COBALT
Etymologie. Les mineurs allemands désignent sous le nom de Kohol t, un être fantastique qui a donné lieu à une foule de contes superstitieux.
Propriétés physiques. Le cobalt aune teinte rougeâtre;
11 est dur et friable. Son poids spécifique est 8,6010. Il ne fond qu’à une température très-élevée ( 130° du pyromètre de Wedgwood). C’est un des métaux magnétiques. La puissance magnétique du cobalt est à celle du fer comme 25 ; 55. II est peu ductile. Sa cassure est crochue plutôt que grenue. Il est probable qu’on pourrait travailler le cobalt comme le fer (Berthier).
Propriétés chimiques. A la température ordinaire , il ne s’altère que dans l’air humide. Il se recouvre alors d’une rouille noire (hydrate de peroxyde) Il ne décompose l’eau qua la chaleur rouge. Grillé à l’air , il s’oxyde facilement. A l'état de division extrême , et obtenu en réduisant l’oxyde par l’hydrogène , il s’enflamme spontanément à l’air, en brûlant avec une lumière rouge. L’acide azotique et l’eau régale l’attaquent et le dissolvent promptement. L’acide sulfurique étendu d’eau l’oxyde avec dégagement d’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau. Le cobalt précipite de leurs dissolutions l’argent, le cuivre et le mercure. II se combine , comme le fer,
FEKRÀCÉS.
aver une petite quantité do carbone. Il se combine directement avec le chlore gazeux; la combinaison est accompagnée de chaleur et de lumière. Il s’allie avec la plupart des métaux. Ses alliages sont en général ductiles.
État. Le cobalt se trouve dans la nature , presque toujours combiné avec le soufre ou avec l'arsenic. Les minéraux de nickel sont souvent cobaltifères. Il accompagne quelquefois les minerais de cuivre et d’argent. Le cobalt est peu abondant et appartient aux terrains anciens.
Voici les principaux minéraux de cobalt :
1° Arsèniure. Il existe des combinaisons de cobalt avec l’arsenic dans lesquelles il y a de 1 à 3 équivalents d’arsenic pour 1 équival. de cobalt. Ces arséniures peuvent eux-mêmes se combiner avec des arséniures et des sulfures de fer et de nickel. On en trouve près de Hanau (Hesse) sous le nom de gj'auer et de 1 veisser Speiskobalt. Le grauer Speiskobalt est d’un gris noirâtre , contenant 1 à 2 équival. d’arsenic pour t équival. de cobalt et de fer. Le -wcisser Speiskobalt est d’un blanc d’étain , cristallisé en cubes ou en octaèdres. On trouve des variétés de ces minéraux près de Schneeberg (Saxe), à Riegelsdorf (Hesse), en Piémont, à Funaberg , à Skuterud, à Hacambo (Suède), en Cornouailles, etc.
2“ Oxyde. On rencontre de l’oxyde de cobalt magnésifère près de Goeritz. Il contient , en outre , du cuivre et de l’alumine.
3° Sulfure. Ce minéral est très-rare. On en a trouvé à Riddarbyttan , en Suède.
Le verre bleu appelé smalt ou azur, contient de l’oxyde de cobalt , combiné avec des oxydes de plomb et de fer.
Les mattes ou speis, provenant du travail des minerais de cuivre ou de plomb , contiennent également du cobalt.
Préparation. Pour obtenir le cobalt à l’état métallique on calcine l'oxyde de cobalt dans un creuset brasqué avec un cinquième deson poids de verre terreux fusible, atinde faciliter la réunion des grenailles etdefairecoulerlemétalen culotau fond
du creuset. Pour retirer l'oxyde de cobalt du minerai , on traite celui-ci par l'eau régale. Ou évapore à sec et l'on reprend par l’eau. En liltrant on sépare l’arséniate de fer insoluble ainsi que la gangue. On verse ensuite , par petites portions, dans la liqueur, du carbonate de potasse ou de soude, jusqu’à ce que le précipité commence à se colorer en rose (ce qui indique que tout le fer est séparé). Ôn recueille le précipité , on le lave et on le sèche. Ce précipité est de l’oxyde de cobalt presque pur , si le minerai est très-riche en fer ; si , au contraire , le minerai est très-peu ferrugineux , l’oxyde de cobalt se trouve mêlé d’une quantilénotable d’acide arsénique.
