle est, devienne incolore. On filtre le protoiodure de fer ainsi obtenu, et on le décompose peu à peu par une solution de carbonate de potasse , qui précipite le fer à l’état de carbonate insoluble, tandis que l’iode se combine avec le potassium et forme un iodure soluble; on sépare ces deux produits par le filtre, et l’on obtient l’iodure de potassium par la concentration de la liqueur, sous forme de cristaux assez volumineux.

L’iodure de potassium simple ou ioduré est employé avec succès dans le traitement de la plupart des goitres, dans certaines affections scrc-* fuleuses, comme l’a prouvé le D’’ Coindet, de Genève (voy. Iode, p. 69), et dans plusieurs formes de la syphilis. On en dissout 2 grammes 50 centigrammes dans 30 grammes d’eau distillée : on prescrit d’abord de 6 à 10 gouttes de solution dans une demi-lasse d’eau sucrée, trois fois par jour, augmentant ou diminuant cette dose selon ses effets. Toutefois il est préférable d’employer ce médicament à l’extérieur; on fait des frictions soir et matin sur la tumeur avec un morceau de pommade gros comme une noisette, composée de 2 grammes d’iodure de potassium et de 45 grammes de graisse de porc. J’engage le lecteur à consulter les mémoires du D'' Coindet, insérés dans les tomes xv , xti etXVIIl des Annales de chimie et de physique. On l’a également employé dans certains cas de cancers, de gonflement scorbutique des gencives, d’hypertrophie du cœur, etc. Il sert aussi en photographie.

Il a été quelquefois falsifié avec du chlorure de potassium; pour reconnaître cette altération, on se sert de l’azotale d’argent ammoniacal , qui donne un précipité d’ioLlure d’argent; on filtre, on sature l’ammoniaque

de la liqueur par de l’acide azotique, et il se précipite du chlorure d’argent. Si l’iodure de potassium était falsifié par du carbonate de potasse, on le mêlerait avec un lait de chaux ; il se précipiterait du carbonate de chaux; la liqueur filtrée contiendrait de la potasse libre; en la traitant par des quantités petites et successives d’iode, celui-ci se dissoudrait sans la colorer, tandis que si l’iodure de potassium était pur, il serait coloré en brun. Si l’iodure contenait du bromure de potassium, le chlore liquide précipiterait d’abord l’iode, puis le brome; en agitant le mélange dans un tube avec de l’éther, celui-ci viendrait à la partie supérieure, tenant le brome en dissolution , et serait d’un jaune orangé.

Le brome se combine avec le potassium et fournit un bromure kBr, en cubes ou en longs parallélipipèdes rectangulaires qui, étant chauffés, décrépitent et fondent sans se décomposer. On le prépare en dissolvant du brome dans la potasse ; la liqueur composée de bromure et de bromate est évaporée, le produit sec est calciné jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’oxygène ; en ce moment, le bromate se trouve transformé en bromure de potassium. On a employé ce sel comme anlisçrofuleux et emménagogue.

Lorsqu’on agite le potassium dans un flacon plein de chlore gazeux, celui-ci est absorbé et solidifié, d’où il résulte qu’il y a dégagement de calorique et de lumière; il se forme du chlorure de potassium. Ce chlorure K Cl , connu autrefois sous le nom de sel fébrifuge de Sylvius, se trouve dans quelques liqueurs animales , dans les cendres des varechs, des feuilles et des tiges de tabac, et de plusieurs autres végétaux, et dans certaines eaux minérales. Il cristallise en cubes ou en prismes à quatre pans anhydres, d’une saveur piquante, amère, peu altérables à l’air; il décrépite au feu, et fond si on le chauffe assez fortement, puis se volatilise. Cent parties d’eau à 0"en dissolvent 19,2 p. et 59,3 à 100°, 6. Pendant sa dissolution dans l’eau, il produit un abaissement de température assez considérable : ainsi 1 partie de ce chlorure et 4 parties d’eau abaissent la température de 11°,4. Il est insoluble dans l’alcool. On l’a employé comme fondant dans la fabrication du verre, pour fabriquer l’alun, et pour transformer l’azotate de chaux des matériaux salpêlrés en azotate de potasse. 11 a été regardé pendant longtemps comme apéritif, digestif, désobstruant, etc.; mais il est entièrement abandonné aujourd’hui.

