‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 44 sur 84 · PLOMB · texte numérisé non relu

PLOMB

Sykowvwrs. fiumbum ( lat. ), Blet ( allen».).

Propriétés physiques. Le plomb est d’un blanc bleuâtre , très-éclatant , lorsqu’il est récemment coupé. Il acquiert une odeur particulière par le frottement. Il est si mou qu’on peut le rayer avec l’ongle. Il tache les corps en gris bleuâtre. Il est plus malléable que ductile : on peut le réduire eu feuilles trèsminces. Sa ténacité est très-faible : uu til de 2 millimétrés de diamètre rompt sous un poids de 9 kilogrammes. La densité du plomb est 11,445; elle diminue un peu par l’écrouissage,

BARYACÉS.

contrairement à ce qui a Heu pour les autres métaux. Il fond à la température de 33k°. A une température plus élevée il se volatilise sensiblement , en répandant des fumées visibles dans l’air. Déjà à la température de 150°, le plomb perd 0,09 de son poids. Il est susceptible de cristalliser, par refroidissement, en pyramides quadrangulaires.

Propriétés chimiques. Le plomb se ternit rapidement à l’air, et se recouvre d’une mince couche d’oxyde qui ne tarde pas à absorber l’acide carbonique de l’air. Il est inaltérable dans l’air privé d'acide carbonique. Le plomb s’oxyde promptement sous l’influence de la chaleur, et se convertit en une poussière grise appelée cendres de plomb ( Bleiasche ), qui paraît être un mélange de protoxyde et de plomb métallique. A la température de sa fusion , le plomb , en absorbant une partie de son oxyde, devient cassant et feuilleté, et ne reprend ses propriétés naturelles qu’après avoir été de nouveau chauffé avec du charbon.

Le plomb ne décompose l’eau ni à froid, ni à chaud, ni même à la faveur des acides. L’acide carbonique de l’air attaque facilement le plomb, surtout lorsque celui-ci est mouillé. L’acide azotique l’attaque et le dissout à froid. L’acide sulfurique ne l’attaque qu'à la température de l’ébullition. L’eau régale le change en chlorure blanc, peu soluble dans l’eau.— r Le plomb peut se conserver indéfiniment dans l’eau qui contient des matières organiques ou des sels en dissolution ; tandis qu’il s’oxyde et se carbonate rapidement dans l’eau distillée. C’est pourquoi il ne faut point recevoir de la vapeur d’eau dans des chaudières de plomb. La présence du plomb retarde l’action de l’acide sulfurique étendu d’eau sur le zinc et le fer, sans que le plomb soit altéré.

Le plomb s’allie avec la plupart des métaux. Il ne s’allie point avec le fer, et il s'allie difficilement avec le cuivre.

baju'ACés.

Etat. Le plomb existe assez abondamment dans la nature. Il est le plus souvent combiné avec le soufre et le sélénium. On le rencontre surtout dans les grès et dans les roches calcaires qui recouvrent immédiatement le terrain houiller. Voici les principales espèces minérales plombifères :

1° Sulfure {galène). C’est l’espèce la plus commune. Elle est d’un gris de plomb, douée de beaucoup d’éclat. La galène est lamellaire ou écailleuse, rarement sa cassure est lisse et grenue. Elle contient presque toujours un peu de sulfure d’antimoine, de sulfure d’argent, et quelquefois de l’argent métallique. La proportion de l’argent s’élève le plus ordinairement à 0,0050. L’antimoine s’y trouve à peu près dans la même proportion que l’argent. II y a, en outre, des traces de sélénium. La galène est rarement arsénifère ; les gangues qui l’accompagnent sont la blende et la pyrite commune.

2° Séléniure. Le séléniure de plomb pur est difficile à distinguer de la galène. Le plus souvent il est accompagné de séléniure de cuivre, de séléniure de cobalt et de séléniure de mercure. Ces séléniures contiennent quelquefois des traces d’or natif et de palladium.

3° Tellurure. Le tellurure de plomb, accompagné de tellurures d’or, d’argent, etc. , se rencontre en Transylvanie et dans quelques autres localités. Il colore en bleu la flamme du chalumeau.

4° Sulfate. Il se trouve, en petites quantités, à Badenvillers, sur les bords du Rhin, dans l’île d’Anglesea, etc. Il est incolore ou d’un blanc jaunâtre, ayant l’éclat du diamant. Il cristallise en octaèdres rectangulaires.