Ce procédé est employé en grand pour la fabrication des verres bleus, dans les manufactures de porcelaine.
Historique. 11 paraît que le cobalt ou du moins l’oxyde de cobalt était connu depuis la plus haute antiquité ; car le vernis et le flux vitreux des vases des anciens Égyptiens contiennent de l’oxyde de cobalt.
On a commencé vers le XVe siècle à employer le cobalten Europe pour la fabrication des verres bleus et dans la peinture sur verre. Brandt a le premier obtenu le cobalt à l’état métallique , en 1733.
Composés oxygénés.
On connaît deux degrés bien distincts d’oxydation du cobalt.
loLe protoxyde. A l’état anhydre il est d'un gris noirâtre. Chauffé au rouge , au contact de l’air , il se change en partie en peroxyde. A l’état d 'hydrate il est d’un bleu de lavande, et ne tarde pas à changer de couleur ; étant exposé à l’air il devient d’un rose pâle et finit par devenir vert olive. Ce changement de couleur tient à l’absorption de l’oxygène et de l’acide carbonique de l’air. Le protoxyde de cobalt se dissout facilement dans les acides. L’ammoniaque le dissout et le colore en rouge. Il se combine, par la voie sèche, avec les alcalis
FERRACES.
fixes et avec un certain nombre d’oxydes terreux et métalliques. La plupart de ces composés sont colorés en bleu. Le composé magnésien est couleur de rose ; le composé alumineux est d’un beau bleu d’outremer, et le composé zincifére est d’un beau vert, appelé yen de Jiinmann.
L’oxyde de cobalt , réduit par l’hydrogène à la chaleur rouge, est pyrophorique comme le fer [métal très-divisè).
Composition. CoO = 368,991 (Co).
468,991 = 1 équiv. de protoxyde de cobalt.
On l’obtient ( anhydre ) en calcinant l’azotate. En précipitant un sel de cobalt par un alcali , on a l’oxyde de cobalt hydraté.
2"L v peroxyde a l’aspect d’une poudre noire. A la chaleur blanche, il est ramenéà l’état de protoxyde. Tous les acides forts le dissolvent à chaud avec dégagement d’oxygène ; le peroxyde se change en protoxyde. Les acides sulfureux et azoteux se combinent avec le peroxyde de cobalt sans dégagement d’oxygène; il y a formation de sulfate et d’azotate de protoxyde de cobalt solubles. L’ammoniaque ne le dissout pas. L’acide chlorhydrique le dissout avec dégagement de chlore.
Composition. Co’ O5. Il est analogue , par sa composition , au peroxyde de fer et à l’alumine.
On l’obtient en précipitant un sel de cobalt par l’hypochlorite de soude en exeès , ou en faisant passer uu courant de chlore dans l’hydrate ou le carbonate de protoxyde en suspension dans l’eau.
Il existe un oxyde de cobalt intermédiaire ( deutoxyde de quelques auteurs) d’un vert olive sale. Les acides forts le changent en protoxyde. 11 est analogue à X oxyde de fer magnétique. Sa composition est CoO C’O*.
L. Gmelin suppose la formation d’un peroxyde de cobalt jouant le rôle d'acide , en exposant à l’air l’hydrate de pro-
FERRACÉS.
toxyde lenu en suspension dans l’ammoniaque. La liqueur se colore en brun. Cet acide cobaltique serait composé deCoOL
Composés sulfurés.
Il y a autant de sulfures qu’il y a d’oxydes.
1° Protosulfure. Il est d’un jaune bronzé ; il est fusible. L’acide chlorhydrique n’attaque le proto-sulfure de cobalt qu’à l’état pulvérulent.
Composition. Co S, analogue à celle du protoxyde (CoO).
On l’obtient en chauffant le sulfate de cobalt avec du charbon , ou en décomposant l’arséniure par un sulfure alcalin.
2» Persulfure. Il est d’un gris foncé. Soumis à la chaleur rouge , il passe à l'état de protosulfure.
Composition. Co*S5, analogue à celle du peroxyde (00*0").
On l’obtient en chauffant du peroxyde de cobalt dans de l’hydrogène sulfuré. II faut avoir soin de ne pas élever la température jusqu’au rouge.
Le sélénium forme des composés analogues aux sulfures.
L e phosphore et Y arsenic forment, avec le cobalt, dps composés peu stables.
