‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 55 sur 84 · CUIVRE · texte numérisé non relu

CUIVRE

Étymoioote Le rtotn de cuivre , en allemand Kup/er, vient du latin cuprum , qui lui-même dérive de Cjpria, épithète de Venus.

Propriétés physiques. Le cuivre est d’un beau rouge éclatant , cristallisable en cubes par la voie humide, et en rbom-

FERRACÉS.

boïdes par la voie sèche. Le titane présente seul une couleur analogue à celle du cuivre. Le cuivre est doué d’une saveur et d'une odeur particulières, qui deviennent sensibles par le frottement. Sa densité est 8,836. 11 est très-ductile et malléable. Après le fer , c’est le plus tenace de tous les métaux : un fil de 2 millimètres ne se rompt que sous un poids de 137,kkilog. Pur , il est très-peu sonore ; allié avec l’étain , il acquiert une grande sonorité. C’est dans cet état qu’on l’emploie dans la fabrication des instruments à cordes , tels que pianos , harpes , etc. 11 est assez mou , comparé au fer ; il est cependant plus dur que l’or et que l’argent. Un peu plus fusible que l’argent, il fond environ à 800° (27° Wegd). En se refroidissant, il roche quelquefois comme l’argent , ce qui tient peut-être , comme pour ce dernier métal, à l’absorption de l’oxygène en proportions indéfinies, à une température élevée. Il communique à la flamme une belle couleur verte , ce qui ne veut pas dire que le cuivre soit bien volatil ; car , maintenu longtemps à la température d’un four à porcelaine , il n’a perdu ( dans une expérience faite à Sèvres par M. Berthier ) que de son poids. Le cuivre est donc très-peu volatil.

Propriétés chimiques. Le cuivre se conserve indéfiniment à l’air sec. A l’air humide , il se recouvre d’une couche verte (carbonate de cuivre hydraté) appelée vert de gris. Par l’eflet du simple grillage , il se recouvre d’une pellicule grise ( protoxyde) qui se détache par le choc (battilures), ou lorsqu'on plonge le cuivre dans l’eau (par l’effet de l'inégalité de dilatation des couches internes et des couches externes). Le cuivre, comme le mercure , dissout , pendant la fusion , une partie de son protoxyde , ce qui fait qu’il s’établit dans l’intérieur du lingot des points de solution de continuité, qui rendent le métal cassant. Aussi le cuivre du commerce est-il , en général, cassant. Pour lui rendre ses qualités premières, on le fait fondre avec du charbon, afin de réduire l’oxyde; mais un autre inconvénient se présente : le cuivre se carbure , et le carbone , tout comme l’oxyde , établit dans

FERRACÉS.

l’intérieur du métal des solutions de continuité. D’après cela, il est facile de concevoir combien le cuivre pur doit être difficile à préparer. Le cuivre ne décompose l’eau à aucune température, même sous l’influence des acides.

Action des acides. L’acide sulfurique étendu d’eau est sans action sur le cuivre. Concentré , il l’attaque à chaud : il se dégage de l’acide sulfureux et il se produit du sulfate de cuivre. Du reste , l’acide sulfurique concentré et bouillant , attaque non-seulement le cuivre, mais à peu près tous les métaux.

L’acide azotique jaune ( très-concentré ) n’attaque point le cuivre. En y ajoutant de l’eau , l'action a lieu aussitôt tumultueusement ; il se dégage des vapeurs rutilantes ( gaz nitreux), si l’on opère au contact de l’air, et des vapeurs incolores (bioxyde d’azote), si l’on opère à l’abri du contact de l’air. Lorsque l’action est très -vive, on recueille un mélange de protoxyde et de bioxyde d’azote ; si l’action 'est , au contraire , lente , on n’obtient que du bioxyde d’azote. — L’eau régale dissout le cuivre rapidement (formation d’un chloride). L’acide chlorhydrique n’attaque le cuivre qu’à l’étât d’extrême division, tel qu’on l’obtient en le précipitant de ses dissolutions au moyen d’une lame de fer.

Les huiles grasses , à cause des acides qu’elles contiennent, oxydent le cuivre au contact de l’air comme les acides végétaux. La plupart des composés de cuivre sont vénéneux.

II s’allie avec tous les métaux , excepté avec le fer et le plomb.

