‹ Éléments de chirurgie opératoireChapitre 164 sur 263 · C. Pince tenue par la main C · texte numérisé non relu

C. Pince tenue par la main C

gauche du clnrurgien.

D. Ciseaux coupant l'iris at-

tiré au dehors.

FlG. 191.

Poux la méthode de l'excision^ le procédé de M. Desmarres me semble offrir les plus grandes garanties d'innocuité et d'efficacité.

§ 3, — Glaucome.

C'est à la section de l'iris que M. de Grgefe (de Berlin) a recours pour le glaucome.

Après ce qui vient d'être dit au sujet de la pupille artificielle^ je n'ai point à décrire cette opération^ qui n'est autre chose que l'iridotomie (voy. page ki2).

Pour le glaucome, M. Hancock incise la sclérotique avec un couteau à cataracte qu'il enfonce obliquement derrière le point de jonction de la cornée avec la sclérotique, en dirigeant le tranchant de l'instrument d'arrière en avant.

M. Serres (d'Uzès) regarde cette incision comme étant propre à conjurer les accidents inflammatoires qui suivent l'opération de la cataracte par abaissement.

/ils OPÉRATIONS OU ON PRATIQUE SUR LES YEUX.

§ 4. — Ponction de l'œil.

On pratique la ponction de Toeil pour Vhydrophthalmie, Yhypopyon et pour Vempyésis., qui est l'abcès de la chambre postérieure de l'œil.

Pour cette opération^ le malade e'tant assis et maintenu par des aideS;, comme nous Tavons indiqué pour la cataracte, ses paupières étant écartées par le pouce et l'indicateur gauches du chirurgien^ celui-ci plonge un bistouri pointu au milieu de l'œil^ de manière à permettre au liquide de s'écouler le long de la lame de l'instrument à mesure qu'il la retire. Il faut^ autant que possible, s'efforcer de donner issue au pus et à la sérosité accumulés,, sans exercer de pression sur l'œil.

Au lieu d'un bistouri^ on s'est servi d'un kératotome avec lequel on a incisé la partie inférieure de la cornée^, comme s'il s'était agi de pratiquer l'extraction de la cataracte par la kératotomie inférieure.

Le lieu où l'on plonge le bistouri doit être voisin de la circonférence de la cornée ; mais si cette membrane ou la sclérotique offrait quelque point ramolli ou profondément altéré^ c'est par là qu'il faudrait donner issue au liquide épanché dans l'une des chambres de l'œil.

Je ne parle pas du trocart dont on s'est servi autrefois^ parce que, aujourd'hui, son usage est généralement abandonné.

Mais je crois qu'un instrument semblable à l'aiguille dont M. Laugier se sert pour opérer les cataractes molles par succion pourrait rendre ici les plus grands services.

Dans les cas d'onyx, le pus étant épanché entre les lames de la cornée, on doit lui donner issue par une ponction faite avec un bistouri étroit qu'on plonge obliquement. Mais il faut bien se garder d'intervenir quand le pus n'est pas en quantité notable, car une simple ponction est sans résultat dans le cas oii il n'y a qu'une couche mince de pus entre les lames de la cornée ; il vaut souvent mieux attendre que le pus se fasse jour au dehors ou qu'il soit résorbé.

§ 5. — Excision de la cornée.

Après la fonte purulente de l'œil, il peut être utile d'exciser la cornée et même une partie de la sclérotique, afm d'adapter

OPÉRATIONS SUR LES MILIEUX DE l'œIL. 419

un œil artificiel au moignon que les muscles font encore mouvoir. Cette excision est une opération tellement simple, qu'il suffit de l'indiquer pour la faire comprendre. Disons seulement qu'elle peut être faite d'un coup de ciseaux; mais que, le plus souvent, après avoir fait à la cornée un lambeau comme s'il s'agissait de l'opération de la cataracte par extraction, on achève l'excision d'un coup de ciseaux pendant qu'avec une pince ou une érigne on tend la partie da lambeau déjà détachée.

