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CHAPITRE XI

OPÉRATIONS QU'ON PRATIQUE SPÉCIALEMENT SUR LES MUSCLES, SUR LES TENDONS ET LES APONÉVROSES,

ARTICLE PREMIER

Le mot ténotomie est employé par la plupart des auteurs pour désigner aussi bien la section des muscles que celle des tendons, des ligaments et des aponévroses. Bourgery a proposé de reaiplacer ce mot par l'expression sclérotomie, plus conforme à l'idée générique qui comprend dans une même désignation la myotomie, la ténotomie, Vaponévrotomie, etc. Nous conserverons pourtant le mot de ténotomie,- parce qu'il est plus généralement employé.

Bien que cette opération ait été pratiquée dès le xvn*^ siècle, et répétée depuis lors un assez grand nombre de fois, ce ne fut guère qu'en 1833 qu'elle fut définitivement classée parmi les opérations méthodiques, époque à laquelle Stromeyer commença à lui donner une partie de l'importance que lui ont acquise plus lard les travaux de MM. J. Guérin, Bouvier, Dieffenbach, etc.

Il faut aussi rappeler la section du tendon d'Achille, faite par Delpech en 1816, celle du muscle sterno-mastoïdien pratiquée par Dupuytren en 1822; car c'est là le point de départ de la méthode sous-cutanée, sans laquelle la ténotomie serait toujours restée une opération tout exceptionnelle.

Avant de parler du mode opératoire, nous devons mentionner quelques principes d'anatomie et de physiologie pathologiques sur lesquels M. J. Guérin a beaucoup insisté :

1" Entre la contracture et la rétraction musculaires, il y a une

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différence capitale, qu'il ne faut jamais perdre de vue dans les indications de la ténotomie.

Bàïis Ibl contracture, il n'y a pas d'altération organique du muscle^ il n'y a qu'un plissement permament de ses fibres. Dans la rétraction, au contraire^ le muscle deyient fibreux.

Il résulte de là que^ dans le premier cas^, il est possible de ramener les parties dans leur état naturel par une simple extension^ ce qui devient, dans le second, d'une très-grande difficulté.

2° Le premier effet de la section du tendon d'un muscle rétracté estl'écarfement de ses deux bouts; mais la continuité se rétablit par une cicatrice qui se forme aux dépens du tissu cellulaire ambiant par un dépôt plus ou moins considérable de lympbe plastique.

D'après les recherches de M. Bouvier, un écartement de deux pouces (6 centimètres) n'empêche pas les deux bouts divisés de se réunir par une substance intermédiaire ; mais si cette distance est portée plus loin, les extrémités du tendon se cicatrisent isolément.

3° Du rôle important que remplirait la gaîne cellulo-fîbreuse dans la réparation du tendon divisé, quelques auteurs ont déduit le précepte de la ménager autant que possible dans l'incision. M. J. Guérin pense que la gaine est étrangère au travail de réparation, mais il veut qu'on la ménage parce que , sans cette précaution, on courrait grand risque de donner lieu à une cicatrice adhérente aux tissus voisins, qui nuirait infailliblement aux fonctions du muscle. Ce précepte est surtout utile pour les tendons qui ont une gaîne aponévrotique très-résistante.

Mode opératoire. — Jusqu'à Delpech, la ténotomie avait été pratiquée directement par une section à peu près égale de la peau et du tendon. Depuis, ce procédé a été complètement abandonné, et il n'est plus personne qui ose le mettre en parallèle avec la méthode sous-cutanée.

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