‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 66 sur 84 · OR · texte numérisé non relu

OR

Étymologie. Le nom d'or vient du latin aurum (or).

Sykohyme. Gold (allem. ) du verbe gdten, valoir, avoir du prix.

Propriétés physiques. L’or a une couleur jaune ou rouge assez éclatante. Fondu avec le borax, il devient d’un jaune pâle ; mais il reprend sa couleur ordinaire , en le faisant fondre de nouveau avec du nitre ou avec du sel marin (Berthier). Il est inodore , insipide et ne possède aucune propriété nuisible à la santé de l’homme. Dans un état de division extrême , l’or est de couleur pourpre ou d’un rouge foncé ; suivant d’autres , il est vert. En précipitant une dissolution d’or par du sulfate de fer , on obtient l’or sous forme de poudre brunâtre. II est susceptible de cristalliser eu pyramides quadrangulaires ; on le rencontre dans la nature sous des formes dérivant du cube. A l’état de pureté , il est mou comme le plomb ; on ne le travaille jamais dans cet état. C’est de tous les métaux , le plus malléable et le plus ductile. On peut le réduire en feuilles de 0m, 00009 d’épaisseur. Ces feuilles vues contre le jour , paraissent vertes. Avec (F, 065 d’or, on pourrait couvrir une surface de 368 mètres carrés. L’or est tellement ductile, que 2 grammes suffisent pour cou vrir un fil d’argent de 200 myriamétres de longueur. Il n'est pas très-tenace : un fil de 2 millimètres de diamètre rompt sous un poids de 68 kil. Le poids spécifique de l’or est 19,257. De 0° à 100°, il se dilate ^ en longueur. C’est un des métaux qui se contractent le plus en passant de l’état liquide à l’état solide. Il fond à 700°. A l’état liquide (fondu) , il est de couleur verdâtre. Il est fixe à la température de nos fourneaux. Cependant , à une température excessivement élevée , au foyer d’un miroir ardent , il est un peu volatil. Il est suscep-

ACKACÉS.

tible de cristalliser par le refroidissement. L'or Irès-divisé devient incandescent dans l’hydrogène, à la température de 50°.

Propriétés chimiques. L’or est inaltérable à l’air , soit à chaud , soit à froid. Il ne se salit point au contact des corps étrangers. C’est à cause de son inaltérabilité , et de sa tendance à se conserver pur et intact , que les alchimistes avaient appelé l’or rex metallnrum , roi des métaux et qu’ils l’avaient placé au premier rang des métaux nobles. L’or en feuilles très-minces, chauffé au chalumeau , brûle au contact de l’air, avec une flamme verte. Il en est de même, quand on l’expose à l’action d’une pile voltaïque. Il se change , dans ces circonstances , en une substance d’un beau pourpre , que les uns regardent comme un oxyde ou comme un mélange d’oxyde et d’or très-divisé , et que d’autres considèrent comme de l’or métallique à l’état d’extrême division. Les acides , même les plus puissants , n’attaquent point l’or , ou ils l’attaquent à peine. Son véritable dissolvant est l’eau régale ou plutôt le chlore.

Les composés d’acide azotique avec l'acide bromhydrique ou avec l’acide iodbydrique , qui sont de véritables eaux régales, le dissolvent également. Dans les arts , on emploie ordinairement un mélange de k p. d’acide azotique et de i p. de sel ammoniac pour dissoudre l’or. Le polysulfure de potassium attaque l’or; il se produit un sulfure double de potassium et d’or , que connaissaient les alchimistes. Les alcalis n’attaquent point l’or ; cependant , à une température élevée , ils déterminent l’absorption de l’oxygène de l’air , en proportions indéfinies. Chauffé avec de la poussière de charbon , l’or acquiert une très-belle couleur jaune. Le soufre , le sélénium , le phosphore et l’arsenic n’ont pas d’action directe sur l’or. L’or peut s’allier avec un grand nombre de métaux.

