SUTURES
qui la pousse^ on a imaginé un porte-épingle que l'on trouve maintenant sur toutes les pinces à torsion qui sont fabriquées en France (fig. 11). Il consiste dans une rainure pratiquée sur la face interne des deux mors de la pince^ et surmontée par une petite cavité destinée à loger la tête de l'épingle. La pince étant fermée, l'épingle est maintenue solidement, et peut être enfoncée, sans difficulté, à travers des parties très-résistantes.
Dès que la première épingle est placée, on passe au-dessous de ses deux extrémités une anse de fil dont les deux chefs sont confiés à un aide; puis le chirurgien continue à appliquer les autres épingles, dont le nombre varie suivant l'étendue de la plaie.
Quand elles sont toutes appliquées, les deux mains du chirurgien tenant chacune, entre le pouce et l'indicateur, un des chefs de la ligature, portent la partie intermédiaire au-dessus de la première épingle ; puis, engageant sous sa pointe le chef qui correspond à cette extrémité, et sous sa tête celui de l'autre côté, l'opérateur les entrecroise sur la ligne médiane, en prenant de la main droite le bout que tenait la main gauche, et de la main gauche celui que tenait la main droite (fig. 12).
Après cet entrecroisement en X des deux chefs, celui qui vient de passer sous la pointe de l'épingle est porté au-dessus de sa tête, et celui qu'on a fait passer au-dessous de la tête est porté au-dessus de la pointe.
Ramenés ensuite de haut en bas au-dessous de ces extrémités, les deux chefs s'entrecroisent de nouveau sur la ligne médiane pour continuer à décrire des huit de chiffre dont la partie rétrécie correspond au point de réunion des lèvres de la plaie. Pour passer d'une épingle à Tautre, les deux chefs du fil sont croisés en X sur la partie de la plaie qui est intermédiaire aux deux épingles, et l'on continue ainsi les huit de chiffre jusqu'à ce qu'on soit arrivé ^^^' ^^'
à l'extrémité opposée à celle par laquelle on a commencé. Pour ne pas s'exposer à enfoncer les épingles dans la peau, il est bon, au moment où l'on passe le fil au-dessous de leur pointe.
12 RÉUNIOiX DES PARTIES DIVISÉES.
d'appuyer l'indicateur sur leur tête, pour relever par un mouvement de bascule leur extrémité pointue (fig. 12, C).
FiG. 12.
On arrête la suture par un double nœud ou par une rosette. Une bandelette de linge ou de sparadrap est ensuite passée sous les extrémités des épingles, pour prévenir la pression qu'elles pourraient exercer sur la peau. On coupe leur pointe avec de forts ciseaux ou avec un sécateur, pendant qu'un aide, si ce n'est le chirurgien, soutient leur tête entre le pouce et l'indicateur.
2° Suture enchevillée. — On prend autant de liens qu'on peut faire de points de suture, et on les enfile chacun dans une aiguille ; ils sont doubles, et l'une de leurs extrémités représente une anse. Tenant une de ces aiguilles comme une plume à écrire, le chirurgien l'enfonce à travers les deux lèvres de la plaie, rapprochées par un aide, ou bien successivement a travers la droite, de dehors en dedans, puis de dedans en dehors, à travers la lèvre opposée. L'aiguille, en passant;, entraîne le fil double après elle.
Tous les fils ayant été passés de cette manière, on glisse dans leurs anses un bout de sonde, une plume ou tout autre corps analogue, et les dédoublant à leur autre extrémité, on les noue sur une autre sonde, de manière à tenir en contact les lèvres de la plaie.
3° Suture entrecoupée. — Cette suture n'est que le premier temps de celle que nous venons de décrire. Quand les fils, qui