LIGATURE
Procédé de Moreau. — Traversez la base du goître avec une ligature double, et, séparant les deux cordes dont elle est formée, servez-vous de chacune d'elles pour serrer et étreindre les deux moitiés de la tumeur.
Procédé de Mayor. — Une incision ayant découvert la tumeur, soulevez-en les lobes avec une pince ou une érigne, en vous aidant des doigts et des ongles pour les détacher des parties sous-jacentes, et quand ils sont bien isolés, étranglez-les près du point où ils se continuent avec l'isthme : la constriction est maintenue et augmentée chaque jour à l'aide d'un .serre-nœud à chapelet. Quand les lobes ne sont pas pédicules, Mayor veut qu'on les traverse avec
A62 OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LE COU.
un double lien qui sert à en étreindro séparément les deux moitiés.
Procédé de MM. Ballard et Rigal [de Gaillac). — Ce procédé
diffère entièrement de celui dont nous avons parlé au chapitre des
FiG.
La peau ayant été soulevée, le fil AB est passé entre clic et la tumeur à l'aiJe d'une aiguille.
L'aiguille C traverse la tumeur par les points qui correspondent aux deux extrémités du fil, quand la peau est abandonnée à elle-même.
tumeurs érectiles : comme pour ce dernier, la représentation par le dessin des différents temps de l'opération, avec le texte explicatif nous semble suffisante pour faire comprendre ce système de ligature (fig. 222, 223,224).
FiG. 223.
L'aiguille, ayant traversé la tumeur, entraîne une ligature double à l'anse de laquelle elle correspond.
L'anse de fil étant coupée, le chef A devient libre.
B,C, sont les deux extrémités d'une ligature qui touche la ligature A, dont elle devient complètement indépendante.
On pourrait encore avoir recours à la ligature par le procédé de M. Manec, que nous avons décrit page 307.
Injection. — Ce moyen ne peut convenir que lorsque le goitre est
constitué par un kyste d'une partie du corps thyroïde. Dès 4 839,
Fig. 224.
A, B,C, représentent la répétition en lias de la ligature de l'extrémité supérieure de la tumeur.
B etC ayant été noués ensemble, on noue les deux cbefs de la ligature F ; il reste alors deux ligatures GE et AD qui servent à étreindre la partie moyenne de la tumeur ; pour cela on noue l'extrémité A avec l'exti'émité G, et D avec E.
M. Velpeau conseillait dans ce cas les injections de teinture d'iode. Je ne pense pas qu'il puisse y avoir quelque danger à faire ces opérations, lorsque le kyste ne contient que de la sérosité. Il n'en est plus de même quand le liquide contenu est mélangé de sang. Dans un cas de kyste hématique du corps thyroïde, qui fut
EXTIRPATION DE LA MA:MELLE. Zi63
injecté par M. Velpeau, le malade mourut deux heures après l'opération. Peu de jours après cet accident, j'avais dans mes salles, à la Charité, pendant que je remplaçais Gerdy, une jeune femme affectée d'un goitre, ou plutôt d'un kyste hématique, qui se vidait complètement par la ponction. Redoutant l'action de la teinture d'iode, j'eus Tidée, après avoir évacué tout le liquide, de maintenir les parois du kyste en contact, au moyen de deux plaques garnies de pointes ayant pour but de modifier la vitalité de la poche. Malheureusement, la malade quitta l'hôpital, et je n'ai pas eu l'occasion de recourir à ce moyen, que je recommande aux chirurgiens qui redouteraient l'iode dans les poches sanguines.
Séton. — L'application du séton n'offre ici rien de particulier.
Appréciation. — A part les cas de kystes sanguinolents, séreux ou purulents, je crois qu'il faut résister aux demandes des malades qui veulent être débarrassés d'un goitre par une opération. Sansdoute, toules les méthodes employées comptent quelques succès; mais si l'on faisait l'histoire véridique de tous les insuccès, toutes seraient bientôt universellement rejetées.
Le séton est la méthode la plus inoffensive ; plusieurs chirurgiens, Dupuytren, Quadri, etc., disent que, sous l'influence de ce moyen, ils ont vu des goitres s'affaisser et le corps thyroïde reprendre des dimensions normales.
On ne peut pas se prononcer sur la valeur de la cautérisation, les faits étant trop récents et trop peu nombreux. Mais je n'hésiterais pas à recourir à la méthode du déplacement dans le cas où le goitre causerait de la suffocation en glissant dans la cavité thoracique.