DU BIOXYDE DE CALCIUM
sont mous et infiltrés, et pour résoudre les engorgements des articulations. Giuli dit avoir obtenu le plus grand succès des bains d’eau de chaux dans les rhumatismes aigus et dans la goutte; la température de ces bains doit être plus élevée que celle des bains tièdes. On se sert avec avantage d’un mélange d’eau de chaux et d’acétate de plomb (sel de Saturne) contre les brûlures. Enfin l’eau de chaux paraît avoir réussi dans la teigne, dans la gale, et dans quelques autres maladies de la peau. Elle entre dans la composition de l’eau phagédénique.
Préparation. On fait chauffer dans un creuset de platine du marbre blanc (carbonate de chaux); au bout d’une heure ou deux, si la chaleur a été assez forte, on obtient de la chaux pure, car tout le gaz acide carbonique s’est dégagé. Une petite quantité d’eau favorise cette décomposition , non pas en raison de la tendance qu’elle a à se combiner avec la chaux, mais bien parce qu’une fois réduite en vapeur, elle déplace l’acide carbonique et l’empêche de faire pression sur celui qui reste engagé avec la chaux (Gay-Lussac, Ann. de chim., octobre 1836). Pour se procurer la chaux en grand , on chauffe la pierre à chaux (carbonate) dans des fours ayant la forme d’un cône renversé, en employant de préférence le charbon de terre : les phénomènes chimiques sont absolument les mêmes. Si le carbonate de chaux (pierre calcaire) contient, comme cela a souvent lieu , des proportions assez considérables de magnésie, d’oxyde de fer, d’argile, d’acide silicique, etc., la chaux que l’on obtient est maigre, ne s’échauffe que très-peu avec l’eau, et ne foisonne pas ; dans ces, cas il ne faut pas trop chauffer la pierre, car il se formerait une espèce de fritte, et la chaux ne serait plus propre aux constructions; il faut cependant la calciner assez pour lui faire perdre tout l’acide carbonique qu’elle renferme. On dit que la chaux est grasse quand la pierre calcaire qui l’a fournie ne renferme qu’une petite proportion de ces matières étrangères.
DU BIOXYDE DE CALCIUJII. GaO^
M. Thénard a prouvé, en 1818, que la chaux (protoxyde de calcium) est susceptible de se suroxyder et de former un hydrate de bioxyde, qui est en paillettes très-fines. On obtient ce nouvel oxyde en versant de 1 eau de chaux dans l’eau oxygénée contenant de l’acide chlorhydrique ou azotique; l’eau oxygénée cède de l’oxygène à la chaux, et l’hydrate de bioxyde se précipite.
PREimÈRE PARTIE.