‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 57 sur 84 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

SfKOSYMIS- Argent vif , aigenturn vivum t hydrargyre , hydrargyrum , tjuicksUvcr ( angl. ), Quecksilbcr (allem ).

Propiiétés physiques. Le mercure est le seul métal qui soit liquide à la température ordinaire. Il est d’un blanc d’argent très-pur. Versé sur une surface solide, il coule en globules arrondis et bien nets , s’il est pur. Si le mercure est impur , et qu'il contienne des traces d’oxyde , ces globules , au lieu d’être nets et arrondis , sont allongés ; ils font queue , comme on dit vulgairement. A l’état pulvérulent ou de division extrême , le mercure est gris. Il est insipide et inodore. A — 40° , il se solidifie ; et il bout à 360°. Sa densité est 13,599 à (F. Il pèse environ 10,000 fois plus que l’air. A l’état solide , il a la malléabilité , la ductilité et la ténacité du plomb (2). Comme les autres métaux , il conduit bien la chaleur, pour laquelle il a peu de capacité. Le mercure est le

(î) Hydrargyre signifie littéralement eau-argent , argent coulant , cle uSmf , eau » et ci pyvpoç , argent.

(2) Voy. Voyages de Parry dans les régions polaires,

inDIUKGYRACJÎS.

plus dilatable des métaux ; sa dilatation est régulière. De 0»à 100°, il se dilate de 0,0181018 de son volume. Quoique liquide , il mouille un très-petit nombre de corps , comme l’or , le cuivre , l’étain ; car amalgamer est en quelque sorte synonyme de mouiller. Comme tous les liquides , le mercure donne déjà des vapeurs à 0° et même au-dessous : une lame d’or suspendue sur une cuve à mercure blanchit à une température très-basse {Faraday).

Par l’intervention de l’eau , on peut distiller le mercure à 100° , c’est-à-dire bien au-dessous de la température de son ébullition. (L’iode, le soufre et beaucoup d’autres corps sont entraînés par la vapeur d’eau à une température bien inférieure à la température d’ébullition de ces corps.) Il est important de tenir compte de cette circonstance dans les analyses. La vapeur de mercure est incolore et d’une densité égale à 6,976 {Dumas). Cette vapeur est très - préjudiciable à la santé. Elle cause un tremblement particulier dans tout le corps , et principalement dans les membres ( tremblement mercuriel) { 1). Absorbé à l’état de vapeur, le mercure donne rarement lieu à la salivation.

Propriétés chimiques. Le mercure est à peu près inaltérable à l’air. Il faut le chauffer longtemps au contact de l’air pour qu’il s’oxyde en absorbant l’oxygène de l’air. « Si la découverte de l’oxydation du mercure à l’air était encore à faire, elle ne serait probablement pas faite aujourd'hui. Les anciens avaient une qualité précieuse qui manque aux hommes de nos jours : cette qualité était la persévérance. » (Gay- Lussac.)Les anciens chimistes avaient la persévérance demain-

(1) L'inccndie des mines de mercure d'Idria , le n mai i8o3 , fournit un exemple remarquable de l'action que les vapeurs de mercure exercent sur l’économie. Les ouvriers qui travaillaient alors dans les mines , étaient au nombre de i3oo. Neuf cents d’entre eux furent saisis d'un tremblement continuel qui les fatiguait surtout la nuit et les rendait incapables detont travail. Les autres quatre cent* traînèrent pendant !c reste de leur vie une santé misérable et chancelante.

HYDRARGYIUCÉS.

tenir les métaux ou d’autres corps exposés à des températures élevées, non pas pendant des heures, mais pendant des semaines, pendant des mois et des années.

Le mercure se convertit, par une longue agitation, en qnc poudre noire qui n’est autre chose que du mercure très-divisé. Si le mercure est impur, la poudre noire qu’on obtient se compose des corps étrangers oxydés , mêlés à du mercure métallique très -divisé. (On fait l’expérience en attachant à l’aile d’un moulin à vent un flacon contenant du mercure.) Le mercure mêlé avec de la graisse (onguent napolitain) n’est point du mercure oxydé, mais du mercure très-divisé.

