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INTRODUCTION HISTORIQUE

§ 'I. — Ia ehirarsle avant Blppocraie.

On ne possède pas de docoments historiques très -sérieux sur l'exercice de la chirurgie avant les poèmes encyclopédiques d'Homère. Les reclicrches failes dans les plus antiques monuments de la tradition, dans les hymnes indiens et dans la . Bible, paraissent ne pouvoir rien enseigner sur I origine de la chirurgie. Il est vrai qu'on a retrouvé dans les hymnes réunis sous le nom de Védas des indlcatioas remarquables sur la chirurgie. Susrutas a cru voir dans les Védas la preuve d'une pratique chirurgicale irès-avancée, parce qu'il y trouvait la taille périnéale, l'opération de la cataracte, la suture intestinale, la rhlnoplastie; mais, comme l'a fait remarquer Daremberg, les Védas répondent à des époques très-diverses, et les Indiens, dans les derniers livres védiques, ont certainement mis à profit les progrès accomplis eu Grèce ou en Egypte; de sorte qu'en ne considérant que les Védat notoirement antérieurs aux poèmes d'Homère, on ne trouvera que des traces d'une médecine tbéurgique dont les moyens les plus actifs consistent eu prières, invocations et incantations. De chirurgie, il n'en est point question. Des observations semblables peuvent être faites à propos des traditions hébraïques, dans lesquelles la chirurgie n'apparaît qu'à une époque où les Israélites ont été en rapports guerriers avec les Chaldéens, les Perses et les Grecs. Dans le Talmud, suivant Haeser, on reconnaît les enseignements d'Érasistrate reproduits par Tobia (120 ans av. J. C).

Cette incertitude sur les origines de la chirurgie laisse le champ libre aux hypothèses. Nous ne chercherons pas à savoir si l'homme primitif a été blessé avant d*être malade, et si l'intervention des secours manuels pour une blessure ou pour une fracture a développé d'abord la pratique chirurgicale, parce que l'histoire des peuplades encore sauvsiges nous montre l'intervention des prêtres et des sorciers aussi bien pour des cas chirurgicaux que pour des maladies. Cependant il est probable que dès l'origine de l'humanité quelques hommes ont dû acquérir une certaine expérience dans le traitement des blessures, des luxations ou des fractures, et qu'en même temps que des femmes déjà mères secouraient les femmes primipares^ des chasseurs expérimentés secouraient leui^ compagnons. Homère, dans VJliade surtout, a fait une large part à la chirurgie, et l'on peut déduire de nombreux passages du poète que la chirurgie d'armée comptait au iiége de Troie des représentants illustres. Machaon et Podalyre (12(0 aus av. J. C.) exerçaient la chirurgie suivant les préceptes d'Esculape leur père, sans qu'ils aient prévu l'élévation ultérieure d'Esculape au rang des dieux, au-dessus de Pœoo lui-même, médecin de l'Olympe à l'époque même de la guerre de Troie, s'il Diol en croire Homère.

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