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LES URINES PATHOLOGIQUES

quantités généralement petites, variables d’ailleurs suivant le moment de l’observation. L’urine de l’homme renfermerait de l’amylase capable de saccharifîer l’amidon, de la pepsine capable de peptoniser les substances protéiques en présence d’acide chlorhydrique dilué, du labferment capable de caséifier le lait. On n’a pas trouvé de trypsine dans l’urine.

Deuxième partie : Urines pathologiques. — L’urine peut contenir outre les substances que nous avons décrites, d’autres substances, sous l’influence d’états pathologiques divers.

Les principales substances qu’on peut trouver ainsi dans l’urine sont :

1° Des substances albuminoïdes,

2° Du sucre,

3° Du sang ou de l’hémoglobine,

4° Des matières grasses,

5° Des pigments ou acides biliaires, etc.

Une urine qui contient des substances albuminoïdes, est dite albumineuse; il y a albuminurie.

Une urine qui contient du sucre, est dite sucrée; il y a glycosurie.

Si l’urine contient du sang, il y a hématurie ; si elle contient non plus le sang total, mais seulement la matière colorante du sang, il y a hémoglobinurie.

Si l’urine contient des matières grasses, il y a chylurie.

Une urine qui contient des substances biliaires,

l’urine.

notamment des pigments biliaires, est dite ictérique.

Nous indiquerons brièvement les procédés employés pour reconnaître dans l’urine la présence d’éléments anormaux.

1 . Urines albumineuses. — Les urines albumineuses peuvent contenir les substances suivantes :

( Sérumalbumine.

} Sérumglobuline.

( Protéoses.

La présence des deux premières substances peut être révélée par les réactions suivantes :

1° Épreuve de l' ébullition. — L’urine soumise à l’analyse peut être alcaline, neutre ou acide. Il convient d’aciduler très légèrement les urines alcalines et neutres au moyen d’acide acétique pour éviter une précipitation, à la température d’ébullition, de phosphate tricalcique dissous dans l’urine, grâce à la présence de gaz carbonique (on acidulé à 1 p. 1000 ou môme 1/2 p. 1000; — par exemple, on ajoute 2 centimètres cubes, ou 1 centimètre cube d’acide acétique à 1 p. 100 à 10 centimètres cubes d’urine).

L’urine ainsi acidulée est portée à l’ébullition : un précipité se produil. Ce précipité ne peut pas être un précipité de phosphates terreux, puisque l’urine est acide : c’est un coagulum albuminoïde. — Veut-on s’en assurer, on sépare ce coagulum par filtration, on le lave à l’eau, et on vérifie qu’il donne les réactions colorées des substances albuminoïdes : réaction xanthoprotéique, réaction du biuret, réaction de Millon.

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L’urine contient alors une substance albuminoïde coagulable, sérumalbumine ou sérumglobuline.

2° Épreuve par l'acicle nitrique. — Si dans un verre à précipité on verse de l’acide nitrique fort et audessus une couche d’urine, de façon que les deux liqueurs ne se mélangent pas, on voit, lorsque l’urine est albumineuse, se former, au contact des deux liquides, un anneau blanc nuageux dû à une précipitation de la substance albuminoïde.

3° Épreuve par le ferrocyanure de potassium acétique. — Si l’on additionne l’urine de 2 p. 100 d’acide acétique (20 centimètres cubes d’urine et 5 centimètres cubes d’acide acétique à 10 p. 100), et de quelques gouttes d’une solution de ferrocyanure de potassium (solution à b p. 100), on voit se former, lorsque l’urine est albumineuse, un précipité. On sépare parle filtre ce précipité; on le lave bien, et on vérifie qu’il donne les réactions colorées des substances albuminoïdes.

4° Épt'euve par le réactif’ de Tanret. — Le réactif de Tanret, solution acétique d’iodure double de mercure et de potassium, précipite les albuminoïdes coagulables par la chaleur, les protéoses et des alcaloïdes. Le précipité dû aux albuminoïdes est insoluble à chaud et à froid dans un excès de réactif, — insoluble dans l’alcool et dans l’éther; ce sont là des caractères qui le distinguent des précipités dus aux protéoses et aux alcaloïdes.

Pour employer le réactif de Tanret, on en verse un excès dans l’urine. S’il se forme un précipité, immédiatement, qui ne disparait ni par addition

l’urine.

d’eau qui dissoudrait l’acide urique précipité par l’acide du réactif de Tanret dans les urines riches en urates, ni par addition d’alcool, ni par agitation avec de l’éther, c’est de l’albumine.

