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INTRODUCTION HISTORIQUE

Sans doule, Homère a dû appliquer à la chirurgie de la guerre de Troie des con« naissances d*une époque déjà plus avancée, cependant on peul conclure des 'notion» qu'il possédait lui-même qu'avant Hippocrate la chirurgie, comme la médecine, était consiiiuée à Tétai de science d*observaiion, et qu*elle était enseignée dans des écoles, restant indépendante des pratiques ou des discussions des prêtres et des philosophes. La n)édccine, de laquelle la chirurgie n'était pas séparée, comptait donc avant Hippocrate ses écoles, ses praticiens, elle luttait déjà contre le charlatanisme et l'envahissement de certains spécialistes, et Ton remarque dans les œuvres du réformateur de Cos les traces de travaux antérieurs déjà très-com* plets, aussi bien que de la rivalité des écoles.

§ II. — La clilraryle d'HIppocrate.

L'œuvre d'Hippocrate doit être placée, à son origine, au milieu de cette magnifique splendeur du génie grec qui a illustré le siècle de Périclès. Lorsque le divin maître de Cos avait trente ans, Anaxagoras venait de mourir; le Parthénon, les Propylées, avaient consacré la gloire de Phidias; l'enseignement de Socrate était florissant; SoplK)cle avait fait représenter une partie de ses tragédies; Euripide vivait encore et Thucydide écrivait l'histoire de la i^este d'Aihènes. Hippocrate s'élève encore au-dessus de ces génies, ses contemporains; il apparaît comme le fondateur d'une école à jamais mémorable; c'est le premier classique, le premier maître dont nous puissions apprécier l'enseignement par ses écrits.

Les livres hippocratiques représentent une œuvre collective, et comptent plusieurs rédacteurs appartenant à deux écoles dont les tendances ou les précepte» sont quelquefois opposés; c'est ainsi que les traités Des fractures. Des luxations. Des plaies de tête, semblent avoir été écrits par Hippocrate, tandis que le traité Des lieux dans l'homme, ou De la nature dans r homme, paraît avoir été ajouté par les disciples de Técole rivale de Gnide; le traité Des maladies des femmes et des enfants n'est généralement pas considéré comme l'œuvre d'Hippocrate.

Quoi qu'il en soit, la collection hippocratique, prise dans son ensemble, non» montre que l'enseignement chirurgical d'Hippocrate était déjà remarquablement avancé, et certains préceptes ne le cèdent en valeur à aucune des écoles chirurgicales qui l'ont suivi.

L'ouvrage capital est le traité Des fractures, réuni au traité Des luxations; il répond à la partie des connaissances anatomiques, qui peut-être était la seule enseignée. Ces traités suflisent pour démontrer à quel degré de précision l'observation était portée par Hippocrate. Ou y trouve le principe de l'immobilisation de tout un membre dans les fractures de cuisse, celui de l'extension, l'indication de la gravité des fractures compliquées de plaies, le traitement de la fracture de la cla\icule par l'élévation du fragment externe, la compression par un bandage dans les fractures de côtes. Les appareils de réduction des luxations, le banc d'Hippocrate, l'ambi, sont restés célèbres.

Dans les traités Des blessures. Des fistules. Des hémorrhoides, les préceptes chirurgicaux prouvent une profonde expérience et une grande sagacité.

Parmi les modes de pansement, Hippocrate insiste sur l'emploi du vin, montre les inconvénients des corps gras dans le traitement des ulcères.

Les opérations les plus importantes sont : la trépanation dans les fractures dû crâne, la paracentèse abdominale, la thoracocentèse par perforation d'une côte, les incisions dans les abcès des reins, dans les abcès des amygdales, l'excision de fa

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