Action des acides. L’acide azotique étendu attaque le mercure à froid et le change en protoxyde qui se dissout dans la portion d’acide non décomposée (azotate de protoxyde de mercure). A chaud, l'acide azotique le change en peroxyde, à moins que le mercure ne soiten excès; danscc cas, le mercure s’oxyde au minimum. L'acide sulfurique faible n’agit pas sensiblement sur le mercure. Concentré et à chaud, il l’attaque avec dégagement d'acide sulfureux : si i’acide est eu excès , il se forme un sulfate de protoxyde ; si le mercure est en excès, il se forme un sulfate de peroxyde de mercure. L’acide chlorhydrique est sans action sur le mercure. En dissolvant à chaud 1 p. de mercure dans 12 p. d'acide azotique à 34°, en ajoutant à la dissolution chaude 2 p. d’alcool à 36°, et en continuant de chauffer le tout pendant quelque temps, on obtient un dépôt de poudre blanche cristalline qui détonne fortement par la chaleur, par le choc et par le contact de l’acide sulfurique ('fulminate de mercure , mercure fulminant). Le mercure s’allie avec un grand nombre de métaux. Ces alliages portent le nom d 'amalgames.

État. Le mercure n’existe pas très-abondamment dans la nature. Les pays de l’Europe qui en fournissent le plus sont l’Espagne, la Carinthie, l’Istrie et la Bavière. On trouve de riches rames de mercure au Pérou et au Japon. On rencontre

HYDRARGYRACES.

le mercure principalement dans les grés et dans les calcaires jurassiques superposés au terrain houiller. Les principales espèces minérales sont :

1° Le sulfure (cinabre). Il est d’un rouge foncé, presque noir; d’autres fois il est d’un beau rouge de cochenille. Il est tendre et cassant. Sa cassure est lamelleuse dans un sens et grenue dans les autres sens. Il est ordinairement disséminé dans les schistes argilo-bitumineux et accompagné de pyrites de fer et de cuivre. On l’exploite à Idria en Carinthie. On rencontre à Calebraz (Mexique) des sulfures de mercure zincifères (Del Rio).

2° Le séléniure combiné avec le séléniure de plomb est d'un gris de plomb , quelquefois irisé à sa surface. 11 est lamelleux. Il a été découvert au Harz.

3® Le protochlorure existe en petits grains cristallins disséminés dans les minerais de cinabre. Il est très-rare.

Le mercure natif (métallique) se trouve disséminé en gouttelettes dans des pyrites ou dans des masses de cinabre. On le rencontre, aux environs d Idria, en quantités exploitables.

Préparation. C’est du sulfure qu’on extrait principalement le mercure. A cet effet, on calcine le cinabre avec de la limaille de fer ou avec de la chaux : il se produit un sulfure de fer ou de calcium, et le mercure, étautY'olatil, se dégage. EnEspagne (à Almaden) on grille le cinabre : il se dégage de l'acide sulfureux et l’oxyde de mercure qui se forme est réduit à une température élevée. On fait passer les vapeurs mercurielles, par des tuyaux très-longs , dans un réservoir commun où elles se condensent par le refroidissement. On purifie le mercure du commerce par de nouvelles distillations. Mais, comme en se volatilisant le mercure entraîne des traces de métaux étrangers, il est difficile de le purifier par la distillation. On le débarrasse des corps auxquels il se trouve mécaniquement mêlé, en le faisant passer, par la pression, à travers les pores d’une toile serrée ou d’une peau de chamois.

VA DR ABGVfi ACES.

Composés oxygénés.

Il existe deux degrés d'oxydation du mercure, le protoxyde et le bioxyde. L’un et l’autre oxydes peuvent jouer le rôle de base.