État. L’or se trouve disséminé sur presque toute la surface du globe , mais en très petite quantité à la fois ; ses espèces

minérales sont très-peu nombreuses. En voici les principales :

1° Or graphique ( tellurure argentifère). Il est d’un gris d’acier, à cassure granuleuse. Après le grillage, il donne un bouton métallique d’un jaune clair. On le rencontre accompagné de carbonate de chaux , de quartz , de blende , à Offen- Banya, en Transylvanie.

2° Tellurure suif oplombif ère ( Blttttcrerz ). Il est d’un gris de plomb foncé très-éclatant. Au chalumeau , il répand des fumées et dépose des grains d’or malléable. On le trouve à Nagyag , en Transylvanie. Il contient , outre l’or , du plomb , du cuivre , de l'antimoine , du soufre , du tellure et quelquefois des traces d’argent. Comme l’or a très-peu d 'affinité pour les corps minéralisaleurs tels que le soufre, le sélénium , l’oxygène , le tellure , etc. , avec lesquels il ne se combine jamais directement , il n’est pas étonnant qu’on rencontre ce métal le plus souvent à l’état natif II existe dans cet état disséminé dans des terrains de transport , formés particulièrement de cailloux roulés , liés entre eux par un ciment argilo-ferrugineux , et dans lesquels on trouve accidentellement du bois fossile , du fer oligiste , du platine et quelquefois des diamants. Les dépôts de ce genre s’appellent cascalhos , au Brésil ; on les exploite en grand au Chili , au Sénégal , et dans les monts Ourals. On trouve des sables d’or jusque dans les terrains tertiaires , et dans la terre végétale. L’or existe également en filons ou en couches dans les rochers granitiques, porpbyriques. AlaGardelle, (Isère), on le trouve en filons dans du cristal de roche.

Les pyrites arsénicales , le cuivre pyriteux et le sulfure d’antimoine contiennent souvent des traces d’or.

L’or natif se rencontre cristallisé soit en cubes, soit en octaèdres ou en dodécaèdres , soit enfin en paillettes ou en aiguilles. Il est d’un beau jaune d’or pur , ou d’un jaune de laiton. Il existe rarement en gros morceaux , auxquels on donne le nom de pépites.

Les différentes variétés d’or natif, rapportées de l’Amérique

méridionale par M. Boussingault, contiennent des proportions définies d’or et d’argent. On trouve de ces variétés , dans l’Amérique méridionale , à Malpaso près de Mariquita » à IAano , à Baja près de Pampelona, à Bico-Sucio près de Mariquita, à Ojas , trichas ( province d’Antioquia) , à la Trinidad près de Santa-Rosa de Bos , à Guano près de Marmato , à Otramina près de Titiribi.

Préparation. Les procédés d’extraction de l’or sont trèssimples. Lorsque ce métal se trouve ( et c’est le cas le plus fréquent ) disséminé en petits grains irréguliers dans les sables des rivières ou des terrains d’alluvion , on fait subir à ces sables des lavages répétés, afin de séparer tous les grains de silice et les matières terreuses qui s’y trouvent. Lorsqu'il existe en grains ou en filons dans des masses de roches quartzeuses , on réduit celles-ci en poudre , et on lave les grains de silice comme le sable aurifère ordinaire. ( Pour retirer l’or de ses alliages , voyez plus bas Alliages d’or , pag. 540.)

La quantité d’or exploitée dans l’espace d’une année , sur toute la surface du globe , a été évaluée à 75,000 kilog., dont 3 à 4,000 kilog. seulement proviennent des différentes contrées de l’Europe-

Historique. L’or est de tous les métaux le plus anciennement connu, d’abord parce qu’il se rencontre avec sa couleur et son éclat dans la nature , et qu’ensuite sa préparation ne demande que de simples procédés de lavages. Les alchimistes désignaient l’or par le symbole du soleil Q.

Composés oxygénés.

On compte deux oxydes d’or , dont aucun ne se produit par voie directe. Ils sont tous deux facilement réductibles par la chaleur , par le contact d’un corps organique , et même par la simple action de la lumière du soleil.

