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DES SEL« FORMAIS PAR LE PROTOXYDE DE CALCIYM

Les dissolutions calcaires ont une saveur amère et salée; elles sont toutes précipitées par la potasse ou la soude , par les carbonates de potasse, de soude ou d’amnroniaque; V ammoniaque ne les tronble pas; le précipité obtenu en vertu de la loi dont j’ai parlé à la page 311 est du carbonate de chaux blanc, qui, étant desséché et calciné, donne la chaux vive. L’acide oxalique décompose toutes les dissolutions des sels calcaires et se précipite avec la chaux ; le précipité, peu soluble dans un excès d’acide oxalique, très-soluble dans l’acide azotique, se décompose par la calcination et laisse de la chaux vive; l’oxalale d’ammoniaque opère encore mieux cette décomposition. Les dissolutions aqueuses des sels de chaux ne précipitent pas par l’acide sulfurique quand elles sont étendues, tandis que le contraire a lieu si elles sont concentrées.

Carbonate, CO^.— Ce sel se trouve très-abondamment dans la nature : il constitue la craie, la pierre à chaux, les marbres, les stalactites, les albâtres, l’arragonite, le spath d’Islande, et une foule de variétés de cristaux qui ornent les cabinets de minéralogie; il fait partie de tous les terrains cultivés, des enveloppes des mollusques, des crustacés, des radiaires, et des nombreux polypiers; enfin il entre dans la composition de quelques eaux de source, où il est tenu en dissolution par un excès d’acide carbonique. Il est insoluble dans l’eau, par conséquent insipide; il est soluble dans un excès d’acide carbonique : c’est à cette solubilité et à sa précipitation spontanée, au contact de l’air, qu’est due la formation des stalactites et de ces sortes de pétrifications que l’on produit en exposant des objets quelconques dans les eaux qui sont chargées de carbonate de chaux. Il est inaltérable à l’air et décomposable, par la simple action de la chaleur, en gaz acide carbonique et en chaux, à moins qu’il ne soit chauffé sous une forte pression (Hall, voy. p. 7 ) ; il partage arec les autres carbonates les propriétés déjà exposées à la page 326. On s’en sert pour préparer la chaux vive, pour b4tir, etc.; tout le monde connaît les nombreux usages du marbre. Le carbonate de chaux doit être regardé comme absorbant ; les yeux d’écrevisses, les écailles d’huitres , les coquilles d’œufs , les coraux, etc., tant vantés par les anciens médecins , et que l’on emploie encore aujourd’hui pour absorber les acides qui se développent dans l’estomac, ne doivent leurs propriétés qu’au carbonate de chaux qui entre dans leur composition ; on peut faire usage de ces substances dans les cas où la magnésie est indiquée (voy. Magnésie).

Préparation (voy. p. 317, 3® procédé).

Carbonate de chaux hydraté , Ca,Co2,5H0. — En exposant à l’air de l’eau sucrée tenant de la chaux en dissolution (voy. Sucre), on peut obtenir du carbonate de chaux hydraté, blanc, cristallisé en rhomboèdres très-aigus, insipides, insolubles, d’une densité de 1,783 à -f- 10°. 11 abandonne son eau de cristallisation et devient pàteiixà la température de 30° à 40° ; si on le chauffe à 100°, il perd toute son eau.

Phosphates de chaux. — 11 existe plusieurs phosphates de chaux. Phos“ phate basique =3 CaO, PhO^, 2 HO. On le trouve dans la nature , prin- cipalementà Logrosan, en Eslramadure, où il sert comme pierre à bâtir ; , il est combiné soit avec le chlorure, soit avec le fluorure de calcium, et constitue alors Vapathite de Werner. Il est blanc et insoluble dans l’eau. On l’obtient en versant du chlorure de calcium dans du phosphate de soude à 3 équivalents de base= 3 NaO,PhO^, 24 HO.

Phosphate de chaux neutre ~ 2 CaO, HO, Ph0^,3H0. — 11 existe dans plusieurs eaux minérales. Il est blanc , cristallin, et insoluble dans l’eau. Ou l’obtient en versant du chlorure de calcium dans une dissolution de phosphate de soude ordinaire = 2 NaO, HO, PhO^, 24 HO.

