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LE SUCRE DU SANG

Pour mettre en évidence le sucre du sang on débarrasse ce liquide des substances albuminoïdes et des matières colorantes qu’il contient.

Supposons que nous portions à b ébullition du sang additionné de 1 p. 1000 d’acide acétique : les substances albuminoïdes sont coagulées, les matières colorantes sont décomposées et précipitées. La liqueur, débarrassée du coagulum qui s’est produit, est incolore et transparente : elle renferme toutes les substances non coagulables du sang.

Cette liqueur possède un “pouvoir rotatoire droit, elle réduit la liqueur de Fekling; elle fermente par la levure de bière en donnant de l’alcool et du gaz carbonique. Elle contient un sucre : ce sucre peut être du glucose ou du maltose, car ces deux sucres possèdent la triple propriété physique, chimique et biologique que nous venons de trouver à l’extrait de sang. Nous avons indiqué, dans l’étude des sucres, le moyen de distinguer le maltose du glucose une solution de maltose bouillie avec un acide dilué, 1 à 2 p. 100 d’acide sulfurique, par exemple, a son pouvoir réducteur augmenté sensiblement dans le rapport de 1 à 2, et son pouvoir rotatoire réduit dans le rapport 3 à 1 ; — une solution de glucose bouillie avec un acide dilué conserve ses pouvoirs réducteur et rotatoire. L’extrait de sang se comporte comme la solution de glucose. Le sucre du sang est donc du glucose.

On dose, en général, le sucre dît sang par réduction de la liqueur de Fehling. Cette réduction doit se faire dans

LE SANG

des liqueurs transparentes et non albumineuses : transparentes, parce qu’il n’est pas possible d’observer exactement la décoloration de la liqueur de Fehling dans une liqueur opaque en général, et surtout dans une liqueur rougeâtre ; — non albumineuses, parce qu’en présence de l’alcali caustique delà liqueur de Fehling, les substances albuminoïdes donneraient de l’ammoniaque qui troublerait les résultats de l’analyse. 11 faut donc préparer un extrait du sang : deux procédés ont été proposés : 1° le procédé par ébullition avec du sulfate de soude; — 2° le pi’océdépar ébullition avec de l'eau acidulée.

Dans le premier procédé, le sang est reçu sur des cristaux de sulfate de soude : poids égaux de sulfate de soude et de sang; le mélange est porté à l’ébullition jusqu’à ce que la masse ne présente plus de coloration ou de reflet rouge ; par addition d’une quantité convenable d’eau destinée à remplacer l’eau volatilisée, on ramène au poids primitif. On obtient ainsi une liqueur sulfatée qu’on retire du coagulum albuminoïde par pression. Des expériences directes ont appris que 25 centimètres cubes de sang donnent 40 centimètres cubes de cette liqueur sulfatée. Connaissant la quantité de sucre contenue dans la liqueur sulfatée, on peut, par une proportion facile à établir, déterminer la quantité de sucre du sang.

Dans le second procédé le sang est versé dans G à 8 volumes d’eau acidulée à 1 p. 1000 par l’acide acétique, et le mélange est porté à l’ébullition ; — le coagulum produit à l’ébullition est bouilli à deux reprises avec le même volume d’eau acidulée à 1 p. 1000 et les trois liquides sont réunis : ces liqueurs contiennent la totalité du sucre qu’on peut retirer du sang. On concentre par l’ébullition; on achève la coagulation des substances albuminoïdes qu’elles peuvent encore renfermer, en les faisant bouillir avec une petite quantité d’acétate de fer (lequel à l’ébullition détermine la coagulation totale des substances albuminoïdes naturelles coagulables, et se décompose luimême en acide acétique et sous-acétate de fer insoluble). Enfin, après avoir neutralisé, s'il y a lieu, on ramène la

GLYCOLYSE dans le sang.

liqueur à un petit volume : par exemple 4 fois le volume du sang employé.

Quel que soit le procédé employé, on a une liqueur contenant le sucre, et qui peut être soumise à l’analyse par réduction. Pour faire cette détermination, on se sert soit de liqueur de Fehling additionnée d’une forte proportion de potasse, soit plutôt de liqueur de Fehling ferrocyanurée à 2 p. ! 000 : dans l’un et l’autre cas l’oxyde cuivreux produit ne se précipite pas : la liqueur se décolore, passant du bleu au jaune pâle. On détermine la quantité de liqueur sucrée qu’il faut employer pour réduire exactement un volume donné de liqueur de F ehling ; on en conclut la quantité de sucre du sang.

La quantité de sucre contenu normalement dans le sang des mammifères et notamment de l’homme est comprise entre 1 gramme et 1 gr. 50 par litre de sang. Quand la quantité de sucre atteint 2. grammes, 3 grammes et plus par litre de sang, on dit qu’il y a hyperglycémie ; — quand la quantité de sucre du sang est moindre que 1 gramme par litre, on dit qu’il y a hypoglycémie.

Lorsqu’on veut connaître la quantité du sucre contenu dans le sang d’un animal, il faut pratiquer le dosage du sucre aussitôt après la prise du sang. Si, en effet, on conserve le sang pendant quelque temps hors des vaisseaux, le sucre disparait peu à peu : il y a glycolyse. Cette glycolyse se produit, dans le sang hors de l’organisme, par l’action d’un ferment soluble, le ferment glycolytique, dérivé des éléments de la couche des globules blancs du sang. On peut empêcher cette glycolyse de se produire par différents procédés :

a. Par refroidissement du sang;

LE SANG

b. Par addition d’une forte proportion de sels neutres au sang (sulfate de soude, sulfate de magnésie, etc.) ;

c. Par addition au sang de 2 p. 1 000 de fluorure de sodium au moment de la sortie du sang des vaisseaux ;

d. Par ébullition du sang.

Si donc on veut conserver du sang sans que son sucre diminue, si par exemple on veut doser le sucre du sang longtemps après la prise, il faut avoir recours à l’un de ces procédés.

On a recherché dans le sang normal la présence du glycogène. L’emploi des méthodes ordinaires de recherche de ce corps a donné des résultats négatifs. Ce n’est qu’en employant des procédés particulièrement longs et délicats qu’on a pu mettre en évidence dans le sang la présence de très petites quantités de glycogène 0sr0t0 par litre de sang environ.

Les globules rouges du sang sont essentiellement formés par une trame incolore, le stroma globulaire, imprégnée de pigment rouge.

Le stroma est constitué par une ou plusieurs substances de nature protéique appartenant au groupe des nucléoalbuminoïdes. Chez les mammifères dont les globules ne sont plus nucléés, on ne trouve dans ces stromas que des nucléoalbuminoïdes ; — chez les oiseaux, dont les globules sont nucléés, on y trouve à la fois des nucléoalbuminoïdes et des nucléines.

Le volume des globules sanguins est variable : il dépend de la nature et de la composition du liquide

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