LYMPHE
les cellules lymphatiques. La quantité de fibrine produite par un volume de lymphe est toujours moindre que la quantité de fibrine produite par le même volume de sang : elle oscille de 4 à 8 décigrammes par litre de lymphe.
La coagulation de la lymphe et la coagulation du sang constituent un seul et même phénomène. — Tous les procédés employés pour empêcher ou retarder la coagulation spontanée du sang empêchent ou retardent la coagulation spontanée de la lymphe. La lymphe contient en solution une substance fibrinogène qui constitue la matière première aux dépens de laquelle se forme la fibrine. Cette substance fibrinogène est dédoublée sous l’influence d’un ferment soluble dérivé des cellules lymphatiques, etc. Tout ce qui a été dit au sujet de la coagulation du sang peut être rigoureusement répété au sujet de la coagulation de la lymphe. 11 reste un liquide qualitativement identique au sérum sanguin, le sérum lymphatique.
Le chyle est la lymphe intestinale chargée de certaines matières absorbées pendant la digestion. La présence, dans le chyle, d’innombrables globules gras qu’il tient en suspension lui donne une apparence laiteuse. Abstraction faite de ces globules gras, la constitution qualitative du chyle est la même que celle de la lymphe.
Les grandes cavités séreuses, péritonéale, péricardique, pleurale, contiennent normalement quelques gouttelettes de liquide. Parfois même, surtout chez certaines espèces animales, il existe dans ces
TRANSSUDATS.
EXSUDATS.
cavités une assez forte proportion de liquide : il n’est pas rare de trouver dans la cavité péritonéale du cheval 500 centimètres cubes et plus de liquide, dans la cavité péricardique du cheval, 50 centimètres cubes et plus de liquide. Ces liquides sont des transsudats séreux normaux.
Ces mêmes cavités peuvent contenir aussi du liquide et en bien plus grande abondance sous l’influence de causes pathologiques. Ces transsudais peuvent être de nature non inflammatoire ou de nature inflammatoire . Appartenant au groupe des transsudats non inflammatoires, citons le liquide d’ascite, le liquide d’hydrocèle, ie liquide de l’hydrothorax, et le liquide de l’hydropéricarde, auxquels il faut joindre le liquide de l’œdème. Ce sont les transsudats séreux pathologiques.
Appartenant au groupe des transsudats de nature inflammatoire, citons les liquides de la péritonite, de la péricardite et de la pleurésie; ce sont les exsudats inflammatoires.
Les exsudats inflammatoires diffèrent des transsudats séreux par les deux caractères suivants, connexes, l’un histologique, l’autre chimique : — les transsudats séreux ne contiennent pas d’éléments figurés en suspension; les exsudats inflammatoires renferment d’abondants globules blancs; — les transsudats séreux ne sont pas spontanément coagulables; les exsudats inflammatoires coagulent spontanément, donnant un caillot semblable au caillot de la lymphe. Si les transsudais séreux ne coagulent pas spontanément, cela ne tient pas à l’absence de
TRANSSUDATS.
fibrinogène, mais à l’absence d’éléments générateurs du fibrinferment, à l’absence de globules blancs : additionnés de fibrinferment, de sérum sanguin, de sang défibriné, les transsudats séreux coagulent, nous l’avons dit en étudiant la coagulation du sang.
La composition chimique des transsudats et des exsudats est qualitativement la même que celle de la lymphe et par suite du plasma sanguin. Ils contiennent une sérumalbumine, une sérumglobuline, une substance fibrinogène, etc. On a prétendu que la substance fibrinogène des transsudats et exsudats diffère de la substance fibrinogène du plasma sanguin. Nous avons vu, en étudiant le plasma sanguin, que le fibrinogène coagule à une température de 36°, soit quand il est dans sa solution naturelle, le plasma, soit quand il est en solution dans les solutions salines diluées. La plupart des liquides de transsudats séreux, le liquide d’hydrocèle notamment, ne coagulent généralement pas à 56°; ce n’est que vers 60° que commence à se former un louche. Cela ne prouve pas que le fibrinogène du plasma sanguin et le fibrinogène du liquide d’hydrocèle sont différents : si, en effet, on prépare des solutions salines de fibrinogène pur en se servant comme matière première soit du plasma, soit du liquide d’hydrocèle, on constate que ces solutions coagulent à 36°. Si on dissout dans le liquide d’hydrocèle du fibrinogène préparé au moyen du plasma sanguin, on n’observe pas de coagulation avant 60°. Donc si le fibrinogène du liquide d’hydrocèle ne