1° Protoxyde. Il est vert et pulvérulent. Il est très-peu stable et difficile à obtenir pur. Il se décompose spontanément en oxygène et en or qui se dépose sur les parois du vase dans

AURACÉS.

lequel on cherche à conserver cet oxyde. Il n’est pas susceptible de jouer le rôle de base.

Composition. Au*0.

On le prépare en décomposant à froid le protochlorure d’or par la potasse ou par la soude en dissolution un peu étendue.

2° Peroxyde ( acide aurique ). A l’état anhydre , il a l’aspect d’une poudre noire. A l’état d’hydrate , il est d’un jaune rougeâtre. Il est très-peu stable ; déjà à la lumière du jour , il se recouvre d’une mince pellicule d’or , provenant d’üne partie de l’oxyde réduit. Il est un peu soluble dans l’eau , à laquelle il communique une saveur styptique et métallique; à Tétât d’hydrate , il se dissout facilement dans les alcalis , et peut se combiner avec la plupart des oxydes métalliques. Le peroxyde d’or se dissout dans l’acide azotique concentré : la dissolution est d’un brun jaunâtre, et laisse déposer l’oxyde d’or quand on y ajoute de l’eau. Les acides sulfurique et acétique en dissolvent beaucoup moins que l’acide azotique. Ce sont là, non pas des composés salins, mais de simples dissolutions , car le peroxyde d’or joue plutôt le rôle d’acide que celui de base : il se combine avec les bases alcalines pour former des durâtes. Fondu avec le borax , l’acide aurique donne un verre d’un très-héau jaune.

Composition. Au’O3.

Le meilleur moyen de le préparer, consiste à faire chauffer de la magnésie en excès avec une dissolution de perchlorure d’or , et à laver le dépôt avec de l’acide azotique qui décompose l’aurate de magnésie. En employant l’acide azotique concentré , on obtient le peroxyde anhydre ; avec l’acide étendu , on obtient le peroxyde hydraté.

Composés chlorés.

Le chlore et le brôme sont les vrais dissolvants de l’or. On connaît deux chlorures d’or :

1° Le protochlorure. Il est d’un jaune pâle , soluble dans l’eau et très-peu stable. La dissolution aqueuse de protochlo-

AKRACÉS.

rare d’or ne se conserve que dans l’obscurité et à froid ; car, à la lumière du soleil ou sous l’influence de la chaleur, elle se convertit en perchlorure et en or métallique. Les dissolutions alcalines étendues décomposent le protochlorure d’or en le changeant en protoxyde.

Composition. Au'Gl, analogue à celle du protoxyde (Au*0).

On l’obtient en chauffant le perchlorure entre 200° et 230°: l’excédant du chlore se dégage , et l’on obtient le protochlorure pour résidu.

2° Le perchlorure est le sel d'or par excellence. Il est d’un rouge brun , très-soluble dans l’eau et dans l’alcool qu’il colore en rouge rubis. Évaporé jusqu’à consistance épaisse , il se transforme en une masse cristalline très-déliquescente à l’air. Il se dissout dans l’éther , et lorsqu’on agite cette dissolution au contact de la lumière , il se forme , par le repos , deux couches dans la liqueur , l'une inférieure , qui n’est que de l’eau , chargée d’acide chlorhydrique ; l’autre supérieure , d'un beau jaune, qui contient l’éther et l’or. C’est cette dissolution jaune qu’on employait autrefois en médecine sous le nom d’or potable. Elle se décompose spontanément , à plus forte raison se décompose-t-elle quand on la met en contact avec un corps réduisant : l’or se dépose, à l’état métallique, sous forme de petits cristaux brillants. On peut employer l’or potable dans la dorure sur des ouvrages fins d'acier. Le perchlorure d’or tache la peau en pourpre. Le sulfate de fer au minimum en précipite l’or métallique , sous la forme d’une poudre brunâtre. Tous les métaux, même l’argent , précipitent l’«r du perchlorure, sous forme de poudre diversement colorée, qui reprend, sous le brunissoir , sa couleur jaune. On peut employer ce moyen pour dorer sur métaux. Expérience : On plonge uüe lame de cuivre dans une capsule de platine contenant une dissolution de perchlorure d’or : aussitôt l’or se précipite sur la lame de cuivre , si cette lame ne touche pas le platine. Mais , dès que le cuivre touche le platine, l’or se précipite non-seulement sur le cuivre , mai# sur le platine.

