DES EAUX MINÉRALES SULFUREUSES
eX accidentelles. Les premières sont celles qui sont sulfureuses dans tout le cours de leur trajet; les autres, primitivement salines, sont devenues sulfureuses par la décomposition d’un sulfate calcaire ou magnésien qui s’est transformé en sulfure par l’action de la tourbe et des matières organiques à travers lesquelles l’eau a passé. Les eaux d'EngUen, d'Uriage, de Bourhonne-les-Bains , et toutes celles qui font partie delà troisième classe, sont dans ce cas; elles contiennent des chlorures et des sulfates de chaux et de magnésie en grande quantité ; elles sourdent dans les terrains secondaires et tertiaires, tandis que les eaux naturelles sourdent dans les terrains primitifs, et à la limite de ces terrains on trouve des sources salines ([ui sont analogues, et dans lesquelles les sulfures sont remplacés par des sulfates. La décomposition du sulfate de chaux par les détritus des matières organiques est rapide et peut être facilement opérée dans les laboratoires.
Eaux monosulfurées des Pyrénées. Ces eaux sont les eaux Bonnes, les eaux Chaudes, les eaux de Cauterets, de Saint-Sauveur, de Bagnères de LuQhon, de Barzun, etc,; elles contiennent, outre le monosulfure de sodium, du sulfate de soude, de l’acide silicique libre, suivant les uns, et combiné à la soude suivant les autres , des traces de magnésie, de fer et d’alumine carbonatés, un peu de potasse à l’état de silicate, d’après W. Fontan , de la barégine dissoute, qui peut se déposer par le refroidissement ou par le repos de l’eau , à l’état de gelée amorphe, de la sulfuraire, découverte par M. Fontan, qui est blanche, filamenteuse, et qui peut prendre la forme d’une plume, d’une fleur radiée, d’une queue de cheval, de pluche, en se rangeant autour d’un fragment de barégine. Ldi sulfuraire est formée de tubes transparents remplis de granules, comme serait un tube de verre rempli de perles; une des extrémités des filaments adhère à la barégine, l’autre flotte au gré des courants d’eau ; on n’aperçoit la sulfuraire, au passage des eaux, que lorsque celles-ci ont le contact de l’air et que leur température ne dépasse pas 45° à 50° c. Les eaux sulfureuses renferment encore de l’azote , de l’acide carbonique et de l’oxygène. Leur onctuosité est due en partie au dépôt de la barégine , à la combinaison de l’alcali avec la matière silicée, et à la sulfuraire quand il en existe.
Pour juger de la minime proportion des substances contenues dans ces eaux, je donne ici la composition de l’eau de Saint-Sauveur, d’après Longchamp.