C. Manivelle imprimant le mouvement de
rotation.
D. Manche de l'arbre du trépan.
E . Couronne de trépan avec un curseur G. Molette dentelée sciant par rotation.
sonde à résection de Blandin (fig. 122) est un instrument fort commode pour atteindre ce résultat. On la passe de façon que sa concavité se moule sur le contour de l'os, et quand elle est introduite, on la retourne en sens opposé, de sorte que les chairs soient éloignées de l'os qu'on veut scier.
La scie doit correspondre à la rainure de la sondB;, pour ne pas en atteindre les bords.
228 DES RÉSECTIONS.
A défaut de cet instrument, on se sert d'une sonde cannelée qu'on recourbe plus ou moins, suivant les cas.
ChARRIERE
FiG. 121. FiG. 122.
Quand la résection est terminée, on fixe le membre dans la position où il rendrait le plus de services, si l'ank^lose devait être la conséquence de l'opération.
On réunit les bords de la plaie en partie ou en totalité, suivant les cas, et comme l'inflammation est toujours à craindre, on s'efforce de la combattre en appliquant sur la partie une vessie remplie de glace, qu'on enlèvera seulement lorsque la sensation de froid deviendra gênante pour le malade, ou dès qu'un peu de frisson se sera manifesté.
ARTICLE IL
La description des résections est facile, parce que les mêmes incisions peuvent servir à les pratiquer presque toutes.
Comme pour les amputations, nous procéderons des extrémités vers le tronc. Nous terminerons par la résection des os de la face, du bassin et du thorax.
§ 1. — Réfsection du luenibrc supérieur.
Les résections du membre supérieur sont les plus communes après celles de la face,
RÉSECTION DE LA TROISIÈME PHALANGE DES DOIGTS (pHALANGETTe).
Une incision en T double, formée de deux branches transversales réunies par une ligne verticale, est pratiquée sur la face palmaire de la phalange; l'une des branches transversales correspond à l'interstice articulaire, et l'autre à l'extrémité du doigt. Cette incision permet au chirurgien de gratter Fos, de manière à conserver le tissu cellulaire qui double la peau ainsi que les nerfs et les vaisseaux qui s'y répandent. L'ongle doit rester adhérent à la peau pour la soutenir et concourir à lui donner une forme convenable. L'opération est très-facile quand on dénude la phalange de l'extrémité terminale vers la base du doigl; tandis qu'on fait presque inévitablement une boutonnière à la racine de l'ongle, quand on procède de haut en bas. Telle est l'opération que l'on pratique à l'amphithéâtre; mais au lit du malade on se sert de l'ouverture par laquelle le pus s'écoule, pour enlever la phalange nécrosée. Si cette ouverture est insuffisante, on l'agrandit.
230 DES RÉSECTIONS.
RÉSECTION DES MÉTACARPIENS.
La résection des métacarpiens a une utilité qui est en raison directe de l'importance physiologique des doigts correspondants.
Résection du premier métacarpien.
Anatomie. — La présence de l'artère radiale à la partie interne de l'extrémité supérieure du premier métacarpien^ les branches qui en naissent, autant que la difficulté de luxer l'os en dedans, ont détourné les chirurgiens de pratiquer la résection de ce côté.
Les tendons des muscles long et court extenseurs du pouce qui convergent de haut en bas, l'un vers l'autre , étant en rap- i port avec la face dorsale du premier métacarpien, ne permet- " tent pas de penser à enlever l'os par une incision faite en ce point, puisque la première condition du succès de cette résection est l'intégrité des tendons qui font mouvoir le doigt qu'on tient à conserver. La masse charnue de l'éminence thénar n'est pas une contre-indication moindre pour la face palmaire , où existe d'ailleurs le tendon fléchisseur qu'il faut conserver avec soin.
Il ne reste donc que le bord externe de la main, entre l'éminence thénar et le tendon du court extenseur du pouce.
Opération. — Le chirurgien fait en ce point une incision qui, commençant au milieu de l'espace qui sépare l'apophyse styloïde du radius de l'extrémité supérieure du premier métacarpien, dépasse l'articulation métacarpe - phalangienne de 15 millimètres environ en pénétrant jusqu'à l'os. Il éloigne avec précaution les bords de la plaie, en ayant soin de laisser intacts, dans leur gaine, les tendons des muscles court et long extenseurs du pouce (fig. 123).