ADI) ACES.

C’est ainsi que Ton peut dorer des eapsulesde platine en peu de temps et à peu de frais ( Levrault ). Ce procédé, comme celui du dorage de l'argent et du laiton, repose sur la force électrochimique. Dans ce dernier procédé, on sépare deux liquides (le perchlorure d’or et l’eau acidulée contenant une lame de zinc ) par un diaphragme de vessie , afin d’éviter leur mélange sans empêcher cependant le courant électrique de les traverser successivement. « Or , le courant électrique passe avec d’autant plus de facilité d’un liquide dans un métal et réciproquement , que le métal est plus susceptible d’être attaqué par le liquide. Dans le cas qui nous occupe , le métal (argent ou laiton) qui plonge dans la dissolution d’or, est plus attaquable par le liquide que l’or lui-même ; il en résulte que tant que la partie immergée ne sera pas entièrement dorée , le courant ira chercher les points où le métal à dorer est encore à nu , pour les traverser et y déposer l’or , quelle que soit la longueur du trajet qu’il aura à parcourir dans le liquide , c’est-à-dire quelle que soit la forme plus ou moins irrégulière ou compliquée de l’objet que l’on veut dorer (1). »

L’hydrogène, le phosphore, l’arsenic, tous les acides dont les noms se terminent en eux, les acides oxalique, tartrique, carbonique , précipitent l’or- à l’étal métallique. Celui-ci, après avoir été chauffé , reprend, sous le marteau , la belle couleur jaune qui le caractérise. Le perchlorure d’or est précipité en jaune par le cyanoferrure de potassium , et en noir par l’hydrogène sulfuré. La potasse y donne un précipité brun ( oxyde d’or ) qui se forme très-lentement. Si la dissolution n’est pas parfaitement neutre , la potasse n’y produit pas de précipité ; car il se forme un chloro-aurate de potassium soluble.

Le protochlorure d’étain y donne un précipité rouge brun {pourpre de Cassius) , qui devient presque noir par la dessiccation. Le pourpre de Cassius est employé dans la peinture sur porcelaine.

(l) M. «le la Rive, Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences de Paris ; 6 avril 1840.

Le pourpre de Cassius est un composé d’oxyde d’étain , d’or métallique et d’eau en proportions variables.

Gomme le peroxyde , le perchlorure d’or ( acide chloroaurique) joue le rôle d’acide ; il se combine avec les chlorures alcalins et avec un grand nombre de chlorures métalliques , pour former des chlorosels (chlorures doubles). Ces chlorosels sont beaucoup plus stables que le perchlorure d’or isolé. Les chloro-aurates alcalins se composent de 1 équiv. de chlorure (de potassium ou de sodium) et de 3 équival. de perchlorure d’or. Traité par l’ammoniaque en excès , ils donnent un précipité jaune qui, après avoir été desséché , détonne par le choc d’un marteau (or fulminant).

Composition. Au* Cl’, analogue à celle de l’acide aurique (Au* O3)-

On prépare le perchlorure en dissolvant l’or dans l’eau régale et en chauffent modérément pour chasser l’excès d'acide azotique.

Les sels d’or sont quelquefois employés dans le traitement des maladies syphilitiques. Le perchlorure d’or est vénéneux à fort petites doses.

L 'iode et surtout le brome se comportent avec l’or à peu près comme le chlore.

Composes sulfurés.

Il existe deux sulfures d’or correspondant aux oxydes et aux chlorures.

Le soufre ne se combine avec l’or que par la voie humide.

