L. Arlère cubitale
M. Érigne écartant le muscle cubital antérieur sous lequel on voit le nerf.
Cette incision doit être pratiquée au niveau de l'interstice cellulo-fibreux qui sépare le long supinateur du rond pronateur^ interstice qu'il est facile de reconnaître en déprimant la peau sur le bord antérieur du premier de ces muscles.
La peau et le tissu cellulaire ayant été incisés dans un premier temps, coupez l'aponévrose antibrachiale sur la sonde cannelée, au niveau d'une ligne jaunâtre qui indique l'interstice musculaire au-dessous duquel l'artère est située. Incisez
ZjÔ MALADIES DES ARTÈRES.
de la même manière l'aponévrose qui sépare les muscles de la couche superficielle de ceux de la couche profonde, et vous trouverez l'artère entre ses deux veines satellites^ dont vous la séparerez avec soin : après quoi la ligature sera passée au-dessous d'elle^ au moyen d'un stylet aiguillé que l'on introduira de dehors en dedans^ pour éviter de léser le nerf radial^ bien que cette lésion soit peu à craindre ici, le nerf étant, en ce point, placé en dehors de l'artère, à plus d'un demi-centimètre de ce vaisseau.
En bas. — Faites une incision longue de 5 centimètres, qui, commençant un travers de doigt au-dessus de l'articulation radio-carpienne, se prolongera vers le pli du coude, dans la dh'ection déjà indiquée de l'artère radiale (voy. Axatomie, trajet de l'artère., p. 43).
L'artère étant immédiatement au-dessous de l'aponévrose antibrachiale, on devra inciser la peau et le tissu cellulaire en deux temps, pour ne pas s'exposer à couper du premier coup le vaisseau dont on veut faire la ligature.
C'est une faute que j'ai vu commettre très-fréquemment par les élèves qui ont opéré sous ma direction. On pourrait même dire que c'est le seul danger et la seule difficulté de cette opération.
Bans la tabatière anatomique. — Sur le vivant, on ne doit jamais pratiquer la ligature de l'artère radiale en ce point pour les cas de lésion dans la paume de la main, parce que n'ayant alors aucun avantage sur l'opération que nous venons de décrire, elle a le grave inconvénient d'exposer à blesser la veine céphalique du pouce et à ouvrir les gaines des tendons extenseurs de ce doigt. Cette ligature doit être exclusivement réservée pour les blessures qui atteignent l'artèi-e radiale dans cette partie de son trajet. Dans ce cas, le chirurgien, agrandissant la plaie dans la direction de la tabatière anatomique, c'est-à-dire parallèlement aux tendons des muscles grand et petit extenseurs du pouce et entre ces deux muscles, fait éloigner par un aide la veine céphalique du pouce, et, cherchant avec la pince et la sonde cannelée, il découvre l'artère radiale dans la direction oblique d'une ligne qui irait de l'extrémité inférieure de l'apophyse styloïde du radius à l'extrémité supérieure du premier métacarpien.
ARTÈRE CUBITALE. 47
§ 2. -^ Artère cubitale.
Anatomie. — L'artère cubitale est une des deux branches terminales de l'artère humérale qui se divise en artères radiale et cubitale, à quelques lignes au-dessous du pli du coude. Assez, souvent la bifurcation se fait plus haut, à une distance qui varie du creux de l'aisselle à la partie inférieure du bras. Dans ce cas, l'artère cubitale est ordinairement bea ucj3ivp plus superficielle qu'à Fétat normal, et elle ne reprend sa position au^esiSDUs'"de son muscle satellite qu'à la partie inférieure de r avant-bras.
Dans l'état normal, elle se sépare de la radiale à peu près au nivcciu de la ligne médiane du membre, et se porte obliquement de haut en bas et de dehors en dedans en passant audessous des muscles qui viennent s'insérer à l'épitrochlée. Elle ne devient verticale qu'au-dessous du quart supérieur de r avant-bras.
A partir de ce point, elle est située sous le bord externe du muscle cubital antérieur (fig. 28). En haut, elle correspond à l'interstice étroit qui sépare ce muscle du fléchisseur superficiel. Plus bas, elle est placée plutôt au-dessous du tendon du muscle cubital antérieur qu'entre lui et les tendons du fléchisseur sublime.
Superficielle en bas, l'artère cubitale est située profondément à sa partie supérieure.
Le nerf cubital est en dedans de l'artère, qui lui est accolée dans toute sa portion verticale .
L'artère a deux veines satellites, l'une en dedans, l'autre en dehors.
Elle se termine en passant en dehors de l'os pisiforme, audessous duquel elle se réfléchit de dedans en dehors, pour constituer l'arcade palmaire superficielle que l'aponévrose palmaire recouvre immédiatement.
Les branches collatérales qu'elle fournit sont, immédiatement au-dessous de son origine, les artères récurrentes cubitales antérieure et postérieure ; au niveau de la tubérosité bicipitale du radius Yartère interosseuse, dont la bifurcation postérieure (artère interosseuse postérieure) fournit la récurrente radiale^ postérieure, Uaàm^"^^
^8 MALArtlES DES ARTÈRES.
De là jusqu'à l'arcade palmaire^ l'artère cubitale ne fournit pas de branches qui méritent d'être mentionnées.
a. Muscle cubital antérieur tiré en dedans
par une érigne.
b. Muscle fléchisseur sublime porté en
dehors par une érig-ne.
ce. Aponévrose d'enveloppe des muscles de l'avant-bras.
d. Nerf cubital.
e. Artère cubitale avec ses deux veines
satellites.
riG. 28.
Opération. — L'artère cubitale ne doit pas être liée dans son quart supérieur; sa situation profonde et son obliquité obligeraient à couper transversalement les muscles au-dessous desquels elle est placée^ ce qui constituerait une sorte de mutilation.
On en fait la ligature dans sa portion verticale seulement.
La direction de cette portion de l'artère étant celle d'une ligne qui. partant de l'épitrochlée, irait aboutir en dehors dupisiforme, c'est dans cette direction qu'il faudra inciser (voyez fig. 28).
1° Mn haut:, l'incision sera longue de 8 à 9 centimètres; elle