5° Chloro-phosphate et chloro-arséniate. Ces deux minerais sont isomorphes et se rencontrent presque toujours ensemble. Leur gisement est dans les roches primitives. Ils sont incolores, jaunes, verts ou bruns, et cristallisés en prismes hexaédriques. On en trouve à Cbenelelte, près Beaujeu (Saôneet-Loire) ; à Sonnenwirbel, près Freyberg (royaume de Saxe) ; à Bleystadt (Bohême), à Georgenstadt, etc.

BÀRÏACÉS.

6° Arséniure. L’arséniure de plomb n'a été encore trouvé que dans la mine de Clausthal (Harz). Il contient du fer, du soufre et du cobalt.

7° Carbonate ( plomb blanc). Il est accompagné fréquemment de la galène, et existe souvent infiltré dans la masse de certains grès. Il est blanc et doué d’un reflet nacré. On en trouve aux environs de Vannes (Morbihan ) , à Montmoulin ( Hérault) , à Vanlockhead (Angleterre) , etc.

8° Chromate ( plomb rouge). Il est d’un beau rouge orange et cristallise en prismes obliques rhomboïdaux. On ne le rencontre guère que dans les mines de Bérézof , en Sibérie.

9° V anadate ( erythronium de Del R io ) . Il est très-rare. On ne l’a encore trouvé qu’à Zimapan ( Mexique ).

10° Tungstate. Il est extrêmement rare. On ne l’a encore rencontré que dans les mines d’étain exploitées à Zinnwald, en Bohême. Il est blanchâtre et cristallise en octaèdres très-aigus.

11° Molybdate ( plomb jaune). Il est beaucoup moins rare. On en trouve de beaux échantillons en Carinthie. Il est d’un jaune cire, et cristallise en octaèdres à base carrée.

12° O xy- chlorure. Il est d’un jaune paille, friable. On le trouve à Mendip-Hill, en Angleterre.

Le massicot et le minium natifs sont extrêmement rares.

Les produits artificiels dont on peut extraire le plomb sont : les schlichs , provenant des minerais sulfurés ; les rnattcs , qui sont des sulfures au minimum de sulfuration : on les nomme aussi speiss ; les scories des fours à réverbère : ce sont, le plus souvent, des silicates provenant des usines d’Angleterre. Les abstriches ou abzüges sont des litbarges provenant des essais par coupellation.

Préparation. Presque tout le plomb qui se rencontre dans le commerce est extrait de la galène (sulfure de plomb).

Procédé d extraction. On grille le sulfure de plomb avec du fer. Il se forme deux couches : l’une, supérieure, composée de sulfure de fer; l’autre, inférieure, contenant le plomb {plomb d'œuvre).

BARYACÉS.

Le sulfure de plomb se grille très-bien ; à une chaleur modérée, il se transforme en sulfate de plomb qui, mêlé avec du sulfure de plomb (1 p. de sulfure pour 1 p. de sulfate), donne, sous l’influence de la chaleur, du plomb métallique. Ici, la théorie est parfaitement d’accord avec la pratique, qu’on peut exécuter en grand dans les opérations métallurgiques. En effet, 1 équivalent de sulfate de plomb (PbO.SO3) contient ft. équivalents d’oxygène; le sulfure de plomb (PbS) se compose de 1 èquiv. de soufre et de 1 équiv. de plomb. Or, par l’action de la chaleur, le soufre du sulfate et le soufre du sulfure se dégagent à l’état d’acide sulfureux, dont chaque équivalent renferme 2 équiv. d’oxygène. Donc, 2 équivalents de soufre suffisent pour enlever tout l’oxygène au plomb et à l’acide sulfurique, en passant à l’état d’acide sulfureux. Formule de cette réaction :

PbO, S03+Pb, S=2SO‘+2Pb.

On élimine par des procédés de grillage et de calcination les métaux étrangers, tels que le fer, le zinc, le cuivre , l’antimoine, qui souillent le plomb. Généralement, on n'a pas grand intérêt à séparer du plomb les dernières traces de fer ou de cuivre. Mais on s’attache , au contraire , à séparer du plomb tout l’argent qui s’y trouva quelquefois en quantités assez notables. Or , ici , les procédés ordinairement employés pour l’affinage des métaux, ne suffisent plus ; car le plomb entraîne et conserve dans sa masse une certaine quantitéd’argentquelegrillage ordinaire ne peut lui enlever. Les plombs qui recouvrent d’anciens monuments , des cathédrales , etc., contiennent quelquefois jusqu’à 0,02 d’argent ; car les anciens n’étaient pas avances en métallurgie. Voici le procédé récemment employé en Angleterre pour purifier le plomb et pour lui enlever les dernières traces d’argent. On fait fondre le plomb dans une chaudière de fer. Après avoir agité la liqueur métallique , on la laisse reposer quelques instants , puis on l'écume. On répète cette opération jusqu’à trois ou quatre fois. Le plomb étant

BARYACÉS.

