SECTION DES NERFS
Tumeur à base large. — 1° Compression. — Dans ce cas^ on exerce la compression sur la tumeur directement d'arrière en avant, et non plus comme dans le cas où il y a un pédicule^ dans le but d'obtenir l'adhésion des deux parois.
On a donné le conseil d'évacuer préalablement par la ponction une certaine quantité de sérosité.
Asti. Cooper comprima graduellement dans un cas avec un moule de plâtre dont il remplit peu à peu la concavité^ et qu'il remplaça plus tard par un bandage semblable à ceux dont on se sert pour maintenir les hernies ombilicales.
2° Acupuncture. — Sur trois cas d'hydrorachis dans lesquels Astley Cooper essaya l'acupuncture^ en enfonçant des aiguilles dans la tumeur, à plusieurs reprises et à des intervalles variables, il y eut deux cas de guérison. On trouve dans les Archives de médecine plusieurs faits qui prouvent encore que les malades peuvent guérir par ce moyen.
Incision. — L'incision est le procédé le plus dangereux, 11 a plusieurs fois amené une mort prompte.
Séton. — La raison ne repousse pas ce moyen^ qui n'a pourtant jamais produit de guérison.
Injection. — Dans ces derniers temps ^ on a rapporté quelques cas heureux d'hydrorachis traités par les injections de teinture d'iode.
Appréciation. — On peut guérir l'hydrorachis qui ne communique avec la cavité rachidienne que par un orifice trèsétroit^ en ayant recours à la compression du pédicule de la tumeur dont on évacue le contenu,, lorsqu'on suppose que l'orifice de communication entre la tumeur extérieure et l'intérieur du rachis est oblitéré.
Il arrive aussi qu'une tumeur qui a communiqué avec la cavité rachidienne s'en isole et devient un simple kyste dont la guérison peut être obtenue très-facilement , soit par ponction^ soit par incision^ et surtout par une injection de teinture d'iode. Il faut se souvenir de la possibilité de pareils faits^ pour apprécier toutes les guérisons. dont on a rapporté les observations.
Quand le spina-bifida se manifeste par une tumeur à base large, la compression est le seul moyen que j'ose conseiller.
§ 3, — Section aes nerf^.
Depuis quelques années, on a fait souvent la section des nerfs pour remédier aux douleurs névralgiques. J'aurais beaucoup à
28^ OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LE SYSTÈME NERVEUX.
dire à ce sujet, si les proportions restreintes que je veux donner à ce liwe mêle permettaient. Je tâcheim de formuler mon opinion en quelques lignes.
Quand une douleur névralgique a sa source dans une lésion extérieure, lorsque c'est par son extrémité périphérique qu'un nerf cause de la douleur, il est bien évident que la section du rameau nerveux qui transmet la sensation au centre qui la perçoit doit faire cesser la névralgie^, au moins momentanément. Mais les choses ne se passent pas toujours ainsi. Il arrive souvent que les névralgies sont sous la dépendance d'une congestion des vaisseaux de la tête^ coïncidant avec l'époque menstruelle chez les femmes , liée à la suppression d'un flux hémorrhoïdal;, etc. Le plus ordinairement la lésion, cause de la maladie, nous échappe, et dans ces cas il faut oublier les. plus simples notions de la physiologie, pour croire que la partie où l'on ressent la douleur est fatalement le siège de la cause du mal. Quand le nerf cubital est froissé au coude, est-ce que la douleur n'est pas surtout perçue à la main? Il en est de même pour tous les nerfs ; seulement tous ne sont pas exposés comme le nerf cubital. Il suffit d'avoir été blessé sur le trajet d'un nerf pour savoir combien est douloui'euse cette irradiation de la douleur vers la périphérie du corps.
On m'objectera peut-être que beaucoup de névralgies cèdent à la section d'un rameau nerveux. Je ne le nie pas ; mais cela ne prouve pas grand' chose en faveur de l'opération. Nous avons tous assisté à l'étrange spectacle de chirurgiens brûlant une partie de l'oreille de tous les malades affectés de sciatique, qui leur tombaient sous la main. J'ai vu aussi un chirurgien qui combattait les névralgies faciales en pratiquant une petite incision derrière l'oreille, et qui pourtant avait la prétention d'être physiologiste !
Je suis donc convaincu que la douleur produite par une opération, quelle qu'elle soit, peut supprimer une névralgie, et que, le plus souvent, la section d'un nerf n'agit pas autrement.
Je décrirai pourtant le mode opératoire de la section des nerfs de sensibilité; mais je croirais faire injure à mes lecteurs en décrivant, en 1858, la section du nerf facial. S'il est, en effet, une chose bien établie en physiologie, c'est assurément la propriété exclusivement moti-ice de ce nerf. Si l'on incisait un ramuscule de cette branche, on aurait de grandes chances pour diviser en même temps des filets de la cinquième paire, et, dans ce cas, il pourrait se faire qu'on eut une action sur la