Phosphate des os^ 8GaO, 3Ph 0^ (1). —Ce sel existe dans les os de tous les animaux et dans toutes les matières végétales et animales; il fait quelquefois partie des calculs vésicaux. Le phosphate des os pur peut être fondu en un verre transparent, tandis que s’il contient un excès de chaux, il ne donne, après la fusion, qu’une masse opaque ; chauffé avec du potassium dans un tube de verre, il se décompose et fournit du phosphure de calcium, dont les caractères sonttrès-saillants(voy. p. 399), et qui, mis dans l’eau acidulée, dégage du phosphure d’hydrogène gazeux ; cette propriété permet de reconnaître uu demi-milligramme de phosphate de chaux. 11 est insoluble dans l’eau, et par conséquent insipide. Traité à froid par l’acide sulfurique concentré, il cède à cet acide la chaux qu’il renferme, et se transforme en acide phosphorique si l’on n’emploie pas assez d’acide sulfurique , il se produit du biphosphate de chaux soluble que l’on peut séparer du sulfate de chaux au moyen de l’eau. Le phosphate des os sert à la préparation du phosphate acide dont on fait usage pour extraire le phosphore. On n’emploie jamais ce sel, en médecine, à l’état de pureté ; on administrait autrefois, dans l’angine, l’album grœcum ou l’excrément des chiens auxquels on avait fait ronger des os, et qui est principalement composé de phosphate de chaux; ce sel

(1) D’après M. Raewsky, ce sel serait formé de 3 CaO, PhO=.

t*KKMlERE l‘ARTlE.

fait partie de la poudre de James ; il constitue presque à lui seul la corne de cer/' calcinée au blanc, avec laquelle on prépare le plus souvent la décoction blanche de Sydenham , employée avec tant de succès comme adoucissant dans les anciens dévoiements, les ténesmes, les épreintesde la dysenterie, la phthisie, etc.

Préparation. On l’obtient en saturant l’excès d’acide du biphosphate par l’ammoniaque.

Biphosphate de chaux, Ga0,2H0,Ph05.-— Il est constamment le produit de l’art; il est déliquescent, et par conséquent très-soluble dans l’eau; il cristallise en paillettes nacrées. Exposé à l’action du calorique, il se dessèche, se boursoufle, et donne un verre insipide, CaO, PhO^, insoluble, sans action sur Vinfusum de tournesol , s’il a été préparé dans un creuset de terre , parce que le creuset a cédé une certaine quantité d’acide silicique; tandis qu’il a une saveur acide, qu’il rougit le tournesol, et qu’il est un peu soluble dans l’eau, s’il a été obtenu dans un creuset de platine. Le charbon le décompose à une température élevée, s’empare de l’oxygène de l’acide, et le phosphore est mis à nu. L’ammoniaque, la potasse, la soude et leurs carbonates , versés dans une dissolution de ce sel , en saturent l’excès d’acide, et le phosphate de chaux se précipite. L’eau de chaux le transforme entièrement en phosphate Insoluble. On fait usage de ce sel pour extraire le phosphore.

Préparation. On chauffe les os de bœuf, de mouton , etc. , jusqu’à ce que toute la matière animale qu’ils renferment soit décomposée; on obtient des cendres qui sont principalement formées de phosphate de chaux et de carbonate de chaux ; on les passe au tamis , et on les réduit en une bouillie liquide au moyen de l’eau ; ôn mêle peu à peu cette bouillie avec un tiers de son poids d’acide sulfurique concentré, et on agite : l’acide enlève au phosphate une partie de la chaux, et décompose tout le carbonate, en sorte qu’il y a dégagement de gaz acide carbonique i et formation de sulfate et de biphosphate de chaux ; le mélange de ces | deux sels est très-consistant, presque solide, et sa température assez ; élevée à raison de l’action de l’acide sulfurique sur l’eau et sur la chaux; ! on l’abandonne à l’air pendant quelques Jours ; il en attire riuimidilé, et la décomposition devient plus complète; alors on y verse de l’eau bouillante, qui dissout le biphosphate de chaux et un peu de sulfate de chaux; on décante après avoir laissé reposer, et on traite de nouveau le résidu par de l’eau bouillante, opération que l’on recommence deux ou trois fois. On filtre les liqueurs à travers une toile serrée, et on les fait évaporer, jusqu’en consistance sirupeuse, dans une chaudière de plomb; par ce moyen, on en sépare presque tout le sulfate de chaux.