État. Le cuivre se rencontre, dans la nature, quelquefois à l’état natif, mais le plus souvent à l’état de sulfure , d’arséniure et de carbonate. Ses minerais existent dans les terrains anciens et dans les terrains secondaires , et particulièrement dans le grès rouge. Voici les principaux minerais de cuivre :

1° Cuivre pjriteux. Il abonde dans la nature. C’est de cette espèce qu’on extrait la plus grande partie du cuivre livré au commerce. Le cuivre pyriteux est d’un jaune d’or très-éclatant. Il cristallise en octaèdres tronqués qui appro-

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client de l’octaèdre régulier. H. Rose le considère comme composé de 1 équival. de persulfure de fer et de 1 équiv. de sulfure ue cuivre ( Fe9 S9 + Cu1 S ).

2° Cuivre gris arsenical ( Kupferfahlerz ). Il est d’un gris d’acier éclatant , à cassure inégale ou conchoïde. On en trouve àFreyberg (Saxe), à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin) et dans le Cornouailles. L’analyse y a constaté , outre le cuivre , du fer, de l’arsenic , du soufre, de l’antimoine et quelquefois du zinc et de l’argent.

3“ Cuivre antimonial (Graugültigerz). Il ne diffère du précédent qu’en ce qu’il contient une plus grande quantité d’antimoine.

4° Cuivre gris plombeux ( Bleifahlerz). Il est d’un gris de plomb , tendre, et se laisse couper au couteau. Après le cuivre , c’est le plomb qui domine dans cette espèce qu’on appelle encore bournonite. On le trouve dans les Pyrénées , au Harz , près de Clausthal.

5° Sous-sul/ate. H existe dans la nature différentes variétés de sous-sulfate de cuivre. On en a rapporté du Mexique. La brochantite vient de Resbania en Transylvanie, et la Kœnigite se rencontre à Verchetori en Sibérie.

6° Phosphates. On en rencontre différentes variétés à Ehrenbrestein (près de Coblentz), àVirneberg (près de Rheinbretbach) et à Liebethen (Hongrie).

7° Arsèniates. Ils sont généralement à base de cuivre , de fer et d’alumine. L ’érinite est un de ces arsèniates , cristallisé en lames hexaèdres, d’un beau vert d’émeraude. L’euchroïte , cristallisée en prismes rbomboïdaux , se rencontre à Liebethen (Hongrie). L ’iroconite de Cornouailles cristallise en octaèdres rectangulaires d’un beau bleu de ciel.

8° Carbonates. Le carbonate bleu se trouve cristallisé en prismes d’un très-beau bleu d’azur ; il est hydraté. Le carbonate vert (i malachite ) se rencontre ordinairement en masses fibreuses concentriques et compactes; il est d’un beau vert

FERRAGES.

d’émeraude , et comme il est susceptible de recevoir uu trèsbeau poli , on en fabrique des objets de luxe. Combiné avec une certaine quantité d’hydrate de peroxyde de fer, il constitue une variété de carbonate connue sous le nom de vert de montagne.

9° Kie sel-malachite. Il est d’un beau bleu de ciel ; sa poussière est verte. C’est un silicate de cuivre hydraté. On le rencontre dans l’Oural et à Bogellosk en Sibérie. Le kiesel-malachite de Canaveille ( Pyrénées-Orientales) est d’un beau vert tirant sur le bleu , à cassure grenue. La sommervillile de New-Jersey est un silicate contenant k équiv. d’eau.

10° Atachamite. C’est un oxy-chlorure d’un vert émeraude foncé. On le trouve au Pérou et au Chili , en masses et en sables.

Le cuivre natif se rencontre cristallisé en octaèdres cunéiformes, souvent en masses amorphes, contenant des traces de sulfure et de carbonate de cuivre.

Le cuivre oxydé noir (deutoxyde) se rencontre en masses grenues, noires, tachant les doigts. On le rencontre dans beaucoup de localités , mais en petite quantité à la fois.

On trouve le cuivre dans les cendres de quelques végétaux, dans le thé ( ce qui tient probablement à la préparation de celte plante) , dans le quinquina , dans la garance , dans le café , et en général dans les plantes de la famille des rubiacées. La gelée de veau , de mouton (gélatine), en contient des quantités assez notables. Il parait que le sang en contient aussi quelques traces. Pour en constater la présence dans le sang , il faut opérer sur une quantité très -considérable de ce liquide. Enfin on rencontre le cuivre (oxyde) mêlé d’oxyde de zinc dans certaines eaux minérales qui parcourent des terrains volcaniques (analyse des eaux de Saïdschütz par M. Berzélius).

