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E8 LITS MÉCANIQUES

Ces lits sout dcsliiiés les uns au traitement des difformités de la taille et doifeiii répondre à des indications spéciales : nous ne nous en occuperons pas ici; les autres au traitement d*un certain nombre d*nffeclions qui sont du domaine de b cliirurgie proprement dite et qui exigent un repos €t une immobilité prolongée. On peut appeler, avec Gcrdy, ces derniers lits dimmobilitê et en dbtingoer deux espèces : 1* les lits à fractures; 2<^ les lits de soulagement.

Les lits mécaniques pour le traitement des fractures sont peut-être dereov moins nécessaires depuis que remploi des appareils inamovibles s*est généralisé; cependant le nombre des modèles proposés est encore considérable, et il est oo certain nombre de cas dans lesquels on ne saurait s'en passer. Ils sont destinés ï permettre au blessé de changer de position sans compromettre l'immobilité da membre fracturé, ou de conserver au contraire la même position avec le moiosde gêne possible pendant toute la durée du traitement. Dans les cas les plus simplei une planche glissée sous le matelas supérieur suffit pour donner au lit la fermeté nécessaire et au membre fracturé la stabilité dont il a besoin ; mais avec ce ssstème, d'ailleurs très-simple, le soulèvement du blessé, lorsqu'on veut le meurt sur le bassin, le changement des garniture^ du lit, offrent toujours de gmes inconvénients.

Les lits mécaniques destinés au traitement des fractures se décomposent presque tous en trois parties articulées entre elles et pouvant recevoir des inclinaisons diverses; l'une de ces parties forme un plan qui répond ^ la tête et à b portion supérieure du tronc; la seconde répond \ la partie moyenne du utincci même aux cuisses; la troisième aux membres inférieurs ou même à la jambe, (k façon que ces deux dernières, dans ce cas, peuvent former un double plan iicliné. Le blessé repose soit sur jnn matelas rembourré un peu ferme, soit sor la système de sangles transversales plus ou moins espacées. En inclinant pie oi moins les différents plans les uns sur les autres, il devient possible de mettre ie blessé dans une situation supportable sans nuire en rien au traitement de b fracture.

L'existence d'une ouverture au nlTean du siège, dans les lits qui sont ginis d'un matelas, permet en outre de passer le bassin sous les malades sans les déranger; avec les sangles, la même manœuvre s'exécute facilement Les liud'Earle. d'Amesbury, de Ilester sont particulièrement employés en Angleterre pour le traitement des fractures du col du fémur; ils sont peu usités chez nous.

Braun avait autrefois employé, pour remplacer le matelas ordinaire des lits, une série de vingt-quatre rouleaux rembourrés de crin et transversalement disposés, sur lesquels était couché le ble>sé; pour passer le bassin, on retirait deux oo trté» de ces rouleaux correspondant au siège sans qu'il fAt nécessaire de déranger les autres.

Les lits de soulagement sont destinés à permettre de soulever le malade, dt* changer ses draps, de le transporter même d'un lit à un autre sans lui imprimer de secousse.

Tous ces lits se composent : 1* d'un cadre mobile sur lequel repose le malade; 2* d'un système destiné à soulever ce cadre.

Le cadre mobile est formé de traverses solides en bois oo en fer entre lesqodb se trouvent tendues, soit une forte toile perforée au niveau du sl^et supportant un matelas également perforé, soit une série de sangles transversales plus oa

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moins espacées sur lesquelles repose directement le malade, comme dans an hamac. C'est cette dernière disposition que nous croyons préférable.

Le système de suspension est très-variable ; tantôt il consiste en une poulie solidement établie à une certaine hauteur au-dessus du lit, tantôt en un engrenage mû par une manivelle et disposé à Tune des extrémités du lit ; il est impossible d'entrer dans la description des dispositions adoptées par les inventeurs.

Toutefois, il faut distinguer deux catégories parmi ces lits. Dans les uns, le cadre et le système de suspension sont indépendants et peuvent par conséquent s'adapter à la plupart des lits ordinaires, — ce sont les plus employés en France; — dans les autres, le cadre et le système de suspension font corps avec le lit; c'est la disposition la plus usitée parmi les fabricants anglais.

FiG. 62. — Ut mécanique Rabiot (modèle Gellé).

Le nombre des différents modèles de lits successivement proposés est considérable; depuis celui de Lcydig, des modifications plus ou moins importantes ont été apportées dans leur disposition par fober, Daujon, Josse (d'Amiens), Nicolefierthelot, etc. Â Paris, les lits ou nosophores de Rabiot et Gellé sont les plus usités et réunissent la plupart des conditions que Ton doit rechercher dans la pratique 4e la ville. Récemment le lit de Thomas a été adopté par les hôpitaux militaires; il offre l'avantage de ne nécessiter qu'un seul système de suspension, que l'on peut appliquer successivement aux différents lits d*une même salle. Pendant les dernières guerres d'Amérique, on'a employé avec avantage le lit d'Hamilton, qui n'est en somme que le brancard ordinaire, dont le fond est formé par une forte toile perforée au niveau du siège et recouverte de deux draps placés l'un au-dessus, l'autre au-dessous de l'ouverture. Ce brancard est placé sur un lit ordinaire garni de ses matelas et le malade installé sur le tout ; lorsqu'on veut lui passer le bassin, refaire le lit, etc., deux infirmiers saisissent les poignées du brancard à chaque extrémité et le déposent sur deux chevalets sans qu'il soit nécessaire de découvrir le blessé : ce brancard peut aussi servir à transporter le blessé, pour l'installer, pendant l'été, dans une cour ou sur une terrasse.