qui est très-peu soluble ; on décante le liquide sirupeux ; on lave le sulfate de chaux, afin de dissoudre tout le bipijosphate; on réunit les eaux de lavage et on les fait évaporer : la masse obtenue est le biphosphate de chaux, qui peut être vitrifié par la chaleur. Si ce phosphate doit servir à la préparation du phosphore, on emploie pour le préparer 5 parties de cendres d’os et 2 parties d’acide sulfurique concentré; il importe de ne pas ajouter une plus grande quantité d’acide sulfurique si l’on veut obtenir le phosphore de l’acide phosphorique : en effet , il résulte des expériences de M. Javal que l’acide phosphorique est plus volatil qu’on ne le croyait généralement, et que si on ne le fixe pas à l’aide d’une certaine quantité de chaux ou de tout autre alcali , il se volatilise en partie et échappe à la décomposition ; or, dans le cas dont il s’agit , le moyen le plus sûr de le fixer consiste à ne lui enlever, par l’acide sulfurique, que la portion de chaux strictement nécessaire pour que l’expérience ait un plein succès.

Phosphate de chaux composé de phosphate neutre et de biphosphate.— - Il est blanc, à réaction acide, décomposable par l’eau en phosphate neutre et en biphosphate. On l’obtient en dissolvant le phosphate neutre dans l’acide phosphorique, et en précipitant le sel par l’alcool.

Sulfate {plâtre, gypse, sélénite, etc.): CaO, SQ3 quand il aü anhydre; Ca0,S03, 2H0, s’il est hydraté. — Gesel existe très-abondamment dans la nature à l’état anhydre ou à l’état d’hydrate; tantôt il est cristallisé, tantôt amorphe; on le trouve assez souvent en dissolution dans les eaux de puits. Lorsqu’il a été obtenu dans les laboratoires A l’état d'hydrate, il cristallise en octaèdres, en prismes hexaèdres avec sommets tétraèdres, en lentilles, ou sous forme d’aiguilles blanches, satinées, peu consistantes; il est presque insipide, soluble dans 332 d’eau froide ou bouillante (Lassaigne), plus soluble dans l’eau chargée d’acide sulfurique, verdissant lentement le sirop de violettes. Soumis à l’action du calorique, les cristaux de sulfate de chaux décrépitent et deviennent opaques; ils perdent leur eau de cristallisation à 130" , mais ils peuvent facilement la reprendre en augmentant de volume, et en donnant ainsi naissance à une masse compacte, volumineuse, qui constitue le plâtre dont on se sert pour enduire les murailles. Chauffé dans un creuset, le sulfate de chaux fond et donne un émail blanc. Le charbon le transforme en sulfure de calcium (voy. p. 322), Exposé à l’air, il en attire l’humidité, s’il a été préalablement desséché; mais il ne tombe pas en déliquium.

Usages. Il sert pour faire le plâtre. Lorsque celui-ci est destiné aux objets de scnlplure, il suffit de calciner le sulfate de chaux pur pour le

