CHLORE
Étymologie. Chlore vient du grec ;y.o>pst (jaune verdâtre) pour rappeler la couleur de ce corps.
Synonymes. Acide muriatique oxygéné , chlorine (anglais), halogène , esprit de sel dèphlogù tiqué,
PIL>priétés physiques. Le chlore est un corps gazeux à la température et à la pression ordinaires. Il est d une couleur jaune verdâtre. Il a une odeur particulière sui generis. Sa densité est 2,44634. Un litre de gaz chlore , à la température et à la pression ordinaires, pèse 3 gram. 17017. L’eau, dans ces mêmes circonstances , dissout deux fois son volume de chlore. Le chlore est de tous les corps simples le plus soluble dans l'eau ; car les corps simples sont en général insolubles dans ce véhicule. La dissolution aqueuse du chlore est d'une densité de 1,003; elle a les mêmes propriétés que le
(i) U y ici une lacune évidente : l'acide pcibromique teste a découvrit.
CHLOKACKS.
chlore gazeux. La lumière décompose cette dissolution ( Voy. prop. chim ). L’eau chlorurée laisse, à la température de quelques degrés au-dessous de zéro, déposer des cristaux d’hydrate de chlore de couleur jaunâtre, et d’une densité de 1,2. Les cristaux d hydrate de chlore contiennent , suivant Faraday , 28 p. cent, de chlore. En chauffant ces cristaux jusqu’à 23°, dans un tube de verre fermé des deux bouts , on obtient deux couches de liquide ; l’une , d’un jaune pâle , qui est de l’eau saturée de chlore; l'autre plus pesante, d’un vert jaunâtre, qui est du chlore liquide anhydre, réfractant la lumière moius fortement que l’eau. C’est de cette manière que Faraday a obtenu , pour la première fois , du chlore anhydre liquide. Une pression de k atmosphères, à la température de la0, suffit pour faire passer le chlore à l’état liquide. Si nous existions dans une pareille atmosphère, le chlore se présenterait à nous comme un corps liquide. Mais, dans les circonstances dans lesquelles nous l’obtenons, il se comporte réellement comme un gaz permanent.
Propriétés chimiques. Le chlore, dissous dans l’eau, se décompose sous l’influence de la lumière : il se produit de l’acide chlorhydrique qui reste dissous dans l’eau non décomposée, et de l’oxygène qui se dégage ou qui vient occuper la partie supérieure du flacon bien fermé. Le chlore se combine directement avec l’hydrogène, à volumes égaux et sans condensation, pour donner naissance à de l’acide chlorhydrique. Mais cette combinaison n’a lieu qu’à la lumière diffuse ou à la lumière directe du soleil. A la lumière diffuse, elle est lente, mais néanmoins complète ; à la lumière directe , elle a lieu instantanément , avec explosion et dégagement de lumière. Dans l’obscurité , la combinaison ne s’opère point; le chlore et l’hydrogène peuvent y être conservés indéfiniment à l étal de mélange.
Le chlore ne se combine avec l’oxygène que par voie indirecte ; les composés qui en résultent sont peu stables et cèdent facilement leur oxygène aux corps qui en sont avides.
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CHLO RACÉS.
Il4
Le chlore , comme l’oxygène , se combine directement avec presque tous les métaux , et forme des chlorures dont les uns sont basiques ( chlorobases ), les autres acides ( ch/ora cides) et d'autres enfin indifférents ou neutres. Ces combinaisons ont quelquefois lieu avec élévation de températureet production de lumière. L’antimoine et le bismuth en poudre, le cuivre et ie zinc en feuilles très-minces , peuvent servir pour constater ce fait. Le gaz chlore est absorbé en quantité considérable par les sulfures d'étain , de titane , d’antimoine et d’autres sulfures métalliques. Lorsqu’on fait arriver un courant de chlore dans du chlorure de soufre maintenu à quelques degrés au-dessous de zéro, on obtient un liquide oléagineux, blanc, distillant à H5° , fumant à l’air, plus pesant que l’eau , précipitant le nitrate d’argent et le sel de baryte. H. Rose regarde ce liquide, qu’il a le premier découvert , comme un chloride de soufre analogue à l’acide sulfurique . SCI5 = SO3.
Le chlore détruit sans retour le tournesol , l’indigo , et en général toutes les substances colorantes du règne végétal et du règne animal. Mais pour cela , la présence d’un peu d’eau est nécessaire. Probablement dans ce cas l’eau est décomposée. Il y a formation d’acide chlorhydrique et d’oxygène qui , à l’état naissant , se porte sur la matière colorante pour la dénaturer. Le chlore attaque énergiquement tous les corps organisés. Respiré pur , il excite la toux , le crachement de sang, et peut devenir mortel.
C’est un poison corrosif dont le contre-poison est l’ammoniaque. En faisant agir le chlore ou le brème sur l’indigo , on obtient un certain nombre de produits particuliers, récemment étudiés par M. Erdmann.