Préparation. On emploie généralement la pyrite cuivreuse (sulfure de fer et de cuivre) pour extraire le cuivre. Voici comment on procède : on grille d’abord la pyrite, afin d’en expulser la plus grande quantité possible de soufre. Puis on

chauffe la matière grillée avec du charbon et avec un fondant siliceux. Le produit de cette opération ( matte ) est du cuivre souillé d’une certaine quantité de sulfure de cuivre : presque tout le fer a passé dans les scories. Ce produit est de nouveau grillé à différentes reprises , et , après chaque grillage , on le calcine avec du charbon et du quartz. Le soufre et tous les métaux étrangers finissent par être entraînés dans les scories. Le produit obtenu après plusieurs grillages répétés s’appelle cuivre noir ( Schwarzkupfer ) ; il renferme environ 10,90 de cuivre. On l'affine en le fondant dans un fourneau découvert ( Kupfergaarheerde ) , dont le sol est tapissé d’une brasque de charbon et d’argile. De forts soufflets amènent continuellement l’oxygène de l’air sur la surface du métal, pour entraîner les substances étrangères susceptibles de s’oxyder. On fait ensuite couler le cuivre , ainsi fondu , dans des bassins chauds où on l’arrose avec de l’eau froide. A mesure que la surface du mèyd se refroidit , on l’enlève sous forme de plaques. Dans cet état , le cuivre porte le nom de rosette ou de Gaarkupfer. Il renferme une quantité notable de protoxyde que le cuivre a absorbé pendant sa fusion. Comme il est cassant et peu propre au travail du marteau ou du laminoir , on le fait fondre de nouveau ; enfin on le réduit en lames , sous le marteau ou sous de grands cylindres de fer.

Les minerais antimonifères , argentifères, plombiféres, exigent des opérations plus compliquées pour en retirer le cuivre à l’état de pureté.

Historique. Le cuivre est peut-être le métal le plus anciennement connu. Le *a>zdc dont parle Homère et avec lequel Vulcain fabriquait , d’après la mythologie des anciens , les armes des dieux et des héros , était probablement du cuivre , sinon métallique , du moins allié à un certain métal (l’étain) dont les Phéniciens faisaient, depuis longtemps un commerce considérable. Suivant Pline, l’usage de 1 ’œs (cuivre pur ou allié) remonte à la fondation de Rome : sed et alia vetustas œqualem urbi auctoritatem ceris déclarât, à rege Numa col-

FEHKACKS.

legio tertio œrariorum fabrum instituto ( ttist. nat., t.XXXiv). Le oio»po; des Grecs, que les traducteur- rendent par fer, n’était le plus souvent qu'un alliage de cuivre. Au moyeu âge, le cuivre a joué un grand rôle dans la recherche de la pierre philosophale des alchimistes , c’est-à-dire dans la transformation des métaux vils en métaux nobles. Le cuivre était autrefois désigné par le symbole de la planète Vénus , 2 .

Composés oxygénés.

Il existe trois degrés d'oxydation du cuivre , dans lesquels les proportions d’oxygène sont comme les nombres 1,2, k.

1° Protoxyde (oxydule).U est d’un rouge de foie, pulvérulent. A l’état d’hydrate , il est de couleur orange. Chauffé à l’air , il se change en bioxyde. Il est facile à réduire. Les acides faibles le convertissent en cuivre métallique et en bioxyde qui se dissout dans la plupart des acides. L’acide muriatique le dissout complètement ; au moyen d’un alcali on précipite de cette dissolution le protoxyde de cuivre hydraté. Fondu avec le borax, il donne un verre rouge. C'est une base faible.

Composition. Le protoxyde de cuivre est un véritable sous-oxyde dont la formule est Cu*0 (CuO de quelques chimistes).

On l’obtient soit en calcinant un mélange de bioxyde et de cuivre métallique , soit en calcinant du chlorure de cuivre avec du carbonate de soude , et en lavant la masse avec de l’eau qui dissout tout , excepté le protoxyde de cuivre. C’est ce même oxyde qui se forme quelquefois sur les statues ou médailles de bronze , qui sont restées longtemps enfouies sous terre. Ainsi formé il présente quelquefois de beaux cristaux rouges recouverts d’une couche de vert-de-gris. La couleur brunâtre du cuivre conservé longtemps , est due à la présence d’une légère couche de cet oxyde. On peut produire cette couche artificiellement , en frottant une lame de cuivre

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avec du peroxyde de fer humecté d’eau , et en l’exposant à une douce chaleur.

