‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 58 sur 84 · BISMUTH · texte numérisé non relu

BISMUTH

Sysonïme. ÎVismutli ( allem. ).

Propriétés physiques. Le bismuth est un métal d’un blanc tirant sur le rouge. Il est cassant, insipide et inodore. Son poids spécifique est 9,822. Sa structure est laruelleuse. Le bismuth est, de tous les métaux, celui qui cristallise le plus facilement : il cristallise en trémies pyramidales qui dérivent du cube. A l’état de pureté il est un peu ductile , et lorsqu’on le ploie , il fait entendre un cri semblable au cri de l’étain ( Chaudet ). Il fond à la température de2i7'> : on peut le couler sur du papier. Il est volatil à une température élevée ; cependant il ne l’est pas assez pour qu’on puisse le distiller.

Propriétés chimiques. Le bismuth se ternit à l’air humide et se recouvre d’une pellicule d’un brun rougeâtre. Par le grillage il se change en une poudre brunâtre ( cendres de bismuth) qui parait être un mélange de protoxyde et de bismuth métallique. A la chaleur rouge, il brûle, au contact de l’air, avec une légère flamme bleue, en répandant des vapeurs jaunes. Il ne décompose l’eau à aucune température. L’acide sulfurique concentré l’attaque à chaud et le dissout avec dégagement d’acide sulfureux. I/acide chlorhydrique et l’acide sulfurique faible ne l’attaquent pas sensiblement. L’acide azotique et l’eau régale sont les véritables dissolvants du bismuth. Le bismuth Se combine difficilement avec le phosphore et l’arsenic. 11 se combine directement avec le soufre et le sélénium, à l’aide de la chaleur. Il brûle avec flamme dans le chlore gazeux. 11 s’allie ayec la plupart des métaux.

49^ HYDKARGï RACÉS.

État. Le bismuth se rencontre, comme 1 or, presque toujours à l'état natif, en masses lamellaires, ou cristallisé en cubes. Il n'existe que dans les terrains anciens, où il accompagne les minerais de plomb, de cuivre et d’argent. 11 contient presque toujours un peu d’argent et d’arsenic. On le trouve en Saxe, en Bohème, en Carinlhie, en Suède et en Norvège.

Les espèces minérales de bismuth sont fort rares :

1° Sulfure plombo- cuivreux (nadelerz). On ne trouve cette espèce que dans les mines de Bérézof en Sibérie. Elle est d’un gris d'acier, d’une légère teinte rougeâtre, et renferme, outre le plomb et le cuivre, du tellure et du nickel.

2° Tellurure de bismuth. Il se présente en lames hexagonales ou irrégulières, à cassure striée, d’un gris de plomb. Il est ordinairement accompagné de minerai d’or. On le rencontre en petite quantité à Schoubkan, près de Schemnitz (Hongrie), en Transylvanie et en Norvège. ,

3° Arséniure. 11 ressemble à l’arsenic natif. On le trouve àPalbaum, près de Marienberg (Saxe).

k° Oxyde. Il est très-rare et ne se rencontre qu’à l’état pulvérulent à la surface du bismuth natif.

5° Sulfure. Il est d’un gris de plomb éclatant, Iamelleux ou en aiguilles rayonnées.

Préparation. Comme le bismuth se rencontre le plus ordinairement à l’état natif, on n’a qu’à le débarrasser de sa gangue pour le livrer au commerce. Pour avoir le bismuth chimiquement pur, on traite le bismuth du commerce par différents procédés :

1° On dissout le bismuth du commerce dans de l’acide azotique ; on ajoute ensuite à l’azotate de bismuth une quantité d'eau suffisante pour précipiter le bismuth à l’état de sous -azotate blanc. Enfin, en calcinant le précipité avec du charbon et un fondant , on obtient le bismuth sensiblement pur.

2° On concasse le bismuth du commerce en petits mor-

11 YDRARGY RACÉS.

ceaux, el on le fait fondre dans un creuset, après l'avoir préalablement mélangé avec environ un dixième de son poids de salpêtre. Tous les métaux étrangers sont oxydés par le salpêtre, ainsi qu'une portion de bismuth. Le résidu est du bismuth renfermant une certaine quantité d’oxyde. Pour avoir le bismuth pur, on le fait refondre dans un creuset brasqué.

Mais aucun de ces procédés n’enlève au bismuth tout l’argent qu’il peut contenir, et il en contient jusqu’à 0,0013.

Il est encore plus difficile de séparer l’argent du bismuth, au moyen de la coupellation , que de le séparer du plomb par ce même procédé. Comme le bismuth fond à une température peu élevée , ne pourrait-on pas se servir de la fusion pour amener la séparation de ces métaux? (Voy. Plomb , pag. 338 )

Historique. Agricola ( vers 1520) fait déjà mention du bismuth comme d’un métal particulier. Avant cette époque le bismuth avait été probablement confondu avec le plomb.

Composés oxygénés.

On connaît deux degrés d’oxydation du bismuth : 1° le protoxyde, 2° le peroxyde. Le premier seul fait fonction de base. Le prétendu sous-oxyde qui se forme lentement par l'exposition du métal au contact d'un air humide, n’est autre chose qu’un mélange de protoxyde et de bismuth métallique.

1° Protoxyde. A l’état anhydre il est jaunâtre, pulvérulent , se colorant passagèrement en brun pendant la calcination. Il fond à la chaleur rouge et, comme la litharge , il traverse les coupelles et les vases de grès. II est facilement réductible par le charbon. Il se comporte au chalumeau à peu près comme le tellure et l’antimoine. Au chalumeau il se réduit instantanément sur le charbon ; en continuant à l’exposer à la flamme , il se volatilise sensiblement et s’entoure d’une auréole à bord rouge ou orangé.