3ég

moins dense que l’argent, compose les couches supérieures qu’on enlève par un simple écumage. De celte manière , on accule l'argent dans le fond de la masse liquide ; et la masse la plus inférieure est de l’argent presque pur. Ou peut ensuite , au moyen de la coupellation , débarrasser l’argent des dernières traces de plomb qu’il pourrait contenir.

Historique. Le plomb est connu depuis la plus haute antiquité. Les alchimistes lui avaient donné le nom mythologique de Saturne , parce que , d’après leur opinion , ce métal dévorait les autres métaux pendant la calcination. Le plomb était représenté par ^ » signe de la planète de Saturne.

Alliages.

Étain. Les alliages de plomb et d’étain sont beaucoup moins blancs et plus durs que l’étain lui-même. L’alliage le plus tenace et le plus dur est composé de 25 p. de plomb et de 75 p. d’étain. La soudure des plombiers est un alliage qui contient euviron 1 p. de plomb et 2 p. d’étain. Il est fusible à environ 200°. La soudure des ferblantiers contient un peu moins de plomb. En Suède, on emploie un alliage d’étain , contenant 0,39 de plomb, pour fabriquer des miroirs d'un très-grand éclat. On fabrique des vases avec un alliage composé de 1 p. de plomb et de 8 p. d'étain. Cet alliage peut être nuisible à la santé, surtout lorsque le plomb s’y trouve en excès. Les vases composés de 20 à 25 de plomb et de 80 à 75 d’étain sont sans inconvénient.. L’étain en excès s’oppose à l’action dissolvante des acides. — Les alliages de plomb et d’étain sont remarquables en ce qu’ils sont très-combustibles. L’alliage des ferblantiers s’enflamme à la chaleur rouge. Il se convertit , pendant sa combustion , en oxyde d’étain ayant l’aspect de choux-fleurs. Cet oxyde est connu dans les arts, sous le nom de potée d’étain. On l’emploie pour polir et pour préparer les émaux.

Antimoine. Le plomb s’allie avec l’antimoine en toutes

BAHYACES.

3tio

proportions. Ces alliages sont, en général, durs et cassants. L’alliage composé de 8â p. de plomb et de 10 p. d'antimoine est un peu ductile et beaucoup plus dur que le plomb. Il constitue les caractères et imprimerie.

Le fer s’allie très-difficilement avec le plomb.

Le zinc , le nickel et le cobalt sont à peu près dans le même cas.

Alliage fusible. On l’obtient avec 8 p. de bismuth, 5 p. de plomb et 3 p. d’étain. Il fond à 98° : par conséquent, dans l’eau bouillante. Cet alliage , qu’on appelle alliage fusible de d’Arcet, a été découvert par Newton. On le rend encore plus fusible en y faisant entrer un seizième de son poids de mercure. — En variant les proportions de ces métaux, on obtient des alliages dont on peut calculer le point de fusibilité, depuis 98° jusqu’à 325°^ Ce fait a été mis à profit dans la construction des rondelles de sûreté pour les machines à vapeur.

Composés oxygénés.

On peut admettre trois oxydes de plomb, dont la composition soitexaclementdéterminée. 1° Leproioxydc qui estla base des sels de plomb ; 2° le sesquioxyde ; 3° le bioxyde (oxyde purce). Le sousoxyde de plomb de Dulong (comme presque tous les prétendus sous-oxydes métalliques) , n’est qu’un mélange de protoxyde et de plomb métallique ; car , traité par un acide fort , le sous-oxyde de plomb se change en protoxyde et en plomb métallique. Ce prétendu sous-oxyde , d’un gris bleuâtre , se forme pendant l’exposition du plomb à l’air.

Le minium est un oxyde intermédiaire, composé d’une certaine quantité de protoxyde et de peroxyde , comme nous le verrons plus bas.