1" Protoxyde. Il est noir, pulvérulent et très-peu stable. L’eau bouillante et même la lumière du jour suffisent pour le décomposer en peroxyde et en mercure métallique. Il se combine très-bien avec les acides. On l'obtient en versant un excès d'alcali caustique dans une dissolution de sel de mercure au minimum. (Si l’on n'emplovait pas un excès d'alcali , le précipité serait un sous-sel.) Quand on dessèche ce précipité dans l’obscurité et qu'on le frotte avec les doigts, on y distingue, à la loupe, de petits globules de mercure. Traité par l’acide chlorhydrique, ce même précipité se transforme en perchlorure (chloride) correspondant au peroxyde, et en mercure métallique. Comme le protoxyde est peu stable, on évalue l’équivalent du mercure d’après la composition du peroxyde, qui, pour la même quantité de mercure, contient le double de l’oxygène «lu protoxyde : conséquemment le protoxyde contient la moitié de l’oxygène du peroxyde.

Formule du protoxyde de mercure Hg?0, analogue à celle du protoxyde de cuivre (Cu’O).

2“ Peroxyde ( oxyde rouge , précipité per se). Sa couleur varie, suivant le degré de calcination, depuis le jaune orange jusqu’au rouge brique. 11 a une saveur métallique fort désagréable. Il est un peu soluble dans l’eau , et sa dissolution aqueuse verdit légèrement le sirop de violettes. La lumière le décompose à la longue et le réduit à l’état métallique. Soumis à la chaleur rouge, le peroxyde de mercure se colore d’abord en brun d'une manière passagère, et laisse ensuite dégager son oxygène ; le mercure se réduit à l'état métallique sans passer par l’état intermédiaire de protoxyde. Il est jaune à l’état d’hydrate , et perd son eau à une chaleur très-basse,

jnnRAROY RACÉS.

on prenant une couleur rouge. Le peroxyde de mercure ne forme pas , avec les acides , des composés aussi stables que ceux que produit le protoxyde. En général les peroxydes sont des bases faibles : plus un métal s’oxyde, plus il perd de sa propriété de base.

Composition. HgO = 1265, 122 ( Hg ),

1365, 122 —i éq. de bioxyde HgO.

Préparation. On peut obtenir le peroxyde de mercure en chauffant le mercure longtemps à l’air. L’oxyde ainsi formé s’appelait autrefois chaux métallique. Pour avoir le peroxyde de mercure parfaitement pur, il faut chauffer modérément l’azotate , de manière à ne décomposer que l’acide azotique. Car si la chaleur dépasse 400° , l’oxyde lui-même se décompose. D’un autre côté, si l’on ne chauffe pas assez , l’oxyde sera impur, car tout l’acide azotique n’aura pas été éliminé. Dans ce dernier cas, on enlève l’acide par un peu d’alcali. Quoi qu’il en soit , il faut se défier de la pureté de cet oxyde , lorsqu’on veut l’employer dans les analyses des substances organiques.

( Gay-Lussac. )

Composés sulfurés.

Il y a deux sulfures correspondant aux deux oxydes :

1° Le protosulfure est, comme le protoxyde , très-peu stable. Dès qu’on cherche à l’isoler , il se décompose en persulfure et en mercure. Il se dissout dans les sulfures alcalins, avec lequel il parait former des sulfosels.

Composition. Hg’S. analogue à celle du protoxyde (Hg’O).

On l’obtient en précipitant un sel de mercure au minimum, par l’hydrogène sulfuré.

2° Le persulfure ( sulfi.de , deutosulfure , cinabre , vermillon). Lorsqu’on fait tomber le mercure en poudre fine sur du soufre fondu, on obtient une matière noire , connue autrefois sous le nom d’æthiops minéral , qui correspond par sa composition à l’oxyde rouge de mercure. Il se compose de 1 éq. de

tlYDR XflGVmrKS.

mercure et <ie 1 éq. de soufre ; Je là, sa formule = HgS. Celle môme matière (persulfure) , chauffée dans des vases fermés, se volatilise sans s’altérer; le produit de la sublimation est /ouge ( cinabre). On aurait peine à croire que ces deux corps sont identiques, si l’on ne savait pas qu’ils sont constitués exactement des mômes éléments , de la même quantité de soufre «t de la même quantité de mercure (isoméric). En triturant longtemps ensemble du mercure , du soufre et de la potasse , on obtient immédiatement le vermillon.

