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XXXII INTRODUCTION HISTORIQUE

plaies de tête, de Teinpyènie, de la grenouillelte, de la suture des nerfs et des tendons. Wolf, Hoefer, Wepfer, en Allemagne (4615-1695), Lister (1658 à 1711), publient les résultats de leur expérience ; enGn Yerduin (d*iUnsterdam) crée la méthode des amputations à lambeau unique.

En France, Saviard (1656 à 1702) publie le recueil d'observations chirurgicales, au nombre de plus de cent, dans lesquelles apparaissent le cathétérisme forcé, l'incision et la double ligalure des anévrysmes. Les grandes publications commencent^ et les Éphémérides des curieux de la nature, les Transactions philosophiques, les Mémoires de l'Académie des sciences, fondée en 1666^ ont fait codnaître les travaux des anatomistes Ch. Perrault, du Verney, Vieusscns. Ce^ recueils renferment un grand nombre de faits cliniques et expérimentaux intéressant la chirurgie.

Les observations ne constituent qu'une partie de la chirurgie du xvii* siècle ; celui-ci compte des écoles de chirurgie en Italie, en Angleterre, en Allemagne et même en France. En Italie, le mouvement du siècle dernier se continue par César Magatus (1579-1617), qui s'élève contre l'abus des tentes ou mèches, des onguents, des spécifiques dans les pansements des plaies, et démontre les bons eiïets des pansements rares. Marc-Aurèle Séverin (1580-1656) se présente comme un réformateur de la chirurgie, et mérite ce titre à certains égards, bien que l'auteur de la chirurgie herculéenne, qui fait consister la principale dignité de la chirurgie dans la diérèse, n'ait pas préconisé une chirurgie aussi active que l'on pourrait le croire en lisant les titres de ses œuvres. Le traité De efficaci medicina qua He?*culea quasi manu armatâ cuncta mala protet^untur^ renferme ses doctrines, le Synopseos chirurgicœ fait connaître sa pratique par des observations nombreuses. Séverin pratique la paracentèse, et surtout les incisions, les scarifications dont il abuse quelquefois, comme dans le traitement de la descente de la matrice par les scarifications ou la ponction. H a cependant laissé des observations curieuses sur les abcès, les gibbosilés^ le pied bot. Il a fait une histoire abrégée de la chirurgie, qui est tombée dans la décadence, suivant lui, parce qu'elle a été séparée de la médecine; il admet trois espèces de chirurgie : la compositive ou synthèse, la divisive ou diérèse, l'extractive ou exérèse.

Eu Angleterre, Wisemann, chirurgien de Jacques II, a été considéré comme le Paré de l'Angleterre; ses œuvres ont été publiées vers 1672; elles renferment un grand nombre d'observations, mais ce réformateur anglais n'a pas ajouté à la chirurgie des découvertes suflisautes pour le rendre illustre en Europe.

En Allemagne, Purmann s'élève comme chirurgien militaire au même rang que Wisemann, et se rapproche d'Amb. Paré par ses œuvres, la Véintable Chirurgie (T armée, 1680, la Grande Chirurgie, 1694, et les Observations chirurgicales, 1710.

Scultet (d'Ulm), après avoir étudié dans les écoles italiennes, ajouta à la célébrité de sa pratique un travail d'érudition remsirquMeyV Armantentarium chirurgicum, où l'on trouve la description des instruments et appareils connus à l'époque où il écrivait, parmi lesquels il est resté dans la pratique un appareil qui propage encore le nom de Scultet.

Le cliinirgien qui s'élève au-dessus de tous ses contemporains est un encyclopédiste. Th. Bonet (1620-1689), qui a illustré l'école suisse même après la gloire de Fabrice de Ilildcn. Le chirurgien genevois, réunissant dans le Sepulchreium sive anatomia practica un nombre considérable d'observations complétées par l'autopsie, s'est montré le précurseur de Morgagni. Les œuvres de

UITRODOCTION HISTOniQUE. XXXin

Th. Bonet, réunies soos le titre àe Bibliothèque de médecine et de chirurgie, etc., constituent un travail remarquable d'érudition, encore consulté et irës-apprécié de nos jours, qui a exercé une influence certaine sur les progrès de la chirurgie au XYiii* siècle.

Eu France, la chirurgie compte des praticiens célèbres en leur temps, et dont les observations prouvent un jugement sûr et de Thabileté opératoire, mais malgré les grandes guerres du règne de Louis XIV on ne retrouve plus de gloire comparable à celle de Paré. Saviard, G. Mareschal, Loyseau, Beaulieu ou frère Jacques le célèbre lithotomiste, Dionis, enGn, dont le Cours d'opérations de chirurgie fut bien longtemps classique, sont les précurseurs de la splendeur chirurgicale do xviU* siècle.

En résumé, pendant le xvir siècle, la chirurgie reste praticienne ; elle est d'ailleurs peu progressive ; en apparence étrangère au mouvement scientifique dont elle n'a pu encore appliquer les conséquences, elle possède néanmoins des chirurgiens de talent; 'elle représente une période de transition pendant laquelle se prépare une phase nouvelle, qui se développera sans interruption jusqu'à nos jours.

§ XI. — La chlrargle aa X.liUV •lècle.

Le grand siècle de l'encyclopédie est aussi pour la chirurgie une époque de splendeur que n'a point fait pâlir la gloire de Lavoisier> de Fourcroy, de Morgagni de Gullen, Brown et Broussais.

Tandis qu'en France l'histoire de la chirurgie est presque tout entière celle de l'Académie de chirurgie, dans les autres contrées d'Europe apparaissent des chirurgiens illustres, de sorte que pour connaître la somme des acquisitions de ce siècle il nous faut parcourir les principales parties de l'Europe.

La France domine dans le xviu' siècle au point de vue chirurgical, malgré les progr^ accomplis ailleurs. La chirurgie se constitue à Paris par une série d'institutions qui sont l'origine d'une splendeur qui s'est continuée pendant le XIX* siècle.

Nous avons déjà parlé de la fondation de l'Académie des sciences. A la Gn do xvii' siècle, Louis XIV, accordant ses faveurs à l'enseignement chirurgical, avait réorganisé l'École royale de chirurgie du jardin des Plantes (1671), et Dionis y avait professé avec talent et éclat, sinon avec génie.

Peu à peu les chirurgiens, tels que Saviard à l'Hôtel-Dieu, G. Mareschal le chirurgien du roi, Mauriceau l'accouchear, commençaient au lit du malade l'enseignement clinique chirurgical; enûn G. Mareschal, J. L. Petit, Lapeyronie obtinrent, en 17'24, des lettres patentes, créant dans l'école de Saint-Côme cinq placesxle démonstrateurs, qui se partageaient l'enseignement de toute i'anatomie et de la chirurgie. A ces démonstrateurs, Lapeyronie en fit ajouter un sixième^ et rémunéra ioi-méme des adjoints à ces professeurs ; ce n'était que le commencement de libéralités immenses, témoignages d'un amour passionné de la chirurgie, dont le testament de Lapeyronie assura la continuation après sa mort.

C'était presque une Faculté de chirurgie qui venait de se créer. Une dernière iostitation devait exercer une influence plus considérable sur la chirurgie ; elle en éleva l'enseignement à la hauteur de celui de la Faculté de médecine. La créatio D de r Académie royale de chirurgie doit bire époque dans l'histoire de notre art, elle fat encore due k l'influence Uenfaisanie de Marachal jat da lapeyronie.

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