410 PREMIÈUE PARTIE.

priver de Teau qu’il renferme, et de le tamiser; si l’on veut s’en servir pour les objets de construction, on a conseillé , après l’avoir calciné, de le mêler avec un dixième de son poids environ de chaux , si toutefois le sulfate dont il s’agit ne contient pas de carbonate de chaux : par ce moyen, le plâtre absorbe, dit-on, plus d’eau en se solidifiant, acquiert plus de dureté et de ténacité. Gay-Lussac réfute cette assertion , et pense qu’il faut chercher la différence des divers degrés de consistance que prennent avec l’eau les plâtres cuits, dans la dureté qu’ils présentent à l’état cru , dureté qu’on ne peut expliquer, et qu’on doit prendre comme un fait; ce qu’il y a de certain, c’est que l’addition de la chaux aux plâtres peu consistants ne les améliore pas sensiblement; d’ailleurs le plâtre cuit ne renferme pas ordinairement de chaux libre , lors même qu’il contenait du carbonate de chaux avant la calcination. Les expériences de M. Payen établissent que la cuisson la plus utile du plâtre a lieu à 80» environ , et que si on le chauffe même au-dessous de la température à laquelle il devient rouge, il peut perdre totalement la qualité essentielle de se solidifier avec l’eau. Le sulfate de chaux sert encore pour faire le stuc, composition qui imite parfaitement le marbre, et (jue l’on prépare en gâchant le plâtre avec une dissolution de gélatine (colle forte), et en ajoutant au mélange encore en bouillie des substances colorées : on l’applique lorsqu’elle est sèche, et on la polit après l’avoir appliquée sur les objets que l’on veut en recouvrir. On est parvenu, il y a quelques années , à donner au plâtre la dureté du marbre , en le faisant bouillir dans une dissolution d’alun ou de sulfate de zinc, lorsqu’il a été préalablement desséché, et en le faisant cuire une seconde fois avant de l’employer, comme s’il n’avait subi aucune modification. Il suffit, d’après M.Herpin, de 12kil. de plâtre cuit et pulvérisé, mélangés à 2 kil. Va de poussier de charbon , pour solidifier et désinfecter immédiatement les déjections stercorales produites par un individu pendant une année entière ; le résultat de celle action constitue un engrais trèsactif et durable, sans odeur ni apparence désagréable (/oMr». de joAormacie, déc. 1849). Le sulfate de chaux dissous dans l’eau .est laxatif: on sait que les eaux de puits ou de source chargées de sélénite sont crues, pesantes , et occasionnent quelquefois le dévoiement.

Préparation (iVüY. p. 317, l®*” ou 2® procédé).

Ooxalate de chaux, CaO, C2 Q3, 2 HO. — Existe dans plusieurs lichens et dans les calculs muraux. 11 est blanc, insoluble dans l’eau; décomposé par la chaleur, il laisse de la chaux vive. 11 est à peine soluble dans l’acide acétique, et très-soluble dans les acides azotique et chlorhydi’ique.

Chlorure de chaux ou cC oxyde de calcium. — r ai déjà dit que si l’on fait passer du chlore gazeux parfaitement sec à travers du protoxyde de calcium dont la température a été élevée dans un tube de porcelaine, on obtient du gaz oxygène et du chlorure de calcium. En faisant arriver du chlore gazeux sur de la chaux éteinte, en poudre fine et humectée, il se forme un produit généralement connu sous le nom de chlorure de chaux, et qui est regardé par quelques chimistes comme un mélange d’hypochlorite de chaux, Ca0,C10, de chlorure de calcium, CaCl, et de chaux hydratée.

Ce produit est pulvérulent et blanc; il répand une légère odeur chlorée et se dissout dans Teau; sa dissolution décolore l’indigo, précipite du chlorure d’argent par l’azotate de ce métal , et de l’oxalate de chaux par l’oxalate d’ammoniaque.

Elle absorbe l’acide carbonique de l’air, laisse dégager du chlore, et finit par se décomposer ; si elle marque 100 degrés au chloromètre et qu’on enlève la croûte de carbonate de chaux, il s’en forme une autre, et ainsi de suite : au lieu de cela, si on n’enlève pas la croûte de carbonate de chaux, la chaux est décomposée en oxygène qui se dégage, et en calcium qui s’unit au chlore; en sorte que le chlorure de chaux se trouve transfonné en chlorure de calcium. Si, au lieu de 100 degrés, le chlorure n’en marque que 66 , il donne naissance , dans cette dernière circonstance, à du chlorure de calcium mêlé d’un dix-huitième de chlorate de chaux. — L’action de Tair sur le chlorure de chaux sec est la même, parce qu’il en attire l’humidité : aussi finit-il par tomber en déliquium, parce qu’il se change en chlorure de calcium (Morin, dé Genève).

Les acides affaiblis, s’ils sont employés en quantité suffisante, en dégagent le chlore, et il se forme un sel de chaux.

CaO, Cl Acide = CaO, acide Cl

Chlorure de calcium, ^ Sels de chaux. ’ Chlore.

