‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 38 sur 84 · K ALI AC CS. JOI · texte numérisé non relu

K ALI AC CS. JOI

Sources salées de Schonebeck (Allemagne), dans 100 parties :

Chlorure de sodium — 9,62.

Sulfate de soude — 0,24.

de magnésie — 0,01.

de chaux — 0,33.

Chlorure de magnésium — 0,08.

Carbonate de chaux — 0,02.

Sulfate de potasse — 0,01.

Château-Salins (France) , en 1000 parties :

Chlorure de sodium — 132,17.

de magnésium — 4,61.

Sulfate de chaux — 5,63.

de magnésie — 3,99.

Carbonate de chaux — 0,25.

Eau — 853,35.

Préparation. On retire le chlorure de sodium (sel marin ) des eaux de la mer, de la manière suivante. On proûte de la marée haute , pour faire arriver les eaux de la mer dans des espèces d’étangs , oflrant une très-large surface. L’eau s’évapore rapidement à l’air ( surtout dans les pays méridionaux ), et laisse déposer les matières salines sur un fond argileux ( marais salants). Les eaux-mères qui surnagent contiennent la plupart des substances étrangères qui rendent le chlorure de sodium impur.

Le sel ainsi obtenu n’est jamais pur ; il est diversement coloré en gris, en rouge , en jaune , etc.

Pour retirer le chlorure de sodium des sources salées , les procédés varient suivant que ces sources sont plus ou moins riches en sel. Si les sources sont riches , on concentre l’eau de ces sources immédiatement dans des chaudières larges et peu profondes. Les sels terreux et les autres sels peu solubles (sulfate de chaux, carbonate de chaux, alumine, etc.) s’incrustent sur les parois des chaudières, sous forme dé masses pier-

3oa

K AU ACES.

rieuses appelées en allemand Pfannenstein (pierres de chaudière ) , tandis que le chlorure de sodium se dépose sous forme de petits cristaux. Les sels très-solubles ( chlorure de calcium, de magnésium , sulfate de magnésie , etc. ) restent dans l’eau-mère ( Bittersoolé). .

Si la source est peu riche , c’est-à-dire si elle contient peu de sel dans une grande quantité d’eau, on charge l’atmosphère de l’évaporation, pour économiser le combustible. A cet effet, on fait tomber l’eau d’une hauteur assez considérable sur des fagots ou des brins de paille (pour multiplier les surfaces). L’eau, en se vaporisant en partie, laisse déposer les sels peu solubles ( sulfate et carbonate de chaux ) , et le reste s’écoule dans un réservoir commun. Cette opération s’appelle graduation. L’eau , ainsi concentrée , graduée , est ensuite évaporée dans des chaudières larges, comme nous venons de l'indiquer. Les fagots incrustés de sels calcaires ( Dor nenstein ) donnent un excellent engrais , et les eaux-mères sont employées dans la fabrication de l’eau de Sedlitz et du sel de Glauber.

Le chlorure de sodium ainsi obtenu contient toujours des traces de sels étrangers.

Composition. Cl Na, ou Cl* Na.

Usages. Le chlorure de sodium est, de tous les sels, le plus utile à l’homme. On s'en sert comme assaisonnement*, pour conserver les viandes , pour fabriquer la soude artificielle , l’esprit de sel , le chlore, et pour vernir les poteries de grès.

Le soufre , l’iode , le brème , le fluor et le cyanogène produisent , avec le sodium , des composés analogues aux composés correspondants de potassium.

it ".ri f,V SohfttO itf

Carbonate de soude. • fujin

Propriétés physiques et chimiques. Il peut cristalliser de différentes manières, suivant la quantité d’eau qu’il renferme. Sa saveur est alcaline , caustique ; il s’effleurit à l’air. La chaleur lui fait éprouver la fusion aqueuse et ensuite la fusion

kaliacës.

igaée , sans le décomposer. Il a une réaction alcaline. Un courant de vapeur d’eau , qu’on fait arriver sur le carbonate fondu , en chasse l’acide carbonique et donne à sa place un hydrate de soude ; on obtient de même , d’une manière inverse, le carbonate, en faisant arriver sur l'hydrate de soude un courant d'acide carbonique. Chauffé avec le phosphore, le carbonate de soude se décompose en donnant naissance au phosphate.

