LE PUS
coagule pas à 56°, mais seulement à 60°, cela tient non pas à une différence chimique des deux substances coagulables, mais à la nature des liquides dans lesquels elles sont en solution.
A côté des transsudais normaux il faut placer l’humeur aqueuse de l’œil, qui, par sa constitution chimique et par ses propriétés, est un véritable transsudât. Elle ne coagule pas spontanément, mais, additionnée de sérum sanguin, elle fournit un très minime coagulum fibrineux.
Le liquide cérébro-rachidien au contraire ne doit pas être rangé parmi les transsudats, ainsi que l’avaient proposé différents auteurs. Ce n’est pas un transsudât, parce qu’il ne contient ni fibrinogène ni sérumalbumine : il ne contient pas de fibrinogène, car il ne coagule pas à 56° et ne donne de libi’ine, ni spontanément, ni après addition de sérum sanguin; — il ne contient pas de sérumalbumine, car toutes les substances albuminoïdes dissoutes sont précipitées par le sulfate de magnésie dissous à saturation.
Le pus est-il assimilable aux transsudats? — Le pus est essentiellement constitué par un liquide dans lequel sont tenus en suspension de très nombreux éléments solides: globules blancs ayant subi la dégénérescence graisseuse et appelés globules du pus, — globules de graisse issus des globules blancs dégénérés et détruits. Grâce à la présence de ces nombreux globules blancs, le pus possède la propriété de faire coaguler les solutions de fibrinogène ou les liquides de transsudats non sponta-
EXSUDAIS.
nément coagulables : il renferme du fîbrinferment.
Le liquide dans lequel sont suspendus ces globules solides doit être appelé sérum du pus et non pas plasma du pus : il contient en effet de la sérumalbumine et de la sérumglobuline comme le sérum sanguin ; mais il ne contient pas de fibrinogène : il n’est donc pas spontanément coagulable. D’où cette conclusion : le pus ne doit pas être considéré comme un transsudât ou comme un exsudât.