Dans l’hypothèse où ce corps serait formé d’hypochlorite de chaux et de chlorure de calcium , Teau de l’acide transformerait le chlorure de calcium en acide chlorhydrique et en oxyde de calcium, en même temps que l’acide employé décomposerait l’hypochlorite de chaux et en séparerait l’acide hypochloreux : il se dégagerait d'abord de l’acide hypochloreux ; mais cet acide réagirait aussitôt sur l’acide chlorhydrique, et il se formerait de l’eau et du chlore.

CIO, HCl = 2 Cl, HO

Comme, selon son degré de concentration, la dissolution de chlorure de chaux possède un pouvoir décolorant et désinfectant qui varie, on a indiqué tes deux procédés suivants pour doser son litre. 1° Ce moyen est fondé sur la propriété que possède une quantité déterminée de chlore, à quelque état qu’il se trouve, de décolorer une quantité de dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique, qui lui correspond exactement. La dissolution qui sert pour ces essais contient 1 partie d’indigo dissous dans U parties d’acide sulfurique à 66 degrés; elle est ensuite étendue d’une quantité d’eau convenable pour qu’un volume de chlore en décolore dix fois ce même volume. On se sert, pour effectuer celte analyse, d’une petite burette graduée , appelée chloromètre, de telle façon qu’en prenant une quantité déterminée de dissolution d’indigo , on voit par le nombre de centimètres cubes qu’indique la burette quel pouvoir décolorant possède une liqueur qui contient du chlorure de chaux.

Ce premier moyen présente un inconvénient grave; la dissolution d’indigo s’altère promptement, et on est exposé à commettre des erreurs lorsqu’on opère avec une dissolution un peu ancienne. Le procédé suivant doit être préféré.

2“ On verse peu à peu un volume déterminé de dissolution de chlorure de chaux dans un volume donné d’une dissolution d’acide arsénieux dans l’acide chlorhydrique privé d’acide sulfureux. On colore celte dissolution en bleu par deux ou trois gouttes de sulfate d’indigo; le chlore du chlorure transformera rapidement l’acide arsénieux en acide arsénique, et n’agira sur l’indigo que lorsque l’acide arsénieux sera complètement transformé : aussi arrivera-t-il un moment où, la liqueur étant encore bleue, il n’y aura pourtant plus d’acide arsénieux; alors, par l’addition d’une seule goutte de dissolution de chlorure, la liqueur se décolorera et ressemblera à de l’eau; on arrêtera l’opération dès que l’on aura obtenu ce résultat. Il est évident que des chlorures de chaux contenant 1, 2, 3, 4, 5, 6 parties de chlore devront être employés en quantités différentes pour parvenir à décolorer une dissolution d’acide arsénieux dont la force sera toujours la même : c’est précisément d’après les proportions de dissolution de chlorure que l’on aura été obligé d’employer que l’on jugera la force de ce chlorure.

M. Balland, de Tours, et après lui M. Marozeau, ont proposé de faire usage de protochlorure de mercure, et de voir combien il faudrait de chlorure de chaux pour faire passer ce protochlorure à l’état de bichlorure. M. Lassaigne a eu recours à l’iodure de potassium pour apprécier les proportions de chlore contenues dans ces chlorures.

Procédé de Gay Lussac par l’acide arsénieux. On prépare une disso-

lutwu arsénieuse normale en dissolvant A gr., 440 d’acide arsénieux dans 3 décilitres d’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau * on ajoute de l’eau jusqu’à ce qu’il y ait un litre de dissolution. L’expérience prouve que cette quantité de liqueur arsenicale normale exige juste un litre de chlore gazeux supposé sec (3 grammes 170 milligrammes) pour être complètement transformée en acide arsénique* en sorte que SI un litre de dissolution normale est détruit par deux litres d’eau chlorée ou de chlorure de chaux dissous, c’est que dans ces deux litns Il y a 3 gr., 170 de chlore. S’il ne faut qu’un demi-litre d’eau chlorée ou de chlorure de chaux dissous pour obtenir le même résultat, c’est que ces deux liqueurs chlorées renferment aussi chacune 3 gr., 170 de chlore On commence par préparer un litre de la dissolution aqueuse de chlorure de chaux dont on veut déterminer le titre. Ce litre a été obtenu avec 10 grammes de ce chlorure solide et de l’eau ; il est évident que si ce chlorure contenait quelques matières insolubles, l’eau ne les aurait point dissoutes. Qu’importe Le litre d’eau renfermerait toute la proportion de matière décolorante contenue dans les 10 grammes de cLi^ure A aide d une pipette graduée, on fait tomber dans un vase de 3 à 4 déci •très, en verre blanc et à fond plat, 10 centimètres cubes de la dissolu-