2° Bioxyde , deutoxyde {oxyde). Anhydre, il est d’un gris foncé ; hydraté , il est d’un beau bleu. Il est éminement stable. Les matières organiques le réduisent facilement à l’aide de la chaleur. Il est soluble dans l'ammoniaque qui se colore en bleu céleste. A l’état d’hydrate , il absorbe promptement l’acide carbonique de l'air et devient vert ; mêlé avec de l’argile , de la colle-forte , de la silice , etc. , il conserve sa couleur bleue. La potasse caustique , en lui enlevant son eau , lui enlève sa couleur bleue. Il perd son eau déjà à la température de l’ébullition. Fondu avec le borax, il donne des verres bleusou verts. Les verres bleus qu’on remarque dans la peinture ancienne contiennent de l’oxyde de cuivre. Le bioxyde de cuivre est une forte base et forme les sels de cuivre proprement dits.

Composition. Le bioxyde de cuivre peut être considéré comme un protoxyde , isomorphe avec le protoxyde de zinc ( ZnO ) , avec le protoxyde de fer (FeO ) , etc. Sa formule est CuO=395, 695 (Cu),

CuO* de quelques chimistes )1 00 ( O ) >

495, 695 téq. debiox. de cuivre.

On l’obtient pur en calcinant l’azotate de cuivre. On le prépare également en chauffant de la planure de cuivre au contact de l’air. Ce procédé est mauvais : il ne donne qu’un mélange de protoxyde et de peroxyde. Le bioxyde de cuivre est employé , préférablement à d’autres oxydes métalliques , dans l’analyse des matières organiques , pour doser l’hydrogène à l’état d’eau et le carbone à l’état d’acide carbonique.

3° Peroxyde ( quadroxyde ). Cet oxyde a été obtenu par M. Thénard , en traitant par l’eau oxygénée du cuivre trèsdivisé. Il est d’un jaune olivâtre et très-peu stable. Le contact d’un acide le décompose en oxygène et en oxyde de cuivre.

Composition, Le peroxyde de cuivre peut être regardé comme un bioxyde. Sa formule est CuO* (CuO* de quelques chimistes ). Il ne jsue ni le râle de base ni celui d’acide

FERRACÉS.

Composés sulfurés.

II existe deux degrés de sulfuration correspondant aux deux oxydes stables de cuivre.

1° Protosulfure. Il est d’un gris noirâtre, fusible et indécomposable par la chaleur. Brûlé au contact de l’air , il dégage de l’acide sulfureux , et donne du bioxyde mêlé de beaucoup de sulfate , si la température n’est pas très-élevée. A une température élevée , il donne du peroxyde pur. L'hydrogène ne le réduit pas , et le charbon lui-même ne le réduit qu’à une température très-élevée. Il se combine avec beaucoup d’autres sulfures métalliques , tels que les sulfures de fer , de plomb , d’étain , d’antimoine , d’arsenic , etc. Ces composés sont de véritables sulfosels , et, pour la plupart , se rencontrent cristallisés dans la nature ( pyrites).

Composition. Cu*S, analogue au protoxyde ( sous-oxyde).

On le prépare directement en chauffant le cuivre avec du soufre. Peu importe que le soufre soit en excès ; car , par la voie sèche , il ne se forme jamais qu’un protosulfure : un équivalent de cuivre ne prendjamais qu’un \ éq. de soufre. L’excès de soufre se vaporise. L’action est accompagnée d’une vive lumière.

2° Bisulfure ( deutosulfure ). Il est pulvérulent, noir, et insoluble dans les sulfures alcalins. Il se convertit par la chaleur en protosulfure , en dégageant la moitié de son soufre.

Composition. CuS, analogue au bioxyde ( protoxyde).

On l’obtient par la voie humide , en précipitant un sel de cuivre par l’hydrogène sulfuré. Pendant qu'on le traite sur le filtre , il se produit une certaine quantité de sulfate; car ce sulfure très-divisé et humide se sulfatise rapidement au contact de l’air. Pour prévenir cet inconvénient . il faut laver le sulfure avec de l’eau aiguisée d’acide sulfhydrique.

