POLYPES DES FOSSES NASALES
instrument sur la partie de la base du cràne^ à laquelle correspond l'implantation du polype, il larugine jusqu'à la dénuder de son périoste et à extirper complètement le polype.
Je n'ai encore pratiqué cette opération qu'une fois^ et je ne peux pas assurer qu'elle sera applicable dans tous les cas; tout ce que je suis en droit d'affirmer, c'est qu'aucun des procédés employés pour détruire les polypes n'aurait eu un résultat aussi satisfaisant que la rugination chez le malade pour lequel j'ai inventé cette méthode opératoire.
Par la rugination de la base du crâne, toute opération préliminaire devra être rejetée.
Appréciation. — L'excisio7i est une méthode qui pourrait convenir s'il n'y avait qu'un polype^ que ce polype fût fibreux et qu'il fût situé près de l'orifice antérieur des fosses nasales. Pour tous les autres cas^ l'arrachement et la ligature sont préférables. V arrachement, lorsqu'il est complet^ est la méthode la plus sûre^ parce qu'elle enlève les racines de tumeurs qui sont remarquables par leur tendance à se reproduire ; mais on ne peut y avoir recours avec confiance que lorsque les polypes ont leur siège dans la moitié antérieure des fosses nasales. La ligature convient au contraire pour ceux qui, étant pédicules^ sont implantés à la paroi supérieure près du pharynx. Pour lier ces polypes, on peut se servir indifféremment de l'un ou de l'autre des divers instruments indiqués plus haut.
Je crois qu'il ne faut pas reculer devant la gravité d'une incision du voile du palais et d'une résection d'une portion de la voûte palatine, lorsque les polypes situés à la partie postérieure des fosses nasales ont un volume considérable ou sont en grand nombre, parce que autrement il est à peu près impossible d'être sûr que le mal a été complètement enlevé.
Dans tous les cas, il n'y aura de sécurité pour le malade que si les points d'implantation des polypes sont détruits par le fer rouge ou par un caustique.
La luxation du maxillaire supérieur après sa section transversale est sans doute une opération dont il faut tenir compte, parce que la consolidation des os s'obtient, dit-on, assez vite ; mais cette opération a été pratiquée trop rarement pour que je puisse me prononcer sur sa valeur.
La résection du maxillaire ouvre une large voie pour arriver sur le pédicule du polype, mais c'est un moyen bien cruel qu'il faut s'efforcer de remplacer par la rugination de la surface d'implantation du polype.
llQU OPÉRATIONS SUR l' APPAREIL DE l' OLFACTION.
Si je ne parle pas de Yélectrolyse que l'on a dit avoir guéri plusieurs polypes naso-pharyngiens, c'est qu'après avoir fait un grand bruit de cette opération^ on n^en a plus dit mot^ ce qui me porte à croire qu elle n'a pas tenu ce qu'elle avait promis.
§ 2. — Tamponnement des fosses nasales.
Le malade étant placé comme pour l'extirpation des polypes, le chirurgien introduit dans la fosse nasale qui est le siège de l'hémorrhagie une sonde ordinaire, ou mieux une sonde de Bellocq, dont l'extrémité est amenée dans la bouche (fig. 216). On attache aux yeux de cette sonde les deux chefs d'un fil ciré très-résistant, au milieu duquel est lié un bourdonnet de charpie assez gros pour boucher l'orifice postérieur des fosses nasales. En retirant la sonde par la narine, on entraîne la ligature, sur laquelle on tire jusqu'à ce qu'on rencontre une grande résistance provenant de l'obstacle que l'orifice postérieur des fosses nasales oppose au passage du bourdonnet.
Les deux chefs de la ligature étant alors écartés, on introduit dans leur intervalle des boulettes de charpie qui doivent être tassées dans le nez de manière à s'opposer au passage du sang qui coule dans la fosse nasale. Ce bouchon est retenu dans le nez par un double nœud des deux chefs de la ligature, qui fixe en même temps le bourdonnet à l'orifice nasal postérieur. L'hémorrhagie s'arrête alors parla coagulation du sang, qui ne trouve d'issue ni par l'un ni par l'autre des orifices antérieur et postérieur.
Lorsqu'on veut cesser le tamponnement, on coupe la ligature près du nœud, on enlève les boulettes de charpie, et quand il n y a plus que le bourdonnet, on le retire au moyen d'un fil, dont l'un des bouts a été fixé à ce corps avant son introduction, tandis que l'autre, passant au-dessous du voile du palais, sort par la bouche.
Procédé de M. Martin Saint-Ange. — M. Martin Saint-Ange a imaginé pour le tamponnement des fosses nasales un instrument qu'il nomme rhinobion, et qui consiste dans une canule s'ouvrant par Fune de ses extrémités dans un petit sac de baudruche, et munie à l'extrémité opposée d'un robinet qui, suivant le sens où on le tourne, empêche ou permet la communication avec l'air extérieur. Le rhinobion se fixe à l'une des ailes du nez au moyen d'un curseur mobile. Le petit sac étant vide, on le porte par le nez avec la tige à laquelle il est lié, jusqu'au