d ^ du chlorure

pi«enle un dmème de cenlimèlre cube; on verse celle dissolulion goulle d snulle dans la liqueur arsénieuse colorée ; on cesse d’en aiouler des que 1 on s’aperçoil que la coloralion bleue disparall. On lil alors sur

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10,8 : 10 : : 1000 (un lilre) : x. x = 926 cenl. cubes.

8r-, 542, ce qui correspond à 9260 centilitres.

•anls dam' rël7f diaaolulion nordans celle du chlorure, celle liqueur, qui conlienl beaucoup d’a-

eide chlorhydrique, éliminerait plus de chlore que n’en pourrait absorber l’acide arsénieux, et le chlore se dégagerait à l’état de liberté.

Le chlorure de chaux du commerce marque ordinairement 80 à 110 degrés chloromélriques; d’où il suit qu’il renferme par kilogramme 80 à 110 litres de clilore , facile à dégager par les acides.

Préparation. On obtient le chlorure de chaux solide, employé à la désinfection des matières animales, en faisant arriver du chlore gazeux sur de la chaux vive éteinte ou sur un lait de chaux; il faut employer un excès de cliaux, autrement il se formerait du chlorate de chaux. On aura atteint le point de saturation convenable, lorsqu’une partie de ce clilorure, dissous dans 130 parties d’eau, décolorera 4 parties Vj de sulfate d’indigo.

Si l’on voulait avoir du chlorure de chaux liquide, on mettrait dans 40 litres d’eau 1 kilogramme de chaux vive délitée, et on ferait arriver le clilore gazeux jusqu’à saturation ; on devrait, avant d’employer ce chlorure, Tétendre d’eau. En général , il faut, dans la préparation de ce corps, agir à froid et éviter l’élévation de température, parce qu’alors il se décompose et se transforme en chlorure de calcium et en chlorate de chaux {Ann. de phys. et de chim., février 1828).

Ce sel est employé avoc le plus grand succès pour désinfecter les fosses d’aisances et pour enlever l’odeur des matières putréfiées. Il agit sur l’économie animale comme stimulant. On ne l’emploie guère à l’intérieur que pour désinfecter l’haleine ; à l’extérieur, on s’en sert avec beaucoup de succès dans le traitement de divers ulcères, de plaies fétides, et surtout du charbon, de la pourriture d’hôpital, des plaies gangréneuses et cancéreuses, du cancer du sein et de la matrice, de certaines dartres rongeantes, des ulcérations des gencives, de la langue, de la membrane pituitaire, etc. On l’a aussi employé avec succès contre la gale.

Azotate, CaO, AzO^ 4H0. — Ce sel fait partie des plâtras et des divers i matériaux salpêlrés dont on se sert pour obtenir l’azotate de potasse; il j existe aussi en quantité notable dans les eaux des fontaines de Stockholm, i Il est très-déliquescent et par conséquent très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Une partie d’eau suffit pour en dissoudre 4 ou 5 parties; celte dissolution cristallise très-difficilement: on peut cependant obtenir l’azotate de chaux cristallisé en prismes hexagones en le faisant dissoudre I dans l’alcool; sa saveur est très-âcre, ht phosphore de Baudouin, qui a j la propriété de luire dans l’obscurité , n’est autre chose que ce sel par- | failement desséché. Il ne sert qu’à la formation du salpêtre. |

Préparation (voy. p. 317, 1®’’ et 2® procédés). \

DU BARYUM.