Caractères distinctifs. L’odeur, la couleur et la propriété qu’a le chlore de se combiner avec son volume d’hydrogène, pour former, sans condensation, de l’acide chlorhydrique qui donne, avec le nitrate d’argent , un précipité blanc, bleuis- ^Bt à la lumière , insoluble dans l’eau , soluble dans l’ammo-
CHLO RACÉS.
niaqae ; tous ces caractères distinguent le chlore de tous les autres corps. M. Dumas a remarqué que les composés de chlore , et notamment les bougies stéariques contenant du chlore , brûlent avec une flamme jaune entourée d'un bord verdâtre.
Le chlore , comme corps élémentaire, est représenté par le signe Cl (équivalent = 442, 650 ; 2 volumes de chlore = Cl * (atomes).
État. Le chlore ne se trouve pas dans la nature à l’état de liberté. Mais il existe à l’état de chlorure de sodium , de potassium , de magnésium , de calcium , dans les eaux de la mer , dans les sources minérales , dans les cendres des végétaux ; et à l’état de chlorure de plomb , d’argent , de fer dans quelques espèces minérales.
Préparation. Quand on chauffe de l’acide chlorhydrique étendu avec du peroxyde de manganèse, on obtient un dégagement de chlore. Dans cette action , l’acide chlorhydrique (Cl H) se décompose; son hydrogène forme de l’eau avec l’oxygène du peroxyde de manganèse, et le chlore devenu libre se partage en deux parties : l’une s'unit au manganèse pour former un chlorure de manganèse , et l’autre se dégage. Pour préparer convenablement le chlore , on chauffe dans une cornue , à demi remplie , un mélange fait avec 3 parties de sel marin , 2 p. de peroxyde de manganèse , et 2 p. d’acide sulfurique étendu dans 4 p. d’eau. Dans cette réaction , il se forme d’abord de l’acide chlorhydrique aux dépens du chlorure de sodium et de l’acide sulfurique (voy. Acide chlorhydrique); et l’acide chlorhydrique est ensuite décomposé comme nous venons de le dire. Il faut éviter de recevoir le chlore sur le mercure, car il attaque celui-ci; il ne faut pas non plus le recevoir sur l'eau, puisqu’il s’y dissout. On peut recueillir le chlore dans un flacon rempli d’air , au fond duquel vient plonger le tube par lequel le chlore se dégage. Le gaz , à mesure qu'il y arrive, chasse l’air ; et , eu vertu de sa densité , il remplit le flacon depuis le fond jusqu’à son ouverture. On reconnaît, par la couleur, si le' flacon est à peu près rempli de chlore.
Usages. Le chlore est employé , le plus ordinairement, engagé dans une oxy-base ( chlorure de chaux , de potasse ) pour blanchir les étoffes tirées du règne végétal , comme le lin , le chanvre et le coton. Il détruit les étoffes annualisées en même temps qu’il les décolore (1). On emploie le chlore pour désinfecter l’air miasmatique et prévenir des maladies contagieuses. On l'a également employé , mais sans succès , dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Le chlore est le meilleur contre-poison de l’acide prussique et de l’hydrogène sulfuré.
Acide chlorhydrique.
Synonymes. 4 eide hydrochlorique 1 gaz acide muriatique , esprit de sel , acidurn muriuticum ( lat. ) , Salzsàure , Chlorwasserstoffsaure (allen?.).
Propriétés physiques. L’acide chlorhydrique est un gaz incolore , fumant à l’air , en s’emparant des vapeurs d’eau qui existent constamment dans l’atmosphère II a une odeur suffocante qui rappelle un peu celle du chlore. Sa saveur est caustique et fortement acide. Sa densité (résultat de l’expérience) est 1 , 2474. Ce résultat diffère très-peu de celui que donne le calcul et qui est 1,25459 (Yoy. composition). A la température de 10° , et , sous une pression de 40 atmosphères, le gaz acide chlorhydrique passe à l’état liquide {Faraday). Une série d’étincelles électriques le décompose en chlore et en hydrogène. L’acide chlorhydrique réfracte la lumière ; son pouvoir réfringent est 1,527. La chaleur, pierre de touche de la stabilité des corps, ne le décompose pas; l'acide chlorhydrique est donc éminemment stable. Il est extrêmement soluble dans l’eau. L’eau se précipite dans une cloche remplie de gaz acide chlorhydrique , comme dans le vide. A la pression de 0“,76 et à la température de 0°, l’eau dissout 450 fois son volume de gaz acide chlorhydrique. A
(i) C'est l'acide sulfureux qu'on emploie de préférence pour blanchir les étoffes animalisécs, telles que la laine et la soie.
CHLORACÉS. '
mesure que la pression diminue , ou, ce qui revient au môme, à mesure que la température s'élève à 15°, 20°, 30°, etc., l’eau laisse échapper de plus en plus l’excès d’acide chlorhydrique dont elle était saturée à 0° ; cependant , en continuant à élever la température , il arrive un point où l’eau n’abandonne plus d’acide chlorhydrique , et même à la température de l’ébullition , l’eau reste toujours acide. L’ébullilion de l’eau est alors retardée ; elle n'a lieu qu’à 106° et sa densité est t, 2. La môme chose n’arrive pas au gaz ammoniaque également très-soluble dans l’eau ; car, aune température élevée , toute l’ammoniaque , dissoute à une température plus basse, s’en va. Comme tous les corps solubles dans l’eau, le gaz acide chlorhydrique fait fondre la glace avec rapidité. Le charbon poreux absorbe plus de 500 fois son volume de gaz acide chlorhydrique ( Th. de Saussure ).
