TAILLE CHEZ LA FEMME
Lorsque^ par pudeur, la malade ne veut pas se laisser découvrir, le cathétérisme peut encore être pratiqué : le chirurgien écartant les petites lèvres, comme nous venons de le dire, porte l'indicateur sur la petite languette qui recouvre le méat urinaire, et, l'ayant reconnue, il retire son doigt 5 millimètres plus haut et 'glisse la sonde immédiatement au-dessous. On réussit facilement en opérant ainsi, sans avoir besoin, comme le conseillent quelques chirurgiens, de toucher au clitoris.
Je repousse également le procédé qui consiste à introduire un doigt dans le vagin et à glisser la sonde sur sa face palmaire tournée en avant; parce qu'une pareille opération peut produire une excitation qui ne devrait point être pardonnée par les femmes dont la pudeur est alarmée par le premier procédé que nous avons déciit.
§ 2. — Uilatation de Turèthrc.
La brièveté de l'urètlire permet d'y introduire un morceau de racine de gentiane qui, par un contact de quelques heures avec une membrane humide, acquiert un développement considérable; l'élargissement du canal étant proportionné au volume acquis par la racine de gentiane, permet d'extraire de la vessie des corps étrangers du volume du bout du doigt.
§ 3. — Taille ehez la femme.
Anatomie. — Nous ajouterons à ce que nous avons dit précédemment qu'un appareil érectile composé de deux parties latérales renflées qu'on appelle hiilhes, et du clitoris qui n'en est que la terminaison supérieure, forme une espèce de fer à cheval au devant de la moitié antérieure de l'orifice du vagin. Cet appareil a un développement si considérable, qu'on est sûr de l'atteindre en incisant le vestibule transversalement d'une petite lèvre à l'autre.
Les veines par lesquelles il est constitué se continuent avec un plexus veineux qui entoure le col vésical, mais qui est surtout très-développé entre la paroi inférieure de la vessie et le vagin.
Opération. — On peut extraire un calcul chez la femme par une incision au-dessus de l'urètlire ; par l'incision de ce
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conduit, et enfin par une ouverture faite à la cloison vésicovaginale.
Taille vestibulaire. — Un cathéter ayant été placé dans la vessie, de manière que sa cannelure soit tournée en haut et en avant, faites entre le clitoris et le méat urinaire une incision semi-lunahe qui, commençant entre le méat urinaire et la petite lèvre du côté droit, vient se terminer au même point de l'autre côté, en passant au milieu de l'espace qui existe entre le clitoris et l'ouverture du vagin.
Cette incision comprend : la membrane muqueuse du vestibule, le muscle constricteur du vagin, et presque nécessairement une partie des bulbes droit et gauche.
Portant alors l'indicateur au fond de la plaie, on cherche la cannelure du cathéter, et se guidant sur elle comme pour la taille latéralisée chez l'homme, on y glisse un long bistouri droit avec lequel on incise la paroi antérieure de la vessie, soit de bas en haut (Celse), soit transversalement (Lisfranc).
Une tenette étant introduite par cette plaie, rien n'est plus facile que de saisir la pierre et de l'extraire. Si l'on éprouvait quelque difficulté à pratiquer ce temps de l'opération, l'indicateur introduit dans le vagin servirait à repousser la pierre dans l'intervalle des mors de la tenette.
Taille uréthrale. — Procédé de Colot. — Un cathéter cannelé ayant été introduit dans la vessie, on glisse dans sa cannelure, tournée en haut, un long bistouri étroit, avec lequel on incise le col de la vessie et la paroi antérieure de l'urèthre, jusque auprès du ligament sous-pubien : la plaie ainsi faite permet d'extraire des calculs d'un diamètre de 20 à 25 millimètres.
Au lieu d'un cathéter, on peut se ser\1r d'une sonde cannelée, le long de laquelle on glisse un long bistouri droit.
Procédé de Fleurant. — Ce procédé consiste à introduire dans la vessie, par le canal de l'urèthre, un lithotome double que l'on ouvre au moment de le retirer. Les deux lames de cet instrument incisent l'urèthre et le col de la vessie à droite et à gauche, en faisant une plaie semi-lunahe.