DC BAllYl'M. Ba. Équivalent r= 858

Le baryum ne se trouve dans la nature qu’à l’état de sel. Il n’a été obtenu jusqu’ici qu’à l’aide de la pile ou en décomposant à une chaleur rouge le protoxyde de baryum anhydre par la vapeur du potassium. 11 est blanc , brillant comme l’argent, et malléable, plus dense que l’acide sulfurique concentré, fusible à la chaleur rouge. On ne peut pas le distiller ; il s’oxyde rapidement à l’air, à la température ordinaire.

Le soufre peut se combiner avec le baryum en plusieurs proportions par des procédés analogues à ceux que l’on emploie pour former les sulfures de potassium; mais ces différents degrés de sulfuration n’ont pas encore été tous examinés. Le monosulfure, BaS,6H0, cristallisé est sous forme de lames blanches, soyeuses, d’une saveur âcre, sulfureuse, plus solubles dans l’eau bouillante que dans l’eau froide; ce so/wtwm peut dissoudre du soufre et former des polysiilfures ; à l’air, il se transforme en hyposulfite (voy. Sulfures , p. 282). On l’obtient en décomposant le sulfate de baryte par /g de charbon et une certaine quantité de colle de farine à un feu violent.

Le chlorure de baryum, BaCl, est solide, incolore, d’une saveur âcre, piquante, inaltérable à l’air, fusible à la chaleur rouge, indécomposable par la chaleur, et sans action sur l’oxygène. Cent parties d’eau à 15° en dissolvent 43,5 p. et 77 p. à la température de 105,48; ainsi dissous, il peut cristalliser en prismes à quatre pans très-longs et peu épais , BaCl, 2H0, qui décrépitent sur les charbons ardents, presque insolubles dans l’alcool absolu. On l’emploie dans les laboratoires comme réactif.

Le chlorure de baryum est un des poisons les plus violents; appliqué sur le tissu cellulaire, à la dose de quelques centigrammes , il est rapidement absorbé, et détermine des convulsions qui ne tardent pas à être suivies de la mort; il exerce, indépendamment de cette action, une irritation locale capable de produire l’inflammation des parties avec le.squelles il a été en contact. Le meilleur antidote de ce sel et des autres préparations de baryte est sans contredit la dissolution d’un sulfate , tel que ceux de soude, de magnésie ou de potasse : en effet, ces sels ont la propriété de décomposer tous ces poisons et de les transformer en sulfate de baryte insoluble, qui est sans action sur l’économie animale. Le chlorure de baryum a été prôné par Crawfoil, comme un excellent remède contre les scrofules ; je l’ai souvent employé et vu employer sans succès. Quoi qu’il en soit, on doit l’administrer à la dose de 1 à 5 centigrammes dans une lasse d’eau distillée. On l’a également préconisé

416 PREMlÈaE PARTIE.

contre l’iiydropisie et comme anlhelminlhique; on s’en est également servi comme excitant et escharolique faible, en lotion§ sur les ulcères scrofuleux.

Préparation. On traite le sulfure de baryum par l’acide chlorhydrique ; le chlorure reste en dissolution, l’excès de soufre se précipite, et il se dégage du gaz acide sulfhydrique. En grand, on calcine dans un four à réverbère du sulfate de baryte pulvérisé avec la moitié de son poids de chlorure de calcium ; il se forme du chlorure de baryum soluble et du sulfate de chaux peu soluble ; ou traite par l’eau froide, et on décante rapidement.

Viodure de baryum, Bal, est le produit de l’art; il cristallise en prismes très-fins ou en aiguilles ; il ne fond pas à la chaleur rouge ; chauffé avec du gaz oxygène, il abandonne de l’iode ; quoique très-soluble dans l’eau, il n’est que faiblement déliquescent. Exposé à l’air, il se colore et passe à l’état d’iodure ioduré (voy. p. 288). Il est sans usages. On l’obtient en dissolvant la baryte dans l’acide iodhydrique et en chauffant le produit jusqu’au rouge. II a été quelquefois employé à l’extérieur sous forme de pommade dans les engorgements scrofuleux.

Caractères distinctifs du baryum. 1° Ses propriétés physiques; 2° son action sur l’eau à froid, qui le transforme en protoxyde (baryte).

Préparation. On obtient ce métal en décomposant un sel de baryte, comme il a été dit à la page 401.

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