Composés chlorés.
Le chlorure de cobalt le plus important est celui qui correspond au protoxyde.
Chlorure de cobalt. A l’état anhydre, il est bleu ; hydraté, il est couleur de rose. Il est volatil, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. La dissolution aqueuse, faite àchaud, laisse déposer, par le refroidissement , de petits cristaux prismatiques d’un rouge rubis, inaltérables à l’air lorsque le chlorure est très-pur, déliquescents, lorsque le chlorure contient du fer et du nickel. On employait autrefois ce chlorure impur comme encre sympathique. Les lettres tracées sur du papier avec une dissolution de chlorure de cobalt , deviennent bleues par une légère élévation de température ; elles deviennent vertes si le’chlo-
FERRACÉS.
rare contient du fer et du nickel , ce qui a presque toujours lieu. Le chlorure de fer ou de nickel seul donne une coloration jaune. Ainsi, le bleu et le jaune réunis donnent du vert.
Composition. Co Cl ou Co Cl’.
On prépare le chlorure de cobalt en traitant le protoxyde par l’acide chlorhydrique. Les anciens chimistes le préparaient avec l’eau régale.
Le brome , l'iode et le fluor se comportent à peu près comme le chlore.
Sels de cobalt.
Caractères généraux. Les sels de cobalt sont colorés en rose. Leurs dissolutions deviennent bleues à la température de l’ébullition.
1° Les alcalis produisent , dans les sels de cobalt , un précipité bleu qui , exposé à l’air , passe au vert , et finit par devenir noir. L’ammoniaque dissout le précipité bleu , et donne naissance à une belle coloration rose. Il se forme un sel double à base d’ammoniaque et de protoxyde de cobalt.
2° L’acide sulfhydrique ne précipite pas les dissolutions acides. Si la dissolution est neutre, le précipitées! incomplet.
3° Les sulfures alcalins produisent un précipité noir.
Le cyanoferrure donne un précipité vert grisâtre.
5° Les arséniates alcalins forment un précipité couleur de fleur de pêcher.
9° Les phosphates précipitent les sels de cobalt en bleu violacé.
Aucun métal ne précipite le cobalt de ses dissolutions.
Le phosphate , l’arséniate , l’oxyde de cobalt , chauffés au rouge avec un excès d’alumine hydratée, donnent une poussière bleue ( bleu de Thénard) .
Chauffés au chalumeau avec du borax , les sels de cobalt donnent un vert d'un bleu très-riche. Une trace de cobalt colore la porcelaine ou la poterie en bleu.
FERHàCÉS.
Etude des espèces.
Sulfate. Il cristallise en prismes rhomboïdaux , contenant 6 éq. d’eau. Il est soluble dans 24 parties d’eau froide. Il supporte la clialeur rouge sans se décomposer. Le charbon le réduit partiellement en sulfure. Il peut se combiner avec les sulfates de potasse , de soude et d’ammoniaque , pour former des sels doubles.
Composition. CoO, SO3 = i équiv. de sulfate de cobalt anhydre.
Phosphate. Il est d’un bleu violacé , insoluble dans l’eau et soluble dans les acides. En mêlant ensemble 1 partie de phosphate de cobalt humide (récemment précipité) avec 8 parties d’alumine en gelée , et en chauffant le mélange dans un creuset , jusqu’au rouge cerise , on obtient un produit d’un beau bleu (bleu de Thénard).
Arsèniate. Récemment précipité , il est d’une belle couleur fleur de pêcher. Il conserve cette couleur , même après la calcination . Chauffé avec l’alumine et un peu d’oxyde rouge de mercure , il donne , comme le phosphate , du bleu de Thénard.
Azotate. Il cristallise en petits prismes rouges , déliquescents et très-solubles dans l’eau. Par la calcination , il donne de l’oxyde de cobalt pur. L 'azotate double d ammoniaque et de cobalt cristallise en trémies. Il est d’un beau rose et inaltérable à l’air.
NlCKEt.
Étymologie. Le nom q«G porte de métal vient de Kupfemkkel , nom du minéral dont . - extrait le nickel.
propriétés phjsiq ues . Le nickel est blanc, légèrement grisâtre , dur, et aussi ductile que l’argent. H est malléable etsusceptible de prendre le poli. Sa cassure est crochue. La densité du nickel fondu est 4,46 ; celle du nickel écroui est 8,882. Le
FEURACÉS.
nickel est un peu plus difficile à fondre que le fer. Après le fer , c’est le métal le plus magnétique. La puissance magnétique du nickel est à celle du fer comme 35 : 5o(Lampadius).