Une urine albumineuse présente les réactions colorées des substances albuminoïdes. — Elle donne la réaction du biuret, mais cette réaction peut être rendue moins nette par la coloration de l’urine : aussi convient-il en général de diluer l’urine pour diminuer l’intensité de sa coloration (la réaction du biuret se produit dans les liqueurs albumineuses très diluées : il faut pour que cette réactionne se produise plus que la liqueur contienne moins d’un dix-millième de substances albuminoïdes). — Elle donne la réaction xaulhoprotéique; mais la coloration de l’urine rend difficile à saisir la première partie de la réaction, c’est-à-dire la coloration jaune serin, produite par l’acide nitrique dans les liqueurs albumineuses. — Elle donne la réaction de Millon; mais il convient d’ajouter un grand excès de liqueur de Millon, parce que les chlorures de l’urine précipitant le sel de mercure du réactif, il pourrait ne pas se produire de coloration rouge brique dans une liqueur albumineuse, si la totalité du sel mercurique avait été précipitée.

De ces 3 réactions colorées, la réaction du biuret est la plus caractéristique : les 2 autres réactions sont moins démonstratives, l’urine pouvant contenir des substances autres que les substances protéiques donnant ces réactions.

Pour ces raisons, la recherche des substances albu-

LES URINES PROTÉOSIQUES.

minoïdes de l’urine ne doit pas être faite, ou tout au moins ne doit pas être laite exclusivement à l’aide des réactions colorées. — Les 4 réactions de précipitation précédemment indiquées, contrôlées dans deux cas (coagulation par la chaleur, précipitation par le ferrocyanure de potassium acétique) par les réactions colorées du précipité, dans une autre (réaction de Tanret) par les propriétés du précipité, sont les véritables méthodes de recherche des substances albuminoïdes dans l’urine.

Pour reconnaître dans l’urine la présence de protêoses, il faut débarrasser l’urine des substances albuminoïdes coagulables qu’elle peut contenir, en la portant à l’ébullition, après l’avoir très légèrement acidulée par l’acide acétique. La liqueur filtrée donne-t-elle la réaction du biuret, elle contient des protêoses. — Il n’est pas possible de contrôler cette réaction du biuret au moyen des réactions de précipitation des protêoses : l’alcool, le sublimé, le tannin, l’acide phosphomolybdique et l’acide phosphotungstique en effet précipitent des substances existant normalement dans les urines non albumineuses. — Il est impossible d’employer pour la môme raison les précipitants des protêoses primaires tels que l’acide picrique : l’acide picrique précipite en effet la créatinine.

Lorsque l’urine contient des protêoses primaires, on peut contrôler la réaction du biuret par les réactions propeptoniques. Si l’urine précipite à froid par l’acide nitrique ou par le ferrocyanure de potassium acétique, ou par le chlorure de sodium

l’urine.

acétique, le précipité formé étant soluble à l’ébullition, pour se reformer par refroidissement, l’urine contient des protéoses.

Ces réactions propeptoniques ne sont nettes qu’avec les protéoses primaires ; les protéoses secondaires ne les donnent pas nettement; les peptones ne les donnent pas du tout. Dans le cas des protéoses secondaires et des peptones, on n’a que la réaction du biuret.

Les substances albuminoïdes les plus fréquemment contenues dans l’urine sont la sérumalbumine et la sérumglobuline, surtout la sérumalbumine. Les protéoses ne s’y observent que dans certains cas assez rares.

Le dosage des protéoses est chose délicate; celui des substances albuminoïdes coagulables est au contraire chose facile. Il suffit d’aciduler très légèrement l’urine par l’acide acétique, de porter à l’ébullition, de jeter sur un filtre, pour séparer le coagulum du liquide dans lequel il s’est formé, de laver ce coagulum à l’eau, de le dessécher à 110° et de le peser.

2. Urines sucrées. — L’urine peut contenir en quantité plus ou moins considérable de la glucose. Nous avons étudié (chapitre III) les propriétés de la glucose, et indiqué les moyens de la caractériser et de la doser dans une liqueur.

a. La glucose est une substance dextrogyre. — L’urine sucrée doit donc posséder la propriété de dévier à droite le plan de polarisation de la lumière. Mais l’urine peut contenir des substances patho-

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