1° Protoxyde. Dans le protoxyde de plomb il faut distinguer l’état anhydre et l’état hydraté. Dans l’état anhydre , le protoxyde de plomb présente deux variétés, connues dans le commerce sous le nom de massicot et de litharge. Le mus-

liARYACES.

sicot est le protoxyde anhydre proprement dit. Il a l’aspect d’une poudre jaune. Il s’obtient en grillant le plomb au dessous de la chaleur rouge. Le métal se change d’abord en cendres de plomb ( sous-oxyde) et enfin en protoxyde. Le protoxyde de plomb est fusible, et il entraîne , pendant sa fusion, la silice , l’alumine et en général toutes les substances terreuses; c’est pourquoi il ne faut point le fondre dans des vases de grès ni de poterie. Fondu et refroidi (dans un vase de platine), il cristallise en lames micacées , légèrement transparentes , d’un jaune rougeâtre. C’est dans cet état que le protoxyde (anhydre) est connu sous le nom d e litharge. On obtient la litbarge sous forme de petits grains ou paillettes brillantes, rougeâtres, pendant l’affinage de l’argent (par voie sèche) ou pendant la coupellation. Ainsi obtenue , la litharge n’est jamais pure ; elle renferme des quantités variables de fer et de cuivre qui lui communiquent une couleur jaune plus ou moins foncée ( Gold-Silber-Glatte ). Le soufre ramène la litharge à l’état de plomb métallique. Si le soufre est en excès , il se produit un sulfure de plomb.

L ‘hydrate de protoxyde de plomb , obtenu par voie de précipitation , est blanc et un peu soluble dans l’eau distillée , à laquelle il communique quelques propriétés alcalines. Il est insoluble dans l’eau saline ou dans l’eau de source ordinaire. Le protoxyde de plomb est une base très-puissante. Il neutralise bien les acides. Il attire fortement l’acide carbonique de l’air. Il peut , de plus , se combiner par là voie sèche ou par la voie humide, avec les alcalis et les terres. La plupart de ces combinaisons sont cristallisables.

Composition. PbO= 1294,498 (Pb)

1394,498 = PbO(l équival. de protoxyde de plomb).

Pour évaluer l'équiv. du plomb , il faut opérer sur du protoxyde de plomb pur. Ôn se le procure en traitant le plomb

UARYACKS.

par l'acide azotique , en évaporant et en calcinant le résidu à une chaleur modérée.

Le protoxyde de plomb est isomorphe avec la chaux et la magnésie.

Usages. La litharge est employée dans la préparation des vernis qui 6échent facilement, dans le vernis des poteries, etc. On se sert de l’oxyde de plomb dans la fabrication des cristaux , etc. . •

2° Sesquioxyde . Le sexquioxyde de plomb a 1 aspect d une poudre d’un jaune rougeâtre. Traité par les acides , il se décompose en protoxyde qui se dissout et en peroxyde qui reste insoluble. A une température élevée , il se transforme en protoxyde et en oxygène. On l’obtient en faisant agir de l’hypochlorite de soude sur une dissolution de protoxyde de plomb dans la potasse (t).

Composition. Pb’ O” analogue au peroxyde de fer (Fe* O’).

Peroxyde ( oxyde puce). Il est d’un brun foncé. Il se convertit , par l’action de la chaleur , en protoxyde et en oxygène qui se dégage. Il oxyde la plupart des corps susceptibles de s’oxyder. C'est un corps oxygénant énergique. Le peroxyde de plomb ne joue point le rôle d’une base. Traité à chaud par un oxacide concentré, il se change en protoxyde ; l excédant de l’oxygène se dégage. Avec l’acide chlorhydrique , il forme un protochlore; et comme il n’existe point de perehlorure, l’excédant du chlore se dégage. Calciné avec du soufre , il donne du gaz acide sulfureux , et du sulfure de plomb si le soufre est en excès. Chauffé avec l’acide sulfureux , il se convertit en sulfate de plomb. L’action a lieu avec dégagement de lumière.

Composition. Pb O3.

On obtient le peroxyde de plomb en traitant le minium par l’acide nitrique qui dissout le protoxyde et laisse le peroxyde intact.

(l) Erdmann ( Handbuch der Chemie. 1840.). ,

BAKÏÀCÉS.