Le persulfure de mercure se rencontre dans la nature , en masses compactes et cristallisées. Sa couleur est variable et dépend le plus souvent de son état d’agrégation moléculaire. Il se volatilise sans se fondre, et cristallise, par le refroidissement, en prismes hexaèdres. Chauffé au contact de l’air, il dégage de l’acide sulfureux et du mercure métallique. Il est réduit par un grand nombre de métaux , et particulièrement par le fer. II se combine avec beaucoup d'autres sulfures pour former des sulfosels , dans lesquels il parait faire fonction de sulfacide.

Le vermillon est employé en peinture et quelquefois en médecine.

Le sélénium et probablement le tellure donnent avec le mercure des composés analogues à ceux que produit le soufre.

Composés chlorés.

Le chlore forme avec le mercure deux chlorures correspondant exactement , par leur composition , aux deux oxydes.

1° Protochlorure ( caloniélas , mercure doux , panacée mercurielle , précipité blanc). Il est blanc, et prend une teinte légèrement grisâtre à l’air, en se transformant probablement en perchlorurc et en mercure métallique. Il noircit assez promptement à la lumière. Il est volatil et presque insoluble dans l’eau. Il faut 1200 p. d’eau pour dissoudre

TIYDRARCYRACÉS.

1 partie de calomélas. Le eltlore le dissout en le changeant en perchiorure. Aucun métal ne le décompose à la température ordinaire et à sec.

Composition. IIgsCI, analogue à celle du protoxyde (Hg'O).

Préparation. On obtient le protochlorure de mercure de plusieurs manières : 1° Par la voie humide : à cet effet, on précipite l’azotate de mercure au minimum par du sel marin. Si l’azotate employé contient un peu de sel de peroxyde, il se produira en même temps du perchiorure de mercure soluble. 2° Par la sublimation ( voie sèche ) : on calcine ensemble un mélange de 6 parties de sulfate de protoxyde de mercure et 4 parties de sel marin. Les vapeurs de protochlorure se condensent dans le col delà cornue , sous forme de prismes à quatre pans, anhydres. Le verre du vase et les cristaux qui s’y trouvent, s’électrisent en sens opposé (le verre s’électrise vitreusement et le mercure résineuscment ). On obtient le protochlorure de mercure également par la voie sèche , en chauffant ensemble 4 p. de sublimé corrosif et 3 p. de mercure. Les vapeurs de protochlorure se condensent sous forme de poudre blanche , dans un récipient contenant de l’eau.

Le protochlorure est fréquemment employé eu médecine , et principalement en Angleterre. Il agitconimc purgatif.

2° Perchiorure (chloride, bichlorure, sublimé corrosif). Il est d’un blanc de satin et demi-transparent. Il cristallise en aiguilles ou en prismes quadrangulaires anhydres. Il est soluble dans l’eau; il faut 20 parties d’eau froide et 3 parlies seulement d’eau bouillante pour dissoudre 1 partie de sublimé corrosif ; il est également soluble dans l’alcool. Sa saveur est très-désagréable et persiste pendant fort longtemps. Il rougit la teinture de tournesol. Il est beaucoup plus volatil que le prolochlorure. Trituré avec le mercure , il se convertit en protochlorure. Quand on plonge à la fois plusieurs lames de différents métaux (étain, bismuth et antimoine) dans une dissolution de sublimé corrosif, on remarque que celui-ci

HYORARCYRACÉS.

attaque tes métaux successivement , chacun dans son ordre «l’affinité pour le chlore. Ainsi l’étain est attaqué le premier, puis le bismuth , et en dernier lieu l’antimoine. Le cuivre , le zinc et le fer sont attaqués à peu près simultanément. Les alcalis caustiques , versés en petite quantité dans une dissolution aqueuse de perchlorure de mercure , produisent un précipité blanc qui est un oxychlorure. L’hydrogène sulfuré , employé sans excès , y forme un précipité blanc grisâtre ( sulfochlorure).