Propriétés chimiques. Le nickel ne s’altère pas à l’air et conserve son poli à la température ordinaire. 11 mérite, sous ce rapport , d'être placé à côté de l’argent , du platine et de l’or. Porté à la chaleur rouge, il se recouvre peu à peu d’une légère pellicule grisâtre, atlirahle par l’aimant. Cette pellicule parait être un mélange d’oxyde et de métal. Chauffé au rouge, il décompose l’eau , mais moins rapidement que le fer. Il se dissout très-bien dans les acides qui l’oxydent , soit à leurs dépens , soit aux dépens de l’eau décomposée. Il se combine avec le carbone à une température élevée. II se combine directement à froid avec le chlore gazeux , et à chaud avec le soufre , le sélénium, l’arsenic et le phosphore. Il peut s’allier avec la plupart des métaux , et produire des alliages ductiles. Du reste , il partage beaucoup de ses propriétés avec le cobalt.
État. Le nickel se rencontre dans la nature en assez petite quantité; il est le plus souvent accompagné de cobalt, de fer, de cuivre, d’arsenic et de soufre. Les aérolithes , le chiysopras, le cobalt-speis, contiennent des quantités notables de nickel. Voici les principaux minerais de nickel :
1° Kupfernickel. C’est un arsèniure de nickel contenant du fer, et quelquefois du cobalt et de l’antimoine. 11 est rougeâtre , approchant du rouge de cuivre , ce qui lui a valu le nom allemand de Kupfernickel , qui signifie littéralement cuivre-nickel. Il répand une odeur d’ail par le choc du briquet. On en trouve à Allemont (Isère) , à Zinkvand (Hongrie), àSchneeberg (Saxe) et aux États-Unis.
2U N ickelspeisglanzcrz (antimonio-sulfure). Ce minéral est d’un gris blanc métallique, éclatant, souvent un peu rosé. 11 se compose de nickel , d’antimoine , de soufre et quelquefois d’arsenic. On le rencontre à Landscorn , dans le pays de Siegen , et à Treusbourg, dans le comté de Sain.
3° Nickel gris ( arsénio-sulfurc ). Il ressemble par son aspect au minéral précédent. Il est analogue au mispickel , et se compose de 1 éq. d’arséniure et de 1 éq. debisulfure de nickel.
k° Sulfure. Il correspond au protoxyde. Il existe sous forme de cristaux capillaires d'un jaune de bronze , un peu flexibles. On le rencontre en Bohême et en Saxe. Il est très-rare.
5° Silicate ( pimélite ). Il est d’un vert pomme, en masses tendres et douces au toucher. Il est accompagné de chrjsoprase , qui n’est autre chose que du quartz coloré par un peu d’oxyde de nickel. On le trouve à Fürstemberg en Silésie.
Le nickel existe en quantités assez notables daus un produit d’arts , appelé speiss , qui s’amasse au fond des creusets dans lesquels on prépare le smalt ou bleu de cobalt.
Préparation. Le nickel s’extrait du speiss , de la manière suivante. On grille le speiss réduit en poudre et mêlé avec de la poussière de charbon , afin d’en expulser tout l’arsenic qu’il peut contenir. On traite ensuite la matière par l’acide azotique qui dissout le nickel , le cobalt , le fer , l’acide arsénieux et l’acide arsénique. On ajoute à la liqueur un peu d’acide chlorhydrique, et l’on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré : tout l’arsenic se précipite; le nickel , le cobalt et le fer seuls ne sont pas précipités. On élimine, par la chaleur, l’excès d’hydrogèue sulfuré. On verse dans la liqueur du carbonate de soude , qui précipite l’oxyde de fer , le carbonate de cobalt et le nickel. Enfin on verse de l’acétate de plomb dans la liqueur, pour précipiter l’arsenic à l’état d’arséniate de plomb. On enlève , au moyen de l’hydrogène sulfuré , l’excès d’acétate de plomb employé ; on filtre et l’on verse dans la liqueur filtrée un alcali qui précipite le nickelé l’état d’hydrate d’oxyde. — On obtient également l’oxyde de nickel , en faisant fondre le minerai de nickel avec du sulfure de potassium ; en traitant le sulfure de nickel par l’acide chlorhydrique , et en précipitant le solutum de chlorure de nickel par un alcali. L’oxyde de nickel ferrugineux et cobaltifère , obtenu par l’un ou par l’autre procédé, est traité par une dissolution d’acide oxa-
lique , qui donne de l’oxalate de fer soluble et des oxalates de nickel et de cobalt insolubles. En traitant les deux oxalates insolubles par l'amuiouiaque, l’oxyde de nickel se dépose lentement ( au bout de 10 ou 13 jours ) sous forme de flocons verts, et le cobalt reste en dissolution. L’oxalate de nickel calciné avec du charbon, donne du nickel métallique. Le nickel obtenu par un courant d’hydrogène , à une température élevée , est pulvérulent et pyrophoriquc.