Taille vésico-vaginale. — La malade étant couchée sur le bord d'un ht que son siège déborde, ses cuisses étant fléchies et maintenues par des aides, le chirurgien introduit dans la vessie un cathéter cannelé dont la convexité déprime le bas-fond de ce viscère, et dont la plaque, relevée du côté du pubis, est confiée à un aide qui la tient dans une immobilité complète. Un gorgeret do bois, d(7nt la convexité est en arrière, avant été
OPÉRATIONS SUR LA VULVE ^ LE VAGIN ET l' UTÉRUS. 679
introduit dans le vagin, dont il déprime la paroi inférieure^ est mis en contact avec la convexité du cathéter. Le chirurgien, faisant alors écarter les grandes lèvres, cherche la cannelure du cathéter avec l'indicateur de la main gauche, et y plonge un bistouri pointu à 3 centimètres du méat urinaire. L'incision du bas-fond de la vessie doit être de 20 à 25 millimètres ; pour la terminer, l'opérateur abaisse le bistouri comme s'il voulait inciser sur la concavité du gorgeret.
Appréciation. — La taille vésico-vaginale donne presque toujours lieu aux fistules vésico-vaginales. C'est un accident tellement grave, qu'un chirurgien prudent ne peut plus, dans l'état actuel de la science, y exposer une malade, quel que soit le volume du calcul qu'il faut extraire.
La taille vestibulaire a le grand inconvénient de nécessiter l'incision d'une région dans laquelle se trouve le prolongement des bulbes vaginaux, dont la blessui^e entraînerait une hémorrhagie plus ou moins dangereuse.
La taille uréthrale a moins d'inconvénient que les deux autres; l'incision directement en haut est généralement préférée aux incisions latérales, parce que celles-ci exposent aux infiltrations urineuses.
La lithotritie est si facile chez les femmes, qu'on n'a plus que très-rarement l'occasion de pratiquer la taille par les méthodes qui viennent d'être décrites. Si une pierre volumineuse avait une dureté qui fût une contre-indication de la lithotritie, c'est à la taille liypogastrique qu'il conviendrait d'avoir recours. Cette opération se pratique absolument de la même manière dans les deux sexes.
ARTICLE VIL
OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LA VULVE, LE VAGIN ET l'utérus.
Nous ne parlerons pas des opérations réclamées par les végétations de la vulve, dont le traitement est le même que celui des végétations de l'anus; nous ne dirons rien aussi des abcès de cette région, ni des corps étrangers du vagin qui l'éclament les mêmes soins que ceux du rectum.
§ l^"". — Kystes des grandes lèvres.
Il existe entre le muscle sphincter et le bulbe du vagin une bourse séreuse^ qui est susceptible de se transformer en kyste par l'accumulation d'une plus ou moins grande quantité de sérosité. Cette maladie ne disparaissant jamais spontanément^ ou sous l'influence des agents résolutifs^ il n'y a qu'une opération qui puisse en débarrasser la malade.
Injection. — Après avoir ponctionné le kyste avec un petit trocart^ on injecte, comme pour tout autre kyste, de la teinture d'iode en quantité suffisante pour distendre l'envelpppe de la tumeur.
Après avoir fait écouler le liquide de l'injection, on applique sur la grande lèvre des compresses trempées dans un liquide résolutif.
Excision. — Faites entre la grande et la petite lèvre une incision longitudinale qui dépasse le kyste par ses deux extrémités ; disséquez les lèvres de Fincision, et quand la tumeur isolée ne tient plus aux parties sous-jacentes que par un pédicule plus ou moins large, excisez d'un coup de bistouri toute la partie qui fait saillie en dehors de la paroi du vagin.
Appréciation. — L'excision n'est pas une opération facile, quand on veut enlever la presque totalité de la tumeur, parce que les kystes ayant une implantation profonde adhèrent le plus souvent à la surface externe du bulbe, qu'il serait dangereux de blesser.