Oxyde intermédiaire (minium). Il est sous forme de poudre d’un beau rouge brique. Traité par un oxacide, il donne naissance à un sel de plomb et à de l’oxyde puce insoluble. Lorsqu’on verse une dissolution d’acétate neutre de plomb sur du minium , on obtient l’oxyde puce pour résidu ; le protoxyde est enlevé par l’acétate neutre qui se transforme en acétate tribasique, soluble dans l’eau distillée. Le minium se change en protoxyde par l’action, de la chaleur ; l’excédant de l’oxygène se dégage. Traité par l’acide chlorhydrique il donne du chlorure de plomb et du chlore qui se dégage.

Composition. PbO+-Pb’03. La composition du minium a été le sujet de longues discussions. Suivant M. Lonchamps , le minium se compose de 2 éq. de protoxyde et de 1 équiv. d’oxyde pur ( 2PbO-j-PbOJ ) , composé analogue à l’oxyde intermédiaire de manganèse. Suivant M. Dumas, et quelques autres chimistes , le minium n’est point un oxyde particulier , mais un oxyde intermédiaire composé de protoxyde et de peroxyde dont les proportions peuvent varier dans beaucoup de circonstances.

On obtient le minium en chauffant le massicot dans des fours particuliers , où l’air a libre accès. Après que le massicot a été suffisamment calciné, on ferme le four, et on laisse l’oxyde se refroidir lentement. Le minium se rencontre , à l’état natif, àLangenberg ( Hesse-Cassel ).

Composés sulfurés.

Sulfure de plomb ( proto-sulfure). Il est d’un gris foncé, et friable. Il constitue la mine de plomb la plus abondante (galène). Il existe sous forme de masses brillantes, clivables en cubes , quelquefois en octaèdres et en dodécaèdres. Il est rarement amorphe. Le sulfure de plomb est fusible, et attaque, comme l’oxyde, les vases de grès. Il est sensiblement volatil. Lorsqu'on calcine ce sulfure avec du fer, le plomb se sépare à l’état de pureté. Grillé à une chaleur modérée , il se

BAllïACÊS.

change en sulfate de plomb qui , mêlé à du sulfure du plomb, donne , par la calcination, du plomb métallique.

Le sulfure de plomb peut , comme les sulfures alcalins, se combiner avec d’autres sulfures , excepté le sulfure de zinc. Dans toutes ces combinaisons ( sulfosels ), le sulfure de plomb paraît jouer le rôle de base.

Composition . PbS , analogue au protoxyde (PbO).

On prépare le sulfure de plomb, en calcinant directement le plomb avec du soufre , ou en précipitant un sel de plomb soluble par l’hydrogène sulfuré.

Il existe probablement deux sulfures de plomb moins sulfurés que le protosulfure [sous-sulfures), dont la composition n’est pas exactement déterminée.

On emploie le sulfure de plomb, comme vernis de poterie, sous le nom d 'alquifoux.

Le séléniure de plomb est semblable au sulfure.

Composés chlorés.

Chlorure (protochlorure). Il est d’un blanc satiné et cristallise en petits prismes hexaédriques allongés ou en écailles nacrées. Il est peu soluble dans l’eau : 100 p. d’eau, dissolvent, à la température ordinaire, 3 p. de chlorure de plomb. Il est plus soluble à chaud qu’à froid. Fondu et refroidi, il se prend en une masse translucide , semblable à de la corne. A la chaleur rouge, il se volatilise en répandant d’épaisses vapeurs blanches.

Composition. PbCI, analogue au protoxyde et au sulfure.

On le prépare par voie de double décomposition. En traitant le chlorure de plomb par l’ammoniaque en excès, on obtient un oxychlorure (sous- chlorure) , composé de 1 équiv. de chlore , de 2 équiv. d oxygène, et de 3 équiv. de plomb (Pb3 CIO'). La litharge délayée avec le quart de son poids de sel marin, se change, au bout de quelque temps, en oxychlorure blanc hydraté. Par la calcination, l’oxy-chlorure de plomb abandonne son eau et devient d’un très -beau jaune

baryacés.

connu dans la peinture sous le nom de jaune de Turner. En calcinant ensemble 1 partie de sel ammoniac et 4 parties de lilharge , on obtient une masse cristallisée en lames miroitantes, qui se vendait autrefois dans le commerce sous le nom de jaune minéral ou d’or de Cassel. On n’en fabrique plus , depuis que l’on connaît le chromate de plomb. Le jaune minéral est un oxychlorure de plomb, à peu près identique avec celui qu’on rencontre dans la nature. Le brôme et l'iode forment des composés analogues à ceux que produit le chlore.