Dans cette résection, le bistouri doit gratter l'os, de manière à le dépouiller de toutes les parties molles qui le recou^Tent. Quand les lèvres de la plaie sont suffisamment écartées, le chirurgien prend le métacarpien entre le pouce et l'indicateur de la main gauche, éloignant ainsi les parties molles qui ont de la tendance à s'en rapprocher; puis coupant le tendon du long abducteur du pouce à son insertion sur l'extrémité supérieure du premier métacarpien, il fait pénétrer le bistouri dans l'arti-
RÉSECTION DES MÉTACARPIENS.
culation^ relève avec la main gauche la partie supérieure du métacarpien, et détache les chairs qui s'insèrent à sa face antérieure, en rasant l'os pour ne pas s'exposer à blesser le tendon du muscle fléchisseur propre du pouce,
A. Premier métacarpien.
B. Tendons extenseurs du pouce
dans leur gaîne.
FiG. 123.
Au moment de désarticuler l'extrémité inférieure du métacarpien, on fait porterie pouce dans la flexion, et l'on commence par le côté externe la désarticulation, qu'on achève en ayant soin de ménager les tendons extenseurs qui, en ce point, sont déjà unis aux os par un tissu cellulaire serré. Un davier peut servir à saisir le métacarpien et à l'éloigner des parties molles; mais avec un peu d'habitude, on est plus adroit en se servant du pouce et de l'index en guise de pince.
Le pansement consiste à rapprocher les parties molles d'avant en arrière, et à tenir les bords de la plaie rapprochés par une suture ou au moyen des serres-fmes, La main est ensuite appliquée sur un plan incliné,
Bésecfion des quatre derniers métacarpiens.
Le premier métacarpien seul a une articulation isolée des articulations du carpe, ce qui fait que sa résection n'a pas une très-grande gravité. lien serait bien autrement des autres métacarpiens, si la maladie pour laquelle on opère n'avait déjà ouvert les articulations carpo-métacarpiennes.
232 DES RÉSECTIONS.
L'opération présente sur le cadavre des difficultés plus grandes que sur les malades^ chez qui les ligaments n'offrent plus une grande résistance^ quand l'extirpation de la surface articulaire est indiquée.
Bésection du troisième métacarpien.
On fait une incision longitudinale portant en dehors ou en dedans du tendon extenseur et dépassant les deux extrémités de l'os^ dans une étendue de 15 millimètres environ.
On détache les muscles interosseux^ et l'on introduit son bistouri entre les facettes articulaires latérales par lesquelles se correspondent les têtes des métacarpiens. Le bistouri est tenu pour ce temps de l'opération^ la pointe en bas^, et le tranchant tourné vers le bras de l'opéré. D'abord incliné obliquement, il est bientôt ramené dans la direction verticale ^ comme on fait avec le couteau dans le temps analogue de l'amputation de Lisfranc (amputation tarso-métatarsienne).
Deux petites incisions tombant obliquement de haut en bas sur les facettes latérales du métacarpien^ et se joignant en haut à 6 millimètres du point où se sont terminées les sections interosseuses, circonscrivent une espèce de saillie olécrânienne dont estpom-vue la partie dorsale de l'extrémité supérieure du troisième métacarpien (fig. 62).
Quand l'articulation a été ainsi circonscrite^ on luxe le métacarpien, de manière à couper son ligament palmaire; après quoi les parties molles ayant été complètement séparées de l'os, on opère la désarticulation inférieure en faisant porter le doigt dans une flexion forcée.
La résection des autres métacarpiens se ferait de la même manière. Mais les doigts n'ayant pas la môme utilité que le pouce, et leur résection donnant des résultats peu satisfaisants, on cherchera rarement à les garder par une opération qui est loin d'être sans danger.
Résection de la moitié inférieure des métacarpiens.
Le danger n'est plus le même quand on n'est pas forcé d'ou- \nv les articulations carpo- métacarpiennes.
Une incision longitudinale, faite en dehors ou en dedans du tendon extenseur, permet d'éloigner ce tendon, de détacher les
RÉSECTION DE l'eXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU CUBITUS. 233
muscles interosseux et de couper l'os au moyen d'un sécateur (pince de Liston); après quoi le chirurgien saisit le fragment inférieur avec un davier eL le désarticule en bas.
Si l'on se sert d'un sécateur concave sur le plat de la lame, il faut avoir soin que la concavité soit tournée du côté de la partie qu'on enlèvCj, parce que c'est de ce côté que se font les fractures, quand l'os n'est pas coupé d'une manière nette.
Quand la partie que l'on résèque n'est pas très-étendue, le doigt qui correspond an métarcarpien peut encore, après cette opération, être de quelque utilité.
Cette résection est d'ailleurs d'une exécution très-facile.