V ABAISSEMENT
A, Scléroticonyxis,
La veille du jour où doit être pratiquée l'opération, on barbouille la peau des paupières avec de l'extrait de belladone, qui a la propriété d'agrandir la pupille.
L'instrument dont on se sert est une aiguille dont la pointe un peu élargie est courbée sur le plat. Cette aiguille est montée sur un manche octogone marqué d'un ou de deux points noirs sur la face qui correspond à la convexité de la lame. C'est l'aiguille de Dupuytren, qui diffère fort peu de celle de Scarpa.
•Quoi qu'en disent certains opérateurs, il faut opérer l'œil gauche de la main gauche, et l'œil droit de la main droite. En se plaçant derrière le malade, comme le conseille M. Malgaigne, le chirurgien est dans une position gênante.
4" Temps. — Le malade étant couché à peu près horizontalement, ou bien assis sur une chaise, sa tête reposant, dans ce dernier cas, contre la poitrine d'un aide placé derrière lui, sa paupière supérieure est relevée par cet aide qui appuie l'indicateur sur le bord ciliaire relevé et un peu renversé en dehors, en ayant grand soin que son doigt n'exerce aucune pression sur le globe oculaire. Si l'on n'a pas une grande confiance dans l'adresse de l'aide, il vaut mieux faire relever la paupière avec un élévateur de Pellier ou tout autre instrument analogue. Alors, avec l'index de la main qui correspond à l'œil sur lequel on opère, le chirurgien abaisse la paupière inférieure, en approchant le bout de ce doigt de la caroncule lacrymale, pour empêcher le globe oculaire de se porter de ce côté; puis, de l'yiitro main, tenant le manche de l'aiguille comme une plume à écrire et prenant un point d'appui sur h\ région malaire avec le doigt auriculaire, il tourne la face convexe de riustrument en haut, sa pointe vers le centre de l'œil, et l'intro-
FiG. 182.
356 OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LES YEUX.
duit à 3 ou 4 millimètres en arrière de l'extrémité externe du diamètre transversal de la cornée, et 1 ou 2 millimètres au-dessous
de ce diamètre (fig. 1 82).
L'aiguille est plongée rapidement à travers la sclérotique jusqu'à son collet.
2'' Temps. — Dans un second ./M^^^^-"^^^^^ temps, le chirurgien imprime à
l'aiguille un petit mouvement de
rotation sur son axe qui ramène la
convexité de la lance en avant (ce
qui est indiqué par le point noir du
manche) et poussant l'instrument
de dehors en dedans, il ne tarde
pas à en apercevoir la pointe dans le champ de la pupille (fig. 183).
3" Temps. — La lance de l'instrument ayant sa convexité en avant
et sa concavité en arrière, l'opérateur fait avec la pointe une inci-
FiG, 183.
sion cruciale sur la capsule cristalline ; après quoi, portant la concavité de l'aiguille sur le bord supérieur du cristallin (fig. 1 84), il déprime ce corps en faisant décrire à l'instrument un mouvement de bascule dans lequel le manche est porté de bas en haut, et la pointe de haut en bas, tandis que la partie qui est en rapport avec la plaie de la sclérotique reste à peu près immobile. Dans ce mouvement, le cristalhn est poussé en bas et en arrière.
i" Temps. — Le cristallin ayant été maintenu abaissé pendant dix secondes environ, le chirurgien retire l'aiguille en lui faisant suivre, en sens inverse, le chemin qu'il lui a fait suivre pour arriver au centre de l'œil; c'est-à-dire qu'au moment où l'aiguille passe derrière l'iris, sa convexité est tournée en avant, tandis qu'elle est en haut lorsque la lame de l'instrument traverse la petite plaie faite à la sclérotique.
La raison de ces mouvements est que l'on a plus de chances d'é-