Dans les hôpitaux de Paris, plusieurs des modèles construits par les fabricants ont été essayés avec des avantages variables. Nous décrirons seulement ici un système fort simple qui est employé journellement dans quelques services.

Un châssis quadrangulairc en bois dur et ayant des dimensions un peu inférieures à celles du lit sur lequel il est appliqué, présente sur toute la longueur de ses barres une série de clous à crochets implantés de 12 centimètres en 12 centimètres. Ces crochets servent h fixer, au moyen d'une forte ficelle, une série do sanglètlle to

CUYON. I. — AÎ

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d'environ 20 centimètres de fargeor qui présentent à leur extrémité qoatn garnis d'oeillets métalliques dans lesquels passent les ficelles. On espace | moins ces sangles les unes des autres, suivant le besoin ; elles sont disposé dessus les draps, et le blessé repose immédiatement sur elles. Aux quatre ang cadre sont fixées les extrémités de deux cordes suffisamment fortes et dont la moyenne est destinée à venir s*accrocher au système de suspension qui n*es

Fia. 63. — Lit des hdpitaux.

que celui employé pour les grandes gouttières de Bonnet. Lorsqu'on veut < le bassin au malade ou lorsqu'on veut faire son lit, on passe les deux corde le crochet des mouffles et Ton élève par une traction qu'une seule personi pratiquer, le cadre à un pied environ au-dessus du lit, sans que le malade ait de faire un mouvement.

Ce système est fort simple; il peut être installé partout et à peu de frais, du lorsqu'on est pourvu des poulies qui servent à élever l'appareil. Il est rare, ( les sangles soiM bien tendues, que les blessés se plaignent de leur contact; o d'ailleurs les changer une à une et les espacer plus ou moins suivant que c nécessaire.

Nous ne dirons rien des diilërents lits dans lesquels le cadre et le systi soulagement font corps avec la couchette; très-élégants et fort commodes, i sont usités en Angleterre, mais à peu près inconnus chez nous. Ils ont seu rinconvénient d'être assez dispendieux.

Mentionnons simplement pour mémoire le système des matelas fractionn Fléchelle qui, vantés par Bouvier, essayés par Bégin et H. Larrey, ne paraisse pouvoir remplacer les lits mécaniques.

Les lits et matelas hydrostatiques sont d'un emploi beaucoup plus utile, lents pour prévenir les inconvénients de la compression chez les individus { posés aux eschares du sacrum ou atteints de brûlures, les lits et matelas hyc tiques commencent à entrer dans la pratique au grand avantage des malades

Le lit hydrostatique d'Amolt (de Londres), dont l'invention remonte à est formé d'une caisse rectangulaire remplie d'eau tiède et recouverte d'une impefoéible de dimensions suffisantes sur laquelle repose le matelas. Le i

floue réellement à la surface du liquide el la pression se trouve également répartie sur tous les points immergés. Ce lit peut dans quelques cas rendre de grands services, mais il a l'inconvénient d*être dispendieux, embarrassant et d'un entretien difficile; les malades se plaignent en outre souvent d'être sans cesse en mouvement à la surface du liquide, et il est arrivé quelquefois que par suite de la déchirure de l'étoffe qui les sépare de l'eau contenue dans la caisse, ils ont été sur le point d'y être complètement submergés. Ce lit du reste a été à peine essayé en France.

Les matelas hydrostatiques le remplacent du reste avantageusement. Bien qu'ils n'offrent pas comme ce dernier une répartition absolument rigoureuse de tous les points par lesquels le corps repose sur eux, ils soulagent cependant beaucoup les malades qui en font usage.

M. Nélaton avait autrefois proposé l'emploi d'un système analogue ; il consistant à assembler plusieurs vessies de porc insufflées et maintenues humides, dans un sac, de toile, et à s'en servir eu guise de matelas pour les malades qui présentaient des eschares au sacrum.

Dq>uis que l'extension donnée à la fabrication du caoutchouc à permis d'employer cette substance à la confection des matelas hydrostatiques, ceux-ci sont devenus d'un usage commode; ces matelas peuvent être placés dans tous les lits et peuvent même faire partie d'un lit mécanique, comme dans l'appareil de Kooper.

Ceux qui sont fabriqués à Paris par Galante sont formés par une enveloppe de caoutchouc, ayant la forme d'un matelas ordinaire; l'écartement des deux faces supérieure et inférieure est limité par trois rangées de capitons. L'eau introduite par un tube de caoutchouc auquel on visse un entonnoir et qu'une monture de cuivre maintient ensuite parfaitement fermée, est emprisonnée dans l'enveloppe et donne au matelas une élasticité molle qui rend les pressions parfaitement supportables pour les malades.

On emploie pour remplir le matelas de l'eau tiède, dont la température se maintient à peu près uniforme pendant plusieurs jours. On fabrique des matelas entiers ayant les dimensions d'un lit ordinaire et des demi-matelas de grandeur moitié moindre ; les derniers sont suffisants dans la plupart des cas; on les place sous le tronc et le siège des malades. Le prix encore assezélevé des matelas hydrostatiques et leur rupture possible dans des cas heureusement rares, ce qui expose le lit des malades à des inondations véritables, sont les seuls reproches que l'on puisse foire à ces excellents appareils. La manière dont on les manœuvre permet le plus souvent d'éviter les ruptures; il faut, en effet, lorsqu'ils sont remplis, ne soulever et ne déplacer les coussins hydrostatiques que par l'intermédiaire d'une alèze qoe l'on place à demeure au-dessous; en saisissant l'alèze par les quatre angles, il est facile de manœuvrer les coussins avec sécurité.

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