Les suites de cette opération étant souvent fort graves à cause de l'inflammation qui se produit, il faut soumettre le malade à une diète rigom^euse et recouvrir la région orbitaire d'un cataplasme émollient et même d'une vessie pleine de glace, si l'on craint une réaction violente.

Au bout de quelques jours, quand la suppuration est bien étabhe, on se contente de panser la plaie avec de la charpie recouverte de cérat.

§ 6. — Extirpation du globe de r«Bll.

Procédé ordinaire. — Après avoir fixé le globe oculaire avec une érigne, on prolonge l'angle palpébral externe au moyen d'une incision faite avec le bistouri; on dissèque les paupières en séparant leur face interne du globe de l'œil, on les renverse en dehors et on les fait tenir par des aides armés de crochets mousses ou de pinces à disséquer; puis, plongeant un bistouri droit, tenu comme une plume à écrire, dans l'angle orbitaire interne, le long de l'ethmoïde jusque auprès du trou optique, on le promène de dedans en dehors sur toute la demi-circonférence inférieure de l'orbite, pour en détacher les parties molles. On en fait autant pour la demi-circonférence supérieure, de manière que les deux incisions viennent se réunir au côté externe. L'œil ne tient plus alors qu'au fond de l'orbite par les muscles et le nerf optique formant un pédicule que l'on coupe d'un seul coup avec le bistouri ou bien avec des ciseaux courbes.

Si la glande lacrymale est comprise dans la dégénérescence organique pour laquelle on extirpe le globe de l'œil, le chirurgien doit l'enlever en la comprenant dans Tincision supérieure. Mais si elle est saine, cette précaution n'est pas indispensable, parce que la glande s'atrophie, quand après l'extirpation de l'œil son existence est devenue inutile.

Quand les paupières sont comprises dans la dégénérescence^ on les cerne par deux incisions semi-lunaires qui suivent les bords de l'orbite et circonscrivent toutes les parties altérées.

Panjsement. — Rarement on est forcé de recourir à la ligature des rameaux de l'artère ophthalmique qui laissent écouler du sang après cette opération. Une légère compression avec un peu de charpie sèche ou d'amadou est presque toujours suffisante. Dans le cas contraire, l'application d'une solution à 30 degrés de perchlorure de fer arrêterait infailliblement l'hémorrhagie. Des boulettes de charpie enduites d'huile fraîche et introduites dans la cavité orbitaire soutiennent les paupières quand on a jugé possible de les conserver. Ce petit pansement est maintenu par un bandeau qui couvre la région orbitaire sans y exercer de compression.

Procédé de M. Bonnet. — Ce procédé^ qui n'est applicable qu'aux cas où le globe oculaire est seul affecté^ consiste à énucléer en quelque sorte cet organe de sa capsule fibreuse, que l'on doit conserver autant que possible dans son intégrité. Le muscle droit interne est d'abord coupé comme dans l'opération du strabisme^, puis des ciseaux introduits par la plaie détachent circulairement les autres muscles droits^ l'aponévrose, et en dernier lieu les muscles obliques et le nerf optique.

§ 7. — Yeux artificiels.

11 faut attendre, pour poser un œil artificiel, que la surface du moignon soit cicatrisée. On commence par an œil d'un petit volume, et l'on augmente progressivement sa grosseur tant que les parties s'affaissent.

La pièce doit avoir des bords bien mousses et une surface bien lisse; elle ne doit jamais dépasser le volume de l'œil sain.

Pour l'appliquer, on la glisse d'abord au-dessous de la paupière supérieure relevée ; puis, abaissant la paupière inférieure, on introduit entre elle et le moignon le bord inférieur de cet œil.

Un œil artificiel ne doit rester d'abord en place que huit ou dix heures. 11 suffit, pour l'enlever, d'introduire sous son bord la tète d'une grosse épingle.

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