THEORIES DE LA COAGULATION. H
rumglobuline (la substance fibrinoplastique de Schmidt). Or Schmidt croyait que ces liquides de transsudais ne contiennent que du fibrinogène et pas de sérumglobuline. Les liquides qui ne contiennent que du fibrinogène, dit-il, ne coagulent pas spontanément ; lorsqu’on ajoute de la sérumglobuline, soit en solution pure, soit en solution dans le sang ou le sérum, on provoque la coagulation; c’est donc que la fibrine résulte de la combinaison du fibrinogène et de la sérumglobuline (ou substance fibrinoplastique).
La sérumglobuline, répond Brücke, ne possède pas par elle-même la propriété de faire coaguler les liquides de transsudais, car, si l’on prépare cette substance aussi pure que possible, elle est absolument inactive : il faut attribuer à des impuretés entraînées par la sérumglobuline la propriété que Schmidt attribue à cette substance.
La remarque de Brücke, reprend Schmidt, est juste en partie : l’addition de sérumglobuline pure ne peut pas faire coaguler les liquides de transsudats ; il faut encore ajouter quelque chose, et ce quelque chose est un ferment soluble, le fibrinferment. Mais la sérumglobuline n'en est pas moins nécessaire à la coagulation : l’addition du fibrinferment aux solutions de fibrinogène ne détermine pas la coagulation ; l’addition de fibrinferment et de sérumglobuline en détermine toujours la coagulation. — Donc, dit Schmidt, la coagulation du sang nécessite connue matériaux de formation de la fibrine, deux substances, le fibrinogène et la sérumglobuline, comme agent de transformation, le fibrinferment.
Hanmarslen combat cette conclusion de Schmidt. Il prépare un fibrinogène non souillé de sérumglobuline : il prépare un fibrinferment non souillé de sérumglobulinc, mélange les deux solutions et constate une formation de fibrine. — La liqueur dans laquelle s’est produite la fibrine tient en solution une substance albuminoïde qui ne préexistait pas puisque le fibrinogène était pur. Donc, dit Hammarsten, la production de la fibrine résulte d’un dédoublement du fibrinogène sous l’action du
LE SANG
fibrinferment. C’est, renouvelée, mais corrigée, la conception de Denis.
Mais comment expliquer qu’A. Schmidt n’ait pu obtenir une production de fibrine par l’action de son fibrinferment sur son fibrinogène préparé par des procédés autres que ceux d’Hammarsten? Arlhus ei Payes ont pensé pouvoir concilier les deux théories par la découverte du rôle des sels de chaux dans la coagulation. Le sang décalcifié ne coagule pas ; le sang" recalcifié coagule.
Oui, disent-ils, la coagulation du sang est essentiellement un phénomène de dédoublement, comme le dit Hammarsten, dédoublement du fibrinogène sous l’influence du fibrinferment, sans intervention de la sérumglobuline; — mais c’est aussi un phénomène de combinaison, comme le soutient Alexander Schmidt; seulement, le corps dont la présence est nécessaire pour permettre la production de fibrine n’est pas, ainsi que le pensait Schmidt, de la sérumglobuline, c’est un sel de chaux. Si Schmidt n’a pas pu obtenir de fibrine par l’action du fibrinferment sur le fibrinogène, c’est que probablement les substances sur lesquelles il opérait étaient pures de toute souillure calcique; s'il a pu par addition de sérumglobuline, provoquer la coagulation, c’est que probablement sa sérumglobuline était souillée de sels de chaux. Si Hammarsten, au contraire, a pu produire de la fibrine par l’action du fibrinferment sur le fibrinogène, c’est que probablement les solutions qui lui ont servi contenaient des sels de chaux.
Peut-être la conclusion d’Arthus et Pagès devra-t-elle être modifiée dans l’avenir. Des travaux actuellement en cours de publication dus à Hammarsten tendent à montrer que si les sels de chaux sont nécessaires à la coagulation du sang extrait des vaisseaux, il n’en est peutêtre pas de même lorsqu’il s’agit de fibrinogène traité par le fibrinferment.
Le sucre du sang. — Le sang renferme un sucre en solution dans le plasma.