Propriétés chimiques. L’acide chlorhydrique, comme tous les acides puissants solubles , communique à la teinture de tournesol une couleur peluredognon.il éteint les bougies allumées , propriété qu’il a de commun avec beaucoup d’autres corps impropres à alimenter la combustion. Il est également irrespirable ; il asphyxie les animaux en désorganisant leurs tissus comme le chlore. — L’acide chlorhydrique se combine directement avec beaucoup de métaux et d oxy-bases pour donner naissance à des chlorures et non pas à des chlorhydrates. Avec les métaux, l’acide chlorhydrique se décompose : il y a dégagement d’hydrogène et le chlore se porte sur le métal pour former un chlorure. Avec les oxy-bases , l’acide chlorhydrique se décompose également ; mais, il ne se dégage pas d'hydrogène : celui-ci s’unit à l'oxygène de la hase, pour former de l’eau, et le métal de la base donne, comme dans le cas précèdent , naissance à un chlorure avec le chlore de l’acide chlorhydrique' décomposé. C’est ce qu’indique la formule suivante :
Cl H ) MCI (dégagement d’hydrogène),
CTltORACÉS.
MO h H0’ MC1
(sans dégagement d'hydrogène, production d'eau ).
Quand on fait passer du gaz acide chlorhydrique sec , et des vapeurs d'acide sulfurique anhydre à travers un tube de porcelaine incandescent, on obtient pour résultat du chlore , de l'acide sulfureux et de l'eau.
Caractères distinctifs. L’acide chlorhydrique donne un précipité blanc caillebotté avec le nitrate d'argent. Ce précipité, noircissant à la lumière ( chlorure d'argent), est complètement insoluble dans l'eau et dans les acides ; mais, très-soluble dans l'ammoniaque. L'acide chlorhydrique précipite également les sels de plomb et de protoxyde de mercure solubles; mais ces précipités (chlorure de plomb et proto-chlorure de mercure), sont beaucoup moins insolubles dans l’eau que le chlorure d’argent. Les vapeurs d'ammoniaque mises en contact avec des vapeurs d’acide chlorhydrique produisent des vapeurs blanches très - épaisses de chlorure d’ammonium. Mèlé avec de l’acide azotique, l’acide chlorhydrique constitue l’eau régale (voy. acide azotique).
État. L’acide chlorhydrique n'existe guère à l’état de liberté qu'aux environs de quelques volcans. Les chlorures do sodium, de potassium, d’ammonium, do magnésium, de plomb, de fer, qui se rencontrent dans la nature , ne donnent naissance à de l’acide chlorhydrique qu’en contact avec des acides puissants.
j Préparation. On prépare l’acide chlorhydrique avec du chlorure de sodium (sel marin), ou du sel ammoniac ( chlorure d’ammonium), sur lequel on verse de l’acide sulfurique du commerce. La réaction a déjà lieu à froid , et il suffit d'élever légèrement la température pour faire dégager en abondance , le gaz acide chlorhydrique qu’il faut recueillf^sur le mercure, parce que l’eau le dissout. Explication. L’eau de l’acide sulfurique du commerce est décomposée; son oxygène se porte sur le sodium pour former de la soude (oxyde de sodium) qui s’unit, à son tour, à l’acide sulfurique pour donner naissance à du sulfate de soude en résidu ( caput mortuum)
CHLORACÉS.
dans la cornue; l’hydrogène de l'eau- s’unit au chlore du chlorure de sodium décomposé , pour former de l’acide chlorhydrique qui se dégage. Voici l’expression de cette réaction :
SOs, HO ) Cl, H NaO, Cl j-SOJ,NaO.
Quand on fait arriver le gaz acide chlorhydrique dans l’eau, on obtient une dissolution saturée d’acide , qui est souvent colorée en jaune. Cette coloration tient à la décomposition des substances étrangères (substances organiques), que renferme le sel marin. Le lut employé , composé d’une argile ferrugineuse, peut aussi entrer pour quelque chose dans cette coloration ; mais la couleur de l’acide chlorhydrique aqueux du commerce tient surtout à la présence d’un peu d’acide hyponitrique provenant de la décomposition du nitre que renferme presque toujours le sel marin ordinaire.
Composition. L’acide chlorhydrique se compose de volumes égaux de chlore et d’hydrogène , sans condensation. Cla-f-H> (atomes) = CI,H (équivalents 4vol. = 1 équiv. d’acide chlorhydrique saturant i équivalent de base.
Détermination de la densité de l’acide chlorhydrique par le calcul: 0,06885 (poids de 1 vol. d’hydrogène)
2,44034 (poids de 1 vol. de chlore)
2,50919 ( poids de 2 vol. d’acide chlorhydrique) 1,25459 (densité de l’acide chlorhydrique).
Ce résultat ne s’éloigne pas beaucoup de celui donné par l’expérience directe (voy. Propriétés physiques).
