LES URINES SUCRÉES
logiques possédant un pouvoir rotatoire : tels sont les albuminoïdes, les acides biliaires, etc. ; ces substances sont lévogyres : si donc une urine dévie le plan de polarisation à droite, on peut affirmer d’une façon presque certaine qu’elle contient de la glucose.
b. La glucose est un sucre réducteur : elle réduit la liqueur de Fehling en donnant de l’oxyde cuivreux rouge; — elle réduit aussi en présence d’alcalis les sels de bismuth en donnant un dépôt noir de bismuth métallique.
Pour rechercher la présence de glucose dans une urine, on peut donc porter à l’ébullition un mélange d’urine et de liqueur de Fehling (on doit vérifier que la liqueur de Fehling dont on se sert ne se réduit pas d’elle-même, lorsqu’on la porte à l’ébullition). S’il se produit un précipité rouge d’oxyde cuivreux, l’urine contient du sucre.
Parfois il se produit simplement un changement de teinte : le mélange de liqueur de Fehling et d’urine passe au jaune foncé rougeâtre sans qu’il soit possible de voir un précipité. Parfois il se produit bien un précipité, mais ce précipité n’est pas rouge, il est blanchâtre ou bleuâtre. Dans ces 2 cas, on ne peut pas affirmer la présence de sucre; mais on n’en peut pas non plus nier la présence. L’urine contient normalement des substances, telles que la créatine, qui possèdent la propriété de maintenir en solution une petite quantité d’oxyde cuivreux, la liqueur passant au jaune rougeâtre. D'autre part l’urine contient normalement des substances, telles que l’acide urique et aussi la créati-
l’urine.
nine, capables suivant les proportions de substances et les conditions de l’ébullition, de réduire la liqueur de Fehling en donnant des précipités blanchâtres ou même bruns rougeâtres.
On comprend par conséquent qu’une urine contenant une forte proportion de créatinine peut faire passer au brun rougeâtre sans précipitation le mélange d’urine et de liqueur de Fehling (une partie de la créatinine réduit le sel cuivrique et l’excès de créatinine maintient l’oxyde cuivreux en solution). On comprend qu’une urine qui contient une faible proportion de sucre peut se comporter de même : le sucre réduit la solution cuivrique et le précipité cuivreux reste dissous grâce à la présence de créatinine.
D’autre part la formation d’un précipité peu abondant blanchâtre ou jaune blanchâtre peut résulter de la réduction de la liqueur cuivrique par l’acide urique. — Mais si la liqueur contient peu de sucre et beaucoup d’acide urique, le précipité peut présenter les mêmes apparences : le sucre donne de l’oxyde cuivreux rouge ; l’acide urique donne un précipité souvent blanchâtre : le mélange des deux constitue un précipité bleu blanchâtre.
En résumé, on ne doit affirmer la présence du sucre dans l’urine que lorsqu’on observe un précipité nettement rougeâtre d’oxvde cuivreux; — on ne doit nier la présence du sucre dans l’urine que lorsque le mélange d’urine et de liqueur de Fehling ne change pas de coloration à l’ébullition et ne donne pas de précipitation.