Le sélénium forme, avec le cuivre, des composés analogues à ceux que donne le soufre.

FER.BACÉS.

11 existe un protoséléniure d’un gris d’acier, fusible audessous de la chaleur rouge , et un deutoséléniure noir , qui prend un éclat métallique par le frottement. La chaleur en dégage la moitié du sélénium.

Composés chlorés.

Il existe des chlorures correspondant aux deux sulfures.

1° Protochlorure. Il est d’un blanc sale , demi-transparent , fusible au-dessous de la chaleur rouge , et presque insoluble dans l’eau. Il se dissout dans l’acide chlorhydrique ; cette dissolution est un désoxydant presque aussi énergique que le protochlorure d’étain. ChaufTè,ii devient brun. Exposé à l’air, il se colore en vert.

Composition. Cu*Clou Cu’CP.

On l’obtient, soit en traitant le cuivre métallique très-divisé par l’acide chlorhydrique bouillant , soit en faisant passer du chlore gazeux sur du cuivre chauffé au rouge.

Le protochlorure donne dans l’eau un précipité blanc , pulvérulent. Ce précipité est un oxychlorure de cuivre, composé de 3 éq. de métal , de 1 éq. de chlore et de 1 éq. d’oxygène; l’oxygène étant ici complémentaire du chlore qui se sépare. Cet oxychlorure qui se colore à l’air en vert , était autrefois employé en peinture , sous le nom de vert de Brunswick. Ce qu’on vend aujourd’hui sous ce nom est du carbonate de cuivre impur.

2 0 B ichlorure ( deutochlorure). Il est anhydre, d’un brun jaunâtre. Par l’action de la chaleur , il perd la moitié de son chlore pour se transformer en protochlorure. Sa dissolution aqueuse est verte quand elle est concentrée , et blanche lorsqu’elle est étendue. Il cristallise en prismes allongés hydratés.

Composition. CuCl ou Cu’CP.

On l'obtient en traitant l’oxyde de cuivre par de l’acide chlorhydrique.

F ER RACÉS. 473

Le brème, Viode et le fluor forment avec le cuivre des composés analogues à ceux que donne le chlore.

Le protobromure et le proto-iodure sont insolubles , et se décomposent dans l’eau comme le protocblorure.

Le deutobromure et le deuto-iodure se convertissent , par la chaleur , en protobromure et en proto-iodure , absolument comme le deutochlorure.

Le phosphore rend le cuivre dur. On connaît environ trois phosphures de cuivre , dont la composition n’a pas été suffisamment déterminée. On les obtient, pour la plupart, à l’aide de la chaleur , par l’action directe du phosphore sur le cuivre.

L'arsenic se combine , comme le phosphore , en plusieurs proportions avec le cuivre. Les arséniures de cuivre se combinent avec les arséniures et les sulfures des autres métaux. La plupart de ces combinaisons existent dans la nature.

Alliages de cuivre.

Le cuivre forme avec les autres métaux , et notamment avec le zinc et l’étain , les alliages les plus importants du commerce. Le zinc peut s’allier avec le cuivre en proportions indéfinies. En faisant fondre ensemble directement -s de cuivre et j de zinc , on obtient le laiton .- mais comme ce laiton n’est pas encore assez sec et qu’il graisse la lime , il faut y ajouter ^ environ de plomb ( alliage de Stolberg ). ®n préparait anciennement cet alliage en faisant fondre ensemble un mélange de cuivre , de cadmie et de charbon. Le laiton a une belle couleur jaune d’or; il est parfaitement ductile, et se laisse bien travailler à la température ordinaire. Mais à la chaleur rouge il devient cassant et ne se laisse plus travailler. Le laiton avec lequel on fabrique des chaudrons , des marmites et d’autres ustensiles, se compose de 70 p. de cuivre et de 30 p. de zinc.

Chrysocale (de xpuroc, or, et xa\6t, beau ). Cet alliage imite la couleur de l’or. Il se fait avec 90 p. de cuivre , 7 , 1 p. de

FERRAGES.

zinc , 1 , 1 p. de plomb, h' alliage de Relier s'obtient avec 91 p. de enivre, 5 à 6 p. de zinc, 1, 2 p. d’étain , et 0, 01 p. de plomb ( les statues deVersaillessont faites avec cet alliage ).

Allié avec X étain , le cuivre donne le bronze , le métal des canons et des cloches. L’étain rend le cuivre dur et lui fait perdre sa couleur.