A l’état A' hydrate, leprotoxyde de bismuth est blanc et perd

HYDRARGYRACÉS.

facilement son eau par la chaleur. Il se combine bien avec les acides. Parmi les alcalis , l’ammoniaque seule en dissout une petite quantité. Il est sensiblementsoluble dans les huiles. Chauffé avec du sel ammoniac il donne naissance à une poudre blanche volatile qui porte le nom de fleurs argentines de bismuth (chlorure double de bismuth et d’ammonium).

Composition. BiO, = 886,918 (Bi ),

986,918 = 1 équiv. de protoxyde de bismuth.

On le prépare en calcinant l’azotate de bismuth.

2° Peroxyde. Il est de couleur puce foncée , semblable au peroxyde de plomb. A la température de 350° environ , il se transforme en protoxyde jaune. Il est facilement réduit par le charbon. Les acides sulfurique , azotique et phosphorique l’attaquent en dégageant de l’oxygène; sous ce rapport le peroxyde de bismuth se comporte absolument comme le peroxyde de plomb.

Composition. Bi’ O’. (Slromeyer.)

On l’obtient en faisant bouillir avec un chlorite alcalin le protoxyde hydraté.

Composés sulfurés.

Sulfure. Il est d'un gris bleuâtre , semblable au sulfure d’antimoine. Il cristallise en prismes, tétraèdres aciculaires entrelacés. Il est fusible et volatil. Il est réduit parle fer. Chauffé au contact de l’air , il bouillonne et répand des vapeurs mêlées de gaz acide sulfureux. On le rencontre naturellement en Saxe , en Bohême , etc.

Composition. BPS’, analogue à celle du peroxyde ( Bi’O5 ).

Il existe probablement un sulfure de bismuth ( BiS ) , analogue au protoxyde.

Le sélénium se comporte comme le soufre.

HYDRARGYRACÉS.

Composés chlorés.

Chlorure. Il est blanc, déliquescent, de consistance butyreuse ( beurre de bismuth). Il est très-volatil. lise décompose dans l’eau en oxychlorure blanc qui se précipite , et en acide chlorhydrique qui reste en dissolution avec une petite quantité de chlorure. Cet oxychlorure est quelquefois employé comme fard , sous le nom de blanc d’Espagne.

Composition. BiCl , analogue au protoxyde.

On peut l’obtenir directement en projetant du bismuth en poudre dans du chlore gazeux . La combinaison est accompagnée de chaleur et de lumière.

Le brome , l’iode et probablement le fluor donnent avec le bismuth des composés analogues.

Le phosphore a très-peu d’affinité pour le bismuth.

L ’arséniure de bismuth est peu stable, et complètement décomposable par la chaleur. L’arsenic rend le bismuth trèscombustible.

Alliages. Le bismuth forme avec l’étain , le plomb et le mercure , un alliage fusible à la température de l'eau bouillante (voy. Plomb, p. 360). Avec l’argent, il donne un alliage d’un blanc éclatant , connu sous le nom à! argent mussif.

Sels de bismuth.

Caractères généraux. Ils sont blancs ou incolores. Ceux d’entre eux qui sont solubles se décomposent dans l’eau en sous-sels blancs très-peu solubles, et en sursels très-solubles.

1° Les alcalis les précipitent en blanc. Le précipité est insoluble dans un excès de précipitant.

2° Le carbonate de potasse les précipite en blanc. Ce précipité est complet; il retient seulement un peu dépotasse. Le précipité produit par le carbonate de soude est moins complet. Le carbonate d’ammoniaque en excès y donne un préci-

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HYDRARGYUACÉS.

pité complet. Par la chaleur , on chasse tout le carbonate d’ammoniaque , et on a l’oxyde de bismuth pur.

3° L’acide sulfhydrique précipite tout le bismuth à l’état de sulfure noir.

V* La noix de galle les précipite en jaune clair.

5° L’acide iodhydrique et les iodures alcalins y produisent un précipité brun très-soluble dans un excès d'iodure alcalin.

6° Le cyanoferrure de potassium les précipite en blanc.

7° Le fer , le zinc , le cuivre et l’étain précipitent le bismuth de ses dissolutions.

Espèces.

Azotate. Il cristallise en prismes blancs, contenant 1 éq. d’eau. Il a une réaction acide. Il est soluble dans une petite quantité d’eau. Dans une grande masse d'eau, il se décompose en sous-azotate. Ce sous-azotate porte les noms de blanc de fard , de magister de bismuth. Il est quelquefois employé en médecine. On peut employer l’azotate de bismuth comme encre sympathique , en exposant au contact de l’hydrogène sulfuré les caractères tracés avec une dissolution de ce sel.

Composition. BiO, N05+H0= 1 équiv. d’azotate de bismuth cristallisé.

On le prépare en dissolvant à la température ordinaire le bismuth pur par l’acide azotique . L’action est extrêmement vive , si le métal est en poudre.

Sulfate. Il est difficile de l’obtenir neutre. Mis dans l’eau, il se partage en sulfate tribasique et en sulfate acide qui est susceptible de cristalliser en aiguilles par l’évaporation . Le sulfate acide se décompose , à son tour , dans une grande quantité d’eau , en sulfate basique et en sulfate acide ; en répétant cette dissolution un certain nombre de fois , on finit par séparer à peu près tout le bismuth.

, STANNACÉS. 5oi

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