Le perchlorure de mercure se combine très-bien avec les chlorures alcalins et certains chlorures métalliques , pour former des chlorosels (chlorures doubles) parfaitement cristatlisables, dans lesquels le perchlorure de mercure fait fonction d’acide ( chloracide ).

Composition. Hg Cl, ou HgCl*, analogue à celle du peroxyde ( HgO ).

Préparation. Lorsqu’on traite le peroxyde de mercure par l’acide chlorhydrique ou par l'eau régale, on obtient le perchlorure que l’on fait cristalliser par évaporation. Ce procédé est rarement employé. On préfère préparer le sublimé corrosif, par la voie sèche , en calcinant parties égales de sulfate de mercure au maximum et de sel marin. Le perchlorure se sublime et se condense sous forme de cristaux octaédriques.

Usages. Le sublimé corrosif est un poison énergique. Il est employé dans le traitement des maladies syphilitiques. Les individus qui ont fait un usage longtemps continué de ce remède, contiennent , dit-on , du mercurejusque dans le sang et dans la substance des tissus. Les expériences qu’on a faites à cet égard , comportent peu d'exactitude ; elles sont par conséquent peu concluantes. — Le sublimé corrosif est encore quelquefois employé pour conserver des cadavres et des pièces d’anatomie ; mais comme le sulfate d’alumine peut , sous ce rapport , remplacer parfaitement le sublimé corrosif (sur lequel il a, en outre, l’avantage d’étre moins cher), il est à croire

que le sulfate d'alumine deviendra bientôt d on usage général. L’albumine (blanc d’œuf) est le contre-poison du sublimé corrosif, non parce qu'il transforme celui-ci en calomélas insoluble, mais parce que l’albumine forme, en se coagulant, une enveloppe protectrice qui s’oppose en partie à l’action délétère du percblorure de mercure.

L’iode , comme le chlore , forme , avec le mercure , deux composés correspondants aux chlorures.

Pi otoiodurc. Il est d’un vert foncé , insoluble dans l’eau.

On l’obtient par des procédés tout à fait analogues à ceux par lesquels on obtient le protochlorure. En précipitant un protosel de mercure par un iodure alcalin , on l’obtient à l'état d’hydrate. Sa composition estHg’I, analogue à celle du protochlorure ( Hg’CI).

Periodure ( iodidc , biiodure). Il est d un beau rouge et se volatilise en vapeurs jaunâtres qui se condensent, par le refroidissement , sous forme de lames rhomboïdales. Comme il est un peu moins soluble que le percblorure, on peut l’obtenir par voie de précipitation. Sa composition est Hgl , analogue â colle du percblorure (Hg Cl).

Les iodures peuvent servir aux mêmes usages que les chlorures; le premier peut remplacer le calomélas, et le dernier le sublimé corrosif.

Le prétendu sesquiiodure n’est qu’un iodure intermédiaire, composé de 1 équiv. de protoiodure et del équiv. de periodure. Il est jaune.

Le brome forme , avec le mercure , des bromures qui ont encore plus d’analogie avec les chlorures , que les iodures.

Le fluor se comporte comme le chlore.

Le phosphore et Y arsenic produisent avec le mercure des composés noirs, fusibles, et décomposables par la chaleur.

HYDRARGYRACKS.

Alliages ( amalgames ) (1).

Ils sont tous décomposables par la chaleur. Le mercure entraîne , en se volatilisant , une certaine quantité du métal avec lequel il se trouve amalgamé ; et à son tour le métal fixe qui reste retient des traces de mercure qu’il abandonne difficilement , quelque forte que soit la chaleur.