Préparation (voy. p. 317, 1®*" ou 2° procédé).^

Le cyanogène, chauffé avec du potassium dans une cloche courbe sur le mercure, donne du cyanure potassium KCy. Il est le produit de l’art. 11 cristallise en cubes anhydres ou en cristaux dérivant du cube ;

DU POTASSIUM. y

H répand une légère odeur cyanhydrique à l’air, par suite de la décomposition que déterminent l’humidité et l’acide carbonique. Il peut éprouver la fusion ignée sans se décomposer; cependant, à une chaleur blanche, il se dégage de l’azote, et il reste du carbure de potassium. Il est très-soluble dans l’eau et il a une réaction fortement alcaline; cette dissolution, exposée à l’air, donne de l’acide cyanhydrique, et finit par se transformer en carbonate de potasse. M. Pelouze a démontré qu’en la faisant bouillir, elle se transforme lentement en ammoniaque et en formiate de potasse. Les acides faibles décomposent le cyanure de potassium avec dégagement d’acide cyanhydrique. Il réduit par la voie sèche un grand nombre d’oxydes métalliques ; Liebig le regarde comme un des agents de réduction les plus puissants.

Préparation. On fait arriver de l’acide cyanhydrique dans une dissolution alcoolique de potasse (Wiggers); l’hydrogène de l’acide se combine avec l’oxygène de la potasse. Si l’on emploie le procédé du Codex, qui consiste à décomposer le cyanure jaune de potassium et de fer à une température rouge, le cyanure de fer seul est décomposé et laisse du carbure de fer; on traite le produit par l’eau, qui ne dissout que le cyanure de potassium ; mais celui-ci n’est pas aussi pur que celui qui a été obtenu parle procédé de Wiggers. Si l’on calcine les substances azotées, telles que le sang desséché, la fibrine, etc., avec du carbonate de potasse, le produit renferme une énorme proportion de carbonate et fort peu de cyanure. On prépare actuellement en grand , pour les besoins du commerce, le cyanure de potassium, d’après le procédé de Desfosses, en faisant arriver de l’air atmosphérique sur un mélange de carbonate de potasse et de charbon.

Le cyanure de potassium agit sur l’économie animale comme l’acide cyanhydrique ; il est employé dans les mômes circonstances et avec les mômes précautions. S’il est pur, il est excessivement vénéneux; celui que l’on obtient en calcinant les matières azotées est beaucoup moins actif et n’agit guère que par le carbonate de potasse, qu’il renferme en si grande quantité ( voy. mon mémoire dans le Journal de chimie médicale J février 1843). Dans les arts, et notamment dans la dorure et dans l’argenture, on emploie le cyanure du commerce.

L’azote est sans action sur le potassium , en sorte que l’on peut trèsbien conserver ce métal si oxydable dans ce gaz.

Le silicium se combine avec le potassium , et il en résulte un siliciure brun , sans éclat métallique.

Si l’on introduit un peu ô’eau dans une éprouvette pleine de mercure, renversée sur la cuve de ce métal, et qu’on y fasse entrer un petit

fragment de potassium, la décomposition de l’eau aura lieu dans l’insslant môme où le métal sera en contact avec elle; le gaz hydrogène sera mis à nu, et le potassium, en s’emparant de l’oxygène, passera à l’état de protoxyde, susceptible de verdir le sirop de violettes. Cette expérience aura lieu avec un léger dégagement de lumière, si la température de l’eau est à 70" c. , comme l’a prouvé M. Balcells, directeur du collège de pharmacie de Barcelone, Si , au lieu de faire réagir ces deux corps sans le contact de l’air, on jette quelques fragments de potassium dans une terrine pleine d’eau, le métal tourne, s’agite en tous sens, court à la surface du liquide, le décompose, et dégage une vive lumière; ce dernier phénomène ne dépend pas exclusivement, comme on l’avait cru avant les expériences de M. Balcells, de ce que la chaleur développée est assez forte pour enflammer le gaz hydrogène, puisqu’il a lieu à l’abri du contact de l’air; il tient à la fois à l’élévation de température produite par la combinaison de l’oxygène de l’eau avec le métal , et à ce que la combustibilité de l’hydrogène est augmentée par une petite quantité de potassium avec lequel il est uni. Si, lorsque le potassium s’agite sur l’eau, on le frappe fortement avec une spatule de bois ou de fer en cherchant à l’enfoncer vivement dans l’eau , il se produit une forte détonation , et il se dégage beaucoup de gaz hydrogène qui , s’élançant dans l’air, s’enflamme tout à coup par le moyen du feu qui éclate à la suite du frottement brusque qui a été opéré (Wagner).

