DÉSARTICULATION DES PHALANGES
Elle s'articule a^ ec l'extrémité inférieure de la première phalange, qui présente une poulie aplatie d'avant en arrière et se prolongeant beaucoup plus dans le sens de la flexion que dans celui de l'extension.
Les moyens d'union sont les mêmes que pour l'articulation métac arpo-phalangienne =
FiG. 54.
— L'articulation de la deuxième phalange avec la. troisième est absolument semblable à celle que nous venons de décrire.
J'indiquerai ici, d'une manière toute spéciale, deux petits tubercules latéraux que surmontent les surfaces articulaires. Ce sont d'excellents guides pour la désarticulation.
Quand on saisit une phalange par sa partie moyenne, qui est concave, on trouve, immédiatement au-dessus delà concavité, les petits tubercules au-dessus desquels se trouve l'interligne articulaire (fig. 54).
En avant des phalanges, les tendons des muscles fléchisseurs glissent dans une gaîne fibro-séreusc très résistante. La facilité de ce glissement fait que le chirurgien a toujours de la peine à couper les lonrlons d'un seul coup et dans le ])oint correspondant à la section de la peau.
FiG.
En arrière, les tendons extenseurs glissent aussi, mais c'est surtout latéralement, de sorte qu'on peut les couper plus sûrement que s'ils fuyaient dans le sens de la longueur. Leurs mouvements sont d'ailleurs bornés par l'insertion des muscles interosseux qui viennent s'entrecroiser sur la surface dorsale de la première phalange pour la fléchir, et dont l'un sollicite le tendon en dedans, tandis que l'autre le tire en dehors.
La peau des doigts est doublée en avant d'une grande quantité de tissu cellule -adipeux, qui est plus rare à la face dorsale. Dans ce tissu, sur les parties latérales, mais plus près de la face palmaire que de la face dorsale, existent les artères collatérales, qui sont accompagnées par les veines et par les branches nerveuses correspondantes.
Les plis de la peau des doigts ont beaucoup occupé l'esprit des chirurgiens qui se sont guidés sur eux pour pénétrer dans les articulations. Je n'y attache aucune importance, parce qu'ils varient dans leurs rapports, et qu'en les prenant pour guides, on doit se tromper presque toujours. On peut en juger par la figure 55, qui représente les rapports des phs du doigt avec la phalange correspondante. Il faut aussi se défier de l'exploration qui consiste à chercher l'articulation de la deuxième phalange avec la troisième en portant cette dernière successivement dans l'extension et dans la flexion, car la facette articulaire de la phalange inférieure, en glissant sur la partie dorsale de la poulie articulaire de la phalange 'supérieure, pourrait faire croire que l'interligne articulaire se trouve plus haut qu'il n'est réellement. La figure 55 montre en effet que dans l'extension forcée, la partie la plus concave de la face dorsale se trouve un peu au-dessus de l'articulation.
Dans la flexion forcée, au contraire, on est toujours sûr que l'articulation correspond à l'angle droit formé par les deux phalanges ; mais dans cette position la peau est trop tirée en bas pour qu'on puisse faire sûrement une incision convenable.
©pératSoM, — Nous décrirons successivement la désarticulation des trois phalanges.