CAUTÉRISATION
Si. — Cautérisation i
Percy cautérisait les artères avec un fer chauffé à blanc ; luais les expériences de M. Boucliacourt ont démontré qu'en opérant ainsi, il reste au centre du vaisseau un pertuis qui suffit pour donner lieu à une liémorrhagie D'après ce chirurgien, quand on croit devoir recourir à la cautérisation, il faut que le fer soit chauffé jusqu'au rouge obscur, porté sur Forifice du vaisseau, afin de le retourner par recroquevillement, puis retiré et réappliqué de nouveau à de courts intervalles.
S 5. — Sîyptiques et agents chimiques.
La glace a été, jusque dans ces derniers temps, le styptiqite le plus sûr pour arrêter une liémorrhagie. L'amadou, recouvert ou non de colophane, surtout quand on y joint une légère compression, a souvent réussi à arrêter un écoulement de sang modéré.
Il en est de même de l'eau de Brocchieri et de quelques autres agents astringents.
Mais, depuis que M. Pravaz a attiré l'attention des chirurgieus siu' la propriété que possède le per chlorure de fer de coaguler lo sang, nous devons considérer cet agent comme un des plus énergiques auxquels on puisse avoir recours. Sans doute il serait extravagant d'employer le perchloruro de fer quand on aperçoit dans une plaie un vaisseau d'où le sang s'écoule et que l'on peut saisir : mais lorsque plusieurs artérioies donnent lieu à une liémorrhagie, ou bien lorsque celle-ci se produit dans une cavité trop profonde ou troj) étroite à son entrée pour que la ligature soit facile, le meilleur agent hémostatique est le perclilorure de fer en dissolution concentrée, marquant 30 degrés à l'aréomètre. Il suffit de barbouiller la surface saignante avec un pinceau, ou un peu dO charpie imbibée de cette solution, pour arrêter Thémorrhagie. Quand on se sert avec modération du perchloruro de fer, son mélange avec le sang qui s'écoule rempêche d'agir comme caustique.
Appréciation. — Latorsion ])eut suffire pour les petites artères ; mais hi ligature a sur toutes les autres méthodes une supériorité incontestable: elle n'a d'autre inconvénient que de gêner laréuniotl ])ar première intentioh.
La cautérisation doit être défimtivement abandonnée, et le perclilorure de fer en solution concentrée, dans tous les cas, sans exception, réussira plus sûrement et sansproduire autant dedouleur. Quelle (pie soit la cause ([ui sus[K;iule récoulement du sang pon-
24 MALADIES DES ARTERES.
daiil uneopération, il arrive souvent qu'on ferme une plaie en croyant avoir lié ou tordu tous les vaisseaux, et qu'une hémorrliagie se produise lorsque le malade a été reporté dans son lit. Pour obvier à cet accident, Dupuytren a donné le conseil d'attendre qu'une demi-heure se soit écoulée depuis le moment où l'on a fait les ligatures avant de procéder au pansement et à la réunion définitive des lèvres de la plaie.
Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'attendre aussi longtemps ; mais je pense que dix ou quinze minutes ne sont pas de trop, surtout quand on s'est servi du chloroforme, agent sous l'influence duquel le cours du sang est sensiblement ralenti pendant quelques instants.
ARTICLE III
HÉMORRHAGIES VEINEUSliS.
Pour arrêter l'écoulement du sang veineux qui se fait par la surface d'une plaie, il suffit le plus souvent que l'opéré respire à pleine poitrine; mais si ce moyen est insuffisant, on ne tarde point à réussir avec la solution de perchlorure de fer. Quand un tronc veineux d'un très gros calibre est ouvert , on doit exercer la compression sur son bout périphérique.