Étain. Le mercure s'amalgame très-facilementavec l'étain. Le tain est un amalgame employé dans la fabrication des glaces. A cet effet , on verse du mercure sur une feuille d'étain étendue horizontalement; l’on y applique ensuite le verre dont on veut faire une glace. L’amalgame d elain adhère à la surface du verre qui se trouve en contact avec lui , l’autre surface restant libre. Cet amalgame se compose d’environ 3 parties de mercure et de 1 partie d’étain. Il y a , en général, contraction dans les amalgames d'étain.

Zinc. En versant 2 { part, de mercure sur 1 partie de zinc chauffé , on obtient un amalgame qui , réduit en poudre , sert à frotter les coussins des machines électriques.

Bismuth. Ce métal se combine très-facilement avec le mercure, dans lequel il semble se dissoudre. L’amalgame qui se produit est susceptible de cristalliser.

Plomb. Le mercure peut dissoudre jusqu’à la moitié de son poids de plomb , sans perdre sa liquidité. Dans cet état , il tache les doigts et fait queue.

Des tiges d’or, d argent, de plomb, d’ étain, d ezinc , plongées dans du mercure, se recouvrent., au bout d’un certain temps , de cristaux d’amalgame (Daniel).

Le mercure , mis en contact avec le sodium et une dissolution de sel ammoniac , se gonfle énormément ; il décuple au moins son volume , en même temps qu’il se change en une masse bulyrcusc qui , exposée à l’air , revient à l’état de mercure métallique, en dégageant de l’ammoniaque. Cette

(i) Amalgame, dérive de deux mots çrrecs: «.««, ensemble; yauiïi, se marier.

1IYDRARGYRACÉS.

espèce d'amalgame , appelé par quelques chimistes hydrure ammoniacal de mercure et de sodium , est probablement un amalgame de mercure et d’ammonium , qui , étant peu stable, se décompose à l’air en ammoniaque et en mercure (1).

A. Sels de protoxyde de mercure ( sels au minimum).

Les sels solubles sont incolores; la plupart des sels insolubles sont d’un blanc jaunâtre. Ils ont une saveur styptique , trèsdésagréable , et se changent facilement en sels de peroxyde. Ils sont un peu moins vénéneux que les sels de peroxyde.

1° Les alcalis les précipitent en noir (protoxyde qui se convertit presque aussitôt en peroxyde et en mercure métallique). On fait jaillir de ce précipité des globules métalliques lorsqu’on le comprime fortement dans un linge.

2° L’acide sulfhydrique en excès les précipite en noir; si le réactif est employé en petite quantité , le précipité est blanc.

3° Le cyanoferrure de potassium les précipite en blanc.

4° L’acide chlorhydrique et les chlorures solublesy forment un précipité blanc très-peu soluble (calomélas).

5° Une lame de cuivre blanchit étant plongée dans une dissolution mercurielle. Calcinés dans un alcali ou avec toute autre base , les sels de mercure donnent , par la distillation , du mercure métallique ( excellent caractère).

Espèces.

Azotate. En traitant du mercure en excès par l’acide azotique faible , on obtient, par évaporation , 1 azotate neutre, cristallisé en aiguilles. Celui-ci se décompose dans l’eau en azotate basique (sous-azotate) blanc , insoluble et composé de 2 éq. de base et de 1 éq. d’acide, et en azotate acide qui reste en dissolution. Ce dernier est un caustique souvent employé dans le traitement des ulcères syphilitiques. On le connaissait

(î) Les alchimistes auraient probablement fondé sur cet amalgame, s’ils l’avaient conuu , les plus grandes espérances pour arriver à la découverte de la transformation des métaux vils en métaux nobles.

HYDRARGYRACES.

autrefois SOUS le nom d eau mercurielle , de remède du capucin , de remède du duc d' An tin. L’azotate de mercure donne par l’ammoniaque un précipité grisâtre , qui est un sous-sel à base de mercure et d’ammoniaque , si le précipitant n’est pas employé en excès. Ce sous-sel a été appelé mercure soluble de Halincmann. L’azotate précipité par l'acide chlorhydrique donne du protochlorure de mercure insoluble et de l’acide azotique qui reste en dissolution. Or, si la liqueur est peu étendue et que l’acide chlorhydrique soit en excès , une grande partie du précipité, sinon la totalité , peut rentrer en dissolution; car l’acide chlorhydrique, formant avec l’acide azotique de l’eau régale, peut faire passer le protochlorure à l’étalde perchlorure soluble. C’est là uue circonstance importante dont il faut tenir compte dans les analyses.

