‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 35 sur 213 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

On donne le nom cV amputation à une opération par laquelle on sépare un membre du reste du corps, en partie ou en totalité.

Les amputations se font dans la continuité ou dans la contiguïté. Ces dernières portent le nom de désarticulation. On pratique les amputations par quatre méthodes, qui ont reçu les noms de circulaire, ovalaire, elliptique et à lambeaux.

S 1. — Métbode circulaire.

La méthode circulaire se fait différemment, suivant cjii'il y a un ou deux os dans le segment de membre sur lequel on opère.

A. Quand il y a deux os, comme à la jambe et à l'avant-bras, le chirurgien, étant placé en dedans du membre afin de pouvoir scier convenablement les deux os, incise circulairement la peau, puis if la dissèque de bas en haut, en la retroussant à la manière d'une manchette, *$1 en coupant les brides celluleuses qui la fixent aux parties sous-jacentes. Pour faire cette dissection de la peau, j'ai l'habitude de la commencer par la partie la plus éloignée de moi (fig. 47), et quand ma main gauche quitte un point pour en saisir un autre et le relever, je laisse mon couteau immobile sur la partie qu'il vient d'inciser jusqu'à ce que la peau ait été assez rétractée pour qu'elle ne se trouve plus sur la voie que devra suivre l'incision. Cette dissection de la manchette se fait dans une étendue proportionnée à l'embonpoint et à l'état musculcux du malade. Quand la peau a été disséquée et relevée dans une étendue suffisante, le chirurgien, portant son couteau perpendiculairement sur

8/l DES AMPUTATIONS EN GÉNÉRAL.

les muscles, opère la section de cette partie au niveau de la peau rétractée.

Pour inciser circulairement la peau et les muscles, que l'amputation porte sur une partie n'ayant qu'un os ou en ayant deux, le chirurgien tenant son couteau à pleine main, s'effaçant et se pliant sur ses jarrets, ayant le pied droit en avant, le gauche en arrière, le corps placé comme lorsqu'on se met en garde pour l'escrime, passe l'instrument au-dessous du membre et le ramène par-dessus, le plus loin possible, en portant la main dans la pronation forcée (fîg. 48). Alors il incise, en sciant de la base à la pointe du couteau, et de la pointe à la base, n'abandonnant un côté du membre que lorsque la section est complète.

A mesure qu'on incise, la main de l'opérateur passe par des degrés successifs de la pronation forcée à la supination, et quand, dans cette dernière position, le chirurgien a de la peine à rejoindre le commencement de son incision, il faut qu'il retourne son couteau de manière que le dos soit en haut, le tranchant en bas, pour opérer la jonction des deux extrémités de l'incision, en coupant vers soi.

Quand la peau et les muscles ont été divisés par une incision circulaire, il reste encore entre les os des portions de muscles ({u'on ne peut bien atteindre qu'en décrivant avec un couteau interosseux une espèce de huit de chiffre que nous décrirons pour chaque amputation.

B. Quand la partie qu'on doit amputer na quun os, l'opération est plus facile ; on peut la pratiquer de plusieurs manières.

^lÉTHOUE CIUCULAIRE. <^5

\o Procédé de Bruninghausen. — La peau ayant été incisée circulairement, disséquée et relevée à la manière d'une mancliette dans une étendue qui varie avec le volume du membre, le chirurgien coupe les muscles perpendiculairement, au niveau de la peau rétractée, fa près quoi il scie l'os

FiG. 48.

Ce procédé de la méthode circulaire, dans lequel on ne conserve que de la peau pour fermer la plaie, est celui auquel beaucoup do chirurgiens ont encore recours. Il est décrit par la plupart des auteurs modernes sous le nom de procédé de liruningkauscn. C'est ])Ourtant, d'après M. Velpeau, Ahmsoii qui le premier a donné le conseil de relever la peau en manchette.

2" Procédé de liéclard el de Dupuijlren. — Dans un premier

86 DES AMPUTATIONS EiN GÉNÉRAL.

temps, la peau est incisée avec le tissu cellulaire et l'aponévrose cU enveloppe du membre, de manière qu'un aide puisse la tirer en haut dans une étendue de 3 centimètres environ.

Au niveau de la peau ainsi rétractée, on incise les muscles jusqu'à Tos ; puis Taide, s'en emparant, les rétracte en formant ainsi un cône au milieu duquel le couteau doit décrire jusqu'à l'os un dernier mouvement circulaire autour du membre (fig. 49).

C'est au niveau de cette dernière section que l'os doit être scié.

M. J. Cloquet dit que c'est par Béclard qu'il a vu pratiquer ce procédé pour la première fois. Il est pourtant généralement attribué à Dupuytren.

Fig. i'J.

3" Procédé de Desaull. — Le procédé de Desault ne diffère du précédent que par la section des muscles. Dans le procédé de Béclard et de Dupuytren on incise les muscles jusqu'à l'os, et l'on, coupe le sommet du cône formé par les chairs rétractées; dans celui de Desault, la couche superficielle des muscles est seule coupée dans le premier temps, et l'incision de la couche profonde constitue un temps séparé. L'os est scié au niveau de cette dernière section.

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