Les meilleures proportions pour obtenir le bronze employé dans la fabrication des canons , sont 100 p. de cuivre et 11 p. d’étain. Si, au lieu de 11 p. d’étain, on emploie 12, 13 p., etc., l’alliage devient, il est vrai, plus dur, mais il devient aussi plus cassant -, car l’étain tend à se séparer en laissant des fentes et des cavités. Si l’on emploie moins de 11 p. d’étain, l’alliage est trop mou. Le bronze est très-sujet à la liquation , c’est-à-dire qu’il a une grande tendance à se transformer, par la fusion, en deux autres alliages, l’un où le cuivre domine, l’autre où l’étain l’emporte. C’est ainsi que dans le bronze fondu, le jet supérieur contient quelquefois jusqu’à 20 ou2à p. d’étain, au lieu de 10 ou 11, tandis que le jet inférieur contient à peine quelques traces d’étain. Avec 30 p. de cuivre et là p. d’étain on obtient un alliage employé dans la fabrication des miroirs réflecteurs. Le métal des cloches se compose de 80 p. deeuivreetde 20 p. d’étain. Cet alliage, fondu à une chaleur peu élevée, laisse couler l’étain et donne pour résidu une carcasse de cuivre. Quand on le fait fondre dans un four, l’étain se sépare en partie à l’état d’oxyde, etonobtientun alliage plus riche en cuivre et propre à la fabrication des canons. (Pendant la révolution française, on préparait le métal descanonsen faisant fondre, à l’air libre, le métal des cloches.) Le métal des cloches est cassant ; mais il possède une propriété remarquable que les Chinois connaissent depuis longtemps. Cet alliage, rougi et subitement refroidi (en le trempant dans l’eau contenant des sels), au lieu de se durcir, devient trèsmalléable et ductile; de manière qu’on peut le travailler avec la plus grande facilité. Ce même alliage ( métal des cloches), ainsi trempé, devient très-sonore lorsqu’on le recuit dans un

FERRACÉS.

four et qu’on le refroidit lentement. C’est probablement dans cet état que les Chinois et les Turcs l’emploient pour en fabriquer des cymbales , des tam-tams , etc. , qu’on fabrique aujourd’hui dans tous les pays de l’Europe.

La trempe des alliages de cuivre et d’étain était probablement connue des anciens Grecs et Romains. La plupart des instruments que nous fabriquons aujourd’hui avec le fer et l’acier , les anciens les fabriquaient avec le bronze ou avec des alliages de cuivre et de zinc.

Le cuivre existe comme alliage dans l’or et l’argent des bijoutiers, et dans l’or et l’argent monnayés (t >oy. ces métaux). Il forme avec le platine un alliage qui imite la couleur , la densité et jusqu’à un certain point Tinoxydabiiité de l'or.

Sels de bioxyde de cuivre. (CuO,A).

Caractères généraux. Ce sont les sels de cuivre par excellence.

Ils sont colorés en blanc ou en vert. A l’état anhydre, ils sont d’un blanc sale. Leur saveur est astringente , styptique, extrêmement désagréable , et persiste longtemps dans la bouche. Ces sels sont tous vénéneux (1). Ils ont une réaction légèrement acide. Partout où le cuivre se trouve en contact avec des acides végétaux ou minéraux, faibles ou puissants, il peut y avoir formation d’un sel de cuivre vénéneux (2).

1® La potasse ou la soude produisent, dans les sels de cuivre, un précipité blanc verdâtre qui est un sous-sel si l’alcali n’est pas employé en excès. Ce précipité devient brun par l’ébullition (oxyde déshydraté).

(i) On propose comme contre-poison des sels de cuivre , la limaille de fer délayée dans du miel.

(a) Cependant le sucre jouit de la propriété d'empêcher l’oxydation et conséquemment la formation d'un sel de cuivre. Il ne se forme jamais de vertde-gris dans les chaudières dont on se sert dans les fabriques du sucre de betteraves.

FERKACÉS.

2° L’ammoniaque en petite quantité produit le même précipité ; mais un excès d’ammoniaque le dissout (sel double) , et celte dissolution est d’un beau bleu céleste et douée d’une grande puissance tinctoriale : il suffit d’une très-petite quantité pour colorer une énorme quantité d’eau. Le nickel se comporte, sous ce rapport, comme le cuivre; mais le bleu céleste du nickel a une légère teinte purpurine.