Analyse. Lorsqu’on chaufiesurune cuve hydrargyro-pneumatique 100 vol. d’acide chlorhydrique avec du potassium dans un petit tube de verre gradué , on remarque que le mercure s’élève dans le tube , qu’il y a eu absorption de 50 vol. et que le résidu de 50 vol. est de l’hydrogène pur. Donc, il y a eu 50 vol. de chlore d’absorbés, qui, ajoutés aux 50 vol. d’hydrogène qui restent, ont produit les 100 vol. d’acide chlorhydrique employés dans l’analyse.
1 20 CHLORACÉS.
100 vol. *le gaz acide chlorhydrique en poids , se composent de
97,26 de chlore 2,74 d’hydrogène.
Ces données suffisent pour déterminer l’équivalent du chlore , celui de l’hydrogène étant supposé connu. En effet :
442,650, nombre qui est l’équivalent du chlore, représentant, comme celui de l’hydrogène , 2 yol. (2 atomes).
Usages. L’acide chlorhydrique est quelquefois employé en médecine comme moyen désinfectant et comme caustique. Il sert à faire l’eau régale , souvent employée dans l’analyse des minéraux.. L’acide chlorhydrique est le meilleur réactif des sels d'argent.
Chlorures.
Les chlorures résultant de la combinaison du chlore avec un corps élémentaire , ou de l’acide chlorhydrique avec une oxy-base , peuvent être basiques (chlorobases) , acides (chloracides),ou indifferents. Les chlorures alcalins sont, en général, basiques vis-à-vis certains perchlorures métalliques (chloracides), avec lesquels ils formentde véritables chlorosels (chlorures doubles). Dans ces chlorosels, le chlore de l’acide correspond au chlore de la base , comme dans les oxysels ( sels proprement dits), l’oxygène de l’acide correspond à l’oxygène de la base. Plus la proportion du chlore augmente dans un chlorure basique , plus celui-ci tend à devenir acide ; et sous ce rapport, le chlore présente une analogie de plus avec l’oxygène.
Caractères distinctifs. 1° Les chlorures sont, pour la plupart, anhydres et volatils. 2° Mis en contact avec de l’acide sulfurique, ils dégagent de l’acide chlorhydrique qui produit d’épaisses vapeurs blanches, au contact des vapeurs ammoniacales.
CITLORACÉS.
3° Chauffés avec de l’acide sulfurique et du peroxyde de manganèse, ils donnent tous naissance à du chlore.
V Traités par l’acide azotique , ils fournissent un liquide (mélange de chlore et de vapeurs nitreuses) qui dissout l’or (eau régale).
5° Ils produisent , dans une dissolution de nitrate d’argent, un précipité blanc , abondant , caillebotté , noircissant à la lumière , complètement insoluble dans l’eau , insoluble dans les acides et très -soluble dans l’ammoniaque.
Les chlorures sont, en général, solubles dans l’eau. Les moins solubles sont 1 e protochlorure de mercure , le chlorure de plomb , et surtout le chlorure d'argent. Il faut plus de 100,000 parties d’eau pour dissoudre 1 p. de ce dernier chlorure; d’où il résulte que tous les autres chlorures précipitent les sels de mercure au minimum , les sels de plomb et les sels d’argent.
Composition. Comme l’équivalent du chlore est le double (en volume) de celui de l’oxygène, les partisans de la théorie des atomes expriment la formule d’un chlorure par Cl* M. Exemple: Hg Cls, HgCI*, protochlorure de mercure, bichlorure de mercure , que , d’après la loi des équivalents, on écrit HgCI , HgCI*.
Celte remarque est également applicable aux bromures, aux iodures, aux fluorures et aux ejanures.
Acide perchlorique.
Synonymes. Acide chloeique ( de quelques auteurs), acide heptachloriquc , acide chloriqne oxygène.
Propriétés physiques. L’acide perchlorique est liquide, incolore et inodore. Il a une saveur franchement acide. On peut le concentrer, en l’évaporant, jusqu’à la densité 1,67. Chauffé avec k parties d’acide sulfurique concentré, il est susceptible de cristalliser, par refroidissement , en prismes quadrangulaires ( Sérullas). Ces cristaux répandent à l’air des
CHtORACÉS.
fumées blanches, épaisses, et fondent à 45°. Projetés dans l’eau, ils font entendre un bruit semblable à celui d'un fer rouge. L’acide percblorique liquide bout à 200° ; au delà de cette température, il se décompose.
Propriétés chimiques. L’acide perchlorique , quoiqu'il ne soit pas très-stable , est cependant la plus stable des combinaisons du chlore avec l’oxygène. Il rougit fortement la teinture de tournesol , sans la décolorer. Uni aux bases, il forme des perchlorates.
L’acide sulfureux le décompose , même à froid ; il s'empare de son oxygène et met le chlore en liberté.
