MÉTHODE CIRCULAIRE
dans cette dernière position^, le chirurgien a de la peine à rejoindre le commencement de son incision, il faut qu'il retourne son couteau de manière que le dos soit en haut^ le tranchant en bas, pour opérer la jonction des deux extrémités de l'incision, en coupant vers soi.
Quand la peau et les muscles ont été divisés par une incision circulaire, il reste encore entre les os des portions de muscles qu'on ne peut bien atteindre qu'en décrivant avec un couteau interosseux une espèce de huit de chiffre que nous décrirons pour chaque amputation.
B. Quand la partie qu'on doit amputer n'a qu'un os, l'opération est plus facile ; on peut la pratiquer de plusieurs manières.
1" Procédé de Brunninghausen. — La peau ayant été incisée circulairement, disséquée et relevée à la manière d'une manchette, dans une étendue qui varie avec le volume du membre, le chirurgien coupe les muscles perpendiculairement, au niveau de la peau rétractée, après quoi il scie l'os.
Ce procédé de la méthode circulaire, dans lequel on ne conserve que la peau pour fermer la plaie, est celui auquel beaucoup de chirurgiens ont encore recours. Il est décrit par la plupart des auteurs modernes sous le nom de procédé de Brunninghausen. C'est pourtant, d'après Yelpeau, Alanson qui, le premier, a donné le conseil de relever la peau en manchette.
2° Procédé de Béclard et de Bupuytren. — Dans un premier temps, la peau est incisée avec le tissu cellulaire et l'aponévrose d'enveloppe du membre, de manière qu'un aide puisse la tirer en haut dans une étendue de 3 centimètres envii^on.
Au niveau de la peau ainsi rétractée, on incise les muscles jusqu'à l'os; puis l'aide, s'en emparant, les rétracte en formant ainsi un cône au milieu duquel le couteau doit décrire jusqu'à l'os un dernier mouvement circulaû-e autour du membre (fig. 49).
C'est au niveau de cette dernière section que l'os doit être scié.
M. J. Cloquet dit que c'est par Béclard qu'il a vu pratiquer ce procédé pour la première fois. Il est pourtant généralement attribué à Dupuytren.
3" Procédé de Desaidt. — Le procédé de Desault ne diffère du précédent que par la section des muscles. Dans le procédé de Béclard et de Dupuylren on incise les muscles jusqu'à l'os, et l'on coupe le sommet du cône formé par les chairs rétractées ;
DES AMPUTATIONS Ei\ GÉNÉRAL.
dans celui de Desault, la couche superficielle des muscles est seule coupée dans le premier temps, et l'incision de la couche profonde constitue un temps séparé. L'os est scié au niveau de cette dernière section.
FiG. ii9.
4° Procédé de Louis. — Louis divisait ensemlde la peau et les muscles jusqu'à l'os: puis les muscles étant tirés en haut par un aide^ il incisait leur couche profonde dans un point plus élevé, au niveau duquel il sciait l'os.
Ce procédé avait déjà été décrit par Celse.
5° Procédé de J.-L. Petit. — J.-L. Petit divisait en un premier temps la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, ce qui permettait à un aide d'entraîner en haut ces téguments, et au chirurgien de couper les muscles jusqu'à l'os, à 3 ou k centimètres au-dessus de la première incision.
Il coupait l'os au niveau delà section des muscles.
Dans ce procédé on rétracte la peau : dans celui de Brunninghausen, on la dissèque en la retroussant en manchette. C'est la seule différence qu'il y ait entre ces deux procédés.