Le bromure de plomb est également blanc et , comme le chlorure, peu soluble dans l'eau. Il est fusible et volatil , et se prend , par le refroidissement , en une masse jaune d’apparence cornée.

Gomme le chlorure, il se compose de 1 éq. de plomb et de 1 éq. de brôme = PbBr.

L 'iodure est également très- peu soluble dans l’eau. Il cristallise en écailles nacrées d’un très-beau jaune. Il est fusible et volatil.

Formule : Pblou Pbl8.

Le chlorure, le bromure et l’iodure de plomb peuvent se combiner avec les chlorures, les bromures et les iodures alcalins , pour former des chloro-sels, des bromo-sels , et des iodo-sels.

U arsenic ne forme pas de combinaisons en,proportions définies avec le plomb. Ces combinaisons se décomposent toutes à une température élevée. Cependant , quelque élevée que soit la température , le plomb conserve toujours des traces d’arsenic. Ces arséniures de plomb sont gris , demi-ductiles et facilement décomposables par le fer.

Le plomb ne se combine pas directement avec le phosphore. Le phosphure obtenu en traitant un sel de plomb soluble par une dissolution alcoolique de phosphore, se décompose entièrement , sous l’influence de la chaleur , en phosphore et en plomb. C’est pourquoi il est permis de préparer le phosphore en combinant le phosphate de plomb avec du charbon.

BAKYACÉS .

Caractères des sels de plomb.

Ils sont tous incolores lorsque l’acide n’est pas coloré. (L’azotite basique de plomb est jaune. ) Ils ont une saveur sucrée et astringente. Ils sont vénéneux et peuvent donner lieu à des coliques douloureuses appelées coliques de plomb. Les principaux sels de plomb solubles sont le nitrate et l’acétate.

1° La potasse ou la soude les précipite en blanc. Le précipité est un sousLsel hydraté, soluble dans un excès de précipitant. (

2° L’ammoniaque les précipite également en blanc. Mais ce précipité est insoluble dans un excès d'ammoniaque. Le sucre et d’autres matières organiques peuvent dissoudre une certaine quantité de ce précipité.

3° L’acide sulfhydrique les précipite en noir. Ce précipité est complet (sulfure de plomb). Il blanchit à l’air en se transformant en sulfate.

4° Les carbonates alcalins y produisent un précipité blanc (céruse), insoluble dans un excès de précipitant.

5° Le cyanoferrure de potassium les précipite en blanc.

6° L’acide sulfurique et les sulfates solubles les précipitent en blanc, comme les sels de baryte, de strontiane et de cliaux. Ce précipité (sulfate de plomb) est un peu soluble dans un excès d’acide sulfurique.

7° Les iodures solubles les précipitent en jaune orangé.

8° Les chromâtes alcalins les précipitent en beau jaune.

9° Le zinc précipite le plomb de ses dissolutions sous forme de cristaux, qui se groupent en forme de radicelles dont l’ensemble est appelé Y arbre de Saturne. (Le zinc se substitue au plomb.)

Le sel marin et les sulfates de potasse, de soude ou de magnésie , et l’eau de puits, sont les contre-poisons des sels de plomb.

BARYACÉS.

Carbonate de plomb ( céruse ).

Ce sel est blanc, pulvérulent et très-peu soluble dans l’eau. Dans la nature on le rencontre cristallisé en prismes rhomboïdaux ou en octaèdres réguliers.

Composition : PbO,CO!.

La préparation de la céruse constitue une branche importante d’industrie. A Clichy , on prépare la céruse au moyen de l’acétate neutre de plomb; on ajoute à cet acétate de la litharge, pour former un acétate avec excès de base ( bibasique ou tribasique ); on fait ensuite arriver dans la dissolution d’acétate de blomb basique un courant d’acide carbonique qui précipite l’excès de base à l’état de carbonate (céruse), que l’on sépare de l’acétate de plomb redevenu neutre. On ajoute une nouvelle quantité de litharge à cet acétate neutre de plomb , et l’opération recommence. Au moyen de ce procédé on obtient en peu de temps une grande quantité de céruse. Le procédé qu'emploient les Hollandais consiste à enfouir des pots de vinaigre remplis de lames de plomb , dans du fumier frais : la fermentation des matières animales dégage une grande quantité d’acide carbonique qui se combine avec le plomb , pour produire la eéruse. Au bout de six semaines environ, presque tout le plomb est transformé en céruse. Ce procédé est très-ancien (1).