Préparation. Lorsqu’on chauffe le chlorate de potasse audessous de la température de 400”, on n’obtient pas tout l’oxygène que ce sel laisse dégager à une température plus élevée. En effet , une partie de l’oxygène se porte sur l’acide chlorique non décomposé, et le transforme en acide perchlorique. Ainsi , en limitant la température à 350°, on obtient dans la cornue un mélange de chlorure de potassium et de perchlorate de potasse. En dissolvant ce mélange à chaud, le chlorure de potassium cristallise le dernier par refroidissement, tandis que le perchlorate de potasse, étant moins soluble dans l'eau , cristallise le premier. C’est donc la cristallisation qui opère ici la séparation. Le perchlorate de potasse est ensuite, par voie de double décomposition , transformé en perchlorate de baryte, auquel on enlève la baryte, au moyen de l’acide sulfurique. L’acide perchlorique reste en dissolution.
Composition. Chauffé au delà de 200°, l'acide perchlorique se décompose en chlore et en oxygène , dans les rapports de 2 à 7. De là, sa formule =C107=CIS07=: 1 équivalent.
Perchlorates , heptachlorates.
Chlorates de quelques auteurs.
Les perchlorates ont beaucoup de ressemblance avec les chlorates (Voy. Chlorates). Us fusent, comme ceux-ci, sur
CULORACÉS.
les charboos incandescents. Ils restent incolores, quand on les traite par l’acide sulfurique concentré, ce qui les distingue des chlorates- 11$ sont, en général, moins solubles dans l’eau que les chlorates. Leur forme cristal 1 ineest ordinairement prismatique.
Composition. Dans les perchlorates , l’oxygène de la base est à l’oxygène de l’acide comme 1 î 7. = MO, CIO7.
Usages. Les percblorates servent aux mômes usages que les chlorates.
Acide cklorique.
SvKotfVMB. Acid* chlorcux (de quelques chimistes).
Propriétés physiques. L’acide chlorique est. un liquide incolore. Il n'a pas d’odeur sensible. Il est d’une saveur franchement acide. Il peut être porté par la chaleur jusqu’à consistance sirupeuse. Comme l’acide azotique , il contient toujours au moins 1 équiv. d’eau qui maintient ses éléments plus stables. Il se décompose dès qu’on cherche à le rendre anhydre. L'eau fait donc ici, en quelque sorte, fonction de base.
Propriétés chimiques. L’acide chlorique rougit fortement la teinture de tournesol. Lorsqu’on fait réagir l’acide chlorique sur l’acide chlorhydrique , il y a formation d’eau , de chlore et d’un peu d’acide chloreux.
L’acide chlorique et l’acide suif hydrique , en réagissant l’un sur l’autre , donnent naissance à de l’eau et à du ehlorure de soufre. Lorsqu’on mélange de l’acide chlorique avec de l’alcool absolu ou avec de l’éther, il y a déflagration, dégagement de chlore et formation d’acide acétique. Quand on verse de l’acide chlorique pur sur du papier brouillard sec , celui-ci s'enflamme vivement, aux dépens de l’oxygène de l’acide décomposé. Cet acide se combine assez bien avec les bases.
L’acide chlorique qu’on distille ou qu’on fait passer à travers un tube en porcelaine chauffé au rouge, se décompose en chlore et en oxygène.
La décomposition est complète et fournit ainsi le meilleur moyen d’analyse de ce corps.
CHLORACÉS.
ia4
Préparation. L’acide chlorique s’obtient en faisant arriver du chlore gazeux dans une dissolution concentrée de potasse. Il se produit f de chlorure de potassium et \ de chlorate de potasse. Le chlorure de potassium , plus soluble que le chlorate de potasse, cristallise le dernier. On n’a ensuite qu’à transformer le chlorate de potasse en chlorate de baryte, dont on sépare l’acide chlorique , en précipitant la baryte à l’état de sulfate insoluble. Ce procédé est préférable à celui qu'a proposé MV Sérullas , procédé qui consiste à séparer l’acide chlorique de la potasse en précipitant celle-ci par l'acide hydrofluo-silicique ; car le précipité d’hydro-lluo-silicate de potasse est beaucoup moins insoluble que le sulfate de baryte.
Composition. L’acide chlorique se compose de 2 volumes de chlore et de 5 vol. d’oxygène. Formule =C1 05 = C1’0'= 1 équiv. d’acide chlorique.
Chlorates.
Les chlorates peuvent être considérés comme de véritables réservoirs d’oxygène : ils dégagent ce gaz par la simple action de la chaleur. Après la décomposition d’un chlorate , à l’aide d’une température suffisamment élevée, on a pour résidu un chlorure qui est souvent lui-même volatil.
Caractères essentiels. 1° Les chlorates fusent un peu plus sur les charbons que les azotates.
2° Un chlorate réduit en poudre et enveloppé dans un morceau de papier, détone par le simple choc du marteau. Mêlé avec des fragments de soufre ou de phosphore, il donne lieu, par le choc, à une détonation extrêmement violente.
3° L’acide sulfurique mis en contact avec un chlorate , donne naissance à une teinte jaune et à une odeur de caramel , indiquant l’oxyde de chlore qui se produit. La réaction est très-vive, et des parcelles de sel sont projetées au loin ,
CULORACËS. 135
avec une sorte de décrépitation , lorsque l’acide sulfurique est concentré ( excellent caractère).