Les oxydes de phosphore et d'azote sont décomposés à une température élevée, par le potassium, qui s’empare de leur oxygène et passe à l’état d’oxyde.

Les acides solides et gazeux, parfaitement desséchés , formés par l’oxygène et par un corps simple, tels que les acides borique, phosphorique, sulfureux, etc. , sont décomposés en totalité ou en partie, à une température élevée, par le potassium, qui leur enlève tout l’oxygène qu’ils renferment ; il en résulte des produits variables : l’acide borique, par exemple, donne du bore et du borate de protoxyde de potassium; avec l’acide carbonique, on obtient du carbone et du protoxyde de potassium ; \'2ic\dQ phosphorique fournit du protoxyde de potassium phosphoré, si le potassium est en excès; dans le cas contraire il donne du phosphate de protoxyde de potassium et du phosphore; le gaz acide sulfureux transforme le potassium en protoxyde, et le soufre est mis à nu ; le gaz acide azoteux donne du protoxyde de potassium et du gaz azote, etc. Si les acides formés par l’oxygène contiennent de l’eau , celle-ci est décomposée, même à la température ordinaire, et il se forme du protoxyde de potassium hydraté (potasse), qui se combine avec l’acide non décomposé.

DU POTASSIUM

Les gaz acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, sulfhydrique sélenhydrique,eic,, sont décomposés à chaud par le potassium; l’iiydrogène est mis à nu, tandis que le chlore, le brome, l’iode, le soufre ou le sélénium forment avec le métal un chlorure, un iodure, un sulfure, etc. Si l’on met peu à peu de ['dciàe fluorhydrique liquide sur du potassium, le gaz hydrogène se dégage, et il se forme du fluorure de potassium ; la quantité d’hydrogène et de calorique dégagée est tellement grande et subite, qu’il y aurait une vive détonation si l’on employait beaucoup d’acide. Le potassium, à une température élevée, décompose le gaz fluoborique, et il en résulte du bore et du fluorure de potassium. On ignore quelle est l’action de ce métal sur le carbure d’hydrogène gazeux ; il décompose à chaud le phosphure d’hydrogène, met l’hydrogène à nu, et forme avec le phosphore un phosphure de couleur de chocolat.

Si l’on chauffe du potassium ou du sodium dans du gaz ammoniac jusqu’à ce que les métaux aient disparu en entier, une partie du gaz sera absorbée et une autre décomposée; il se dégagera un volume d’hydrogène égal à celui que le potassium ou le sodium donneraient avec de l’eau. Le produit résultant de cette action sera solide, couleur d’olive, décomposable par la chaleur en ammoniaque, en un mélange d’hydrogène et d’azote dans les proportions de H3 Az, et en un corps graphiteux non fusible qui parait avoir pour formule Az, tandis que le corps olive serait P Az, 2 Az.

Caractères distinctifs du potassium. 1“ Ses propriétés physiques ; 2” son action sur l’eau , au contact de l’air et en vases clos; 3*^ son action sur l’air à la température ordinaire.

Le potassium a été découvert par H. Davy en 1807.

Préparation, On l’obtient en décomposant la potasse (ou protoxyde hydraté de potassium) par plusieurs procédés. 1° On peut se servir de la pile, comme je l’ai dit: pour cela on creuse une cavité dans un fragment de potasse pure; on y met du mercure, et on ne tarde pas à la décomposer; l’oxygène de l’oxyde et de l’eau qu’il renferme se rend au fil positif, tandis que le fil négatif attire l’hydrogène, qui se dégage à l’état de gaz, et le métal, qui se combine avec le mercure; on sépare celui-ci de cette combinaison en distillant le mercure. Lorsqu’on décompose ainsi la potasse, on ne peut se procurer qu’une petite quantité de métal.

