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COMPRESSION DES ARTÈRES

et seulement suffisante pour effacer le calibre du vaisseau. (Juand on presse avec trop de force ;, les doigts s'engourdissent et ne peuvent plus retrouver les battements de l'artère^, si un mouvement du malade vient à les déplacer.

Les élèves se préoccupent peu d'apprendre à faire la compression ; avant de l'avoir pratiquée^ ils regardent cette partie de l'opération avec un dédain regrettable.

11 serait à désirer qu'on leur apprît à maintenir la compression des artères pendant que des mouvements sont imprimés au membre comprimé.

Ce serait le plus sûr moyen de ne pas être gêné par le sang, qui trop souvent jaillit aux yeux de l'opérateur.

2° Le cachet ou la pelote. — Quand l'artère est située profondément, on se sert d'un cachet de bureau matelassé, ou bien d'une pelote montée sur un manche ; mais cet instrument est susceptible de se déplacer facilement, par cela même qu'on appuie avec force sur un vaisseau recouvert ou entouré de muscles qui se contractent.

3° Le garrot. — Le garrot, inventé à la fin du xvn*' siècle, est encore employé dans le cas où le nombre des aides est insuffisant et lorsqu'on n'a pas de tourniquet à sa disposition.

11 se compose : 1° d'une pelote qu'on applique sur l'artère; 2° d'une plaque de corne ou de cuir qui est pincée du côté opposé; 3"^ d'un lacs dont on entoure le membre et dont on noue let^ bouts; f-i^ d'un garrot ou bâtonnet qui, au niveau de la plaque, est noué au lacs qu'il tord par des mouvements de moulinet, et exerce ainsi une constriction par laquelle la pelote, tendant à se rapprocher delà plaque, ne tarde pas à effacer le cahbre de l'artère.

Quand le bâtonnet a été suffisamment tordu ^ on le fixe au lacs avec une corde.

k° Le tourniquet. — Le tourniquet le plus employé est celui de J. L. Petit. Il se compose de deuxparties^ dont l'une résulte de l'assemblage de deux plaques qui peuvent être éloignées ou rapprochées l'une de l'autre par une vis de pression. La surface qui doit s'appliquer sur l'artère est doublée d'un coussin recouvert d'un cuir moa. La seconde partie du tourniquet est une pelote qui s'applique sur le côté opposé et qu'un lacs unit au reste de l'appareil.

La vis de pression est destinée à serrer le lacs qui rapproche plus ou moins la pelote elles plaques^ suivant qu'on la tourne dans un sens ou dans l'autre (fig. 20).

M. ïardieU;, interne des hôpitaux^ a présenté, en 1867, à la Société de chirurgie, un appareil destiné à remplacer les doigts pour la compression de l'artère principale d'un membre : c'est une espèce de tourniquet dont la partie qui s'applique sur l'artère est composée de trois pelotes digitiformes placées sur le même plan, mais indépendantes les unes des autres, et susceptibles de se prêter isolément à une compression plus ou moins fortes.

Les trois pelotes juxtaposées s'appliquant suri' artère en trois points, auraient, suivant M. Tardieu, l'avantage de rompre le courant sanguin, de manière que la première pelote gênant déjà le passage du sang, rend bien facile la tâche de la seconde qui ne laisse presque rien à faire à la troisième.

J'ai vu employer cet appareil pour une opération que je pratiquais, et je dois dire que s'il ne m'est pas possible de me prononcer définitivement sur sa valeur, il ne laissa rien à désirer dans celte circonstance.

Appréciation. — Le toumiqnet et le garrot peuvent rendre de grands services à l'armée ou à la campagne, là où les aides intelligents ne sont pas en nombre suffisant; mais, toutes les fois qu'on le peut, on doit avoir recours à la compression faite par les doigts d'un aide.

Le cachet est utile pour comprimer l'artère sous-clavière sur la première côte, parce que la compression, en ce point, nécessite l'emploi d'une force qu'on ne peut pas continuer suffisamment en ne se servant que des doigts.

Quel que soit l'agent employé, on doit éviter de le faire porter sur les veines satellites des grosses artèrp,*^-

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