MÉTHODES ET PROCÉDÉS
Tous les chirurgiens n'ont pas recours à un mode opératoire unique : s'il s'agit, par exemple, d'une tumeur à enlever, les uns emploient la ligature, d'autres le bistouri, quelques-uns la cautérisation, etc.; s'il faut amputer un membre, on peut conseiller une section circulaire, ou bien la formation d'un ou de plusieurs lambeaux, etc.
Ces différentes manières de faire une opération constituent les méthodes et les procédés.
Pioux est, je crois, le premier chirurgien qui ait convenablement distingué ces deux mots que l'on confond encore bien souvent, quoiqu'ils n'aient pas pourtant la même signification.
Le mot méthode donne l'idée d'une grande classe dans laquelle viennent se ranger toutes les modifications appelées procédés.
Ainsi l'amputation à lambeaux est une méthode qui compte autant de procédés qu'elle a de modifications.
V amputation à deux lambeaux est un procédé; il en est de même de Y amputation à lambeaux externe^ interne ou postérieur.
La ligature des polypes est une méthode ; la manière dont on l'opère, les instruments que l'on emploie, constituent les procédés.
La ligature pour la fistule à Vanus est également une méthode; la nature du fil employé constitue les procédés.
Si nous appliquons les mots méthode et procédé aux opérations auxquelles on a recours pour i'anévrysme, nous dirons que l'ouverture du sac est une méthode, que la ligature entre le sac anévrysmal et le cœur en est une autre ; mais que le point où la ligature est placée constitue les procédés. En prenant l'artère du membre inférieur pour exemple, nous dirons que, pour un anévrysme de la région poplitée, si on lie l'artère, c'est la méthode de la ligature; si on la lie auprès de l'anneau du troisième adducteur, c'est le procédé d'Anel; si l'on fait la ligature