2° Il n’en est pas de même lorsqu’on suit le procédé de Gay-Lussac et Thénard, qui consiste à décomposer cet oxyde hydraté par le fer à une température très-élevée, et mieux encore en employant le procédé de M. Brunner, qui est le seul suivi par le commerce aujourd’hui.

Ce iH'océdé consiste à décomposer à mie température élevée, dans Une cornue de fer forgé, un mélange de 4 parties de tartre charboimé (carbonate de potasse et charbon ) et d’une partie de charbon de bois. La cornue étant placée dans un bon fourneau à vent, on adapte à son c«l un canon de fusil destiné à conduire le potassium en vapeur dans une sorte de boite en cuivre remplie d’huile de naphthe, où il se condense; dans la paroi externe, et vis-à-vis du col de la cornue, il y a un trou fermé par un bouchon qui permet d’introduire à volonté une tige de fer dans le tube lorsqu’il est obstrué; on distille le potassium obtenu dans un vase de fer, afin de le priver du charbon qu’il a entraîné avec lui. Ce procédé est le plus économique, parce que les matériaux employés sont peu coûteux, et qu’on peut l’exécuter assez en grand pour obtenir 120 à 150 grammes de métal à la fois ; toutefois le potassium qui en provient est moins pur que celui qui a été préparé d’après la méthode de Gay-Lussac et Thénard. Cinq cents grammes d’urf mélange fait avec 375 grammes de tartre cliarbonné et 125 grammes de charbon de bois fournissent de 30 à 40 grammes de potassium. C’est dans celte opération qu’il se forme du croconate de potasse et du carbure de potassium.

M. Clémens a proposé quelques modifications à cet appareil (voyez Journ. depharm., septembre 1847).

DES OXYDES DE POTASSIEH

Ces oxydes sont au nombre de trois K2Q, K0,K0^.

Sous-oxyde = 0. Il décompose l’eau sans inflammation et dégage

deux fois moins d’hydrogène que le potassium ; il s’enflamme à 25° ou 30°, et donne du protoxyde et du peroxyde. On l’obtient en exposant à l’air humide des plaques de potassium présentant une grande surface.

Protoxyde. Il existe dans la nature combiné aux acides; on le trouve aussi dans presque toutes les roches, dans le feldspath, et quelquefois en assez grande quantité dans la terre labourable et l’argile.

Lorsqu’il a été convenablement purifié et fondu , il est solide, anhydre, d’une belle couleur blanche, très-caustique, et plus pesant que le potassium; il verdit fortement le sirop de violettes, et rougit la couleur du curcuma. Il fond un peu au-dessous de la chaleur rouge, et ne peut être décomposé à aucune température. Il est décomposable par la pile élec- Irique. Le gaz oxygène le transforme en peroxyde de potassium, à une haute température. L'hydrogène, lefcoreet \e carbone, n’exercent aucune action sur lui. Le phosphore et le soufre s’y unissent, et donnent des

DES O^tDES DÉ rOTASSïÜM. àoà

pi'oduîls dont les propriétés sont analogues à celles du phospluire et du sulfure, décrits à la page 343.

Si l’on fait passer de la vapeur d'iode ou du chlore gazeux parfaitement secs à travers ce protoxyde chauffé jusqu’au rouge obscur, il est décomposé, et l’on obtient du gaz oxygène et de l’iodure ou du chlorure de potassium. Si l’on fait un mélange d’eau, d'iode et de ce protoxyde, l’eau se décompose; il se forme de l’acide iodique et de l’acide iodhydrique qui , en se combinant avec le protoxyde, donnent naissance à de l’iodale et à de l’iodure de potassium. L’eau saturée de protoxyde de potassium est également décomposée par le chlore; son hydrogène forme avec ce corps de l’acide chlorhydrique, tandis que son oxygène donne naissance à de l’acide chlorique, et l’on obtient par conséquent du chlorate et du chlorure de potassium ( voy. p. 332). V azote est sans action sur \e protoxyde de potassium. L'air atmosphérique, à la température ordinaire, lui cède de l’eau et de l’acide carbonique, en sorte qu’il se forme du carbonate de protoxyde de potassium déliquescent; mais si la température est élevée, l’oxyde de potassium passe à l’état de peroxyde, qui ne tarde pas à être décomposé par l’acide carbonique , et il se produit encore le même sel. L'eau est absorbée par ce protoxyde avec dégagement de chaleur, et il en résulte de l’hydrate de protoxyde de potassium (potasse).

