OPÉRATIONS SUR LA VULVE, LE VAGIN ET L'UTÉRUS
sions latérales, parce que celles-ci exposent aux infiltrations urineuses.
La lithotritie est si facile chez les femmes, qu'on n'a plus que très rarement l'occasion de pratiquer la taille par les méthodes qui viennent d'être décrites. Si une pierre volumineuse avait une dureté qui fût une contre-indication de la lithotritie, c'est à la taille hypogastrique qu'il conviendrait d'avoir recours. Cette opération se pratique absolument de la même manière dans les deux sexes.
ARTICLE VII
OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LA VULVE, LE VAGIN ET l' UTÉRUS.
Nous ne parlerons pas des opérations réclamées par les végétations de la vulve, dont le traitement est le même que celui des végétations de Tanus ; nous ne dirons rien aussi des abcès de cette région, ni des corps étrangers du vagin qui réclament les mêmes soins que ceux du rectum.
S 1. — Kystes des grandes lèvres.
Il existe entre le muscle sphincter et le bulbe du vagin une bourse séreuse, qui est susceptible de se transformer en kyste par l'accumulation d'une plus ou moins grande quantité de sérosité. Cette maladie ne disparaissant jamais spontanément, ou sous l'influence des agents résolutifs, il n'y a qu'une opération qui puisse en débarrasser la malade.
Injection. — Après avoir ponctionné le kyste avec un petit trocart, on injecte, comme pour tout autre kyste , de la teinture d'iode en quantité suffisante pour distendre l'enveloppe de la tumeur
Après avoir fait écouler le liquide de l'injection, on applique sur la grande lèvre des compresses trempées dans un liquide résolutif.
Excision. — Faites entre la grande et la petite lèvre une incision longitudinale qui dépasse le kyste par ses deux extrémités ; disséquez les lèvres de l'incision, et quand la tumeur isolée ne tient plus aux pnrties sous-jacentes que par un pédicule plus ou moins large, excisez d'un coup de bistouri toute la partie qui fait saillie en dehors de la paroi du vagin.
iippréciation. — L'excision n'est pas une opération facile,
quand on veut enlever la presque totalité de la tumeur, parce que les kystes ayant une implantation profonde adhèrent le plus souvent à la surface externe du bulbe, qu'il serait dangereux de blesser.
§ 2. — Imperfora tiou ilu vagin.
L' imperforation du vagin peut dépendre : 1 ° de ce que la membrane hymen ferme complètement l'orifice de ce conduit ; 2" d'une oblitération par une couche épaisse de parties molles ; 3° d'adhérences existant entre les parois opposées du vagin.
1 " Lorsque l'oblitération est due à la membrane hymen, il suffit d'inciser crucialement cette membrane et d'exciser les angles de la division pour remédier à ce petit défaut de conformation ; comme les malades ne s'aperçoivent de cet état qu'à l'époque de leur puberté, c'est ordinairement pour donner issue au sang des règles, accumulé au-dessus de l'hymen, qu'on réclame l'intervention du chirurgien : l'opération est alors encore plus simple que si la membrane n'était pas distendue.
2° Quand une couche épaisse de parties molles ferme le vagin extérieurement, Amussat veut qu'on déprime la membrane muqueuse au point où doit s'ouvrir ce conduit, en la pressant avec le bout d'une sonde. Je crois qu'avant de faire une ponction, il est bon en effet de préciser l'intervalle qui doit exister entre le rectum et le canal de l'urèthre, pour ne pas s'exposer à léser ces organes ; mais un doigt introduit dans le rectum suffira toujours pour guider le trocart, à moins qu'il n'y ait une couche extrêmement épaisse au-devant du vagin, cas dans lequel la dépression de la membrane muqueuse de la vulve ne sera que d'un bien faible secours. Je n'insisterai pas sur la ponction du vagin : en se reportant à ce que nous avons dit de l'oblitération du rectum, il sera bien facile d'en faire l'application au sujet qui nous occupe.
3" Les adhérences des parois Opposées du vagin ne peuvent être détruites que par une dissection attentive et prudente. Dans un cas je fis écarter les parois antérieure et postérieure de la partie restée libre, en les repoussant avec des valves confiées à des aides ; puis j'incisai au fond du vagin en suivant la ligne de jonction des deux parois ; à mesure que mon bistouri pénétrait, les aides exerçaient sur les valves une pression plus grande qui achevait de séparer les parois dont j'avais incisé les adhérences. Il ne s'écoulait qu'une petite quantité de sang, parce que j'opérais très prudemment ; mais il me fallut plusieurs séances pour arri-