Tous les chlorates sont solubles dans l’eau , excepté le protochlorate de mercure. Les chlorates ne produisent , dans une dissolution de nitrate d'argent , aucun précipité à froid ; car le chlorate d’argent est soluble. Mais en chauffant, on obtient un précipité blanc de chlorure d argent provenant d’une réduction partielle de l’acide chlorique. On peut employer ce moyen pour s’assurer si un chlorate est riche en oxygène.
Composition. Dans les chlorates , l’oxygène de l’acide est à l'oxygène de l’oxy-base comme 5 à 1.
Préparation. Voyez chacune des espèces.
Usages. Les chlorates sont employés comme corps oxygénants ; dans la préparation de l’oxygène et de quelques poudres fulminantes.
Acide chloreux.
Synonyme. Oxyde de chlore (de quelques chimistes ).
Propriétés physiques. L’acide chloreux est un gaz d'un jaune plus éclatant que le chlore. Il a une odeur de caramel et une saveur acerbe semblable à celle du chlore. Sa densité (calculée) est 2,32277 , résultat qui ne diffère presque point de celui que donne l’expérience directe. L’eau dissout 7 fois son volume d’acide chloreux. A 100°, il détone, en se décomposant en oxygène (2 volumes) et en chlore ( 1 volume).
Propriétés chimiques. L’acide chloreux humide décolore le tournesol , comme le chlore ; sec , il ne le décolore pas. Il forme des chlorites avec, les oxy-bases. Il attaque le mercure. Il est peu stable. La lumière suffit pour le décomposer. Les éléments de l’acide chloreux se dissocient avec explosion accompagnée de chaleur et de lumière. D après la manière de voir ordinaire , il devrait , au contraire , y avoir abaissement de température.
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CHLOKACÉS.
Préparation. Pour préparer l’acide chloreux , on fait un mélange pâteux avec du chlorate de potasse et de l’acide sulfurique étendu d'eau. On chauffe le tout dans un tube de verre , au bain marie. L'acide chloreux se dégage à l’état de gaz qu’on recueille sur le mercure. Dans cette action , l’acide chlorique , au lieu de se dégager , se décompose en acide chloreux, en oxygène, et en acide perchlorique. Il reste du perchlorale de potasse.
Composition. 1 vol. d’oxygène et vol. de chlore se condensent en 1 vol. d’acide chloreux.
Formule. Cl* O, (Cl* O) analogue à l’acide sulfureux = 50*.
Protoxyde de chlore.
Le protoxyde de chlore ou l’euchlorine de Davy n’est qu’un mélange de chlore et d’acide chloreux.
Acide hypochloreux.
Propriétés physiques. L’acide hypochloreux est coloré en jaune assez foncé. Son odeur rappelle celle du chlore. L’eau dissout 100 fois sou volume d’acide hypochloreux , tandis qu’elle ne dissout que deux fois son volume de chlore. Dans son plus grand état de concentration , l’acide hypochloreux contient toujours au moins 1 éq. d’eau qui paraît nécessaire à l’union de ses éléments. Par la chaleur, il se décompose, avec détonation , en chlore et en oxygène.
Propriétés chimiques. L’acide hypochloreux jouit , au plus haut degré , de la propriété de dénaturer les matières colorantes et de les blanchir. C’est à lui qu’il faut probablement attribuer le principal rôle que jouent les chlorures d'oxydes dans le blanchiment des étoffes. L’acide hypochloreux est tellement faible qu'il peut être chassé de ses combinaisons avec les alcalis, par l'acide carbonique de l’air. Aussi l’intervention de l’air (acide carbonique) est-elle nécessaire pour blanchir les tissus.
CHLORACES.
C’est un acide très-peu stable ; le soufre , le phosphore , presque tous les corps amènent facilement la séparation de ses éléments. Dissous dans l’eau , il se décompose rapidement, sous l’influence de la lumière , en acide chlorique et en chlore.
État. L’acide hypochloreux existe dans les chlorures d’oxydes (chlorure de chaux , de potasse , etc. ) , qui , d’après M. Balard , sont des combinaisons d'hypoclilorite et de chlorure de calcium , de potassium , etc.
Préparation. En faisant arriver un courant de gaz chlore dans un mélange d’eau et d’oxyde rouge de mercure, on obtient du. protochlorure de mercure insoluble et de l’acide hypochloreux soluble dans l’eau ( Balard). On concentre ensuite l’acide hypochloreux avec précaution.
Composition. L’acide hypochloreux se compose de 2 volumes de chlore et de 1 vol. d’oxygène. Sa formule est = Cl O (01*0).
Hjrpochlorites ( chlorures d’oxydes).
Tous les hypochlorites ont une odeur de chlore caractéristique ; ils détruisent la couleur de tournesol et possèdent au plus haut degré la propriété de blanchir les étoffes. Ils sont décomposés par tous les acides, sans dégagement de chlore. L’acide carbonique (de l’air) en dégage du chlore , ce qui explique leur odeur.
Ils sont presque tous solubles dans l’eau. ( Voy . mémoire sur les hypochlorites , dans les Mémoires de V Académie royale de Bruxelles 1837.)
