INJECTION DE PERCHLORURE DE FEU
S 10. — Cautérisation.
4° Cautère actuel. • — Dès l'antiquité, on cautérisait les varices avec le fer rouge, après avoir fait une incision à la peau qui les recouvrait. Cette méthode, remise en honneur de nos jours pour les varices du rectum (hémorrhoïdes), est complètement abandonnée pour les varices des membres .
2° Cautère potentiel. — M. Bonnet (de Lyon) produit avec la potasse caustique, sur le trajet de la veine, une eschare longue de 1 à 3 centimètres, qu'il incise crucialement au bout de quelques jours, pour faire une seconde application de potasse caustique qui pénètre jusqu'aux parois de la veine.
Auguste Bérard se servait de la pâte de Vienne, dont il appliquait une couche assez épaisse pour atteindre du premier coup les parois des veines variqueuses.
M. Laugier se sert aussi de la pâte de Vienne, mais il incise la peau préalablement, de manière que le caustique arrive plus vite aux parois du vaisseau.
§ 11. — Débridement des orifices aponévrotiqiies des veines variqueuses.
M. Herapath (Malgaigne, Méd. opérât.), se fondant sur ce que les varices dépendent d'un obstacle apporté au cours du sang des veines superficielles dans les troncs profonds, a pratiqué sur un malade le débridement de l'aponévrose crurale au point où la veine variqueuse la traversait. Cette observation unique est encore incomplète en ce qu'on a cessé de voir le malade peu de temps après l'opération.
S 12. - Injection de perclilorure de fer.
Depuis les expériences de Pravaz sur la coagulation du sang par le perchlorure de fer, on a obtenu à l'aide de ce licjuide la guérisondes varices. Voici comment on opère :
Le malade étant debout, on applique une ligature circulaire audessus du point où l'on veut opérer ; puis on en fait une autre au-dessous. Alors on pi({ue la veine avec un trocart, par lequel sortent quclfjues gouttes de sang, et adaptant la seringue de M. Pravaz au trocart, on injecte le perchlorure en solution au 30" degré, en comptant les gouttes par les tours de vis du j)iston. Deux ou trois gouttes sont généralement suflisanles.
On ferme la piqûre avec du collodion, et le membre est tenu
82 OPÉRATIONS qu'on TRATIQUE SUR LES VEINES.
dans une position horizontale. S'il y a de la réaction, on applique des cataplasmes, ou des compresses imbibées d'eau blanche. (^Gazette médicale, 1853.)
Appréciation. — Toutes les opérations pratiquées dans le but de produire la coagulation du sang dans les veines, l'oblitération ou la destruction de ces vaisseaux, ont produit des accidents mortels. Pour ma part, j'ai vu mourir des malades qui avaient été opérés par la ligature, d'autres qui avaient été soumis à l'incision ; et je crois que la cautérisation, qui est encore la méthode la moins dangereuse, a fait plus de victimes qu'on ne le croit généralement.
Quoique l'injection de perchlorure de fer dans les veines variqueuses ait été répétée un certain nombre de fois, je crois les expériences trop peu nombreuses et trop peu concluantes pour que j'ose compter beaucoup sur cette opération .
Je repousse toute opération tendant à guérir les varices, nonseulement parce que la mort peut en être la conséquence, mais aussi parce qu'en opérant, on ne cherche qu'à détruire l'effet d'une cause inconnue, et que le mal, rendu moins apparent par l'opération, ne tarde pas à reparaître.
A quoi- bon, d'ailleurs, opérer pour une maladie qu'une compression méthodique réussit toujours à rendre très supportable,
S 13. — Compression.
M. Bourjeaurd a imaginé de faire avec du tissu de caoutchouc vulcanisé des bas qui, n'étant élastiques que dans le sens de la largeur, peuvent être mis avec la plus grande facilité, sans que la peau soit tiraillée, comme elle l'est par les bas Leperdriel et autres. En ayant la précaution de rendre la compression plus douce des ■ extrémités vers le tronc, on -parvient à réduire les varices et à supprimer entièrement les douleurs et la gène qui sont la conséquence ordinaire de cette infirmité.
Je n'ai point encore vu de cas qui aient été réfractaires à co moyen.
ARTICLE IL