‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 15 sur 213 · LIGATURE · texte numérisé non relu

LIGATURE

Ces moyens hémostatiques ne servent que pour suspendre l'écoulement du sang pendant Topération.

Ceux dont nous allons nous occuper maintenant peuvent aussi être employés dans ce but; mais on y a plus souvent recours pour s'opposer d'une manière définitive aux hémorrhagies auxquelles expose la section d'une branche artérielle.

§ 1er. — L5§ature.

Pour faire la Hgainre d'une artère qui a été coupée pendant une opération, le chirurgien en saisit l'orifice béant avec une pince à disséquer ordinaire, ou mieux a\ec une pince fixe, appelée aussi pince à torsion.

L'extrémité libre de l'artère étant un peu tirée en dehors du ])lan des chairs, un aide passe une anse de fil ciré autour d'elle, fait un premier nœud, immédiatement au-dessous des mors de la pince quil doit avoir soin de ne pas saisir, et il le serre en faisant de ses deux doigts indicateurs ou de ses deux pouces une espèce de poulie de renvoi (fig. 21) qui permet d'étreindre horizontalement l'artère,

FiG. 21.

sans s'exposer a la lâcher. Un second no'ud ayant été fait <le la mémcunanière, on coupe près de lui une des extrémités du lil. Il est souvent dilTiciic de n(» pas saisir av(H" Tarière les veiiu;.'-;

qui l'accompagnent, mais cela est sans le moindre inconvénient, lorsqu'elles sont d'un petit calibre. Pour être plus sûr de ne pas manquer l'artère qui donne du sang, on est parfois obligé de comprendre dans la ligature un peu des tissus qui avoisinent le vaisseau. Dans ce cas, le tenaculum^ inventé par Biomfield, est bien préférable à la pince. On s'en sert en piquant l'extrémité de l'artère et en l'attirant contre soi, ou, ce qui est plus facile, en passant la pointe de l'instrument à travers les parties molles qui la recouvrent en partie. Pendant que le chirurgien soulève l'artère, avec ou sans les tissus qui l'enveloppent, un aide passe une anse de fil autour d'elle et fait la ligature avec deux nœuds, comme lorsqu'on se sert de la pince.

Les fils dont on se sert sont simples pour les petits vaisseaux ; il vaut mieux qu'ils soient doubles pour les artères d'un gros calibre,

§ 2. — Torsion.

La torsion consiste à saisir l'artère qui donne lieu à l'écoulement du sang et à la tordre sur elle-même de manière à rompre les membranes interne et moyenne.

Quelques chirurgiens, M. Thierry entre autres, se contentent de saisir le vaisseau avec la pince fixe et de la faire rouler sur ellemême une demi-douzaine de fois, comme s'il s'agissait de tourner une corde.

Les autres veulent que l'on fasse saisir l'artère avec une pince c|ui, en la serrant au point où elle se cache dans les chairs, hmite l'étendue de la torsion qui lui est imprimée par une autre pince avec laquelle on tient son extrémité libre.

M. Amussat emploie jusqu'à quatre pinces pour opérer la torsion ; mais cela étant superflu, je ne décrirai pas son procédé.

§ 3. — Refoulement.

M. Amussat a imaginé de faire saillir l'artère en dehors des chairs au milieu desquelles elle se cache, et, pendant qu'une pince en tient l'extrémité hbre, d'étreindre la portion voisine avec une autre pince dite à hagaetles, de manière à rompre les tuniques interne et moyenne. Quand il pense que cette rupture est opérée, il presse le vaisseau de bas en haut avec la pince à baguettes. 11 refoule ainsi dans l'intérieur de l'artère les tuniques rompues qui, se roulant sur elles-mêmes, opposent un obstacle à l'écoulement du sang.

Page 1