C. D. Erignes susceptibles de rentrer dans la
canule.
E. Boule qui suit les érignes dans leurs mouvements, et qui permet d'introduire facilement l'instrument fermé.
FiG. 250.
Pour s'opposer aux hëmorrhagies qui surviennent après l'excision des hémorrhoïdes, Dupuytren, au lieu de tamponner le
TUMEURS HÉMORRHOÏDALES. 593
rectum, appliquait un fer rouge sur toutes les plaies provenaut de l'excision.
B. Cautérisation. — Bégin a pensé que^ puisqu'on cautérisait les hémorrhoïdes^ il devenait inutile de les exciser; de là est née une méthode qui^ chaque jour^ reçoit son application.
Quand le bourrelet hémorrhoïdal que l'on veut détruire est extérieur^ il suffit de le toucher avec un fer chauffé à blanc que l'on remplace par un autre, dès qu'il a perdu une partie de sa chaleur; mais si l'on craint qu'une portion de la tumeur hémorrhoïdalene rentre au moment de l'application du fer rouge, il est bon d'imiter la pratique de Bégin, qui consiste à introduire dans le rectum un gros tampon de charpie, lié dans son milieu par un fil de laiton, pour pouvoir en le retirant en partie, pendant que le malade fait des efforls de défécation, repousser au dehors les hémorrhoïdes que l'on veut cautériser.
Après la cautérisation, on applique sur l'anus des compresses trempées dans l'eau froide pour prévenu' le développement de l'inflammation.
Pour cautériser les hémorrhoïdes, Amussat se servait de pinces au moyen desquelles il bornait l'action du caustique.
C. Ligature. — La ligature était généralement abandonnée lorsque M. Chassaignac a eu l'idée de la pratiquer avec l'instrument de son invention qu'il appelle écraseur (fig. '2l.i9).
Le malade étant placé comme nous l'avons indiqué pour l'excision, le chirurgien introduit dans l'anus un instrument fermé que l'on ouvre ensuite, et qui laisse alors sortir plusieurs branches dont les pointes, tournées en dehors, s'enfoncent dans la membrane muqueuse (fig. 250) ; en tirant sur le manche de l'instrument, on attire au dehors la totalité du paquet hémorrhoïdal, dont la base est alors embrassée par la chaîne de l'écraseur au delà de l'implantation des grifïés (fig. 251). Par quelques tours imprimés à la double crémaiilière de l' écraseur, on étreint la tumeur de plus en plus jusqu'à ce qu'elle se détache, résultat que l'on obtient dans un temps qui varie entre cinq ou dix minutes et qui doit être proportionné à la vascularité des parties coupées. Quand les hémorrhoïdes ne sont pas sèches, il vaut mieux les exciser lentement et il peut être prudent de ne les faire tomber qu'au bout d'une demi-heure.
Lorsque les hémorrhoïdes sont extérieures, on les saisit avec un instrument semblable à celui que l'on introduit dans le rectum, mais dont les griffes sont tournées en dedans- (fig. 250).
Appréciation. — Quand les tumeurs hémorrhoïdales donnent
lieu à des hémorrhagies abondantes qui épuiseraient le malade, ou bien lorsqu'elles ont acquis un développement très-considérable, il faut se résigner à les détruire. Je ne crois pas qu'il soit utile de conserver une petite hémorrhoïde pour que le sang qui se porte vers l'anus puisse trouver une issue. Ce conseil de Boyer n'est plus suivi par personne, et je pense qu'il vaut mieux combattre le molimen hémorrhagique par un régime approprié.
FiG. 251,
A. Main d'un aide écartant l'une des
fesses.
B, C. Fil passé dans une partie de la
tumeur.