Composition. Suivant M. Millon (1), les hypochlorites ne sont pas de véritables sels, mais bien des composés correspondants aux peroxydes, dans lesquels tout l’oxygène qui s’ajoute au protoxyde pour constituer l’oxyde supérieur, est remplacé par son équivalent de chlore ; et par un retour bien
(1) Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences. l83g , p. 109.
CHLOHACES.
singulier des théories , les composés envisagés comme des mélanges de chlorures et d’hypochlorites seraient réellement des composés simples; tandis que les hypochlorites considérés comme des sels simples , seraient des mélanges de peroxydes et de corps particuliers , correspondants aux peroxydes.
KO + O’ peroxyde de potassium , correspondant à KO-f CP Na’O’-fO, peroxyde de sodium, correspondant à Na'O'+Cl.
Usages. On emploie les hypochlorites dans les mêmes circonstances que le chlore.
Les chlorures de potasse , de soude et de chaux , sont le plus souvent employés comme désinfectants et dans le blanchiment des étoffes; car le chlore pur a une action trop énergique.
Chlorure de soufre.
Synomïmes. Liqueur de Thomson, chloridc de soufre , Chlorschwefel.
Propriétés physiques. Le chlorure de soufre est un composé liquide d’un rouge brun, d’une odeur des plus désagréables , rappelant l’odeur des poissons de mer ou des plantes marines en putréfaction. Sa densité est 1,06.11 bout à 61°. La densité de sa vapeur est 3,6.
Propriétés chimiques. Il n’est ni acide , ni basique ; mis dans l'eau , il se décompose en donnant naissance à de l’acide chlorhydrique et de l’acide liyposulfureux , qui se décompose lui-méme immédiatement en soufre et en acide sulfureux.
CIS,H0=C1H acide chlorhydrique ,
SO acide hyposulfureux.
Préparation. On l’obtient directement , à la température ordinaire , en faisant arriver un courant de chlore gazeux sur des fleurs de soufre ou sur du soufre très-divisé. La combinaison s’opère sans production de lumière.
Composition. Le chlorure de soufre se compose de 1 équivalent de soufre et de 1 équivalent de chlore. Sa formule est Cl S ou CPS (atomes).
CHLO RACÉS.
L’existence d’un persulfure de chlore ( Cl S1) est douteuse. Le composé qui a été décrit sous ce nom par M. Dumas n’est probablement qu’une dissolution de soufre dans du chlorure de soufre. ( H. Rose. ) ^
Chlorure de sélénium.
Propriétés physiques. Le chlorure de sélénium est un liquide brunâtre, d’une odeur fort désagréable ; il est, sous tous les rapports, analogue au chlorure de soufre.
Composition. Il se compose, comme le chlorure de soufre, de 1 équivalent de sélénium et de 1 équivalent de chlore. Sa formule est = Se Cl ou Se Cl1 (atomes).
Préparation. On l’obtient à froid , comme le chlorure de soufre , en faisant arriver du chlore gazeux sur du sélénium en poudre.
Perchlorure de carbone.
Synonymes. Huile du gaz olèfianf , chloridc de carbone , Chlorâtherin (alleni.).
Propriétés physiques. Le perchlorure de carbone est solide, friable , incolore ; son odeur est légèrement aromatique et sa saveur douce et assez agréable. Sa densité est 2,0. Il est fusible et bout à 180°. Il est insoluble dans l'eau.
Propriétés chimiques. Il ne joue ni le rôle d’acide ni celui de base. Il se décompose à une température élevée en chlore et en un chlorure de carbone moins chloruré. Il brûle avec une flamme verdâtre , en répandant beaucoup de noir de fumée.
Préparation. Le chlore et le carbone ne se combinent pas directement. La combinaison ne s’opère qu’en faisant agir, à la lumière du soleil, un excès de chlore sur l’huile du gaz oléfiant (CH’Cl). Dans cette action , le chlore se substitue à l’hydrogène en même temps qu’il se produit de l’acide chlorhydrique , qui est éliminé.
Formule du perchlorure de carbone : C Cl3.
l3o ClILORACÉS.
Deulochlorure de carbone.
Sykohtmes. Bichlorurc de carbone , bichloride de carbone.
Propriétés physiques. Le bichloride de carbone est liquide, incolore ; sa densité est 1,55. II bout à une température inférieure à 100“, et se congèle à une température au-dessous de 0°.
Propriétés chimiques. Le bichlorure de carbone se décompose dans un tube incandescent , en chlore et en carbone. Sa vapeur , mise en contact avec de l’hydrogène, donne, à une température élevée , naissance à de l’acide chlorhydrique et à du carbone pur.
Préparation. Le deuto-cldorure de carbone est le résultat de la décomposition du perchlorure à la température rouge.
Formule du deutoeldorure de carbone : CCI’.
M. Julien d’Abo a obtenu, par la distillation du sulfate de fer de Fahlun avec du nitre , une combinaison de chlore et de carbone , qu’il décrit sous le nom de protochlorure de carbone (CCI). L’existence de ce composé est encore douteuse.
Chlorure de bore.
Synonymes. Chloride de bore, acide chloroboriquc.
Propriétés physiques. Le chlorure de bore est un gaz incolore, d’une odeur pénétrante. Sa densité est 3,9. 11 répand des fumées excessivement épaisses , en s’emparant de l’humidité de l’air. C’est le plus fumant de tous lesga».