1° Protosulfure. Il est d’un brun très-foncé , pulvérulent , insoluble dans l’eau.

Composition. Au* S, analogue au protoxyde (Au5 O).

On l’obtient en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution bouillante de perchlorure d’or.

1® Persulfure (sulfide). Il est floconneux , d’un jaune foncé, à l'état d’hydrate , et brun , à l’état sec. Le persulfure d’or (acide sulfoaurique) , comme le peroxyde et le perchlorure ,

AURACÉS.

se combine avec d'autres sulfures , et surtout avec les sulfures alcalins, pour former des sulfosels (sulfures doubles). Ces dissolutions sont d’un jaune rougeâtre , et les acides en préci • pitent le sulfure d’or.

Composition. Au* Ss, analogue à celle du peroxyde (Au*0’).

On l’obtient en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution froide de perchlorure d’or.

Le sélénium et probablement le tellure forment, avec l’or, des composés analogues à ceux que produit le soufre.

Le phosphore et l’arsenic rendent l’or cassant.

Alliages.

L’or s’allie avec un grand nombre de métaux.

Cuivre. L'or et le cuivre peuvent s’allier en toutes proportions. Le cuivre rehausse la couleur de l’or et lui donne de la dureté , en diminuant un peu sa ductilité et sa malléabilité. L’alliage le plus dur est celui qui renferme j de cuivre. Ces alliages sont plus fusibles que l’or pur. L’alliage d’or et de cuivre le plus connu est celui dont se composent les monnaies d’or.

Monnaies d’or. En France les monnaies contiennent-^ d’alliage (cuivre) et -®- d’or pur ; en d’autres termes , le titre monétaire légal est , sans la tolérance , de ( loi du 7 germinal, an XI, ou 28 mars 1803). C’est la proportion d’alliage qui y entre , qui rend la monnaie plus propre à résister à l’action du frai, c’est-à-dire à la diminution du poids par l’effet du frottement et de la circulation. La loi accorde 2 millièmes de tolérance au-dessus, et 2 millièmes au-dessous. Ainsi, une monnaie d’or (française) peut être au titre de 898 millièmes ou de 902 millièmes , sans cesser d’être légale. Audessous comme au-dessus de ce titre, elle est déclarée fausse. La tolérance pour les monnaies d’or est d’un millième de moins que pour les monnaies d’argent , parce que l’or offre , dans les essais par la voie sèche , moins de chances de perte que l’argent.

Aü RACÉS.

Le titre de l’or des bijoutiers (en France) est moins élevé que celui des monnaies d’or. Il est de 0,750 avec 3 millièmes de tolérance. Pour les médailles d'or le titre est de 0,916, conséquemment plus élevé que pour l’or monnayé.

Les alliages d’or et de cuivre ne s’analysent que par la coupellation. L'analyse par la voie humide donne des résultats inexacts.

Essai par la pierre de touche. On frotte l’alliage sur une pierre lydienne. Plus il est jaune et mou , plus il y a d’or. Après l’avoir ainsi frotté , on essuie la tache avec un peu d’acide azotique étendu. Si la tache persiste, l’alliage est riche en or. Avec une certaine habitude , on juge à un centième près.

Essai par la voie sèche ( coupellation ). On ajoute à l’alliage une certaine quantité de plomb , afin d'entraîner plus facilement le cuivre dans la substance de la coupelle. La quantité de plomb qu’on ajoute varie suivant la richesse de l’alliage.

Table des quantités de plomb nécessaires pour faire les essais d’or.

Titre de l’or.

Cuivre de l’alliage.

Dose de plomb

prani.

Enfin , pour prévenir toute chance d’erreur , on ajoute à l’alliage , outre le plomb , une certaine quantité d’argent. Pour 1 partie d’or on emploie 3 parties d’argent , c’est-à-dire

1 partie snr k ; de là le nom d'inquartation donné à cette partie de l’analyse de l’or par la voie sèche.