État. Le carbonate de soude est abondamment répandu dans la nature. Il accompagne presque toujours le chlorure de sodium, le chlorure de potassium et le carbonate de chaux. Toutes les plantes marines laissent , après leur incinération , une masse grisâtre, appelée, suivant les pays ou elle a été obtenue, soude d’Alicante, de Malaga , de Narbonne (salicor), d’Aigues-Mortes (blanquette) , de Normandie ( varec), soude qui n’est autre chose que du carbonate de soude contenant du chlorure de sodium, du carbonate de chaux , du sulfate de soude, plus, des composés d 'iode et de brome; car il est rare de ne pas rencontrer des traces de bromures et d indurés là où il y a des chlorures.

Composition. Na O, CO" = carbonate simple anhydre. Il est susceptible de cristalliser avec 10 équiv. d’eau.

Lsages. Le carbonate de soude peut être employé à peu près afax mêmes usages que le carbonate de potasse.

Bicarbonate de soude.

II n est point elllorescent. Il est un peu moins soluble dans l’eau que le précédent. 100 parties d’eau , à la température ordinaire, n’en dissolvent que 10 parties. Exposé à la chaleur, il laisse d abord dégager équiv. d acide carbonique, en se transformant en sesquicarbonate . En chauffant davantage , il se transforme en carbonate simple.

htat. Il existe dans quelques eaux minérales , dans les eaux de Vichy , etc.

KALIACJKS.

INaO, (CO*)5, = bicarbonate anhydre non cristallisé.

NaO (CO^’.+âHO ^bicarbonate cristallisé.

Préparation. On le prépare en faisant arriver dans une dissolution de carbonate de soude , de l'acide carbonique en

excès.

Lisages. On s'en sert dans la fabrication de l’acide carbonique , des eaux gazeuses artificielles , de la limonade gazeuse, des pastilles de d’Arcet, etc.

Sesquicarbonate . Il cristallisediilicilement.il est inaltérable à l’air et a une réaction alcaline. Ce sel existe naturellement dans quelques lacs de l'Égypte. On le trouve dans lelacNolia (province Maracaïbo), de l’Amérique méridionale; il est connu dans le pays sous le nom d 'Urao.

Composition. 2 NAO (CO’)5, sesquicarbonate réel.

Alcalimétrie.

La potasse et la soude constituent , à cause de leurs nombreux usages , une branche importante du commerce. Mais ces substances, telles que le commerce les fournit , ne sont jamais pures ; elles contiennent des quantités notables de chlorure de potassium, de chlorure de sodium, de sulfates de soude et de potasse , sels que l’on considère comme des matières étrangères. Les pays qui avoisinent les côtes de la mer font un grand commercede soude(soude d’Alicante, de Normandie, d’Aigues- Mortes, etc.), tandis que les pays de l’intérieur des continents, couverts de forêts, font un commerce étendu de potasse ( potasse des Vosges , d’Allemagne , de Russie , etc. ). Or, le consommateur a grand intérêt à connaître la quantité de potasse ou de soude réelle (carbonate de potasse ou de soude) contenue dansja potasse ou dans la soude brute du commerce. L'opération qui a pour objet d évaluer cette quantité, s’appelle Alcalimétrie. Et la quantité de potasse évaluée par cette opération , s'appelle le titre de la potasse.

KALlACfcS.

Essai alcalimétrique de la potasse.