3° L’acide sulfhydrique précipite les sels de cuivre en brun marron. Le précipité est complet, lors même que le sel est acide : c’est ce qui permet de séparer les sels de cuivre des sels de fer et des sels de zinc.

4° Le cyanoferrure de potassium les précipite en brun foncé.

5° Le fer, le zinc et le cadmium précipitent le cuivre de ses dissolutions. Le zinc le précipite sous forme de poudre noire qui ne prend l’éclat et la couleur du cuivre que par le frottement, tandis que le fer précipite le cuivre avec sa couleur ordinaire. Le précipité par le fer est complet si la dissolution cuivreuse est un sulfate ou un chlorure ; le précipité est , au contraire, incomplet , si la dissolution est un azotate de cuivre ; car alors le cuivre qui se dépose s’oxyde en partie et donne un résultat inexact.

6° Fondus au chalumeau avec le borax, les sels de cuivre donnent un verre vert à la flamme extérieure, et rouge à la flamme intérieure.

Étude des espèces.

Sulfate de cuivre ( vitriol bleu , couperose bleue , vitriol de Chypre). Il cristallise en parallélipipèdes à base oblique, contenant 5 équivalents d’eau. Tant qu’il contient de l’eau il est coloré en bleu. Déshydraté par l'effet de la calcination , il est blanc et se colore aussitôt en bleu par l’addition de l’eau. Exposé à l’air il s’effieurit en perdant une partie de son eau de cristallisation. A une température élevée , il se décompose en acide sulfureux et en oxygène qui se dégagent (2 volumes d’acide sulfureux pour t vol. d’oxygène) , et en bioxyde de cuivre qui reste. Le sulfate de cuivre du commerce contient

FEBRACÉS.

presque toujours du sulfate de fer ; or, ce sulfate ferrugineux ne peut être employé en teinture sur papier, car il donne une couleur moins belle et peu stable : elle s'altère et tire sur le jaune d’ocre. Il y a donc grand intérêt à séparer le fer du cuivre. Or, le protoxyde de cuivre étant isomorphe avec le protoxyde de fer, il est impossible de les séparer dans cet état l’un de l’autre ; et le protoxyde de fer est une base qui neutralise les acides aussi bien que le fait le protoxyde de cuivre ; donc l’un ne peut pas éliminer l’autre. Il en est de même pour l’oxyde de zinc. Mais le fer peut se suroxyder , et comme à l’état de peroxyde ( Fe’ O* ) il cesse d’être isomorphe avec l’oxyde de cuivre , et qu’il neutralise alors beaucoup moins bien les acides, il est facile de séparer le fer du cuivre par la suroxydation.

Composition. CuO , S*0, + 5HO =* 1 équiv. de sulfate de cuivre cristallisé.

On le prépare en traitant le cuivre métallique par l’acide sulfurique bouillant. Lorsqu’on mouille une lame de cuivre avec l'acide sulfurique étendu d’eau , on détermine une prompte absorption de l’oxygène ; le cuivre s’oxyde et se sulfatise. Ce moyen peut être employé dans les arts. Ce qui est ici vrai pour le cuivre , est vrai pour tous les métaux , excepté les métaux nobles ; car toutes les fois qu’un métal est mouillé par un acide étendu cCeau , il absorbe l’oxygène de l’air et se transforme en un sous-sel ou en un sel neutre.

Dans les arts on prépare le sulfate de cuivre en chauffant du cuivre avec du soufre et en arrosant avec de l’eau , au contact de l’air, le sulfure qui en résulte. Dans ces circonstances , tout le sulfure finit par se changer en sulfate qu’on enlève par le lavage. On évapore la dissolution [eau de vitriol ) et le sel se dépose sous forme de cristaux bleus. Lorsque l’eau de vitriol contient une trop grande quantité de fer , on ne l’emploie que pour en extraire le cuivre de cémentation [Cement-hupfer) . A cet effet , on y plonge des barres de fer sur lesquelles le cuivre ne tarde pas à se déposer dans un état de

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pureté parfaite. C’est ainsi qu’on obtient , en Suède et en Hongrie, le cuivre de cémentation.

Usages. Le sulfate de cuivre est employé dans la teinture sur papier. On s’en sert quelquefois en médecine dans le traitement de l’épilepsie , de la chorée , etc. Il suffit d une quantité minime de sulfate de zinc ou de cuivre pour rendre à la farine avariée des propriétés que les boulangers recherchent dans la panification.