Exemple d 'opération: D’abord on fait fondre dans une coupelle un mélange de 0*,1 d'alliage, 0*,3 d’argent et une petite quantité de plomb. Après cette opération on pèse le bouton (composé d’or et d’argent) , et la différence qu’on trouve entre le nouveau poids et 0',â indique la quantité de cuivre qui se trouve dans l’alliage. Or, supposé que le titre soit 0,900, en consultant la table on trouvera la quantité de plomb qu’il faut employer pour doser rigoureusement les objets faits avec l’alliage en question. Enfin on fait bouillir le bouton ( contenant 3 p. d’argent d’inquartation ) dans de l’acide azotique faible (à 22°) qui dissout tout l’argent. Après avoir lavé et évaporé à sec, on a pour résidu l’or, contenant une certaine quantité d’argent d’inquartation qu’on enlève au moyen de l’acide azotique à 32°. Suivant M. Gay-Lussac, l’essai de l’or estexact à un quart de millième près.

Argent. L’or peut s’allier avec l’argent en toutes proportions. Ces alliages sont plus fusibles que l’or et peuvent servir comme moyen de soudure. L’argent peut communiquer à l’or une couleur d’un blanc verdâtre. Un vingtième d’argent suffit pour changer tout à fait la couleur de l’or. Ces alliages sont plus durs et plus sonores que l’or et que l’argent. L’or vert des bijoutiers contient 0,708 d’or et 0,292 d’argent.

On donne le nom de doré aux alliages d’or , d’argent et de cuivre.

Platine. Les alliages d’or et de platine doivent être faits à une température très-élevée, afin que ces métaux puissent entrer en pleine fusion. Ainsi préparés, ils sont très-ductiles et très- élastiques. Si les métaux n’ont pas été bien fondus, l’alliage est cassant. L’alliage qui contient environ ~ de platine possède la couleur pâle de l’argent terni ; celui qui ne contient que — de platine ressemble à de l’or pur.

Fer. L’or s’allie très-bien avec le fer. L’alliage qui contient d'un cinquième à un sixième de fer, est gris et susceptible de

AURACÉS. 54»

prendre un très-beau poli. Il est connu dans la bijouterie sous le nom d’or gris. .

Aurates (sels dans lesquels le peroxyde d’or fait fonction

d’acide).

Les dissolutions des aurates sont légèrement jaunâtres; elles jaunissent davantage par l’addition d’un acide.

1° Les oxydes y produisent des précipités de peroxyde floconneux, d'un violet plus ou moins foncé.

2° Le sulfate de fer, l'acide oxalique et l’acide tartrique en précipitent l’or à l’état métallique.

Ces sels sont encore très-peu connus.

Les aurates de potasse, de soude et de baryte sont incolores et tous très-solubles dans l’eau. Leurs dissolutions ont une réaction alcaline. Le plus connu est Yaurate d'ammoniaque. On l’obtient en faisant bouillir le perchlorure (chloride) d’or avec une dissolution d’ammoniaque. Desséché, il a l’aspect d’une poudre d’un brun jaunâtre , qui détonne violemment par le cboc ou à une chaleur de 100° ( poudre fulminante dor) : dans cette action, le peroxyde d’or et l’ammoniaque se décomposent ; l’oxygène du premier forme de l’eau avec l’hydrogène de l’ammoniaque. L’or réduit se dépose sur la lame métallique sur laquelle a eu lieu cette décomposition ; l’azote et les vapeurs d’eau produisent, par leur force d’expansion, une vive détonation. Formule de cette réaction : AuI0,+NH9=3H0-j-2Au+N. Le soufre et les huiles grasses réduisent l’or lentement et sans détonation. Aussi peut -on employer un mélange d’huile et de poudre fulminante pour dorer la porcelaine. Après avoir appliqué ce mélange sur des vases non vernis , on l’abandonne au feu : l’or se réduit et se dépose sous la forme d’une légère couche métallique qui prend, par le simple frottement, un beau brillant jaune.

Ali RACÉS.

Page 1