1° On sait qu’un équivalent de potasse sature exactement un équivalent d’acide sulfurique pour former un sulfate neutre de potasse; c’est-à-dire que 5,89915 de potasse neutralisent exactement 5,011 d’acide sulfurique réel, ou 6,364 d’acide pur et concentré ordinaire (SO8, HO); en d’autres termes 5 grammes d’acide sulfurique pur et concentré neutralisent exactement 4Kr ,807 de potasse. Donc, lorsqu’on ajoute à 4P ,807 de potasse , un peu plus de 5 grammes d’acide sulfurique , la liqueur sera acide et changera la couleur bleue de la teinture de tournesol en couleur pelure d’oignon. En restant au-dessous de cette quantité, la liqueur sera alcaline, et loin de rougir la teinture de tournesol , elle ramènera au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide.

2° On met dans un tube gradué 5 grammes d’acide sulfurique pur et concentré, ayant une densité égale à 1 ,8427 à 15°, et pour composition SO3, HO. On ajoute assez d’eau pour que l’acide étendu occupe 100 divisions. C’est là ce qu’on appelle acide sulfurique normal.

3° On dissout dans de l’eau distillée 4sr ,807 de la potasse du commerce dont on cherche à évaluer le titre. Il est inutile de partager cette dissolution en 100 parties égales, comme celle de l’acide sulfurique , puisque le total de l’acide sulfurique normal neutralise exactement 4*r ,807 de potasse réelle , et que la moitié sature la moitié de 4sr ,807; le tiers , le tiers de 4*r ,807, etc. Or, commela potasse du commerce n’est jamais de la potasse réelle, il est évident que 4*r-,807 de potasse du commerce ne satureront jamais la lotaiité de l’acide sulfurique normal , mais seulement le tiers , le quart , le cinquième , le sixième , etc. , suivant la quantité de potasse réelle. Pour apprécier le point de saturation , on mêle la dissolution de potasse avec de la teinture de tournesol. A mesure qu’on ajoute de l'acide sulfurique, la potasse dé-

KALI AC tS.

gage de l’acide carbonique qui colore en rouge vineux la teinture bleue du tournesol. Tant que cette coloration persiste, on continue d’ajouter de l'acide sulfurique par petites quantités a la fois. On s’assure , en outre, que c’est l'acide carbonique qui rougit le tournesol , en y trempant un inoreeau de papier bleu de tournesol, et en l’exposant un peu à la chaleur : l’acide carbonique s’en va , et le papier redevient bleu. Enfin, il arrive un moment où l ucide sulfurique a chasse tout l’acide carbonique du carbonate de potasse. Si alors on continue à ajouter de l’acide sulfurique , celui-ci réagit sur la teinture de tournesol, qu'il colore en pelure d’ognon. Il existe, il est vrai, un bisulfate de potasse; mais heureusement il est acide. Or quant à la quantité d’acide sulfurique ajoutée en dernier lieu , de deux choses l'une . ou la totalité s réagi sur le tournesol , et alors la liqueur était déjà neutralisée avant d y ajouter la dernière partie d'acide sulfurique; ou une partie seulement a réagi sur le tournesol , tandis qu’une autre partie a servi à neutraliser la potasse qui n'était pas encore complètement neutralisée. En ajoutant donc à la liqueur une quantité déterminée de potasse prise dans une dissolution de potasse normale faite à peu près avec les mêmes précautions que celle de l’acide sulfurique normal, on peut, apres quelques tâtonnements, arriver à des résultats exacts. Enfin, après avoir trouvé de cette manière qu'il a fallu , par exemple , 1 5 divisions d'acide sulfurique pour neutraliser une dissolution de ksr ,807 de potasse du commerce, on dit que la potasse est au titre de. 15, ce qui signifie qu'eu achetant 100 kdog. de cette potasse, ou n achète réellement que 15 kilog. environ

de pousse pure. .... ,

Pour évaluer le litre de la soude , ou procédé absolument de la même manière que pour la potasse. Il faut seulement se rappeler que la capacité de saturation de la soude est plus grande que celle de la potasse, et qu’il ne faut que 3er ,185 de soude pour saturer 5 grammes d’acide sulfurique.

KALIACES.

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