DÉSARTICULATION DE LA DERNIÈRE PHALANGE
$ i. — DésarticalatiOD de la dernière phalange., appelée aussi phalangette.
Ampulalion à lambeau palmaire. — Quand on tient entre le pouce et le médius la partie concave des faces latérales de la phalange, l'extrémité des doigts correspond aux deux tubercules que surmontent les surfaces articulaires. La main du malade étant en pronation, c'est à ce niveau qu'il faut porter le scalpel et couper jusqu à l'os, d'abord sur la face dorsale, puis successivement en dehors et en dedans, de manière à couper les ligaments dorsal, interne et externe. De cette façon, en se guidant sur les deux tubercules que j'ai indiqués, on arrive inévitablement dans l'interstice articulaire, tandis que les phs sur lesquels se guident presque tous les chirurgiens sont d'une infidélité telle, que j'aimerais mieux ne pas avoir de repère que de me guider sur ceux-là.
L'articulation étant ouverte, on passe le scalpel entre les surfaces articulaires, puis, le portant aplat entre l'os de la phalange et ses téguments, on taille un lambeau qu'on termine à 8 millimètres de l'extrémité du doigt.
Comme la face palmaire de cette partie des doigts est arrondie, pour avoir un lambeau convenable, il suffit, lorsque le bistouri est passé sous la phalange, de remettre cet os en place, de couper parallèlement à sa face antérieure, et de terminer en portant le tranchant du bistouri obliquement vers la peau.
Dans ce temps de l'opération, on maintient les surfaces arti-
cuiairesen contact, au moyen du pouce et de l'index do h main gauche, dont les extrémités seules correspondent au niveau de rarticulatiou, tandis (pie leur racine est portée en arrière par une
flexion de la main sur Tavant-bras, de manière que le bistouri ne puisse, dans aucun cas, atteindre la main qui maintient les os en place. La figure 56, quoique représentant un doigt dans la supination, montre comment la main gauche du chirurgien doit être placée au moment où le bistouri termine le lambeau. Si l'on craitenait de ne pas avoir un lambeau suffisamment arrondi, on devrait
FiG. 57.
le tailler par transfixion avant de désarticuler, et pour le finir, incliner le bistouri de manière que, le manche étant en arrière, le tranchant de la lame vînt arrondir le côté opposé à la main qui opère (fig. 56); puis, reportant le manche du bistouri en avant, arrondir avec la partie de la lame qui est voisine du talon le côté du lambeau qui correspond à la main droite de l'opérateur (fig. 57).
§ 2. — Désarticulation de la deuxième pbalang^e ou phalaugine.
Les points de repère sont, comme pour la troisième phalange, deux tubercules latéraux que surmontent les petites cavités glénoïdes.
On peut faire cette désarticulation comme la précédente ; mais comme la face palmaire de cette région est plane, le lambeau ne s'arrondit pas par une simple section légèrement oblique. Pour le tailler, il faut, lorsqu'on a passé son bistouri entre l'os et les parties molles (tissu adipeux et peau) dans une étendue suffisante, saisir la phalange entre le pouce et l'index de la main gauche, et, par une traction modérée, tendre la peau qu'on coupera en arrondissant l'extrémité du lambeau.