Sulfate. En traitant le mercure par l’acide sulfurique étendu , on obtient le sulfate cristallisé en petits cristaux prismatiques. II est soluble dans l’eau , et ne s’y décompose point, comme l’azotate , en sous-sel insoluble et en sous-sel soluble. Cette décomposition n’a lieu qu’avec ie sulfate de peroxyde de mercure.

B. Sels de peroxyde de mercure ( sels au maximum).

Les sels solubles sont incolores. Quelques sels insolubles sont jaunes. Ils sont très-vénéneux , surtout lorsqu’ils sont solubles.

Ils ont uue saveur métallique fort désagréable. Ils ont tous une réaction acide et de la tendance à se transformer dans l’eau en sels basiques peu solubles et en sels acides trèssolubles ; ce qui prouve que le peroxyde de mercure est une base faible , comme en général tous les peroxydes.

l°LesaIcaIis les précipitent en jaune ( peroxyde hydraté). Lorsque la liqueur contient de l’ammoniaque, le précipité est blanc.

2° L’acide sulfhydrique les précipite d’abord en blanc ; en continuant d’y verser de l’acide sulfhydrique , le précipité devient jaune , rouge , et finit par devenir noir. Le précipité

nYORAKGïRACÉS.

blanc ou jaune est un sel double formé de sulfure et de sel de peroxyde de mercure. Le précipité noir est le persulfure de mercure.

3° L’acide chlorhydrique et les chlorures solubles n’y donnent point de précipité , le perchlorure de mercure étant soluble.

4° Des lames d'or, de cuivre, de fer et de zinc sont blanchies dans une dissolution de sel de mercure au maximum , tout comme dans une dissolution de sel mercuriel au minimum.

Tous les sels de mercure sont détruits par la chaleur , et donnent , par la calcination avec un alcali, du mercure métallique qui , après s’être volatilisé , se dépose sous forme de petites gouttelettes sur les corps froids qu’il rencontre. Il est inutile d’ajouter du charbon à l’alcali , car l'oxyde de mercure se réduit spontanément à la chaleur rouge.

Especes .

Azotates. L’azotate neutre , obtenu en traitant du mercure en excès par l’acide azotique bouillant, est incristallisablc. Il a une réaction acide et ne porte pas les caractères d’un véritable sel. Dans l’eau froide , il se partage en sel acicle très-soluble , et en sous-sel blanc peu soluble. Dans l’eau bouillante, le sous-sel qui se précipite est jaune; il était autrefois connu sous le nom de turbith nitreux. Le sousazotate est susceptible de cristalliser. Il donne , par la calcination , du peroxyde qui , au lieu d’être coloré en beau rouge , est coloré en jaune sale , quoiqu’il soit très-pur.

Sulfates. Le sulfate neutre s’obtient en traitant 3 parties de mercure par 2 parties d’acide sulfurique concentré. Il est soluble dans les acides sulfurique et azotique. Mis dans l’eau , il se partage en sulfate acide très-soluble , et en soussulfate jaune peu soluble. Ce dernier est connu sous le nom de turbith minéral , du nom d’une plante ( convolvulacée ) qui porte le nom de turbeth et à laquelle ou attribuait des pro-

HYDIIAHGÏRACLS.

priétés analogues à celles du sulfate basique de mercure. Ce sous-sulfate est un sel tribasique , composé de 3 éq. de peroxyde et de 1 éq. d’acide (3HgO,S03). Le sulfate acide n’est pas trouble par l’ammoniaque (5e/ double soluble). Le sulfate neutre donne , avec l’ammoniaque, un sous-sel double peu soluble , qui , étant desséché , fond sur les charbons ardents.

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