CENTRES NERVEUX
§ l^"". — Hydrocéphale.
Anafomie patEioIogSque. — L' accumulation de sérosité qui constitue l'hydrocéphale se fait le plus souvent dans les ventricules du cerveau^ et quelquefois dans la cavité arachnoïdienne ; le liquide de l'épanchement, dans lequel on trouve souvent quelques flocons albumineux^ a plus ou moins de transparence. Sa quantité est très- variable ; elle peut être de plusieurs litres. La sérosité distend l'encéphale et le déplisse à mesure qu elle s'accumule dans les ventricules.
Lorsque l'épanchement est tel qu'on ne peut pas en espérer la disparition par l'action lente des vaisseaux absorbants^ quelques chirurgiens conseillent d'avoir recours à l'évacuation du liquide par la ponction du crâne et de l'encéphale.
Fonction. — Les lieux d'élection de la ponction dans l'hydrocéphale sont la suture frontale et la suture front o-pariétale. La principale précaution consiste à ne pas ponctionner sur le trajet d'un sinus veineux. Le trocart avec lequel on fait la ponction doit être enfoncé à une profondeur qui varie suivant le volume de la tumeur^ suivant l'épaisseur qu'on pourra supposer à la paroi cérébrale qui forme la cavité dans laquelle est contenu le liquide de l'épanchement.
Reconnaissant que presque tous les malades succombent après l'évacuation complète du liquide^ on a essayé de faire plusieurs ponctions successives à des intervalles qui varient depuis quelques jours jusqu'à un ou deux mois. Je donnerais la préférence à ce procédé sur celui de Lecat^ qui laissait dans la plaie la canule du trocart^ dont il fermait l'ouverture extérieure
HYDRORACHIS^ OU SPINA-BIFIDA. 281
avec un emplâtre agglutinatif^ pour pouvoir évacuer le liquide en plusieurs fois, mais dans une même séance.
Malgré les quelques observations de guérison qui ont été publiées depuis quelques années, il faut regarder la mort comme la conséquence ordinaire de cette maladie^, quand elle a acquis un développement assez considérable pour qu'on soit tenté de pratiquer la ponction.
§ 2. — Hydrorachis, om spina-lsiSda.
jinatomîe pathologique. — L'hydrorachis est caractérisée par une lacune du racliis qui laisse arriver sous la peau le liquide séreux contenu dans la cavité des membranes de la moelle épinière. Cette affection se traduit par une ou plusieurs tumeurs sur un point quelconque de la colonne vertébrale. Le plus souvent il n'y en a qu'une, et son siège est au niveau des lombes ou dans la région sacrée. La tumeur est pédiculée ou bien elle a une base large.
Opération. — On trouve dans l'histoire du spina-bifida un assez grand nombre de faits qui prouvent que cet état morbide peut se modifier spontanément ou à la suite d'une opération^ au point de permettre au malade de vivre jusqu'à un âge avancé. J'ai moi-même donné des soins à un homme de trente ans^ qui, affecté d'un spina-bifida, n'en était pas moins heureux auprès des femmes. Je dois pourtant ajouter que, malgré l'affaissement de la tumeur, cet homme était fort incommodé par une incontinence de l'urine et des matières fécales.
Les opérations qu'on a pratiquées dans le but d'obtenir la guérison de l'hydrorachis doivent être distinguées suivant que la tumeur est ou non pédiculée.
A. Tumeur pédiculée. — V Compression. — Lorsque la tumeur est pédiculée, il faut exercer avec les mains une compression sur le fond de la poche pour en chasser jusqu'à la dernière goutte de liquide, et lorsqu'on est bien sûr que tout est rentré dans la cavité arachnoïdienne , on applique sur le pédicule de la tumeur une pelote qu'on maintient au moyen d'une bande serrée autour du corps. Des compresses graduées sont appliquées sur le reste de la poche et maintenues par quelques tours de bande.
On cherche, dans ce cas, à obtenir Loblitération de la tumeur par l'adhésion de ses parois l'une contre l'autre, but qu'on atteint d'autant plus facilement, que la compression du pédicule
282 OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LE SYSTÈME NERVEUX.
s'oppose d'une manière plus efficace au passage du liquide arachnoïdien.
C'est pour Thydrorachis à tumeur pédiculée que conviendraient les procédés de compression de Beynard et de M. Paul Dubois.
a. Procédé de 31. Beynard. — Deux tubes traversés par un cordonnet sont appliqués sur le pédicule de la tumeur, l'un d'un côté, l'autre de l'autre. Le liquide ayant été réduit, un aide tenant les deux tubes assez rapprochés pour que les parois du pédicule soient au contact immédiat, le chirurgien s'empare des deux bouts du cordonnet qu'il noue solidement, de manière à fixer les tubes jusqu'au moment où l'on pourra supposer l'adhésion définitive des parties mises en contact.
b. Procédé de M. P. Buhois. — Au lieu des tubes employés par M. Beynard, M. Dubois se sert de deux plaques de fer convexes du côté par lequel elles se correspondent, et maintenues en place par un cordonnet qui va de l'extrémité de l'une à l'extrémité correspondante de l'autre et que l'on noue solidement.
2° Ligature. — 11 suffit de nommer cette méthode pour qu'on sache comment on la pratique. On a proposé d'y joindre la ponction préalable ; mais cette précaution ne peut aA'oir aucun avantage, puisque la ligature n'a d'autre but que de réunir par première intention les bords de l'ouverture par laquelle la tumeur communique avec la cavité arachnoïdienne. M. Beaussier n'a placé la ligature qu'après avoir cautérisé la peau du pédicule avec la pâte de Vienne.
3° Excision. — Passez à travers le pédicule de la tumeur des épingles en nombre suffisant pour pouvoir faire une suture entortillée; faites maintenir les parois du pédicule en contact, afin que leur écartement ne retire pas les épingles ; puis tenant la tumeur de la main gauche, excisez-la avec un bistouri, en coupant à un centimètre et demi au-dessus du niveau de la peau. Passant ensuite un fil double autour des épingles, vous pratiquez une suture entortillée, que vous laissez en place pendant six ou huit jours.
On peut aussi commencer par exciser la tumeur et ne passer les épingles qu'après l'excision ; mais je préfère le premier mode opératoire, qui a l'avantage de mettre la cavité rachidienne moins longtemps en communication avec l'air extérieur.
En employant la suture enchevillée , on pourrait la laisser appliquée pendant une dizaine de jours, ce qui augmenterait les chances favorables de l'opération.