Historique. Le nickel a été découvert , en 1751 , par Cronstedt , célèbre minéralogiste suédois. Bergmann en étudia les principales propriétés ; mais ce ne fut que vers le commencement du xix" siècle que Richter obtint le nickel à l’état de pureté , pour en mieux examiner toutes les propriétés.
Composés oxygénés.
Il existe deux oxydes de nickel :
1° Le protoxyde. A l’état sec ( anhydre ) , il est pulvérulent et d’un gris verdâtre. Il se réduit dans des creusets d’argile à une haute température , sans l’intervention d’aucun corps combustible. A 1 état d hydrate, il est d'un vert pomme ; il perd son eau par l’action de la chaleur. Il est soluble dans les acides et insoluble dans les alcalis , excepté dans i’ammoniaque.C’est le seul oxyde de nickel qui joue le rôle de base. Il colore en bleu pourpre les verres de potasse , et en brun les verres de soude ( Hargost ). Il communique au bleu de cobalt une teinte pourpre agréable ( Engelhart ).
Composition. IN iO = 369 , 675 (Ni)
469 , 675 = NiO.
On l’obtient en calcinant l’azotate, ou en précipitant un sel de nickel par la potasse ou par la soude.
2° Le peroxyde est pulvérulent , noir, et se change en protoxyde à la température blanche. On le rencontre dans la nature, à l’état impur, sous le nom de noir de nickel (Nickel-
VERRACES.
schwürze). Les oxacides le dissolvent avec dégagement d’oxygène , et l’acide chlorhydrique le dissout avec dégagement de chlore.
Composition. Ni*Oa , analogue aux peroxydes de fer et de cobalt.
On l’obtient , soit en calcinant l’azotate à une chaleur convenable , soit en faisant passer un courant de chlore dans de l’eau, tenant du protoxyde de nickel en suspension.
On obtient, à l’aide de l’eau oxygénée, un troisième oxyde, plus oxygéné que le peroxyde , et d’un vert clair . Sa composition est incertaine.
Enfin, il existe probablement un oxyde intermédiaire entre le protoxyde et le peroxyde, et analogue, par sa composition, à l’oxyde de fer magnétique.
Composés sulfurés.
Les sulfures correspondent aux chlorures et aux oxydes. Le plus important est celui qui correspond au protoxyde.
Sulfure de nickel. Il est d’un jaune bronzé, semblable à la pyrite de fer. Il fond à la chaleur blanche.
Composition. Ni S.
On l’obtient en réduisant le sulfate de nickel au moyen du charbon ou en faisant fondre l’oxyde de nickel avec un persulfure alcalin. On le rencontre dans la nature sous le nom de ffaar-Kies.
Le sulfure obtenu par voie de précipitation est hydraté et noir. Il est fusible et soluble dans l’eau pure, et surtout dans les dissolutions de sulfures alcalins.
Le phosphore et Y arsenic produisent des composés analogues. Il existe dans la nature plusieurs espèces d arséniures de nickel qu’on transforme aisément en sulfures en les fondant avec un persulfure alcalin.
Le carbone , en se combinant avec le nickel , altère essentiellement les propriétés de ce métal. Il le rend cassant , friable et lui communique une couleur blanche comme
FERiucEs, 447
celle de la fonte. C’est pour celte raison qu’il ne faut jamais réduire l’oxyde de nickel avec du charbon en excès.
Composés chlorés.
Lés chlorures correspondent aux oxydes. Le protochlorure est le seul chlorure qui ait quelque importance.