Propriétés chimiques. Il éteint les corps en combustion . Il décompose l’eau , en donnant naissance à de l'acide borique et à de l’acide chlorhydrique , aux dépens des éléments de l’eau,
Préparation. On l’obtient directement , en brûlant du bore dans du chlore sec.
Composition. La formule qui indique la composition du chlorure de bore est = B Cl5, ou B' Cl*1 (en atomes).
CIILQRACRS.
Historique. II a été découvert par M. Despretz , en chauffant dans un tube de verre , du borure de fer et du chlore.
Le chlorure de silicium est analogue au chlorure de bore.
Chlorure de phosphore.
Synonymes. Protochlorure de phosphore.
Propriétés physiques. Le chlorure de phosphore est un liquide très-volatil. Il rappelle l’odeur alliacée du phosphore. Sa densité est 1,4.5.
Propriétés chimiques. Il ne rougit pas la teinture de tournesol. Mis dans l’eau , il se décompose , pour former, avec les éléments de l’eau , de l'acide chlorhydrique et de l’acide phosphoreux. Par la chaleur, on sépare l’acide chlorhydrique de l’acide phosphoreux.
Préparation. On l’obtient en distillant du phosphore sur du chlorure de mercure.
Composition. Le chlorure de phosphore se compose de 1 éq. de phosphore et de 1 ~ éq. de chlore ; = Ph! CP.
Perchlorure de phosphore.
Sy.noxyhe. Chloride tic phosphore.
Propriétés physiques. Il est solide , très-volatil. Sa densité n’a pas été évaluée exactement-
Propriétés chimiques. Le perchlorure de phosphore a des propriétés acides très-marquées. Il rougit le papier de teinture de tournesol , même parfaitement desséché. Mis dans Peau , il se décompose pour former , aux dépens des éléments de l’eau , de l’acide chlorhydrique et de l'acide phosphorique. En chauffant , on chasse le premier, et le dernier reste.
Préparation. On le prépare en faisant arriver un excès de chlore sur du phosphore sec.
Composition Le perchlorure de phosphore se compose de 1 éq. de phosphore et de 2^ éq. de chlore. Sa formule est
CHLORACÉS.
=Ph* Cls. La manière dont il se décompose dans l’eau , met sur la voie de sa composition. En effet, l’eau, en se décomposant,cède 2-j èq. d'oxygène à 1 éq. de phosphore (Pli) pour
former 1 éq. d’acide phosphoriquc (Pli O* >= Pli2 O1), eu même temps qu’elle fournit 2 { éq. d'hydrogène (5 volumes ouatomes) pour former, avec 2^ éq. de chlore (a volumes ou atomes), 2' éq. d’acide chlorhydrique.
Chlorure d’azote.
Sï.nosymes. Acotidc de chlore, Cldorilickttoff (.illem.).
Propriétés physiques. Le chlorure d’azote est un composé liquide , d’une couleur fauve , d une odeur piquante , sui generis. Sa densité est 1 ,t>53. Il est si peu stable, qu il se décompose déjà à la température de 30°; sa décomposition est accompagnée d’une explosion terrible. Comme les deux éléments de ce corps sont des fluides élastiques ( chlore et azote ) très-condensés , on conçoit que leur séparation doit avoir pour effet une détonation violente et souvent dangereuse. Aussi faut-il manipuler ce corps avec une grande dextérité , et se mettre à l’abri du danger d ètre blessé.
Propriétés chimiques. Le chlorure d’azote ne paraît jouer ni le rôle d’acide ni celui de base. Des quantités minimes de phosphore, d’huile grasse, d’oxyde de plomb, de succin, produisent une détonation violente , quand on les met en contact avec le chlorure d’azote. L’azote et le chlore reprennent leur état élastique. D’autres corps, comme le sucre, la gomme , quelques résines, et plusieurs métaux, ne produisent rien de semblable. Le cuivre et le mercure le décomposent sans détonation. Une goutte de chlorure d’azote versée sur un morceau de papier , et exposée à la lumière , détone comme un violent coup de fusil.
Préparation. On fait arriver un courant de chlore gazeux dans une dissolution de sel ammoniac (chlorure d’ammo-
CULORACKS.
nium). Il se forme bientôt de petites bulles oléagineuses qui se rassemblent au fond du vase , et qu’il faut séparer à mesure qu’elles se produisent. Explication. L’ammoniaque se compose d’hydrogène et d’azote (NH5); le chlore se substitue à l’hydrogène (de l’ammoniaque), et, en se combinant avec l’azote qui reste , il donne naissance au composé en question.
Composition. On ne connaît pas la composition exacte du chlorure d’azote. Il est probablement composé de 3 équivalents de chlore et de 1 èquiv. d’azote, composition analogue à celle de l’ammoniaque. De là sa formule = N Cl3.
Historique. Ce corps , si dangereux à manier, a été découvert par Dulong. Cette découverte lui a coûté un œil et un doigt. L’explosion eut lieu avec tant de violence , que la table sur laquelle se trouvait l’appareil de l’opérateur, fut enfoncée.