Il n’a point d’usages.

11 est formé de 83,10 de potassium et de 16,90 d’oxygène.

Préparation. On l’obtient: 1° en faisant agir le gaz oxygène desséché sur le métal, qui ne larde pas à se transformer en protoxyde; on doit éviter d’employer l’air, qui contient toujours de l’acide carbonique; 2“ en chauffant fortement l’azotate de potasse qui passe à l’état de peroxyde de potassium , lequel se transforme ensuite en oxygène et en protoxyde.

Potasse (hydrate de protoxyde de potassium) KO, HO. =La potasse jouit des mêmes propriétés physiques que le protoxyde de potassium ; elle fond au-dessous de la chaleur rouge et se volatilise ensuite en produisant des vapeurs blanches. Soumise à l’action de la pile électrique, elle est décomposée. Chauffée à l’oir^ elle perd une portion de son eau et passe en grande partie à l’état de peroxyde; à la température ordinaire, l’air atmosphérique lui cède de l’eau, de l’acide carbonique, et la transforme en carbonate déliquescent. Le charbon, à une température rouge-cerise, décompose l’eau qu’elle renferme, et donne du carbure d’hydrogène gazeux et du gaz acide carbonique; celui-ci s’unit au protoxyde de potassium ; si la chaleur est rouge blanc , la potasse est égalel. 23

ment décomposée, et l’on obtient du carbure d’hydrogène, du gaz oxyde de carbone, et du potassium. Si l’on chauffe du phosphore et de la potasse, on obtient de l’hypophosphite de potasse et du phosphure de potassium; celui-ci est décomposé par l’eau de la potasse, et donne du phosphure d’hydrogène gazeux , spontanément inflammable.

Le soufre agit sur la potasse à la chaleur rouge brun, et fournit du foie de soufre, c’est-à-dire un mélange de quintlsulfure de potassium et de sulfate de potasse (voy. p. 343).

Lorsqu’on fait réagir le chlore sur de la potasse solide légèrement chauffée, il se dégage de l’oxygène et de l’eau, et l’on obtient du chlorure de potassium. Si le chlore agit sur une dissolution de potasse peu concentrée, il se forme de Veau de Javelle, dont les propriétés médicales sont les mêmes que celles du chlorure de soude (voy. Soude). Si la dissolution de potasse était concentrée, on obtiendrait du chlorate de potasse et du chlorure de potassium.

L’eau de Javelle, qui détruit énergiquement les couleurs végétales, sert au blanchiment. Elle est généralement considérée comme un composé de chlorure de potassium et d’hypochlorite d’oxyde de potassium.

2 KO 2 Cl ^ KCl KO, CIO

Potasse. ’ Chlore. Chlorure de potassium. ’ Hypochlorite de potasse.

Plusieurs chimistes pensent qu’elle est formée de chlore et de chaux.

Viode s’unit très-bien à la potasse pure et sèche, d’après M. Grouvelle ; à une température rouge, il la décompose, et en dégage du gaz oxygène.

La potasse détermine dans la dissolution aqueuse du cyanogène la formation d’acideS cyanhydrique et carbonique, qui se combinent avec elle, et il se dégage de l’ammoniaque. Si l’alcali a été employé en excès, il ne se forme pas de dépôt brun, parce que la matière qui le constitue est soluble dans l’alcali , auquel elle communique cependant cette couleur. Si, au lieu de potasse , on faisait agir sur le cyanogène de l’ammoniaque liquide, on obtiendrait, entre autres produits, de l’acide oxalique et une substance blanche cristalline, qui paraît être de Vurée.

La potasse absorbe l’eau avec dégagement de calorique et s’y dissout en trèstgrande quantité; l’hydrate formé contient cinq équivalents d’eau; la dissolution est incolore, caustique, et susceptible de cristal- , liser en rhomboèdres pointus, dont les arêtes sont ordinairement remplacées par des faces ; quelquefois ce sont des octaèdres groupés en.semble, par exemple, lorsque après avoir concentré une dissolution de potasse on

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