‹ Éléments de chirurgie opératoireChapitre 2 sur 263 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

région tout entière, mais seulement les rapports les plus indispensables.

Si, en donnant de longues descriptions anatomiques, on fatigue bientôt l'esprit de ceux qui ont beaucoup oublié, on s'expose également à produire des dessins trop compliqués, quand on représente tous les éléments anatomiques d'une région comme s'il s'agissait d'enseigner Tanatomie topographique.

Les régions ne seront donc ni décrites ni représentées dans l'acception que les anatomistes donnent à ce mot; j'indiquerai seulement les parties absolument indispensables pour la pratique des opérations. De cette manière le chirurgien n'aura pas besoin d'une longue étude pour comprendre les figures, et fixant son esprit sur un petit nombre d'objets, il pourra plus facilement en garder le souvenir.

Ce sont surtout les temps les plus difficiles des opérations que j'ai tâché de reproduire par des gravures.

Je n'ai point pensé qu'un ouvrage destiné à l'enseignement du manuel chirurgical dût traiter de l'art du dentiste (1), de l'art du pédicure, de la saignée , des exutoires, etc.; tout cela est du ressort de la petite chirurgie, et ferait hors-d'œuvre dans un livre qui ne doit servir à guider le chirurgien que dans la pratique des grandes opérations.

Je me suis efforcé de réduire le nombre des procédés,

(1) On m'a reproché de ne pas avoir décrit les opérations que l'on pratique sur les dents, et j'aurais probablement comblé celle lacune^ si ma pemière détermination n'avait été justifiée récemment par M. le professeur Malgaigne, qui vient de supprimer dans sa dernière édition le chapitre relatif à l'art du dentiste. — Mars 1864.

qui ajoutent aux difficultés de la chirurgie sans profit pour l'habileté de l'opérateur.

J'ai voulu cependant consigner dans ce livre tous les modes opératoires entre lesquels un chirurgien peut être appelé à choisir. Je n'ai repoussé que ceux qui, abandonnés par tous les opérateurs de nos jours, ne sont que du ressort de l'érudition pure. Mais j'engage les élèves à ne point chercher à tout apprendre en commençant, car j'ai la conviction qu'on ne peut devenir habile qu'en répétant souvent le même procédé avant d'en essayer un autre. Si l'on veut tout de suite comparer deux modes opératoires, le plus souvent on ne tarde pas à les confondre, et au bout de quelques jours on est tout surpris de son inhabileté. 11 faut d'abord avoir un terme de comparaison bien connu, pour pouvoir juger des qualités et des défauts des diverses opérations que l'on essaye.

Je trouve juste qu'on désigne certaines opérations par le nom du chirurgien qui en a eu la première idée ; mais comme il est souvent difficile de se prononcer dans les questions de priorité, et comme, d'ailleurs, cette nomenclature est très-fatigante pour l'esprit, je me suis attaché à ne désigner par des noms propres que les opérations qui. comme celles de Chopart et de Lisfranc^ ont une notoriété trop bien étabUe pour qu'on songe à les débaptiser.

Si je trouve des imitateurs, la même opération n'étant plus désignée en France par un nom et en Angleterre par un autre, le langage de la chirurgie opératoire ne tardera pas à devenir intelligible pour tout le monde.

J'ai exprimé mon opinion dans l'article Appréciation,

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qui termine la plupart des paragraphes, ne voulant point, à l'exemple de beaucoup de chirurgiens, désigner sous le nom de procédé de V auteur le mode opératoire auquel je donne la préférence. Les auteurs qui se servent de cette dénomination veulent dire qu'ils ont adopté le procédé, et non qu'ils l'ont inventé; puisque, le plus souvent, la même opération est décrite par deux personnes différentes sous la désignation de procédé de V auteur. Mais cette intention n'étant pas comprise par tout le monde, je crois qu'il est plus convenable de ne pas exposer le lecteur à ces sortes d'équivoques.

Ce livre n'est point une œuvre d'érudition, je me suis efforcé de le rendre élémentaire, en m'abstenant de toute discussion qui serait de nature à distraire l'esprit de la pratique même des opérations. J'ai pensé que, pour remplir le but que je me suis proposé, il fallait d'abord savoir me borner, au risque de mécontenter le lecteur qui chercherait dans ce livre autre chose que des leçons d'amphithéâtre.

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