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La première séance eul lieu le 18 décembre 1731, sous la présidence de Mareschal, avec J. L. Petit comme directeur, Morand comme secrétaire, Ledran, Garengeot comme vice-secrétaires. À Mareschal succéda Lapeyronie, et à J. L. Petit, Antoine Louis, secrétaire perpétuel.
Sous rimpulsion de ces institutions, et plus encore peut-être, grâce à l*inflnence de J. L. Petit, la chirurgie accomplit de remarquables progrès.
Jean-Louis Petit (167/!i-1760), que nous devons placer à côté de Paré comme Tun des fondateurs de la chirurgie, s*est illustré par le Traité des maladies des os, par une quantité de travaux originaux publiés dans les mémoires de TAcadémiedc chirurgie et de l'Académie des sciences ; il est impossible de ne pas citer les célèbres mémoires sur les hémorrhagies où est étudié le mécanisme de Tarrét du sang par les caillots. J. I^. Petit ne s*est pas moins illustré par son enseignement chirurgical, dans lequel il a parcouru presque tous les chapitres de la pathologie externe ; celui-ci nous a été transmis sous le titre de Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent.
Antoine Louis (1723-1792) est principalement connu par sa participation constante aux travaux de l'Académie de chirurgie, dont il fut en quelque sorte le véritable organisateur; écrivain remarquable, comme on en peut juger par lés Éloges nombreux, dans lesquels il exerçait son talent de critique Gn, souvent trop indulgent; mais en même temps chirurgien habile, comme le prouvent ses mémoires sur les amputations, les hernies, la taille, etc..
A côté de ces grandes figures, il suffira, pour rappeler les progrès de la chirurgie, de citer Morand (1697-1773), Ledran (1685-1 770), clinicien, auteur d'un remarquable traité des plaies d'armes à feu, et d'observations de chirurgie, où il expose les résultats de sa pratique.
Ravaton, représentant de la chirurgie militaire, nous a légué^ dans la Pratique moderne de chirurgie, en 4 volumes, les résultats de son expérience.
Enfin, à côté de ces chirurgiens dont le mérite est encore appréciable de nos jourSy il y aurait à citer des célébrités de l'époque, dont la réputation ne nous a pas été transmise sans être singulièrement affaiblie. Tels sont Garengeot, Lecat, Quesnay, de la Faye. Garengeot nous a laissé entre autres travaux, un Traité des opérations de chirurgie; Lecat fut le plus célèbre des lauréats de l'Académie de chirurgie ; Quesnay est connu par ses Recherches historiques, ses Traités' de la suppuration et de la gangrène; La Faye, par ses Principes de chirurgie.
L'influence et la gloire de l'Académie de chirurgie ont duré un demi-siècle, pendant lequel les discussions de la savante société exercèrent en Europe une influence considérable à laquelle contribua pour une très-grande part la publication des mémoires et des prix de cette Académie. C'est en France que se formèrent les Haller, les Hunter et la plupart des grands chirurgiens de l'époque.
A la fin de ce siècle, l'école de Paris a été encore illustrée par la fondation définitive de l'enseignement clinique, qui est la gloire de Oesault. Desault inaugura à l'École pratique de chirurgie (1750) des leçons cliniques, dont les préceptes ont été conservés dans le Journal de chirw*gie, par Bichat et par Ghopart, continuateurs de l'enseignement de Desault.
Le professeur de l'Hôtel -Dieu a laissé la trace de son talent d'observation et de son génie original dans un grand nombre d'innovations chirurgicales, parmi lesquelles il suffit de citer les mémoires sur les fractures des extrémités supérieure et inférieure de l'humérus, du col du fémur, les modifications dans les instruments destinés au trépan, à la ligature des polypes. Les procédés opératoires des
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aiiiputaiions circulaires et à lainl)eaux, les indications de l'opération, le manuel opératoire et rinstramentalion constituent une des parties les plus justement remarquées de renseignement de Desault.
EnGn, dans le traitement des anévrysmes, Desault unit son nom à ceux d*Anel €t de Hunter pour la méthode de ligature de Tartère au-dessus du sac.
Parmi les contemporains de Desault, Sabatier, son maître, Télève de Petit, le secrétaire de Morand, et dont Texcellent Traité de médecine opératoire est resté classique^ a brillamment continué renseignement de Dionis.
Choparl, Témule et Tami de Desault et de Hunter, est aussi Tun des fondateurs de renseignement clinique ; dans ses Mémoires sur le traitement des loupes et sur le contre-coup dans les lésions de la tête, dans ses Traités des maladies chirurgicales (1780), et le Traité des maladies des voies urinaires (1791), ils*est montré digne de passer à la postérité avec des titres bien supérieurs à celui d'inventeur d'une amputation qui porte son nom, mais qui est plutôt exécutée à l'amphithéâtre que dans la pratique, où elle a été remplacée par des procédés plus parfaits, dont elle est d'ailleurs l'origine.
Pour compléter la liste des principaux chirurgiens français, il nous reste à citer Anel, Pontean et Gonlard.
Anel, qui écrivait dans les premières années du XYdi* siècle, est resté célèbre par l'invention de la seringue d*Anel, instrument qui sert encore de nos jours dans le traitement de la Gstule lacrymale, et surtout par son opération de ligature de l'artère au-dessus du sac anévrysmal^ origine de la méthode qui porte son nom associé à celui de Hunter et de Desault.
Pouteau (1725-1775) Gt la gloire de l'Hôtel-Dieu de Lyon, où il exerça en ilUU, ei laissa des Mélanges de chirurgie y un Mémoire sur la taille et des œuvres posthumes très-remarquables.
Goulard, professant à Montpellier, bien connu par son enthousiasme exagéré à l'égard des préparations saturnines^ à l'une desquelles il a laissé son nom; malgré l'accusation de charlatanisme qu'il eut beaucoup de peine à faire oublier, il fut cependant le chirurgien le plus renommé de Montpellier.
Tel est le bien rapide résumé de l'état de la chirurgie en France au xviu* siècle; on retrouve en elle la marque du génie de ce siècle. Observations, sociétés savantes, publications de mémoires, la discussion constante, souvent majestueuse, des faits d'observation, la chirurgie s'appuyant sur l'anatomie, sur l'anatomie chirurgicale, voilà pour les doctrines ; l'enseignement de la chirurgie par les chirurgiens, la fondation de la clinique, des écoles chirurgicales où affluaient les étrangers, telle est la part faite à l'éducation des chirurgiens qui pra- Aiquèrent à la Gn de ce siècle, et qui a produit Bichat, Dupuytren, Boyer.
EnGn, pour consacrer la constitution de la science chirurgicale, Dnjardin et Peyrilhe commencent l'histoire de la chirurgie, et malheureusement s'arrêtent au vt* siècle, laissant un modèle d'érudition que n'ont pas dépassé Malgaigne et Haremberg. Ce que nous avous dit de l'Académie royale de chirurgie nous a transportés an milieu même du xviii'' siècle, mais pour apprécier la valeur des progrès de la chirurgie, il nous faut parler des chirurgiens d'Allemagne, d'Italie et d'An- ^terre, qui ont précédé, accompagné ou suivi les progrès de l'école française. L'Allemagne produit au commencement et à la Gn de ce siècle deux grandes Agores chirurgicales, Heister et Richter.
He»ter (1683-1758), d'abord connu par ses Mènoires sur rabaissement de la eaiaraeiet Vhydfocèlct la taille, publia en 1718 ses Institutions de chirurgie, tra-