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COLLECTIONS PURULENTES DES ARTICULATIONS

Lorsqu'une articulation ne renferme que de la sérosité^ il faut que ce liquide soit en très-grande quantité pour obliger le chirurgien à recourir à une opération. Il n'en est plus de même quand la membrane synoviale sécrète du pus ; dans ce cas, dès que la collection purulente est appréciable^ une opération devient à peu près indispensable.

La ponction sous-cutanée^ avec ou sans injection^ est alors indiquée. Nous n'avons pas besoin de revenir sur ce procédé. On peut,, au lieu d'injecter un liquide irritant, laver par des injections d'eau la membrane synoviale^ pour la débarrasser de tous les produits qui seraient de nature à nuire au rétablissement de ses fonctions^ et comprimer doucement l'articulation après l'avoir recouverte de compresses résolutives (Chassaignac).

Drainage. — L'ouverture des abcès articulaires expose aux accidents qui constituent l'infection putride^ et presque toujours

la mort survient, quand une grande membrane synoviale qui suppure est mise au contact de l'air par une simple incision.

Par la ponction sous-cutanée, on cherche à prévenir cette action de l'air; mais le pus, en continuant à s'accumuler dans l'articulation après l'opération, ne tarde pas à s'introduire dans le trajet du trocart, ou à ulcérer la peau.

Depuis quelques années, j'ai eu souvent recours au drainage articulaire, et jamais je n'ai vu se produire l'infection putride.

Quand la suppuration de l'articulation dépendait d'une lésion profonde des os, je n'ai pas obtenu la guérison, mais l'opération a toujours soulagé les malades, sans donner lieu au moindre accident.

Je n'hésite donc point à dire qu'un abcès articulaire peut et doit être promptement ouvert, et qu'au lieu d'empêcher l'introduction de l'air, on doit en faciliter l'entrée et surtout la sortie, en passant au milieu du foyer un de ces tubes de caoutchouc percés en un grand nombre de points, dont M. Chassaignac a, le premier, conseillé l'emploi.

La présence de ces tubes dans les abcès prévient la décomposition du pus, et s'oppose à l'empoisonnement décrit par Bérard aine, sous le nom d'infection putride.

ARTICLE III

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