En décomposant incomplètement le sulfate de cuivre par la potasse, il se forme un sous-sel vert , pulvérulent ( sulfate de cuivre tribasique ). Ce sulfate se rencontre dans la nature (au Mexique).

Carbonates. Lorsqu’on verse dans un sel de cuivre soluble un carbonate alcalin neutre , on obtient un précipité de souscarbonate de cuivre. Dans cette action il se dégage un peu d’acide carbonique , le précipité diminue peu à peu de volume, ses molécules s’agrègent en passant du bleu au vert. Le souscarbonate se compose de 2 équiv. de bioxyde de cuivre , de 1 équival. d’acide carbonique et de 1 équiv. d’eau. C’est donc un carbonate bibasique. C’est le 6eul carbonate de cuivre que nous puissions préparer dans nos laboratoires. En admettant que 1 équival. d’eau puisse remplacer 1 équival. d’acide carbonique , on peut considérer ce carbonate comme formé de

1 équiv. de carbonate neutre et de 1 équiv. d’hydrate d’oxyde de cuivre (CuO , CO’ + CuO, HO). Cette combinaison existe dans la nature sous le nom de malachite. Ce sel devient noir par l’ébullition ; il se sépare un peu d’oxyde brun de cuivre. Il existe dans la nature une autre variété de carbonate basique de cuivre ; il se compose de 3 équiv. d’oxyde , de

2 équiv. d’acide et de 1 équiv. d’eau. C’est lui qui colore les cendres bleues et les os fossiles appelés turquoises. Les cendres bleues (employées dans la teinture du papier ) sont fabriquées depuis longtemps en Angleterre. Ces cendres contiennent une certaine quantité de sulfate de chaux.

Azotate. Il cristalliseen prismes quadrangulaires, hydratés

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FEKRACÉS.

et déliquescents. A la chaleur , il se concentre , et devient d’un beau vert ( sous-azotate ). A une chaleur plus élevée il se convertit en bioxyde de cuivre brun.

Phosphate. Obtenu par voie de double décomposition , il est d’un vert bleuâtre. Par la calcination , il perd de l’eau , sans changer de couleur. Il est très-peu soluble dans l’eau , et soluble dans un excès d'acide. Sa composition est : 3 CuO , Ph’O*; c’est donc un sesqui-phosphate. Il y a plusieurs variétés de phosphates qui existent dans la nature.

L’arséniate de cuivre est analogue au phosphate.

Arsènite. On l’obtient par voie de double décomposition, en précipitant un sel de cuivre par l’arsénite de potasse. Il est d’un beau vert-pré, connu sous le nom de vert de Scheele. Le mode de préparation et la température ont quelque influence sur sa coloration. Il est fréquemment employé en peinture.

Sels de protoxyde de cuivre.

Caractères généraux . Ces sels sont mal connus, incristallisables, à proportions généralement mal définies, de sorte qu’on en peut , jusqu’à un certain point , nier l’existence. Ils sont tous insolubles , ou du moins très-peu solubles dans l’eau. Ils sont solubles dans l’ammoniaque et dans l’acide chlorhydrique. Us sont différemment colorés et peu stables.

1° La potasse ou la soude y forment un précipité couleur de foie, insoluble dans un excès de précipitant.

2° L’ammoniaque donne le même précipité qui se dissout dans un excès de précipitant. La dissolution n'est point colorée et reste longtemps sans se colorer si l’on évite le contact de l’air. Au contact de l’air, la dissolution se colore peu à peu et finit par se changer en bleu céleste.

Sulfite. Anhydre, il est blanc ; hydraté , il est d’un beau rouge, insoluble dans l’eau. Lorsqu’on traite du bioxyde de cuivre par l’acide sulfurique , on obtient du sulfate de

FERRACÉS.

cuivre soluble et du sulfite qui reste insoluble au fond de la dissolution , sous forme d’une belle matière rouge. Dans cette action , une portion de l’acide sulfureux devient acide sulfurique en ramenant une partie du bioxyde de cuivre à l’état de protoxyde , lequel protoxyde produit , avec la portion d’acide sulfureux qui ne s’est pas suroxydée , un sulfite de protoxyde de cuivre insoluble.

Le protoxyde traité par l’acide sulfurique ne donne que du sulfate de bioxyde et du cuivre métallique.

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UYDUARGÏJUCES.

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