C. Intervalle des deux mors
FiG. 252
déférent avec le pouce et l'indicatem- de la main gauche, et l'ayant confié à un aide, le chirurgien applique sur le paquet variqueux les deux mors de la pince représentée fig. 252. Ces mors sont ensuite rapprochés l'un de l'autre au moyen d'une vis, de manière à arrêter la circulation veineuse du cordon.
bOo OPERATIONS SUR LES ORGANES GENITO-URINAIRES.
Chaque jouF;, on ajoute un tour de vis jusqu'à mortification des parties comprises dans la pince.
Le malade doit rester au lit jusqu'à ce que la plaie résultant de la section de la peau soit en voie de guérison.
Les testicules sont soutenus par un coussinet placé entre les cuisses du malade. La pince est fixée par des cordons qui A^ont s'attacher à un bandage de corps dont le bassin du malade est entouré.
La cicatrisation n'est complète qu'au bout d'un temps qui varie d'un mois à six semaines.
Robert a modifié ce procédé de la manière suivante : il saisit les veines du cordon et le scrotum qui les recouvi^ent avec une première pince, puis il en place une autre au-dessus ou au-dessous de la première^ en a'yant soin que ces pinces soient" dirigées obliquement^ de manière qu'en se touchant presque par leur extrémité elles circonscrivent sur le scrotum un espace en V ; à la chute des pinces^ les bords de la perte de substance peuvent être rapprochés par seconde intention.
Procédé de M. Chassaignac. — Saisissant le plexus veineux spermatique à travers le scrotum^ M. Chassaignac l'attire avec la peau qui le recouvre dans l'anse de l'écraseur linéaire^ qu'il resserre en faisant jouer l'écrou^ jusqu'à ce que la section des parties étranglées soit complète.
Procédé de Vidal [de Cassis). — Au moyen d'une aiguille droite^ on passe un fil d'argent à travers la peau du scrotum, derrière les veines dilatées du cordon, on en passe un autre audevant, et l'on tord les extrémités de ces fils de manière à en faire une corde unique. Dans ce mouvement de torsion, les veines finissent par s'enrouler autour des fils, ce qui fait qu'elles sont comprimées dans plusieurs points.
Une bande roulée étant appliquée sur la peau du scrotum, entre les deux chefs des fils métalliques, ceux-ci sont tordus sur eux-mêmes de manière qu'ils étranglent le paquet variqueux sur le rouleau de bande qu'ils étreignent de plus en plus à mesure qu'on les tord.
On augmente chaque jour cette constriction jusqu'à ce qu'on ait obtenu la section complète des veines et de la peau du scrotum comprises dans la hgature.
Procédé de M. Ricord. — Le paquet variqueux ayant été isolé du canal déférent, comme dans le procédé de Breschet, on passe à travers le scrotum, derrière les veines, une aiguille droite et pointue qui entraîne après elle les deux bouts d'une
anse de fil. A l'aide d'une aiguille droite, mais mousse^ on passe au-de^'ant des veines un fil semblable au premier, en ayant soin que les anses des deux fils ne soient pas du même côté, puis, passant à travers l'anse de gauche les bouts du fil de droite, et réciproquement, on tire sur les chefs des deux fils jusqu'à ce que les deux anses ëtreignent le paquet variqueux (fig. 253).
Cette constriction est maintenue au moyen d'un serre-nœud très-ingénieux représenté fig. 25/i, et, lorsque la section des veines est opérée, rien ne s'oppose plus à ce qu'on enlève les fils en tirant sur l'un de leurs chefs.
itppréciation. — Le procédé de M. Ricord laisse le scrotum intact, et c'est un avantage qu'il a sur ceux de Breschet et de Yidal. Disons d'ailleurs qu'il est moins sûr que ceux-ci, plus incertain surtout que celui de Yidal, qui étrangle et détruit le paquet variqueux en plusieurs points.
Fig. 253.
Chefs de l'une des ligatures.
. Chefs de l'autre.
Commencement du serre-nœud
sur lequel on passe les ligatures.
Canal déférent.
Epididyme.
Vaisseaux sanguins du cordon.
Scrotum.
Ligatures passées dans la rainure du porte-ligature.
Vis autour de laquelle s'enroulent les fils à mesure qu'on lui imprime des mouvements de rotation.
Pour être juste, nous devons ajouter que si la plaie du scrotum à laquelle donne lieu cette dernière opération se guérit plus vite
610 OPÉRATIONS SUR LES ORGANES CtÉNITO-URINAIRES.
que celle du procédé de Breschet, elle a un inconvénient que n'a pas l'opéi^ation de M. Ricord.
ARTICLE IL
OPÉRATIONS QUE l'oN PRATIQUE SUR LA VERGE.
La verge peut être affectée d'un certain nombre de maladies qui, pour la plupart^ réclament l'inteiTention de la chirurgie opératoire.
§ l^'', — Section dis frein t!e la verge.
Lorsque le frein de la verge s'implante très-près du méat urinaire, il arrive parfois qu'il cause de la douleur pendant l'érection ; dans ces cas la section remédie à rinfirmité.
Cette petite opération est bien simple.
Le filet étant tendu par un aide qui tire sur la partie du prépuce où le repli s'insère, et par le chirurgien qui saisit le gland entre le pouce et l'indicateur de a main gauche, l'opérateur passe au milieu du frein la pointe d'un bistouri droit, dont le dos est tourné vers la racine de la verge, et dont le tranchant, à mesure qu'il pénètre plus profondément, incise toute la partie du frein qui est comprise entre son bord libre et le point d'entrée du bistouri, Les lèvres delà plaie sont maintenues écartées au mo^en de quelques brins de charpie qu'on place dans leur intervalle.
Il est plus facile de faire la section du frein de la verge avec des ciseaux qu'avec le bistouri; mais il faut que les lames de cet instrument soient assez serrées pour qu'on ne soit pas obligé de couper en deux fois.
Comme l'instrument dont on se sert pour cette petite opération doit raser le gland, si le chirurgien n'était pas sûr de sa main, il pourrait passer le frein dans la fente du pavillon d'une sonde cannelée et faire cette section comme celle dufilet de la langue.
§ 2. — Phimosis.
L'étroitesse du prépuce, lorsqu'elle est assez considérable pour empêcher de découvrir le gland, porte le nom de pJiimosis.