' Usage . La céruse est journellement employée pour peindre les boiseries des appartements, pour étendre les couleurs et dessécher les huiles. En le mêlant avec un peu de charbon ou

de l’indigo, on lui donne un reflet bleu. On vend quelquefois

( 1 ) Les alchimistes préparaient , par un procédé semblable, beaucoup de carbonates métalliques et même des sulfures ; car Geber raconte , qu’ayant traité de l’antimoine par l’esprit de sel ( acide chlorhydrique ) , il plaça le produit (chlorure d’antimoine) dans du fumier de cheval ( in slercore equino ), et qu’au bout de ^9 jours tout était converti en une matière jaune ( aurum philosophicum). Cet or des philosophes n’était probablement autre chose que le kermès (oxy-sulfure d'antimoine).

JURYACKS.

la céruse dans le commerce, sous les noms de blanc de Venise , blanc de Hollande, blanc de Hambourg. La céruse du commerce contient une quantité notable de sulfate de baryte. Lés ouvriers qui travaillent dans les fabriques de céruse , dans la préparation des couleurs, dans la peinture sur bâtiments, etc., sont souvent atteints de coliques de plomb, maladie qui abrège la vie de ces malheureux. La falsification des vins, au moyen de la céruse ou de la litharge, est extrêmement rare , contrairement à ce que l’on croit généralement.

Azotate de plomb.

Ce sel cristallise en ortaèdres parfaitement réguliers opaques ou transparents. Les cristaux sont anhydres; 100 p. d’eau en dissolvent 13 p. On obtient l’azotate de plomb directement, en traitant la litharge par l'acide azotique. — Traité par l’ammoniaque il donne une série de sous-sels , qui ont tous une réaction alcaline. On connaît un azotate bibasique et un azotate quadribasique. Lorsqu’on chauffe, à une chaleur modérée, 100 p. d’azotate de plomb avec 78 p. de plomb métallique, on obtient un azotite bibasique ; avec 160 de plomb , on a un azotite quadribasique. Et si l’on enlève ( par l’acide carbonique ) au premier la moitié de la base et au dernier les trois quarts, on aura un azotite neutre de plomb, qui cristallise en octaèdres d’un jaune citron, très-soluble dans l’eau. Ces azotites donnent, par la calcination, de l’acide hypoazotique pur.

Sulfate de plomb.

Ce sel est neutre et très-stable. Il résiste à une température élevée. Il est presque aussi stable que les sulfates alcalins ; preuve nouvelle que le plomb se rapproche, par ses propriétés chimiques, des alcalis et notamment de la chaux , de la strontiane et de la magnésie. Calciné avec du charbon , il se transforme en un mélange de sulfure et de sous-sulfate.

HARVACKS.

On trouve, dans la nature, le sulfate de plomb cristallisé eu octaèdres réguliers, eu pyramides tétraèdres ou en tables transparentes. Le sulfate de plomb est très-peu 9oluble dans l’eau , ce qui le rapproche des sulfates de baryte , de strontiane et de chaux. Il est sensiblement soluble dans l’acide sulfurique et dans l’acide chlorhydrique ; c’est pourquoi il ne faut point précipiter le plomb à l’état de sulfate dans une des liqueurs contenant de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique libre.

Composition. PbO, SO’ ; 100 p- de sulfate de plomb donnent 68,28 de plomb métallique.

Phosphate ( neutre ) de plomb.

Ce sel est blanc, insoluble dans l’eau et soluble dans l'acide azotique. L’ammoniaque le convertit en sons-phosphate , renfermant deux fois autant d’oxyde que le phosphate neutre. Il est fusible au chalumeau, et se prend, par le refroidissement, en une masse d’un blanc nacré. Le phosphate de plomb et la galène peuvent être fondus ensemble sans se décomposer : le produit qu’on obtient est d’un gris foncé ; il se rencontre quelquefois dans la nature.

Composition. PbO, PhO8.

L’arséniate. PbO, As O* est isomorphe avec le phosphate.

Chromate ( neutre ) de plomb.

Il est d’un beau jaune-serin , et se rencontre dans la nature. Il est employé en peinture.

Il existe un bichromate jaune, et un chromate bibasique rouge , tous deux également employés dans les arts.

3 'jo aluminiacés.

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