‹ Éléments de chirurgie opératoireChapitre 167 sur 263 · C. Cornet inférieur · texte numérisé non relu

C. Cornet inférieur

D. Rebord de la branche Z montante du maxillaire jj supérieur.

F. Orifice de la trompe d'Eustache.

G. Bout de sonde dans la trompe d'Eustache.

La trompe d'Eustache s'ouvre dans le pharynx, derrière le cornet inférieur, à peu près au niveau de la partie moyenne du méat inférieur (fig. 192). Elle est, dans ce point, entourée à sa demi-circonférence postérieure d'un bourrelet qu'un doigt introduit par la bouche rencontre sans la moindre difficulté, et qui devient aussi le meilleur guide pour l'introduction d'une sonde dans l'orifice guttural de ce conduit.

Opération. — On a proposé de sonder la trompe d'Eustache par la bouche ; mais comme cette opération est complètement abandonnée, je ne parlerai que du cathétérisme par les fosses nasales.

Procédé ordinaire. — Le malade étant assis sur une chaise, sa tête renversée en arrière, reposant sur la poitrine d'un aide qui, de ses deux mains, s'oppose à tout mouvement de l'opéré, le chirurgien, placé au-devant du malade, saisit de la main droite la sonde d'itard, qui ressemble un peu à une sonde de

CATHÉTÉRISME DE LA TROMPE d'eUSTACHE. 429

femme ouverte à ses deux extrémités, l'introduit par la narine correspondant à la trompe qu'on veut sonder, la glisse d'avant en arrière, le bec de l'instrument étant tourné en bas et en dehors, et glissant par conséquent dans le méat inférieur, tandis que sa convexité est tournée du côté de la cloison.

Quand la sonde a dépassé la portion osseuse du palais, ce qu'on reconnaît à un mouvement de déglutition que le malade opère en ce moment, le chirurgien relève un peu le bec de l'instrument, et continuant à le pousser d'avant en arrière contre la paroi externe des fosses nasales, il le fait arriver dans l'orifice de la trompe.

Procédé de M. Gaiml. ^- Ce procédé consiste à imprimer un mouvement de rotation à la sonde dès qu'elle a dépassé la portion osseuse du voile du palais. Dans ce mouvement, le bec de l'instrument est porté de bas en haut, en décrivant ainsi un quart de cercle. En poussant la sonde d'avant en arrière, pendant qu'on lui imprime le mouvement de rotation indiqué plus haut, on la fait inévitablement pénétrer dans la trompe.

Procédé de M. Deleau. — Au lieu d'une sonde métalUque, M. Deleau se sert d'une sonde de gomme qu'il introduit au moyen d'un mandrin sur lequel il la fait glisser dans l'ouverture de la trompe, dès que le conducteur y est entré.

Le mandrin ayant été retiré, M. Deleau se sert de la sonde pour injecter de l'eau, et plus souvent de l'air, qu'il préfère aux liquides.

Après avoir fait répéter par un grand nombre d'élèves le cathétérisme de la trompe d'Eustache, j'ai reconnu que, malgré la supériorité du procédé de M. Gairal sur le procédé ordinaire, il est rare que, à moins d'une grande habitude, on puisse, en y ayant recours, assurer que la sonde pénétrera dans la trompe sans hésitation et sans tâtonnement.

Convaincu de l'insuffisance des points de repère indiqués par les auteurs, j'ai depuis longtemps conseillé aux élèves qui suivaient mes cours le procédé suivant :

Lorsque la sonde est arrivée au niveau de la portion membraneuse du palais, j'introduis l'indicateur de la main gauche dans la bouche de l'opéré; je le porte par-dessous le voile du palais, qu'il relève, jusque sur le bourrelet postérieur de la trompe, contre lequel je l'appuie (fig. 193), pendant que de la main droite je pousse la sonde dans cette direction. Je retire l'indicateur gauche dès que j'ai senti le bec de l'instrument arc-bouter contre lui à travers la paroi postérieure de la trompe.

OPÉRATIONS SUR l'aPPAREIL DE l'aUDITION.

Avec cette modification^ le cathéte'risme de la trompe d'Eustache devient une opération des plus faciles. Quelques personnes supportent d'abord avec beaucoup de peine l'introduction du doigt dans la gorge : mais comme ce n'est jamais une opération urgente, on leur donne le temps de s'habituer à la présence d'un corps étranger qu'on leur fait introduire ellesmêmes une ou deux fois par jour.

Je ne décrirai pas le cathétérisme pratiqué par la narine du côté opposé à la trompe sur laquelle on opère^ parce que toutes les descriptions qui en ont été données n'indiquent aucun point de repère qui puisse guider dans cette opération. Si la narine du côté correspondant à la trompe obstruée était trop étroite pour permettre Tintroduction d'une sonde, il faudrait avoir recours à ce procédé, et, dans ce cas, l'indicateur gauche porté dans le pharynx, sur le bourrelet postérieur de la trompe, pourrait seul permettre de pratiquer ce cathétérisme sans difficulté et sans tâtonnement.

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