Chlorure de nickel. A l’état anhydre il est jaune ; hydraté , il est vert. Il est volatil et se dépose sous forme de paillettes nacrées d’un jaune d'or. Il communique à la flamme de l’alcool une teinte bleuâtre. Il se convertit , par le grillage, en peroxyde et en chlore.
Composition. Ni Cl ou Ni CP.
On l’obtient en chauffant , à une température convenable , l’oxyde de nickel avec du sel ammoniac.
Bromure. Il est tout-à-fait analogue au chlorure. 11 est volatil et sous forme de paillettes jaunâtres. Il est soluble dans Peau et dans l’alcool.
Composition. Ni Br ou Ni Br®.
Le fluor et l'iode se comportent à peu près comme le chlore et le brôme.
Alliages.
L’or et le platine donnent , avec le nickel , des alliages ductiles et magnétiques. La moindre addition de cuivre détruit la propriété magnétique du nickel. Le fer donne un alliage blanc , ductile , tant que le nickel ne dépasse pas certaines proportions. L’alliage de zinc et de nickel est connu depuis longtemps des Chinois.
Op obtient, avec parties égales de nickel et de zinc, et avec un tiers de cuivre , un alliage qui ressemble à l’argent et qui est connu sous les noms de Pack-fong , d’ Argentan , de Melchior, de Weisskupfer ( cuivre blanc), et de Neusilber (nouvel argent). Il est blanc comme l’argent , très-ductile et doué d’une belle sonorité. On en fabrique des couverts , des théières , etc. Il doit être proscrit partout ou il pourrait être exposé au contact d un acide.
FERKÀCÉS.
Sels de nickel.
Caractères généraux. Ils sont colorés en vert , et affectent 'une cristallisation prismatique. Cette couleur verte est assez stable , probablement parce que le peroxyde ne se combine point avec les acides. Chauffés et rendus anhydres les sels de nickel deviennent d’un jaune fauve. Us ont une saveur un peu sucrée , suivie d'un arrière-goût astringent , styptique. Les sels de nickel ont une réaction acide , comme les sels de cobalt et de fer.
1° Les alcalis les précipitent en vert. Un excès d’ammoniaque redissout le précipité et la dissolution devient d’un beau bleu céleste , semblable à la dissolution que produit l’ammoniaque dans un sel de cuivre.
L’ammoniaque offre le moyen de séparer le nickel du fer et de beaucoup d’autres métaux , dont les oxydes sont insollubies dans un excès d’ammoniaque.
2» L’acide sulfhydrique donne un précipité noir , si la dissolution est complètement neutre. Le précipité ne se manifeste pas , si la dissolution est tant soit peu acide.
3° Les sulfures alcalins y forment un précipité noir légèrement soluble dans un excès de précipitant.
k° Le cyanoferruré précipite les sels de nickel en vert clair.
5° Les phosphates et les arséniates alcalins y donnent un précipité vert.
6° Les succinates et les benzoates n’y donnent point de précipité.
7° L’acide oxalique les précipite en vert sale. Le précipité se forme lentement. Aucun métal ne précipite le nickel de ses dissolutions!
Les sels de nickel peuvent former des sels doubles solubles avec les sels alcalins et notamment avec les sels ammoniacaux. Aussi en ajoutant à un sel de nickel soluble pur, une certaine quantité de sel ammoniac , l’ammoniaque n’y produit plus de précipité.
FER RACES
L’oxyde de [nickel est isomorphe avec les oxydes de fer , de cobalt, de manganèse, etc.; c’est ce qui rend souvent très-difficile l’analyse de ces corps.
Espèces.
Sulfate. Il cristallise en prismes héxaèdres d’un beau vert émeraude. Calciné, il perd sa couleur , devient d’un jaune paille et ne perd qu’une partie de son acide. Chauffé avec du charbon , il se convertit partiellement en sulfure.
Arséniate. Préparé par la voie humide, il estgélatineux et d’un vert clair. Il se dissout dans les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique et dans l’ammoniaque. Il se réduit facilement par cémentation. Dans cette action il se produit un arséniure ; le quart de l’arsenic se volatilise.
Azotate. Il cristallise en prismes octogones d’un vert bleuâtre , déliquescents et très-solubles dans l’eau.
Carbonate. Il est toujours hydraté. II est floconneux et d’un blanc verdâtre. L’ammoniaque le dissout.